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Nous sommes à la recherche de l’article de Jean-Noël Mathieu : « Nouvelles recherches sur les premiers comtes de Tonnerre » publié dans le bulletin archéologique et historique du Tonnerrois n° 51. Si un de nos lecteurs peut nous en fournir une copie…

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Thierry d'Alsace est la souche de la maison de Flandre qui a gouverné le comté de 1128 à 1194.

 

Thierry n'a pas laissé un souvenir impérissable dans son comté, d'autant plus que le mirage oriental l'a entrainé en Palestine à quatre reprises.

 

La famille de Thierry :

Fils cadet de Thierry duc de Haute-Lorraine et de sa seconde femme Gertrude de Flandre, il est né en 1099 et mort à Gravelines le 17 Janvier 1168.

 

Son prénom lui vient naturellement de son père mais il est difficile de retrouver des Thierry dans sa famille paternelle et certains érudits ont suggéré un lien avec Thierry I de Lorraine par l'intermédiaire de Gisèle, une de ses bisaïeules dont les parents ne sont pas connus avec certitude.

 

Thierry descend des derniers Carolingiens par l'intermédiaire de Charles de Basse-Lorraine, frère de Lothaire, roi de France. Cette thèse est d'ailleurs contestée par certains auteurs.

 

Il a successivement épousé :

  • Suanhilde (+ 1132), citée comme sa femme dans plusieurs chartes d'où
    • Laurette mariée à Iwan d'Alost puis à Henri II, comte d'Arlon ;
  • Sibylle d'Anjou, fille de Foulque V le Jeune, décédée vers 1065 d'où :
    • Baudoin décédé avant son père ;
    • Philippe de Flandre x Elisabeth de Vermandois puis à l'infante du Portugal Mafalda ;
    • Mathieu x Marie de Blois, contesse de Boulogne puis à Eléonore de Vermandois veuve de Godefroy du Hainaut et de Guillaume comte de Nevers ;
    • Pierre x Mathilde de Bourgogne veuve d'Eudes d'Issoudun et de Gui comte de Nevers ;
    • Gertrude x Humbert III de Savoie puis de Hugues d'Oisy ;
    • Marguerite x Raoul de Vermandois (mariage non consommé) puis de Baudoin du Hainaut ;
    • Mathilde ;
    • Gérard ;
    • Guillaume ;
    • Conon.

Thierry est décédé le 11 janvier 1168 à Gravelines. Henri Pirenne constate dans une notice biographique sur ce personnage que, dès 1163, son fils Philippe est définitivement associé à son gouvernement que Thierry lui abandonne sans pourtant y renoncer tout à fait, mais en n'en conservant guère que les apparences..

 

La succession du comté de Flandre :

Thierry est seigneur de Bitche avant de revendiquer le comté de Flandre en tant que petit fils maternel de Robert le Frison. En compétition avec Guillaume Cliton de Normandie, cousin de Charles le Bon, comte de Flandre assassiné en 1127, il ne parvient pas à s'imposer (Guillaume possède le soutien du roi de France Louis VI le Gros). Mais, rapidement impopulaire, Guillaume est obligé de céder sa place sous la pression des principales villes de Flandre (Bruges, Gand, Lille...).

 

Dans cette compétition entre Guillaume de Normandie et Thierry, deux grands seigneurs de Flandre, Iwan d’Alost et son cousin Daniel de Termonde, sont au premier rang de ceux qui soutiennent la cause de Thierry (Galbert).

 

Le décès prématuré de Guillaume Cliton, en 1128, évite tout conflit entre eux mais ne rétablit pas immédiatement la paix dans la contrée. En effet, Guillaume d'Ypres, fils illégitime de Philippe et petit-fils de Robert, comte de Flandre mort en 1093, et prétendant lui aussi au même comté, allume une guerre civile qui dure jusqu'en 1133, date à laquelle il se réfugie en Angleterre.

 

Il est piquant de constater que la seconde épouse de Thierry, Sybille d'Anjou, avait été fiancée à Guillaume Cliton.

 

 

Les grands traits de son gouvernement :

L’avènement de Thierry d’Alsace est un échec pour la suzeraineté française et, comme d’autre part, l’empire, après la mort d’Henri V, traverse une crise qui mine son autorité sur la Lotharingie, le comté de Flandre acquiert, sous la nouvelle dynastie, une indépendance quasi complète. Il faudra toute l’habileté et l’énergie de Philippe-Auguste pour y porter atteinte.

 

Lorsque Thierry d’Alsace obtient le comté de Flandre, il confirme et accroit, par un diplôme daté du 22 août 1128, les libertés que son prédécesseur, Guillaume Cliton, avait octroyées aux habitants de Saint-Omer, sans doute pour les remercier de l’aide qu’il a reçue (Giry).

 

Le règne de Thierry d’Alsace est une période relativement heureuse et prospère pour la Flandre. A cette époque, chaque ville fixe ses coutumes, ses lois et ses règlements. L’activité commerciale et industrielle, et l’extension des relations extérieures accroissent rapidement les richesses du pays.

 

En 1129, Thierry d'Alsace donne à l'abbaye des Dunes, près de Fumes, autant de dunes qu'elle en pourra mettre en culture (Pruvost).

 

En 1130, Theoderici…comitis Flandrie…cum generosa uxore mea Suanehilda confirme les privilèges et les possessions de l'abbaye de Saint-Pierre de Loos (Loos Saint-Pierre VIII, p.14).

 

En 1133, trois actes du comte Thierry sont en faveur de l'abbaye de Saint-Pierre à Gand. Dans le premier, daté de Gand, il s'agit d'une concession faite à l'abbé Gislebert de terres incultes situées en Flandre. Les deux autres, datés de Bruges, contiennent la conclusion d'un double jugement, porté en présence dés principaux barons de Flandre, et qui met fin aux dissensions existantes entre l'abbé du couvent et Désiré Hacket, ancien châtelain de Bruges, son fils Robert et Walter Crommelin, son gendre, au sujet des accroissements par alluvions maritimes des bergeries de l'abbaye, ainsi que par rapport à la terre des Testrep et à la dime de Groede (Pruvost).

 

En 1135, Iwan d'Alost est le premier témoin laïc d'une donation faite à Gand par son suzerain à l'abbaye d'Afflighem, ce couvent qu'il avait, lui aussi, avec son frère, enrichi jadis de ses bienfaits.

 

En 1136, Thierry accorde au monastère des Dunes deux hocina de terre situés à Furnes et, l'année suivante, il ratifie solennellement toutes les donations précédentes. Iwan d'Alost souscrit encore à ces actes (Pruvost).

 

En 1138, la chronique de Saint-Bavon nous apprend que Thierry doit mettre le siège devant le château de Gand, mais ne parvient pas à le réduire.

 

Premier voyage vers la Palestine en 1139. Il s'illustre devant la ville de Césarée. Il combat auprès de son beau-père, le roi de Jérusalém Foulque V, dans les montagnes de Galaad.

 

Après 1138, Thierry, en son nom et au nom de sa nouvelle épouse Sybille, se désiste des droits qu'il avait sur l'église de Notre-Dame à Tronchiennes et les remet, à la demande du prévôt Odger et du seigneur Iwan, entre les mains de l'évêque de Noyon et Tournai et de l’abbé de Salechem (Pruvost).

 

Thierry et Sybille sont les princpaux fondateurs de l'abbaye de Clairmarais près de Saint-Omer. Ils donnent en 1140 le terrain marécageux sur lequel est construit le monastère (Laplane).

 

Donation à une date incertaine, faite par Thierry, à l'abbaye de Ham, pour des lettres octroyées par lui en 1142 à la commanderie de Castres et de Slipe (Pruvost).

 

En 1145, à Ypres, Thierry confirme des conventions conclues jadis sous Charles le Bon, entre l'abbé de Saint-Bavon et les avoués de son église (Pruvost).

 

A son départ pour la croisade de 1147, Thierry laisse le gouvernement des ses états à sa femme Sybille et à son fils Baudouin. Apparemment, l'administration de Sybille est ferme et peu de troubles éclatent au cours de son absence. Toutefois, Baudoin du Hainaut en profite pour assaillir la Flandre. A son retour, en 1149, Thierry poursuit la guerre engagée contre son ennemi flamand.

 

En 1151, Thierry donne, aux bourgeois de saint-Omer, l'emplacement de la Gilde-Halle de leur ville. Il confirme et complète sa concession en 1157 (A Giry).

 

Après plusieurs années de désordre et de luttes intestines entre le châtelain de Cambrai, Simon d'Oisy, et l'évêque Nicolas, Thierry entre triomphalement dans Cambrai en 1153.

 

La même année, Thierry guerroye avec son suzerain, le roi de France Louis VII, contre Henri d'Anjou, futur roi d'Angleterre mais en 1154, Thierry témoigne de sa sympathie envers Henri.

 

En 1156, Thierry entraine les grands de Flandre dans un troisième voyage en Palestine. Il est, cette fois ci, accompagné de son épouse Sybille. Il laisse la Flandre à son fils Philippe, alors agé d'une quinzaine d'années.

 

En 1057, Thierry concède des franchises aux foires de Lille, de Messines et d'Ypres (A Giry).

 

En 1160, Mathieu, fils de Thierry, enlève Marie, fille d'Etienne roi d'Angleterre, du couvent de Montreuil. Marie est héritière du comté de Boulogne depuis la mort de son frère Guillaume. Thierry et Philippe son fils, très indignés, s'arment contre le coupable qui, de surcroit, leur dispute le château de Lens... L'affaire se tasse et en 1163, un traité entre l'Angleterre et la Flandre resserre les liens entre Henri et Thierry.

 

A la fin de l'année 1163, Thierry quitte la Flandre accompagné d'un grand nombre de guerriers, tant Lotharingiens que Flamands. Peut-être n'a-t-il entrepris son voyage que pour revoir sa femme et essayer de la ramener en Occident. Sa quatrième et dernière croisade est tout aussi infructueuse que les précédentes. Les chrétiens d'Orient saluent sa venue de leurs acclamations, mais aucun succès ne justifie leurs espérances. Malgré les secours que Thierry amène avec lui, les chrétiens perdent la ville de Panéas (Wauters). L'épisode ne dure pas et Thierry est de retour en Flandre dès 1164.

 

Thierry est mort au début de l'année 1169, quelques mois seulement avant son épouse Sybille.

 

Bibliographie :

Thierry d'Alsace : Etude sur le règne de ce prince 1863 Alphonse Wauters

Vie de Charles le Bon, comte de Flandre Galbert syndic de Bruges

Histoire de la ville de Saint-Omer et de ses institution jusqu'au XIVe siècle 1877 A Giry

Biographie Nationale, v° Thierry d'Alsace, XXIV, Bruxelles, 1926-29, col. 880 Henri Pirenne

Histoire des seigneurs de la ville de Tourcoing 1863 A Pruvost

L'abbaye de Claimarais d'après ses archives 1863 Volume 1 et Volume 2 Henri Laplane

 

LU

Commentaires

descendance de Baudoin V

je soupçonne une petite erreur dans la généalogie, je vois Gertrude fille de Baudouin V , il me semble que c'est plutôt une des 2 filles de Robert le Frison source : 2000 ans d'histoire princière de la Belgique romaine à Albert II de Pierre Houart

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