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Nous sommes à la recherche de l’article de Jean-Noël Mathieu : « Nouvelles recherches sur les premiers comtes de Tonnerre » publié dans le bulletin archéologique et historique du Tonnerrois n° 51. Si un de nos lecteurs peut nous en fournir une copie…

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Robert le Fort est le plus ancien des Robertiens (et des Capétiens) dont on est assuré. Il est né vers 820 dans la région du Rhin moyen et a succombé à la bataille de Bissarthe contre les Normands en 866.

 

De nombreux auteurs anciens lui ont donné une origine humble et pour père le chef saxon Witichin sur la foi du chroniqueur Richer. En fait, il appartient à la Reicharistocratie, ces grandes familles qui gouvernaient l'Europe à cette époque.

 

Le site anglais Henry project est très bien documenté sur Robert le Fort et passe en revue les hypothèses émises au sujet de ses proches parents.

 

Sa famille :

Il semble maintenant que les historiens soient unanimes pour reconnaitre en lui le fils de Robert de Wormsgau et de Wialtrude d'Orléans. 

 

Le père de Robert est décédé avant le 19 Février 834, date à laquelle sa veuve Waldrade et un certain Guntram donnent des terres  pour son âme au monastère de Lorsch : Ego in nomine Dei Wialdrud & mecum pariter Guntram pro remedio Animæ nostrae & pro anima Ruperti comitis...Signum Wialdrut, hanc fecit donationem Quae, ... Codex Lauresh:., 1 350 (# 271).

 

En 836, Robert, fils du comte Robert, fait un don au monastère de Lorsch  ...Rubertus nomine Dei, filius comitis Ruberti, dono ad sanctum Nazarium ... cum hubis mansos en Wormat pago. marca dans Mettenheimer, & Quidquid ad ipsos mansos pertinet, & de aratoria terra jurnales ... Actum dans monasterio Laurisham, anno XXIII Ludowici inperatoris. Codex Lauresh., 306-7 (# 1826).

 

Il est probablement aussi le comte Robert, qui le 10 avril 837 témoins de la donation d'un certain Badagis pour l'âme d'un comte Gontran  Lauresh Codex:., 1 316 (# 219).

 

 

Eudes (comte de Troyes et de Chateaudun) dont la carrière est parallèle à la sienne était probablement son frère.

 

Le nom de l'épouse de Robert a fait couler beaucoup d'encre et n'est pas connu avec certitude.La chronique de Saint-Bénigne de Dijon lie Hugues l'abbé et les fils de Robert le fort : Supererant duo filii Roberti Andegavorum comitis, fratres Hugonis abbatis. Pour certains, il est donc l'époux d'Adélaïde de Tours, mariée en premières noces à Conrad d'Auxerre (Le Jan p 136 Famille et pouvoirs dans le monde franc ). En effet, Robert I aurait fait inscrire en 923 ses grands parents Hugo comes et Ava comitissa suivis de ses parents Ruobertus comes et adelaidis comitissa sur les listes du liber memorialis de Remiremont pour d'autres, il aurait simplement épousé une fille de Conrad et d'Adélaïde (prénommée Emma), ce qui semble plus confortable en terme de chronologie (Settipani).

 

Il a eu au moins deux fils Eudes et Robert (tous les deux rois des Francs).

 

Sa carrière :

Elle débute en 836 et s'étire sur une trentaine d'années. Il appartient au clan de la reine Ermentrude, sa cousine germaine et première épouse de Charles le Chauve, clan dans lequel ressort la forte personnalité d'Adalard le Sénéchal, oncle de la reine.

 

On perd sa trace de 837 à 851. Pour Werner, il se met au service de Charles le Chauve après le partage de Verdum en 846. Le roi de la Francia occidentale le comble de biens issus de l'église de Reims.

 

Il est le successeur de Vivien II, tombé au combat contre les Normands en 851, comme comte de Tours.Dès lors, il combat les Normands installés sur la Loire avec plus ou moins de succès mais suffisament pour que son nom reste désormais associé à plusieurs victoires sur les redoutables guerriers nordiques.

 

En 852, Charles le Chauve l'investit de comtés phares de la Neustrie (Anjou et Touraine) et il devient abbé laïc de l'abbaye de Marmoutiers. L'année suivante, il est missus en Maine, Anjou, Touraine, Carbonnais et pays de Sées.

 

Une grande crise éclate en 858 lorsque les Grands de Francia Occidentalis offrent, sous l'impulsion de l'évëque Ganelon, la couronne à Louis le Germanique. Il semble que l'installation de Louis le Bègue en Neustrie est une des causes de la révolte de Robert. La conjuration échoue et Robert est obligé de se réfugier en Bretagne perdant tous ses opossesion en Neustrie.

 

En 861, il se soumet au roi Charles et reçoit en échange le commandement de la marche de Neustrie.

 

En 862, le duc des Bretons Salomon, croit trouver dans la flotte normande d'Espagne, un moyen d'accabler Robert à qui le roi a confié la défense de la région. Douze navires normands sont pris. A cette époque, le fils du roi, Louis, en rébellion contre son père, se lance dans le saccage de l'Anjou. Robert veille et Louis est obligé de s'enfuir.

 

Il semblerait qu'au cours des trois ou trois ans suivants, Robert est réussi à protéger la Neustrie des attaques normandes. En 864, Robert est dit comes Andegavensis (Ann bert p 58) et en 865 marchio in Andegavo (Ann bert p 79)

A la fin de 864, Robert attaque deux bandes de Normands de la Loire. Il détruit l'une mais est contraint de battre en retraire face à la plus forte.

En 865 Robert inflige encore de plourdes pertes aux Normands de la loire et tua plus de 500 hommes sans subir lui-même de pertes sérieuses amis à l'automne 865, Charles le Chauve envoie son fils Louis en Neustrie et retire le marquisat, le comté d'Anjou et l'abbaye de Marmoutiers à Robert en le dédommageant de ses pertes au moyen des comtés d'Auxerre et de Nevers.

 

Dès l'été 866, le fils du roi ayant fait preuve de son incapacibilité, Robert retrouve sa position dans le val de Loire avec en sus, l'abbaye de Saint-Martin de Tours.

Les bretons, par bandes, dévastent les contrées franques et à l'automne, tentent un coup de main contre le Mans. Lorsqu'ils veulent regagner la Loire, Robert leur barre le passage à Bissarthe. Les pertes normandes sont conséquentes mais Robert, oubliant toute prudence, reçoit un coup mortel.

 

Ce simple survol de la carrière de Robert le Fort révèle l'extraordinaire progression de ce grand au service du roi (Pouvoirs te institutions dans la France médiévale p 154 O Guillot et Y Sassier).Par son importance, Robert a certainement contribué à la prise du pouvoir par ses deux fils.

 

Bibliographie

Robert le fort, sa famille et son origine (1873) Vcte Louis Rioult de Neuville

Origine de Robert le Fort Mélanges Julien Havet p 97 (1895) Merlet 

La Loire, l'Aquitaine et la Seine de 862 à 866 BEC 76 (1915) Robert le fort F Lot

Lorch und Lorhingen, Robertiner und Capetinger Zeistchrifi für die Geschichte des Obberrheins 50 (1936)KF Glöckner

La préhistoire des Capétiens (1993) Christian Settipani

Famille et pouvoir dans le monde franc (2003) R Le Jan

Enquêtes sur les premiers temps du principat français (IXe - Xe siècles) 2004 KF Werner

 

 

 

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