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Nous complétons et nous corrigeons le fichier « Notariat de Savines (05) » par la lecture des minutes de Mtre Jouve, en ligne sur le site des archives départementales des Hautes-Alpes.

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Romée de Villeneuve fut connétable, gouverneur et grand sénéchal de Provence. Il fut tuteur de la princesse Béatrice fille de Raymond Bérenger V, comte de Provence, qu’il maria à Charles d’Anjou, frère de Saint-Louis, et prépara par cette alliance l’union de la Provence à la couronne de France (Annuaire de la noblesse française 1858).

 

Sa famille :

Les racines de la famille de Villeneuve sont probablement à chercher en Catalogne. Les comtes de Provence étaient originaires de Barcelone et puisaient leurs personnels dans leur province natale. Jugné de Lassigny rapporte dans les premières pages de son ouvrage des débuts de présomption.

 

Le 1 octobre 1201, nous trouvons une inféodation faite à Giraud I, père de Romée, en récompense de ses fidélités par Alphonse II avec l'assentiment du Comte Sanche : ego Ildefonsus Dei Gracia comes et marchio Provinciae... concedo Giraudo de Villanova ...Scilicet castrum vilam de Arcs et castrum vilam de Trans et castrum villam de Motha et castrum villam Esclaico...(Jugné Preuves p 2).


Romée a plusieurs frères ainés qui meurent bien avant lui dont on ne connait pas tous les prénoms et il devient ainsi le chef de la famille de Villeneuve. Sainte Roseline (1263 -1329), fille de Giraud, seigneur des Arcs, est sa petite nièce.

 

A priori, Romée s'est marié deux fois. Il a eu une fille mariée à Isnard d'Eze de sa première épouse dont on ne sait rien. Dès 1230, il épouse Douce Badat fille d'Astorge Chabaud. Les enfants de Romée et de Douce sont au moins au nombre de trois :

  • Paul Romée x Aycarde de Castellane fille de Boniface et Agnès Spata ; Paul transige avec l’évêque Pierre de Vence pour Courségoules en 1263 et avec les habitants de la Gaude et de St Jeannet pour le grand bois en 1288 (Chronique de Provence). À sa mort survenue vers 1307 à Naples, ses fils Boniface et Romée héritent de la Gaude.
  • Béatrice x Hugues de Castellane.
  • Pierre Romée x Alasacie d'Aiguines fille de Bertrand.

 

La famille de Douce :

La femme de Romée de Villeneuve n’est pas connue avec certitude. D’après Jugné de Lassigny, divers indices désignent Douce Badat, femme de Romée, comme la fille de Milon et de Asturga de Raimbaud (de Nice) et peut être fiancée (ou mariée) à un des fils de Simon Vento. Cette hypothèse a l’avantage d’expliquer les grandes possessions de Romée à Vence et ailleurs qui aurait ainsi arrondi son patrimoine par un riche mariage. C'est la solution adoptée par Alain Venturini. Par contre, du point de vue des dates, nous apprenons que Milon était mort en 1215 alors que la belle-mère de Romée, Asturge, apparaîtrait encore en 1263.

 

Le premier juin 1254, Asturge, veuve de Milon Badat, établit Bertrand de Garde, chevalier, juge des terres que Romée de Villeneuve possédait autrefois, tant à Vence qu’ailleurs.

 

Il existe une seconde hypothèse, aussi évoquée par Jugné de Lassigny mais qui n’a pas sa préférence, qui donne pour épouse à Romée de Villeneuve, Douce fille d’Augier Badat et Asturge Chabaud. Les dates concordent mieux, mais n’expliquent pas les possessions de Romée de Villeneuve dans la région de Vence. En fait, il semble que Romée ait profité des faveurs du comte de Provence pour se constituer un immense domaine, en échange de son assistance dans l’administration de la Provence, et il est tout à fait vraisemblable qu’il s’est lui-même bâti son immense fortune.

 

Au début de l’année 1230, sentence de bannissement de Raimond Bérenger V contre les Riquier, B. d’Eze, les Bermond, Raibaud Baratier, Augier Badat… portant défense d’habiter les évêchés de Nice, Vence et Antibes et confiscations de leurs biens (Benoît n° 133).

 

D’après JP Poly (La société féodale p 311), les Badat ont fourni le premier consul connu à Nice. La famille remonte à un Pierre Badat, témoin laïque à un acte de l’évêque en 1093. Au XIIe siècle, les Badat sont devenus nombreux et l’on connaît Guillem, Milon, Rostaing , Peire et surtout Fouques, consul en 1152, 1157 et 1164 (Cartulaire de Lérins n° 57 ; cartulaire de Nice n° 62 et cartulaire de saint-Pons de Nice  n° 16 et 17)

 

La carrière de Romée :

Romée reçoit les ordres mineurs et on le trouve cité comme chanoine de Fréjus dans quelques documents des années 1223-1227 mais c'est au service du comte Raimond-Bérenger V qu'il doit sa célébité. Il est cité comme « Judex Comitis Provincia » dès 1224 et occupe cet office jusqu'en 1233.

 

Il est l'un des principaux artisans de la "reconquête" de la Provence orientale (1227-1230), qui permet à Raymond-Bérenger V d'établir définitivement son autorité et, dès lors, le comte le charge de gouverner la région nouvellement soumise.

 

Romée de Villeneuve, premier ministre de Raimond Bérenger V, comte de Provence, s'étant plaint que le prévôt et les chanoines de Barjols avaient acquis des sieurs de Pontevès le château et la forteresse de leur ville, sans en avoir obtenu l'investiture du prince, les oblige en 1227 de faire une transaction, par laquelle ils remettent au prince le château, forteresse, et jurisdiction temporelle de la ville, qu'ils avaient ainsi acquises et possédées assez longtemps, et le comte en échange remet au prévôt la seigneurie de Quinson et le droit d'albergue qu'il prennait à Barjols. De plus, se contentant des droits honorifiques, il laisse au prévôt la directe de Barjols sans avoir néanmoins le droit de prélation (bulletin de la société scientifique de Draguignan 1870-71).

 

Le 7 février 1230, à Nice, donation par Raimond-Bérenger V à Romée des biens de Jourdan Riquier dans la cité de Nice, de ceux de Raimond Flotte au château d’Andon, tout ce que Guillaume d’Esparron possède dans la cité de Vence au nom de Béatrix de Vence son épouse, des possessions du monastère de Saint Victor au château de Seillans… en présence de Robert Icard de Berre, de Pierre Gaufredi, d’Isnard Mars et Bertrand de Comps (Benoît n° 135).

 

En 1232/33, Romée de Villeneuve donne la terre de Bésaudun à l’évêque de Vence, en échange d’une partie de Courségoule (Benoît n° 170).

 

En 1234, Romée de Villeneuve décide d'édifier en haut de la colline du Gaudelet son château et crée par la même occasion le village de Villeneuve. Les terres lui ont été données par Bérenger V, comte de Provence et de Barcelone. En 1251, le château est vendu pour combler les dettes de Romée de Villeneuve.

 

En 1234, des négociations s'engagent en vue du mariage entre Marguerite de Provence et Saint-Louis. Blanche de Castille, côté français, et Romée de Villeneuve mènent les tractations. Pour forcer la décision, Romée propose une dot considérable en plus du fait que Marguerite est héritière du comté (Benoit n° 204 et 205).


Le 3 septembre 1235 à Grasse, échange passé entre Raimond Bérenger V et Romée de Villeneuve ; le comte donne à Romée la seigneurie du château de Gréolières, avec les châteaux de Cipières, de Courmes et de Thorenc, qu’il a acquis de Bertrand d’Aiguines et de Truand son frère ; il s’y réserve l’albergue de 100 sols raimondins et les cavalcades, et reçoit de Romée les biens de Jourdan Riquier dans la cité de Nice (Benoît n° 241).

 

En 1238, Romée renonçe en faveur de l’évêque de Nice, à toutes les prétentions qu’il pouvait avoir sur le château de Drap.

 

25 mai 1241, à Nice, quittance donnée par Raimond-Bérenger V à Romée de Villeneuve de sa bonne administration financière dans toute la Provence et le comté de Forcalquier. Il lui assigne, pour le paiement d’une dette de 1300 marcs, les revenus de la baillie de Fréjus, de la baillie de Grasse, de Nice et de Vence, et de l’évêché de Glandevès. L’évêque de Fréjus est chargé du règlement des dettes (Benoît n° 333).

 

Romée de Villeneuve part pour Rome en 1242, en qualité d’ambassadeur extraordinaire, à la tête d’une nombreuse flotte, qui doit y transporter les cardinaux et prélats convoqués pour un concile afin de condamner et déposer l’empereur Frédéric II. Il échoue dans sa tentative et fait retraite en Provence.

 

En 1243, il est témoin de la trêve que font les comtes de Provence et de Toulouse. Aussitôt après la mort de Raimond Béranger V,  le 12 août 1245, il fait prêter serment de fidélité aux principaux barons de Provence et négocie le mariage de la princesse Béatrix, héritière de la Provence avec Charles d’Anjou, frère de Saint Louis.

 

Romée rédige son testament le 15 décembre 1250 par lequel il institue son fils aîné Paul-Romée, son héritier universel, et destine son autre fils Pierre Romée et sa fille Béatrice à l’église. Il cite sa femme Douce et dame Asturge sa belle-mère.

 

Romée de Villeneuve, par son testament, ordonne expressément de vendre ses fiefs, ( y compris Villeneuve) afin de régler ses dettes. Le fief de Villeneuve est vendu en 1251. La famille n'en garde plus que le nom, sans aucun droit sur ce pays. Paul de Villeneuve prend le titre de seigneur de la Gaude, et Pierre, celui de Vence.

 

 

Bibliographie :

Histoire de la maison de Villeneuve en Provence 1900 Lassigny.

L'histoire de Vence et du pays vençois 1992 Alain Venturini.

Raymond Bérenger V Thierry 2004 Thierry Pécout.

Recueil des actes des comtes de Provence 1925 Benoit.

 

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