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Nous complétons et nous corrigeons le fichier « Notariat de Savines (05) » par la lecture des minutes de Mtre Jouve, en ligne sur le site des archives départementales des Hautes-Alpes.

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Le château de Hérisson domine la vallée de l'Aumance, affluent du Cher. Il surveillait autrefois un gué et un carrefour de voies anciennes. Ses vestiges sont répertoriés dans la base Mérimée des monumments historiques. Le château a été remanié plusieurs fois au cours du moyen-âge et il est difficile de fixer la date de sa mise en construction.

 

Bien avant l'époque des sires de Bourbon, propriétaires du château durant de longs siècles, un camp retranché wisigoth existait dans les environs de Hérisson.

 

Au Xe siècle, s'élevait à la place du château un donjon tenu par les comtes de Blois et de Champagne et c'est probablement au cours du XIe siècle que les descendants de Thibaud le Tricheur ont inféodé Hérisson et d'autres terres aux sires de Bourbon (Tersonnier [1])

 

En 1078, Hérisson reçoit un viguier sans doute désigné par les sires de Bourbon (R Germain [2]).

 

Gravure photographiée sur le panneau annonçant la rénovation du château sur le site même de Hérisson (conception graphique R Thevenet)

 

Entre 1132 et 1137, le château de Hérisson aurait servi de refuge à une bande d'aventuriers qui pille la région au point d'émouvoir l'évêque de Bourges qui interdit la célébration des offices dans la ville.

 

Le petit donjon (en haut et à gauche du dessin) et les enceintes datent de la fin du douzième siècle mais c'est au treizième qu'ont été construites les principales parties de la forteresse (grand donjon).

 

Le château joue un rôle important dans la guerre de cent ans, défendant le Bourbonnais face aux Anglais installés en Poitou. Il est pris par les anglo-saxons en 1363. Au tout début du XVe siècle, le connétable Louis II de Bourbon ordonne de fortifier plusieurs châteaux du Bourbonnais dont Hérisson (Yves Bruand [3]).

 

En 1437, Charles VII, roi de France, séjourne quelque temps au château de Hérisson afin d'éparpiller une troupe de "routiers" qui dévaste la région.

 

Le château est assiégé par Louis XI en 1465 lorsque Jean II de Bourbon se rapproche de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Le roi l'annexe au royaume mais il revient par la suite à la famille des Bourbon.

 

Le château est démantelé sur ordre de Mazarin à la suite de l'épisode de la Fronde après avoir été occupé par le prince de Condé.

 

Longtemps abandonné, le château-fort subit les effets du temps et des hommes qui ont utilisé ses pierres à d'autres fins. Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques ruines de l'édifice mais une association créé en 1996 tente une réhabilitation du site.

 

Dessin de Hérisson tiré du bulletin de la société d'émulation du Boubonnais 1922

 

Les Bourbon :

La première famille de Bourbon est bien connue à partir d'Aimar, fondateur de Souvigny, qui apparait dès 915. Il faut sans doute se tourner vers l'étude de Max Fazy [4], médiéviste renommé, spécialiste du Bourbonnais et de la famille de Bourbon pour affiner nos connaissances sur le sujet. Malheureusement, nous n'avons pas encore pu consulter ses écrits.

 

Plusieurs historiens, remarquant un Archambault auprès de Charlemagne en 813, suggèrent que ce personnage soit la souche des Bourbon mais aucun document n'étaye l'hypothèse qui ne s'appuie finalement que sur l'onnomastique. En effet, l'anthroponyme "Archambaud" est associé à ce lignage et les médiévistes connaissent l'importance du prénom à cette époque. Christian Settipani p 261 [5] rapproche les Archambaud de Bourbon à leurs homologues de Comborn sans donner de lien précis.

 

E Vasseur [6], sans que nous en connaissions la raison, donne un père et une mère à Aymar : Nivelong et Cunégonde. De même Jacques Anoyaut  [7] propose qu'Ermengarde, femme d'Aymar, soit la fille d'Archibald et d'Ermessinde. Nous ne savons pas quel crédit il faut accorder à ces hypothèses que nous citons tout de même.

 

En 936, parmi les témoins de la charte de fondation du prieuré de Chantelle, on remarque un Gui, comte, que la Gallia Christina Nova II, Instruments, colonne 6 et 7 a fait un Guidonis, comitis Borbon (l'original de la charte est perdu mais deux copies du XI et XIIIe siècle portent la signature d'un Gui, comte, et non de Gui, comte du Bourbonnais). Chazaud [8], ignorant l'interprétation des auteurs de la Gallia, a proposé d'y reconnaitre le beau-père d'Aymon I mais des études plus récentes montrent que Gui n'a jamais été comte de Bourbon.

 

Pour René Germain, au Xe siècle, le Bourbonnais manque de strutures politiques et des seigneurs locaux comme Aymar de Deneuvre prennent le pouvoir dans cette région. Posséssionné dans le Bourbonnais, Aymar est le fondateur de l'abbaye de Souvigny mais il n'est jamais appelé comte de Bourbon (d'où la proposition de Chazaud). D'après J.B. Beraud [9], Aymar est sous la bannière de Charles le Simple contre les Robertiens à l'époque où la puissance de ses derniers leur délivre la couronne. Marié à Ermengarde, Aymar a eu au moins trois fils : Aymon, Dacbert et Archambault. Aymar est mort avant 954.

 

Aymon est connu par deux actes de donation dans la deuxième moitié du dixième siècle. Il est marié à Aldesinde fille de Guy (?) et deux de ses fils, Giraud et Archambaud, sont cités dans une des chartes de leur père.

 

Vers 991, Archambaud qui a combattu auprès d'Hugues Capet, raconte J.B. Beraud, s'oppose à Landry de Nevers sous le pretexte que ce dernier a usurpé quelques parcelles de son domaine (Chazaud p 168 d'après la chronique du Vezelay).

Archambaud est cité avec sa femme Ermengarde dans une charte datée de 1010/1011 (Chazaud p 166). D'après la donation de la Faye, en juin 1025, ses fils sont : Archambaud qui lui succède, Aymon archevêque de Bourges entre 1030 et 1071, Albuin et Géraud.

En 1012, Archambaud, princeps Borbonensis, assiste, avec Eudes de Déols et toute la noblesse du Berry, à l'installation du chapitre de Saint-Ursin de Bourges (Chazaud p 166).

 

Archambaud II signe en 1043 la fondation du prieuré de Saint-Satur après son frère, l'archevêque, et sa mère Ermengarde. Il fonde l'église du Montet et rétablit l'église de Moncenoux consacrée à Saint-Ursin, premier archevêque de Bourges. La charte est signée de ses frères Albuin, Aimon et de son épouse Aurea.

Entre 1061 et 1070, Archambaud fait une donation à l'abbaye de Souvigny pour le repos de l'âme de ses parents (Archambaud et Ermengarde) en presence de sa femme Aurea, de son fils Archambaud et de sa femme Beliarde, de sa fille Aurea;

 

L'Aumance à Hérisson

 

Vers 1077, Archambaud III le Fort renouvelle l'approbation faite par son père aux libéralités de Jean de Saint-Caprais envers l'abbaye de Saint-Denis  (Chazaud p 176). Il règle un différend de droits qu'il prétend posséder sur des maisons de Chantelle appartenant aux religieux d'Evaux. La charte est signée de son épouse Béliarde, et de ses trois fils, Archambaud, Pierre de Blot, Aimon et de son gendre Amiel de Chambon (Chazaud p 176). Il renonce à ses mauvaises coutumes à la fin de sa vie (1095). Il est aussi le père d'Ermangarde, femme de Foulques le Réchin, comte d'Anjou puis de Guillaume de Jaligny.

 

Archambaud IV est peu connu car décédé quelques mois seulement après son père. Sa veuve se remarie avec Allard Guillebaud qui semble se préoccuper sans succès des intérêts d'Archambaud V, son beau-fils.

 

Aimon II de Vaire-Vache usurpe le pouvoir à son neveu Archambaud V. Le mari en secondes noces de sa mère s'en plaint au roi Louis VI et une expédition, relatée par Suger, est organisée vers 1108, contre Aimon II sans qu'on puisse en juger l'issue. Aimon II a eu pour femme Luce de Nevers et pour fils Archambaud VI.

 

Archambaud VI est marié avant 1137 à Agnès de Savoie, belle-soeur du roi Louis VI le Gros. Il prend part à la croisade de 1147 organisée par Louis VII. En 1160, lui et son fils sont excommuniés et leurs terres mises en interdit par l'archevêque de Bourges car ils retiennent en otage Hugues de Naves qui vient de prendre la croix. Entre 1162 et 1170, il soutient un  procès contre l'abbé de Saint-Sulpice au sujet de droits sur le prieuré de Saint-Léopardin. Sa fille Guiberge/Agnès est l'épouse d'Ebles V de Charenton, fondateur des abbayes de Bussières et de Noirlac.

 

Son fils Archambaud VII est mort en 1169, deux ans avant son père. Il a alors 29 ans. Une querelle entre Archambaud VI et son oncle Pierre de Blot prend certainement sa source dans l'héritage de cette seignerie. En effet, Archambaud VII ne laisse de sa femme Alix de Bourgogne fille d'Eudes, qu'une fille Mahaut qui apporte la seigneurie de Bourbon dans la famille de Dampierre.

 

Vers 1172, le sire de Bourbon se reconnait vassal du comte de Champagne pour les seigneries d'Ainal, Huriel, Saint-Désiré, Hérisson, Epineuil... (Chazaud p 307).

 

lu

Bibliographie :

[1] Quelques notes sur Hérisson Philippe Tiersonnier dans Bulletin de la société d'émulation du Bourbonnais 1922

[2] Les sires de Bourbon et le pouvoir : de la seigneurie à la principauté. René Germain dans Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public. 23e congrès, Brest, 1992. Les princes et le pouvoir au Moyen Age. pp. 195-210.

[3] L'amélioration de la défense et les transformations des châteaux du Bourbonnais pendant la guerre de Cent ans.Yves Bruand In: Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 116e année, N. 3, 1972. pp. 518-540.

[4] Max Fazy

[5] La noblesse du Midi Carolingien2004 Christian Settipani

[6] Les nobles aïeux de trois seigneurs rouergats 2002 E Vasseur

[7] Jacques Anoyaut dans Héraldique & Généalogie 1997 p 282

[8] Etude sur la chronologie des sires de Bourbon 1865 MA Chazaud

[9] Histoire des sires et des ducs de Bourbon 1835 J B Beraud

 

 

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