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Nous sommes à la recherche de l’article de Jean-Noël Mathieu : « Nouvelles recherches sur les premiers comtes de Tonnerre » publié dans le bulletin archéologique et historique du Tonnerrois n° 51. Si un de nos lecteurs peut nous en fournir une copie…

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La famille de Craon a été étudiée en détail par A Bertrand de Broussillon [1] (et [2] non consulté) et il n'est pas question de contester ce travail. Ce n'est pas de notre ressort. Notre objectif est simplement de mettre à disposition les principales données sur cette grande famille que nous avons revisitée. De plus, cette recherche nous a permis de relier plusieurs travaux entre eux (Sablé, Sainte-Maure, Montsoreau...).

 

Hormis Bertrand de Broussillon, d'autres historiens ont essayé de rendre compte de cette famille :

  • Gilles Ménage [3] ;
  • Yvon Marc [4] ;
  • Bodard de la Jacopière [5] ;
  • Galand [6].

Les informations sur les familles alliées ont été glanées par ci, par là (Ménage, Angot [7], Carré de Busserole [8]... ). Nous avons étudié la famille Sainte-Maure plus en détail.

 

Les ancêtres de Suhard le Vieux :

Les historiens considèrent généralement Suhard le Vieux comme la souche de la première maison de Craon. Plusieurs tentatives pour remonter ses propres ancêtres ont été amorcées, en particulier pour relier les Craon aux anciens seigneurs de Nantes de la famille des Widonides. La proposition, retranscrite sur Wikipédia, est la suivante :

  • Lambert de Nantes (°805 + 852) ;
  • Lisois (°827 +907) ;
  • Lisois (°860 +>916) ;
  • André (°890 +Ca 960) ;
  • Lisois le Vieux (°960 +1007) ;
  • Suhard le Vieux (°982 +1037).

Nous n'avons pas retrouvé les informations qui permettent de confirmer cette généalogie et, par conséquent, nous ne l'adoptons pas jusqu'à plus ample information. Bornons-nous simplement à quelques remarques générales :

  • Lambert de Nantes, de la famille des Widonides et ancêtre par les femmes des comtes d’Anjou, s’est réfugié à la fin de sa vie chez sa sœur Doda, qui gouvernait un monastère de femme à Craon (La Borderie [9] Vol 2 p 73). Nous ne lui connaissons aucune descendance masculine ce qui ne permet pas d'affirmer qu'il n'en a pas eu ;
  • Le prénom Lisois, ou toute forme approchante, est absent dans le famille des Widonides ;
  • Le prénom Lisois rappelle, par contre, le fondateur de la maison d’Amboise, Lisois de Bazouges, né probablement vers l’an mil. Bazouges et Craon ne sont distantes que d’une vingtaine de kilomètres...
  • Enfin, Gilles Ménage cite bien un certain André mais pour affirmer que le charte le concernant est fausse...

 

Bodard suggère qu'un Lisois le Vieux, père de Suhard, a existé mais Ménage n’a retrouvé aucun document relatif à ce personnage. Reste la charte suivante, ambigue et difficile à appréhender dans sa chronologie :

Vers 1032, Alain III de Bretagne, fonde l'abbaye de Saint-Georges de Rennes. La donation comprend deux fermes à Mordelles, vendues autrefois par Lisois, fils de Suhard de Craon (Broussillon n° 1 d'après Dom Lobineau, T. II, p. 108).

Cette charte, rapportée par le comte Bertrand de Broussillon, suggère que la vente s'est effectuée bien avant 1032. Peut-on en conclure qu'un Lisois le Vieux, fils d'un Suhard, a existé à une génération précédente ?

 

Suhard le Vieux :

Nous ignorons à peu près tout de la vie de Suhard le Vieux. Il est probablement né vers 980 et décédé avant 1030. D’après les "Chroniques Craonnaises", Suhard aurait fondé un prieuré à Briolay en faveur de l’abbaye de Saint-Serge entre 1010 et 1040.

 

Un 26 mars, entre 1010 et 1027, sentence de Geoffroy Martel, rappelant que Suhard avait fait don de Saint-Clément à Saint-Aubin et, que les moines n'y ayant pas fait les installations nécessaires, il l'avait repris et mis en mains séculières puis que lui Geoffroy en avait fait don à la Trinité de Vendôme, avant de conférer à Robert le Bourguignon la seigneurie de Craon (Broussillon n° 6 d'après les Chroniques Craonnaises, p. 583).

 

Suhard figure dans l’Epitome de la fondation de Saint-Nicolas en 1033 testes sunt Suhardus de credonio…(s'agit-il de Suhard le Jeune ?) et dans une charte de 1037 mais qui relate des faits antérieurs, dans laquelle Foulques Nerra, comte d’Anjou, et Gautier, abbé de Saint-Aubin cèdent le quart du domaine de Bazouges à Raynaud de Château-Gontier (les faits ayant eu lieu vers 1015, il est probable que le témoin de cette donation soit le père...).

 

Suhart le Vieux a eu plusieurs enfants :

  • Guérin I (x Anne de Créquy fille de Baudouin et Marguerite de Louvain d'après Lachesnay VI p 439 [10]) dont la fille Berthe mariée à Robert de Vitré est mère d'Eunoguen femme de Renaud le Bourguignon (voir ci-dessous) ;
  • Suhard le Jeune qui figure comme témoin dans diverses chartes de 1033 à 1041. Il est l'auteur d'une forfaiture qui amène Geoffroy-Martel, comte d'Anjou à lui confisquer la seigneurie de Craon ; Nous n'avons aucune idée de la nature de cette forfaiture. Les uns suggèrent qu'il a usurpé son pouvoir à sa nièce, fille de Guérin, et les autres qu'il se serait un peu trop rapproché des Bretons ;
  • Lisois le Jeune ? peut-être confondu avec un Lisois appartenant à une génération antérieure ;
  • Guérin le Batard qui était moine de saint-Aubin en 1054.

 

Robert le Bourguignon x Avoise-Blanche :

D'après l'abbé Angot, Robert est attaché à Geoffroy Martel, fils révolté de Foulques Nerra, comte d'Anjou. La discorde régnant entre le père et le fils, nous ne sommes pas étonnés de rencontrer Robert auprès de Foulques, d'autant plus qu'à l'époque de Foulques Nerra, Robert était encore bien jeune.

 

Entre 1041 et 1053, Geoffroy Martel attribue le fief de Craon à Robert-le-Bourguignon après l'avoir confisqué pour forfaiture au lignage des Garin/Suhard qui se serait trop rapproché du duc de Bretagne Conan II (Foulon [11]). Robert est donc la souche de la deuxième maison de Craon.

 

L'ascendance de Robert est royale. Il est né vers 1025 et décédé en 1098. Son père, Renaud, est comte de Nevers et d'Auxerre et sa mère Advisa, est la fille d'Hugues Capet. Sa bisaeuille paternelle est une princesse angevine, sans doute directement issue du lignage comtal (Voir à ce propos C Settipanni [12] p 87).

 

Entre 1042 et 1063, Robert et Avoise sa femme exemptent les moines de Marmoutier de tous péages sur les terres de Craon et de Sablé (Broussillon n° 12 d'après Dom Piolin, Eglise du Mans III).

 

Vers 1063, avec le consentement de Geoffroy le Barbu et son frère Foulque le Réchin, Robert le Bourguignon, Blanche sa femme, ses fils et sa fille donnent la villa de Cornillé au Ronceray (CR [13] n° 164).

 

Entre 1055 et 1066, charte par laquelle Robert le Bourguignon, avec l'approbation de ses fils Renaud et Geoffroy, fait don du moulin de Sablé aux moines de Marmoutier qui desservaient la chapelle de son château de Sablé (Broussilon n° 16 (A) d'après B. N. Baluze 77, 35).

 

Geoffroy le Barbu, comte d'Anjou, est battu par son frère Foulques le Réchin qui le remplace à la tête du comté. Le vaincu de cette guerre fratricide est enfermé en 1067 dans la forteresse de Sablé, preuve que Robert s'est rangé au parti de l'usurpateur (Halphen [14] p 146).

 

Le 7 août 1067 à Chaumont, Robert de Sablé et Avoise donnent à Marmoutier l'église de Saint-Malo. Le don est fait
pour l'âme de Geoffroi, frère d'Avoise, et pour celles d'Henri et de Guy, frères de Robert (Broussillon n° 28 d'après Dom Piolin, Histoire de l'Eglise du Mans, t. III, p. 663).

 

A Angers, le 30 novembre 1077, Robert le Bourguignon donne à la Trinité de Vendôme le droit de paître cent pourceaux dans la forêt de Brionne ou Bouère. Il mentionne son frère, Henri, son épouse, Blanche, et ses enfants. Robert le Bourguignon et Renaud, son fils, sont témoins (Cartulaire de la Trinité [15], charte CCLXIV p 413).

 

Entre 1070 et 1085, Robert le Bourguignon et Marcouard de Daumeray entre en possession de Durtal.

 

En 1090, Robert remplit une mission confiée par Foulques le Réchin auprès de Robert Courteheuse, duc de Normandie. Le comte d'Anjou promet de faire échouer la révolte des manceaux partisants de Hugues V, fils d'Azzon, si le duc veut bien lui procurer l'alliance avec Bertrade de Montfort. La négociation aboutit et Robert prête au duc aide et conseils (Angot).

 

Vers 1095, Hubert de Sainte Suzanne fait, de concert avec Robert, le siège de la tour du Lude.
 

Avoise-Blanche descend des vicomtes du Maine. Elle est fille de Geoffroy le Vieux, seigneur de Sablé, et l'unique héritière de cette seigneurie par le décès prématuré de son frère Geoffroy. Cette donnée semble contestée par H&G [16] 2001 (non consulté) . Elle est décédée après 1067.

 

Robert et Avoise ont eu plusieurs enfants :

  • Renaud qui suit ;
  • Geoffroy d'où Geoffroy de Vendôme, célèbre abbé de la Trinité de Vendôme mort en 1132 (Foulon) ;
  • Robert Vestrol marié à Hersende de la Suze, tige des seigneurs de Sablé ; Entre 1078 et 1092, on le retrouve souvent à la cour des comtes du Poitou comme conseiller. Après 1094, il est associé au gouvernement de la seigneurie de Sablé ;
  • Henri ;
  • Burgondia mariée à Renaud de Château-Gontier.

 

Robert s'est remarié, avant 1070, avec dame Berthe que divers auteurs font la veuve de Robert de Vitré (ce qui n'est sans doute pas le cas) et mère d'Eunoguen (Laval [17] I p 276). Robert est probablement mort en Terre Sainte en 1098.

 

Renaud le Bourguignon x Eunogen :
Renaud est probablement né avant 1045 car il est témoin, dans la période 1053-1064, de l'achat d'un colibert (Livre des Serfs de Marmoulier [18] n° 43, p. 41).

 

Le 3 mars 1070 à Saint-Clément de CraonRenaud, fils de Robert le Bourguignon, et son épouse Eunoguena fille de Robert de Vitré et de son épouse la fille de Guérin, héritière de Craon, confirment à la Trinité la possession de Saint-Clément de Craon. Renaud reconnait avoir reçu cinquante livres et Eunoguena sept livres (Cartulaire de la Trinité CCXVII).

 

En 1093 à Laval. Juhard et Alesia, son épouse, donnent à Saint-Clément de Craon l'église de Chamilliaco ou d'Amilliaco Renaud le Bourguignon et Maurice de Craon sont témoins (Cartulaire de la TrinitéCCCXLVIII).

 

Vers 1095, Renaud de Craon abandonne tous ses droits sur l'église de Bonchamp à l'abbaye du Ronceray (CR n° 403 ci contre).

 

11 février  1095, Renaud de Craon, d'accord avec ses fils Maurice, Henri et Robert, fonde l'abbaye de La Roé.


En 1096, Lettres écrites à Brion par lesquelles Robert le Bourguignon fait un triple don à Saint-Aubin (Broussillon n° 79 (A) d'après BN. latin 17126, 168).

 

En octobre 1080, Renaud le Bourguignon, seigneur de Craon, avec l'assentiment de Domitia, sa femme et de Maurice, leur fils, approuve toutes les acquisitions faites dans le fief de son père et dans le sien par l'abbaye de saint-Aubin (CSA [19] p 52 et Ménage p 124).

 

Quatre enfants de Renaud et d'Eunogen/Domitia, mariés avant 1070 sont connus :

  • Maurice I qui suit ;
  • Henri qui renonce à certaines de ses prétentions en faveur de l'abbaye du Ronceray (CR n° 168) ;
  • Robert, grand maître du Temple, décédé après 1148 ;
  • Mahaut x Raoul de Créquy (Nous ne possédons pas la source de ce mariage).

Renaud est mort le 16 décembre 1101.

 

Maurice I x Tiphaine de Chantocé :

D'après une charte de son père Renaud au profit de Saint-Aubin, Maurice est né avant 1072 : Anno 1072, mense octobri, ego Reginaldus, cognomine Burgundus de Credone castro, et uxor mea, praenomine Domita, et filius meus Mauritius... (Broussillon n° 34).


En 1105 à Angers, sentence de Geoffroy Martel le jeune, contre Maurice I au sujet de Saint-Clément. Dans cette charte apparait Gautier de Montsoreau (Dom Housseau 1247).

 

Entre 1102-1116, notice de l'abandon à La Roë, par Maurice, de tous ses droits sur la terre de Valete et du rejet de toutes les prétentions des chanoines de Saint-Nicolas sur cette même terre (La Roë [20], 8).

 

Entre 1102 et 1116, Maurice de Craon, Denise, son épouse, et Maurice, dit Rainaud, leur fils aîné, font un don  à l'abbaye de Nyoiseau (Dom Housseau [21] 1067).
 

 

Maurice a épousé Etiennette/Denise/Tiphaine de Chantocé, fille d'Hugues qui porte aussi le surnom d'Anguille. Ils ont eu pour enfants :

  • Hugues qui suit ;
  • Théophanie x Hugues du Puy du Fou. Entre 1131 et 1137, Hugues du Puy du Fou, chambrier de Louis VI, fils de Guillaume, chambellan de Philippe I, et Théophanie de Craon, son épouse, surnommée la Bourguignonne, concèdent à l'abbaye de Mauléon la dispense de toutes les coutumes sur ce qu'elle acquerrait dans le fief du Puy du Fou. Don fait au profit des âmes de Guillaume et d'Adèle, père et mère de Hugues ainsi que de celles de Maurice I de Craon et de Théophanie, surnommée l'Anguille, père et mère de Théophanie. Parmi les témoins se trouve Hugues de Craon, frère de Théophanie. Ce don est approuvé par les deux fils d'Hugues, Hugues et Renaud, et par Théophanie (Broussillon n° 115 (A) d'après note des Chronicorum comitum Pictavix, dans Historiens des Gaules, XII, 409).

 

Maurice est mort vers 1116. Son épouse s'est remariée avec Simon Crespin.

 

Hugues x Marquise de Vitré :

Bertrand du Broussillon livre bien peu d'informations sur Hugues qui est sans doute né à la fin du onzième siècle et mort avant 1139.

 

En 1116, charte notice relatant le don de la chapelle de Saint-Nicolas à la Roë fait par l'évêque d'Angers Renaud, qui l'avait reçue d'Hugues de Craon (Broussillon n° 104 d'après La Roë, 6).

 

Le 5 avril 1117, à Bénévent, lettre du pape Pascal relative à la possession par la Roë de la chapelle Saint-Nicolas il est dit expressément que Renaud eut pour fils Maurice et pour petit-fils Hugues (Broussillon n° 105 d'après Mise, t. III, p. 18).

 

Entre 1116 et1125, notice d'un pré donné à La Roë par Hugues en échange d'un cheval, qu'il avait reçu de l'abbé Albin (La Roë, 11).

 

Entre 1116 et1138, notice du don que Hugues fait à Saint-Nicolas sur Chantocé (Dom Housseau 9635).

 

Marié à Agnès de Laval vers 1124 (décédée peu après 1130) d'où :

  • Renaud mort alors qu'il n'est encore qu'un enfant ;
  • Guérin II, seigneur de Craon, qui succède à son père. Il est décédé vers 1150.

Marié à Marquise fille d'André et d'Agnès de Mortain (E de Saint-Phalle dans H & G 2000 p 182 d'après Detlev schwennicke Stammtafen TIIII (Craon) et XIV (Vitré)) d'où

  • Maurice II qui suit ;
  • Robert, chanoine d'Angers. Il apparait auprès de son frère à l'occasion d'un don à La Roë ;
  • Guy ;
  • Marquise x Hugues de la Guerche.

Hugues est mort avant 1139. Veuve, Marquise se remarie à Payen de Vaiges (d'où Foulques de Mathefelon) comme l'établit une charte de Saint-Melaine en 1162.

 

Maurice II (° 1135) x Isabelle de Meulan :

Maurice apparait dans la documentation peu après 1150. Un accord entre l'abbé de La Roë et Mathieu de Nouestrel est passé devant lui entre 1150 et 1158 (Broussillon n° 122 d'après le cartulaire de La Roë).

 

Entre 1156 et 1162, charte de Maurice II reconnaissant le mal fondé de ses exigences envers La Roë (Broussillon n° 128 d'après le cartulaire de La Roë).

 

Entre 1050 et 1070, notice du don que Maurice II, sur les instances de Marquise sa mère et de Guillaume de la Guerche son oncle, fait à La Roë du fief de Robert Chochebelle (Broussillon n° 130 d'après le cartulaire de La Roë).

 

Maurice II est parti en Terre Sainte pour en revenir qu'après mars 1170.

 

Entre 1165 et 1182 à Caen, Henri II, roi d'Angleterre, fait un don aux chanoines de Saint-Martin de Tours. Maurice II est témoin (Broussillon n° 152 (A) d'après Baluze, Armoires 77, 246).

 

En 1174, Maurice II est témoin de la paix entre Henri II roi d'Angleterre et ses fils.

 

Maurice a épousé Isabelle de Meulan (décédée le 10 mai 1220) fille de Galeran et d'Agnès de Montfort l'Amaury, veuve de Geoffroy IV de Mayenne au retour de son premier voyage en Terre Sainte. Ils ont eu sept enfants :

  • Avoise femme de Guy VI de Laval dès 1191. En septembre 1224, Avoise de Craon, dame de Laval, fonde le prieuré de Sainte Catherine (Broussillon n° 259 (A) d'après Couanier de Launay, Hist. de Laval, 601) ;
  • Clémence x Pierre de Garnache ;
  • Agnès mariée à Thibaud II de Mathefelon qui fait un don en 1204 pour l'âme de sa femme (Broussillon n° 234 d'après le cartulaire de Fontaine-Daniel) ;
  • Renaud pour l'âme duquel son père fait un don en 1080 à l'abbaye de La Roë (Broussillon n° 157) ;
  • Maurice III qui fait hommage à Philippe-Auguste en mars 1203. Il est mort le 25 juillet 1207 ;
  • Pierre III, entré dans les ordres avec une rente de mille sols d'or. Il est mort en 1216 ;
  • Amaury I qui suit .

 

Avant novembre 1183, Isabelle, d'accord avec ses fils, Juhel de Mayenne, Maurice et Pierre de Craon, fait un don à Savigny. Le sceau de Maurice II est apposé à la charte (Broussillon n° 161 d'après AN L 974 n° 936).

 

Maurice II, d'accord avec sa femme et son fils Maurice, fait un don à Chaloché (Broussillon n° 164 d'après fond français n° 22450 f 320).

 

Le 23 juin 1191, nouveau don de Maurice II à la Roë (Broussillon n° 177 d'après les archives de Mayenne H 194 f 6).

 

En 1191, Maurice II, avec l'approbation d'Isabelle sa femme et de Maurice leur fils, donne à l'hopital d'Angers, une rente de trente sous à prendre sur le tonlieu de la Loire à Chantocé et accorde libre passage au chaland qui va prendre le sel à Nantes (Broussillon n° 179 d'après le cartulaire de l'Hôtel Dieu d'Angers).

 

Au début des années 90, Maurice se rend une seconde fois en Terre Sainte. En revenant, il fonde le prieuré de la Haye-aux-Bons-Hommes près de Craon.

 

Vers 1196,  Juhel III de Mayenne donne à l'abbaye de la Vieuxville une rente de quarante sous angevins pour une messe quotidienne. Maurice de Craon et Isabelle, son épouse, sont témoins. (Broussilon n° 180 (A) d'après B. N. fond français 22337, 95).

 

Maurice est mort le 12 juillet 1196. Il a été un homme d'armes et de foi comme le prouve ses fondations, ses dons et ses deux voyages en Terre-Sainte, mais aussi poète à ses heures perdues...

 

Amaury I x Jeanne des Roches :

En 1209, don par Amaury, aux religieuses des Loges, de 50 sous de rente sur le péage de Chantocé (Broussillon n° 206 (A) d'après note, Port, Dictionnaire, I, 604).

 

En juillet 1212, Amaury est caution, auprès de Philippe-Auguste, de Raoul de Beaumont pour la cession de Domfont. Cest à cette époque qu'il épouse Jeanne des Roches, fille de Guillaume et de Marguerite de Sablé qui descend, comme le montre ce tableau de Robert le Bourguignon.

 

En 1214, placé sous les ordres du futur Louis VIII, Amaury appartient à l'armée venue secourir les provinces de l'Ouest, ravagées par les anglais et contre laquelle viennent se briser les troupes de Jean-sans-Terre. Le 18 septembre de la même année, Amaury figure parmi les seigneurs qui, au nom de Philippe-Auguste, jurent la trêve faite avec Jean-sans-Terre qui durera jusqu'en 1220.

 

En 1218, Amaury prend part à la croisade contre les Albigeois.

 

En 1222, au décès de son beau-père, Amaury est investi du poste de sénéchal d'Anjou.
 

En 1223, Amaury  intervient dans la querelle des seigneurs d'Anjou ligués contre le duc Pierre Mauclerc. Il vole de succès en succès avant de subir une éclatante défaite. Il est alors retenu prisonnier et obtient sa libération contre une lourde rançon et la promesse d'unir sa fille ainée avec Arthur fils de Pierre, son vainqueur.

 

Après le décès de son frère en 1216, il hérite des fiefs anglais d'Henri mais, peu en faveur auprès du roi d'Angleterre, il en est désaisis en 1224.

 

Amaury et Jeanne ont eu pour enfants :

  • Maurice qui suit ;
  • Jeanne sans doute décédée avant d'avoir épousé le fils de Pierre Mauclerc ;
  • Isabelle femme de Raoul III de Fougères fils de Geoffroy. En 1237. Jeanne, dame de Craon, fait don à Raoul
    de Fougères, son gendre, du fief d'Agon (Broussillon n° 274 d'après Dom Morice, Preuves, t. I, p. 906).

 

Le 12 mai 1226, charte, datée du jour du décès d'Amaury I, par laquelle Guy de Daon donne une rente de 4 setiers de seigle à la Roë, à prendre sur les moulins de Folmuchon (Ménage p 409).

 

La famille de Jeanne :

Le père de Jeanne, Guillaume des Roches, est fils de Baudouin et d’Aélis de Chatellerault dont les terres se trouvent du côté de Château du Loir (Wikipédia).
Né vers 1155, on le retrouve dans l’entourage de Richard cœur de Lion dès 1187. Veuf de  Philippie fille d’Hilaria (elles sont citées dans une donation de Guillaume à notre Dame de la Boissière), il se remarie vers 1290 à Marguerite de Sablé fille héritière de Robert.

 

Après la mort de Richard, Guillaume s’attache au duc de Bretagne et à sa mère Constance qui conteste la couronne d’Angleterre à Jean sans terre. A la tête des Bretons, Guillaume des Roches envahit l’Anjou. Il reçoit alors la sénéchaussée du Maine et de l’Anjou (mai 1199) mais en septembre de la même année, Jean essaie de s’attacher ses services. En octobre, Le sénéchal cherche à réconcilier le roi et son neveu et livre le Mans à Jean sans terre. Arthur s’enfuit

 

En 1202, Philippe-Auguste rompt la trêve négociée avec le roi d’Angleterre et favorise Arthur en le nommant duc de Bretagne, comte d’Anjou, du Maine et de Poitou mais le jeune prince doit conquérir ces territoires. Il tente alors, avec l’aide d’Hugues de Lésignan, de capturer Aliénor d’Aquitaine à Mirabeau mais il échoue et est capturé par le roi d’Angleterre qui le fait probablement assassiner.

 

Après cet épisode barbare, Guillaume des Roches quitte le service de Jean pour celui de Philippe-Auguste. Il y restera, avec le titre de Sénéchal du Maine, de l’Anjou et de la Touraine, jusqu’à la mort survenue le 15 juillet 1222.
 

Une série de trois articles intitulés "recherches sur la vie de Guillaume des Roches, sénéchal d'Anjou, du Maine et de Touraine" écrits par Gaston Dubois sont disponibles sur le site Persée (Bibliothèque de l'école des chartes années 1869, 1871 et 1873).

Jeanne est décédée après son mari. Elle rend hommage à Saint-Louis en janvier 1227 en qualité de sénéchale d'Anjou (Teulet [22] n° 1915).

 

Maurice IV x Isabelle de la Marche :

Le 13 octobre 1245, à  Paris, Maurice IV rend hommage à Saint Louis (Broussillon n° 275 d'après B. N. Fonds latins 9778, fol. 29).

 

5 janvier 1246, Maurice IV autorise les moines de Marmoutier à remettre à Geoffroy de Châteaudun et à Clémence, sa femme, les documents relatifs au partage des biens de Guillaume des Roches (Broussillon n° 276 (A) d'après B. N. fonds latins, 12879, 215).

 

Le 7 septembre1249, Maurice IV prescrit le paiement exact aux religieux de Champagne de la rente de soixante sous tournois, que leur avait constituée Guillaume des Roches (Broussillon n° 277 d'après original aux archives de la Sarthe, n° 415, de Bilard).

 

Sceau d'Isabelle de la Marche (Artur Bertrand de Broussillon)

 

1249, Maurice IV constate que le rachat des corvées qu'il a consenti aux hommes du prieur de Daumeray ne peut lui porter préjudice à l'avenir (Dom Housseau, n° 2984).

 

Isabelle de la Marche est fille de Hugues X de Lusignan et d'Isabelle d'Angoulême. Sa mère, Marguerite, petite fille de Louis VI a été la seconde femme du roi d'Angleterre Jean sans Terre avant de se remarier à Hugues.


25 avril 1202, Isabelle de la Marche réclame à Henri III, son fils, la reprise des paiements qu'il lui faisait autrefois tant à titre de pension bénévole qu'à titre de revenu des terres d'Angleterre appartenant à la famille de Craon (Broussillon n° 207 d'après Rymer, t. I, p. 745).

 

En février 1283, testament de Marguerite de Lusignan, épouse de Geoffroy de Châteaubriant, mère de Guy de Thouars. Isabelle de La Marche, dame de Chantocé, Maurice V de Craon, seigneur de Sablé fils à la dite Isabelle, soeur de la testatrice, sont au nombre des exécuteurs testamentaires (Broussillon n° 332 (A) d'après note, B. N., français 22331, 303).

 

Maurice et Isabelle ont enfanté :

  • Amaury II qui épouse Yolande de Dreux. En 1265, il fait don d'une maison située à Craon. Il est signalé à un tournoi à l'occasion du mariage de Jean de Brabant et Marguerite de France en 1269. Il est mort en 1270 sans postérité.
  • Maurice V qui suit ;
  • Olivier, archevêque de Tours en 1285 ;
  • Marguerite mariée vers 1262 à Regnaud de Pressigny ;
  • Jeanne seconde femme de Gérard Chabot fils de Gérard et d'Eustachie de Retz. Le 7 octobre 1284, charte de Jeanne de Craon, dame de Retz, au profit de Girard Chabot, son époux (Broussillon n° 333 (A) d'après Cartulaire de Rays, 95).

 

Maurice est mort en mai 1250.

 

Maurice V x Mahaut de Malines :

Maurice V est né vers 1245 et succède à son frère ainé dès 1270.

 

En décembre 1275 à Paris, Philippe III, roi de France, constate que Gautier Bertout, en donnant sa fille Mahaut comme épouse à Maurice V de Craon, lui a promis 500 livres de rente; 2000 livres une fois payées (Broussillon n° 310 d'après Cartulaire d'Ingrande, 2).

 

En 1276, Maurice V confirme au prieuré de Saint Clément les dons de Renaud et de
Maurice I (Broussillon n° 313 (A) d'après Bibliothèque de Vendôme, manuscrit 273, CIV indiqué par M. l'abbé Métais).

 

 Sceau de Maurice V (Bertrand de Broussillon)

 

Maurice V se met tout au long de sa vie au service des rois d’Angleterre même s’il garde de bonnes relations avec ses suzerains directs, les comtes d’Anjou Charles I et II. Il en est de même avec les rois de France Philippe III et Philippe IV le Bel. Ainsi, il est sénéchal d’Anjou pour le royaume de France et nommé lieutenant général d’Aquitaine par Edouard I en 1290. Il a sans doute joué un rôle de conciliateur entre les deux monarques (Galand).

 

Le 7 novembre1284, à Châteauneuf, Maurice V, moyennant une redevance annuelle de 60 livres, dispense les bourgeois de Châteauneuf et de Séronnes du paiement de la taille et leur accorde divers privilèges (Marchegay [23], 1860, p. 472).

 

Le 3 avril 1288, accord entre Maurice V et le Ronceray, constatant que le seigneur de Craon n'a ni droit ni juridiction sur Chauvon, la Bricdière, les Alleux, Courrion, La Tousche, et le l'erchier (Dom Housseau n° 7746 et Trésor généalogique)

 

Le 8 février 1288, Charles II d'Anjou, moyennant un prix qui sera fixé par les experts désignés, restitue à Maurice V le fief d'Ingrande-sur-Loire, acheté par Charles I, pendant la minorité de Maurice (Ménage, p. 345).

 

Le 13 février 1288 à Paris, lettres de Charles II d'Anjou constituant Maurice V son vicaire et procureur général pour l'Anjou et le Maine (Broussillon n° 343 d'après Archives de la Trémoïlle, 56 de l'Inventaire de 1502).

 

Le 1 avril 1288, Maurice V donne, an nom de Charles II d'Anjou, deux foires à la Couture (Cartulaire de la Couture, 306).

 

27 octobre1288, obligation contractée par le roi Edouard I envers Alphonse d'Aragon pour obtenir la liberté de Charles II d'Anjou. Maurice V figure au nombre des quatre otages qui devoient être fournis, si Edouard I traverse la mer (Broussillon n° 340 d'après Rymer, t. II, p. 377).
 

Le 3 novembre1288, à Oléron, reconnaissance donnée par Charles II d'Anjou des sommes qui lui ont été prêtées pour sa rançon. Maurice V y figure pour 2000 marcs d'argent (Broussillon n° 341 d'après Rymer, t. II, p. 395).

 

Le mariage entre Maurice et Mahaut a eu lieu avant 1275. Les deux époux ont laissé :

  • Amaury qui suit ;
  • Marie mariée avant 1302 à Robert de Brienne. Août 1299, le roi approuve le mariage de Robert de Beaumont avec Marie de Craon (Broussillon n° 375 (A) d'après Note, B. N., Baluze, 54, 311). Marie est décédée le 13 août 1322 ; 
  • Isabelle femme d'Olivier de Clisson. Ils sont les grand-parents du connétable de Clisson ;
  • Jeanne, morte le 25 août 1314.

Maurice est décédé le 11 février 1293. Son épouse, Mahaut, se remarie en 1305, quelques mois avant sa mort (23 septembre 1306), à Jean de Brienne, veuf de Jeanne de la Gerche.

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Amaury III x Isabelle de Sainte-Maure puis x Béatrix de Roucy :

Amaury est un personnage important auquel le pape accorde des faveurs spirituelles, que Philippe V emploie à d'importantes missions et qu'Edouard II nomme sénéchal d'Aquitaine (Joseph Petit [24] p 273). Amaury III de Craon ne reste pas comme son père au service exclusif de l'Angleterre. Il reçoit des missions aussi bien des rois de France que des rois anglais. De 1302 à 1304, Philippe le Bel lui demande de prendre part aux campagnes en France. Le 5 juin 1308, c'est Edouard III qui le réclame ; le 5 juin 1313, le roi dAngleterre le nomme sénéchal d'Aquitaine. En 1317, le 16 janvier, le roi de France le désigne comme l'un des trois commissaires qu'il envoie en Poitou et Touraine. Il est le dernier de sa maison à posséder la charge héréditaire de sénéchal d'Anjou et de Touraine. Il  cède celle de Touraine au roi en 1321 et échange celle d'Anjou et du Maine en 1330 avec ce prince pour une rente de quinze cens livres.

 

Amaury appartient à l'ost de Flandres en 1302 suivant un titre scellé d'un sceau sur lequel parait un écu losangé.

 

Amaury de Craon rend fidèlement son hommage et ses aveux à l'évèché, en 1309, comme mari et bail d'Ysabeau, fille de Guillaume de Sainte-Maure, en 1311 et 1314, après la mort d'Ysabeau.

 

En mars 1311, testament d'Amaury III lequel renferme des dispositions en faveur de deux de ses sœurs Jeanne, non mariée, et la dame de Clisson, parmi les exécuteurs testamentaires figure son « cher cousin » Renaud de Pressigny (Broussillon n° 404 d'après Archives de la Trémoïlle, Fonds Craon).

 

En 1312, Amaury III devenu sénéchal d'Aquitaine, fonde la bastide de Créon pour laquelle il donne son patronyme (Créon/Craon), pour le compte du roi Edouard II d'Angleterre. La charte du 1er juin 1315, authentifiée par la cour ducale de Bordeaux le 9 mars 1316, et par un édit de Westminster du 18 mai 1316 signé du cabinet du roi Edouard II d’Angleterre, fonde la bastide de Créon.

 

Le 23 mai 1317, Amaury achète la seigneurie de la Boce.

 

Le 13 avril 1318, Amaury, seigneur de Craon, déclare que, par une faveur toute spéciale, Charles, comte d'Anjou, en recevant de lui l'hommage des terres de Chantocé et d'Ingrandes au nom de ses fils mineurs Amaury et Pierre, l'a exempté du droit de rachat dû à cette occasion, et en a ajourné le paiement jusqu'à la mort dudit Amaury (Marchegay  III p 223).

 

Amaury est témoin du baptême du futur Jean II le Bon, roi de France qui est né près du Mans le 26 avril 1319 (Marc).

 

Amaury de Craon obtient, le 13 avril 1320, des lettres du roi Philippe-le-Long, portant que sa châtellenie de Marcillac serait distraite du siège de Niort pour ressortir au siège de Poitiers.

 

Il est désigné, avec quelques autres seigneurs, pour terminer le différend entre le roi Philippe le Long, Eudes duc de Bourgogne et les nobles de Champagne et de Brie, au sujet des hommages et de la manière de les faire. 

 

En juin 1311, lettres par lesquelles Béatrix de Dreux fait don de la Suze à Béatrix de Roucy, sa petite fille (Broussillon n° 403 (A)).

 

Novembre 1319, lettres par lesquelles Philippe, comte du Maine, reconnaît que c'est sans préjudice qu'Amaury III lui a concédé une levée dans ses fiefs. (Broussillon n° 446 (A) d'après les archives de La Trémoille. Lettres royales, II).

 

En mai 1320 à Milly-en-Gâtinais, Philippe-le-Long ratifie le contrat de mariage d'Olivier de Clisson, pupille d'Amaury III, avec Blanche de Bouville (Broussillon n° 448 (A) d'après A.N., J 380, 4).
 


31 décembre 1321, Amaury III, en qualité de sénéchal d'Aquitaine, adjuge à Amadieu VII d'Albret le moulin de Tysiengne (Broussillon n° 461 (A) d'après Arch. des Basses-Pyrénées, E, 191).

 

14 avril 1322, Edouard II, dans une lettre à Charles le Bel, annonce qu'il a accepté la démission d'Amaury de ses fonctions de sénéchal d'Aquitaine, et qu'il lui a donné Foulkes Lestrange pour successeur (Broussillon n° 463 d'après Rymer, t. III, p. 949).

 

Le 23 septembre1323, Sablé, Charles-le-Bel, à la demande d'Amaury III, amortit les dépendances de la nouvelle église, Saint-Martin de Sablé (Brousillon n° 472 (B) d'après les Arch. nat., JJ 62, fol. 246, 249 en partie dans Union du Maine, I, 79).


Le 6 octobre 1324, testament de Jeanne de Dreux, dame de Roucy. Acte suivi du pouvoir donné, le 7 décembre 1323, par Amaury III à Béatrix, son épouse, pour permettre l'exécution du dit testament. (Broussillon n° 476 (A) d'après Du Chesne, H. de Dreux, preuves, p. 289).
 

Le 24 novembre 1324, Amaury III, avec l'assentiment de Maurice VII et de Marguerite de Mello, fait divers dons à la collégiale de Saint-Jean-Baptiste de Ménigoute (Broussillon n° 476 (B) d'après A. Richard, Inventaire de la Barre, II, 444).

 

8 février 1325, à Paris, mandement du roi de France ordonnant une expertise des terres de l'héritage de Guy de Lusignan destinée à fixer la part d'Amaury de Craon (Broussillon n° 479 d'après Archives de la Trémoïlle, Lettres royales, t. I).

 

1er février 1330, Amaury III condamne André de Laval et ses complices à 3000 livres d'amende, pour l'invasion à mains armées de son manoir de Pelletrée (broussillon n° 488 d'après Archives de la Trémoïlle, 208 de l'Inventaire de 1502).

 

En mars 1330, à Paris, Philippe VI promet 1500 livres de rente à Amaury III en échange de la sénéchaussée d'Anjou et Maine (Broussillon n° 492 d'après A.N. J. 179, 8).

 

En mars 1330, à Paris, lettres d'Amaury III relatant les conditions auxquelles il a vendu à Philippe de Valois les sénéchaussées d'Anjou et du Maine (Broussillon n° 491 d'après Archives nationales, J 175B, 35).

 

En mars 1331, lettre de Philippe Vl, de Valois, roi de France, contenant cession d'Amaury, seigneur de Craon, de 1300 livres de rente annuelle et perpétuelle sur divers bailliages, places et terres en Saintonge, à titre d'échange de la sénéchaussée d'Anjou et du Maine, aimi que des droits qui y sont attachés (Marchegay III p 223).

 

Amaury III s'est marié 2 fois :

  • avec Isabeau de Sainte-Maure d'où :
    • Maurice (1303 - 1330).
  • avec Béatrix de Roucy d'où :
    • Amaury (1315 - 1334) ;
    • Pierre de la Suze, fondateur d'une nouvelle branche des seigneurs de Craon. Epoux de Catherine de Marchecoul (voir article Gilles de Rais).
    • Guillaume, seigneur de Sainte-Maure, auteur de la branche des vicomtes de Chateaudun ; chambellan de Charles V et lieutenant du roi en Poitou et Maine entre 1356 et 1350 ; Il épouse Marguerite de Flandre.
    • Béatrix femme de Eon, seigneur de Loheac ;
    • Isabelle (1320 - 1333) ;
    • Jean, évêque du Mans puis archevêque de Reims décédé en 1373 ;
    • Simon (1325 - 1330).

Amaury meurt le 26 janvier 1332 âgé de 53 ans.

 

La famille de Saint-Maure a été traitée par divers historiens (Carré de Busserole, Ménage, Chalmel mais aussi E Mautrot [25] et A de la Ponce [26]) avec quelques différences dans les premières générations. Nous avons résumé nos connaissance en la matière à la page "La maison de Sainte-Maure en Touraine".

 

Amaury IV x Pernelle de Thouars :

Né en 1326, Amaury est le petit fils d'Amaury III, fils de Maurice et de Marie de Mello. Il n'a que cinq ans au décès de son père et sept au décès de son grand-père. Il a pour tuteur Olivier III de Clisson, son oncle par alliance.


En décembre 1335 à Tours, Philippe VI ratifie l'accord établi entre Guillaume I de Craon, en son nom, Olivier III de Clisson, tuteur d'Amaury IV, ainsi que Jean Hoquet, procureur de Jean de Châlon et de Marguerite de Mello (Broussillon n°501 d'après A. N., JJ 69, f 121).

 

En 1345, lorsque est décidé le mariage d'Amaury IV et de Pernelle, nul ne peut prévoir que Pernelle tiendrait aussi bien le comté de Dreux que la vicomté de Thouars. A la haute situation qu'il doit à sa naissance, Amaury ne tarde pas à joindre l'importance des fonctions que les rois de France lui confièrent. En 1350, Philippe de Valois lui donne le commandement de ses troupes en Anjou et au Maine puis, lorsque le maréchal de Nesle est fait prisonnier par les Anglais, le 1er avril 1351, c'est Amaury que le roi appele pour le remplacer comme son lieutenant en Poitou, Saintonge, Limousin, Angoumois et Périgord. Le maréchal est son beau-frère, époux comme lui de l'une des filles de Louis I de Thouars.

 

Amaury est retenu par les Anglais dès 1356 et rendu à la liberté par le traité de Brétigny signé en 1360. Au cours de cette période, il garde contact avec sa famille. Le 2 juin 1357 à Saumur, Amaury IV donne procuration à diverses personnes afin d'administrer ses biens pendant sa captivité (Broussillon n° 535 d'après Archives de la Trémoïlle, Fonds Craon).

 

Le 10 août 1364, à Périgueux, Amaury IV, pour lui et Pernelle, son épouse, fait hommage au Prince Noir (Broussillon n° 565 d'après Delpit, Documents français, p. 102, numéro 407).

 

A Moissac, le 25 juin 1352, quittance d'Amaury IV, lieutenant en Languedoc (Broussillon n° 518 d'après B.N., Titres scellés, fol. 2739).

 

Le 13 février 1353 à Paris, accord entre Jean de Chalon, à cause de Marguerite de Mello, et Amaury IV. Celui-ci abandonne à titre de douaire la jouissance viagère de Mareuil, Puy-Béliard, Chantonnay, l'Hébergement, Moulin-Neuf, Engeac et Champagne, près Saint-Clément (Broussillon n° 525 (A) d'après A.N. Xlc 8).

 

A Paris, le 1 décembre 1354, le roi Jean II le Bon nomme Amaury IV son lieutenant en Normandie, Anjou et Maine (Broussillon n° 527 d'après Archives de la Trémoïlle, Lettres royales, t. II).

 

Le 19 août 1364, à Crécy en Brie, Charles V établit Amaury IV (déjà lieutenant du duc d'Anjou) son lieutenant en Touraine (Broussillon n° 573 d'après Archives de la Trémoïlle, Lettres loyales, t. II, et B.N. fonds français 20, 177).

 

Le 28 janvier 1366, Sablé, Amaury IV fonde la chapelle Sainte-Catherine, dans l'église Notre Dame de Sablé (Ménage, p. 383).
 

Le 13 décembre1366, Amaury est témoin de l'hommage de Jean IV de Bretagne au roi (Broussillon n° 592 d'après Lobineau, II, 528).

 

Le 30 octobre 1367, à Paris, Charles V nomme Amaury IV son lieutenant général et capitaine souverain en Touraine, Anjou et Maine (Broussillon n° 596 d'après les Archives de la Trémoïlle, Lettres royales, t. II).

 

Le 7 juillet 1371, accord entre Amaury IV et Pernelle de Thouars, sa femme, d'une part, Thomas de Chemillé et Marguerite, sa femme, d'autre part, sur le partage de la succession de Thouars (Broussillon n° 621 d'après les Archives de la Trémoïlle, Fonds Craon et Dom Fonteneau, t. XXVI, p. 201).

 

1 janvier 1371, lettres d'Amaury IV portant cession à Louis d'Anjou, pour le cas il mourrait sans enfants, du château de Sablé (Broussillon n° 623 d'après A.N. P 1344, 587).

 

Amaury, devenu vicomte de Thouars, est fortement influencé par son épouse et par les seigneurs Poitevins qui l'entourent et qui sont favorables au roi d'Angleterre. Il finit par les rejoindre et se retrouve à la tête de la coalition anglo-poitevine face à son ancien chef Bertrand du Guesclin qui est en train de reconquérir le Poitou pour le compte de Charles V. Du Guesclin bat les Anglais puis se positionne devant Thouars en juin 1372 avec une armée forte de trente mille homme.

 

Amaury IV a épousé Pernelle du Thouars, fille de Louis et de Jeanne de Dreux.

 

Leur mariage est resté stérile mais Amaury a eu deux enfants naturels :

  • Pierre connu par un dont de sa tante Isabelle en 1383
  • Jeannette mariée en mars 1365 à Thibault de la Devillière. En mars 1364 à Sablé, lettres données par Amaury IV à l'occasion du mariage de Thibaut de la Devillière avec Jeannette, sa fille naturelle, leur abandonnant le domaine de Solesmes, estimé 60 livres de rente (Broussillon n° 578 d'après Archives de la Trémoïlle, Fonds Craon).

 

Après lui, ses domaines vont à son demi-frère Pierre de la Suze qui fonde une nouvelle branche de la famille de Craon.

 

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[1] Sigillographie des seigneurs de Craon Bertrand de Broussillon Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne (1890-1893)

[2] Maison de Craon accompagné du cartulaire de Craon 1893 Betrand de Broussillon Broussillon

[3] Histoire de Sablé Gilles Ménage

[4] Recherches historiques sur Sablé et ses seigneurs 1850 Yvon Marc

[5] Chroniques Craonnaises 1871 Bodard de la Jacopière

[6] Les seigneurs de Chateauneuf-sur-Sarthe en Anjou Gérard Galand

[7] Sablé A Angot dans Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne 1919

[8] Dictionnaire d'Indre et Loire Carré de Busserolle

[9] Histoire de Bretagne 1898 Arthur le Moyne de la Borderie

[10] Dictionnaire généalogique Laschesnay Desbois

[11] Statégies lignagères et réforme ecclésiastique la question du lignage de Geoffroy de Vendôme Journal des savants 2001 J H Foulon

[12] Les origines des comtes de Nevers C Settipani dans Onomastique et Parenté 2000

[13] Cartulaire du Ronceray désormais CR

[14] Le comté d'Anjou Louis Halphen

[15] Cartulaire de la trinité de Vendôme  tome 1 Charles Metais

[16] Héraldique & Généalogie : revue trimestrielle de généalogie

[17] La Maison de Laval (1020-1605), étude historique accompagnée du Cartulaire de Laval et de Vitré 1898-1903 Bertrand de Broussillon

[18] Le livre des serfs de Marmoutier 1864 publié par André Salmon

[19] Cartulaire de Saint-Aubin désormais CSA

[20] Cartulaire de La Roé  

[21] La collection d'Anjou et de Touraine  Dom Housseau

[22] Layettes du trésor des Chartes 1866 Teulet

[23] Revue de l'Anjou Marchegay

[24] Charles de Valois 1900 Joseph Petit

[25] Les seigneurs de Sainte-Maure E Mautrot dans "Les amis du Vieux Chinon 1946/47" et suivants

[26] Recherches généalogiques sur la maison de Sainte-Maure depuis le milieu du XIe siècle jusqu'au commencement du XIIIe Amédée de la Ponse dans Mémoire de la société archéologique de Touraine 1855

Commentaires

yolande de craon

Yolande de craon, fille de Maurice VII et Marguerite de Mello, n'apparait pas dans cette étude. Elle aurait épousé Philippot du Buat. Son appartenance à cette famille est remise en cause. Savez-vous quelque chose à ce sujet ?

Nous avons traité (assez

Nous avons traité (assez rapidement) de Maurice VII dans l'article de la maison de Sainte-Maure. Si nous avons omis Yolande (en dehors de toute erreur de notre part), c'est simplement car les sources que nous avons consultées n'en faisaient pas état. Si vous détenez une référence sérieuse qui permet de la rajouter aux enfants du couple Maurice VII x Marguerite de Mello, merci de nous en faire profiter.

Cordialement,

Hélène et Thierry Bianco

Guillaume de Craon + 1142, et son fils Roger comte de Girace

Bonjour,

Félicitations pour ce travail important.

Dans l'Ystoire de Li Normant et la chronique de Robert Viscart, par Aimé moine du Monte-Cassino, d'après un manuscrit du XIII° siècle (Mr Champollion.Figeac. 1835)

L'auteur cite :

Guillaume de Craon époux de Rocca de Barneville, comtesse de Girace par son père. Mort en 1142.

Son fils Roger de Craon, Comte de Girace du chef de sa femme aura une seule héritière nommée

Guerrère, comtesse de Girace qui a épousé un Lombard, le Comte Ardouin.

Avez-vous une idée pour rattacher cette branche devenue italienne et qui s'est fondue dans la famille de Vintimille ?

Bien cordialement

Solange Saint-Arroman / sol.saint-arroman@laposte.net

Guillaume de Craon et son fils Roger, comte de Girace

Bonjour,

Merci beaucoup pour vos compliments.

Au cours de nos recherches, nous n'avons pas rencontré de Guillaume de Craon, époux de la contesse de Girace. Vérifiez éventuellement dans les écrits de Bertrand du Roussillon, le véritable spécialiste de cette famille qu'il a traitée dans Sigillographie des seigneurs de Craon. On retrouve cette étude dans les bulletins de la commission historique et archéologique de la Mayenne 1890 et les suivants téléchargeables sur Gallica.

Cordialement,

Hélène et Thierry

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