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Après avoir consacré un article aux seigneurs de Donzy puis un autre aux comtes héréditaires de Nevers de Landry à Guy, il semblait naturel de s'interroger sur Pierre II de Courtenay, trait d'union entre les deux familles.

 

Sceau de Pierre II de Courtenay (Lebeuf [1])

 

Pierre II de Courtenay, petit-fils de roi, est bien né. Il est doté des comtés de Nevers, Auxerre et Tonnerre dès qu'il est en âge de se marier. Fidèle de son cousin germain, le roi Philippe-Auguste, il se comporte comme un féodal de son temps. Il guerroye, fait de nombreuses donations aux abbayes et administre son domaine avec plus ou moins de succès. Notons toutefois qu'il perd le comté de Nevers, avec la complicité de son cousin royal, au profit de son futur gendre alors qu'il pensait profiter de l'inexpérience de son jeune voisin de Donzy pour arrondir son territoire. Enfin, élu empereur de Constantinople, il ne parvient pas à rejoindre sa capitale et meurt dans les géoles grecques de Théodore Ange Doukas Comnène.

 

D'après l'historien Hugues du Noyers, évêque d'Auxerre de 1183 à 1206, Pierre était un homme d'un tempérament emporté, chaud et violent, qui ne pouvait s'empêcher de se porter avec impétuosité à des extrémités fâcheuses (Lebeuf III p 136). Jean Fromageot [2] renchérit : Pierre était le type du seigneur ambitieux et imbu de son rang, toujours prêt à lutter contre un rival possible et n'admettant ni entraves à son action, ni voisinages gênants.

 

Les données sur Pierre de Courtenay sont nombreuses même si elles sont éparses. Soulignons les principaux historiens qui nous ont permis de nous faire une idée sur Pierre et sa famille :

  • Dubouchet [3] ;
  • l'Abbé Lebeuf ;
  • Jean Fromageot ;
  • Alice Saunier Seité [4].

 

A contrario, l'étude sur les comtes de Nevers de René Lespinasse [5] ne s'appesentit pas sur Pierre II de Courtenay, pourtant titulaire du comté pendant une quinzaine d'années.

 

 

Les ancêtres de Pierre II :

Très généralement, les médiévistes remontent la famille de Courtenay jusqu'à la fin du Xe siècle.

 

Alice Saunier-Séité propose un tableau généalogique qui résume notre savoir sur cette maison.

 

Est-il possible de remonter cette lignée de quelques générations supplémentaires ? Peut-être, si on admet une parenté entre le premier Courtenay attesté, Atton /Hutton, seigneur de Château-Renard et les comtes de Sens comme l’indique « L’art de vérifier les dates [6] » tome II p 594.

 

Le possible lien entre les Courtenay et les comtes de Sens :

Quelques lignes lues sur Wikipédia [7] induisent un lien familial possible entre les Courtenay et les anciens comtes de Sens : l'autorité du comte Renard est effective sur Sens (où il bâtit une tour en centre ville), Montereau (où son petit-fils fera construire un château), Château-Renard, Courtenay et Joigny (où il bâtit un château). On observe aussi qu'il fait construire deux châteaux (Joigny et Château-Renard) en face du comté d'Auxerre, alors soumis à l'autorité de l'évêque Héribert, frère bâtard d'Hugues Capet. En réponse, l'évêque fait fortifier Toucy et Saint-Fargeau. Tous ces éléments plaident pour des rapports très hostiles entre le comte de Sens et l'évêque affidé au Robertien.

 

Renard (°930 +997), comte de Sens à la fin du Xe siècle, est le fils de Fromont, (d’origine neustrienne ?) placé dans cette région par Hugues le Grand qui l'installe après sa prise de la ville en 939. Toutefois, le paragraphe précédant laisse sous-entendre qu’à la génération suivante, Capétiens et Fromontides n’appartiennent plus au même camp.

 

En fait, les auteurs contemporains interprètent le témoignage du continuateur d’Aimoin (RHGF XI [8] p 276) qui a écrit : Tempore Roberti regis Atho filius cujusdam Gastellarii de Castro Rainardo, militari honore se fecit sublimari : ipse firmavit castrum Curtiniaci . Idem accipiens in uxorem quandam nobilem dominam genuit ex ea Joscelinum de Curtinaco...

 

Atton serait donc le fils du seigneur de Château-Renard. Il se marie avec une dame de condition sociale plus élevée que la sienne et accroit l’importance du château de Courtenay.

 

D’après l’Art de vérifier les dates, Renard laisse au moins trois enfants :

  • Fromond, comte de Sens après son père ;
  • Renard, seigneur de Château-Renard (d’où Atton);
  • Alix dont descendent les comtes de Joigny.

 

Atton :
Atton est probablement un cadet de la famille des comtes de Sens né vers 990.

 

Selon Alice Saunier-Seïté qui ne lui donne aucun ancêtre dans ses tableaux généalogiques, Atton de Château-Renard profite de la guerre de succession de la Bourgogne entre le roi Robert de Pieux et Otte-Guillaume pour s’emparer de Courtenay.

 

Sous le règne de Robert de Pieux entre 996 et 1031, Atton fortifie le château de Courtenay (J. Du Bouchet).

 

D’après E de Saint Phalle [9] p 237, Atton est l'époux Erecburge (sans référence).

 

Le continuateur d’Aimoin nous apprend que le fils et l’héritier d’Atton se nomme :

  • Josselin qui suit ;

 

Josselin :
Joscelin de Courtenay est né vers 1020, peut être un peu plus tard. Nous n’avons aucun témoignage sur le déroulement de son existence même s'il apparait dans plusieurs documents.

 

Josselin épouse en premières noces Hildegarde, fille de Geoffroy Féréol, comte du Gâtinais et d'Ermengarde d'Anjou (RHGF XI p 276 et CY [10] II p LXXII) d’où :

  • Hodierne x Renard de Joigny d’où Guy et Renard, comte de Joigny ;

Puis Elisabeth de Montlhéry fille de Guy de Montlhery et Hodierne de Gometz-la-Ferté (RHGF XI p 276) d’où :

  • Etienne ;
  • Milon de Courtenay (RHGF XI p 276) qui suit ;
  • Josselin d’Edesse (RHGF XI p 276) mort en Terre Sainte (°1070 +1134) ;
  • Geoffroy le Charpelu (RHGF XI p 276) mort en Terre Sainte (+1139) ;
  • Renaud, religieux, cité dans une charte de son frère.

 

Miles de Courtenay
Avec Miles/Milon de Courtenay, les informations sont un peu plus nombreuses. Miles est né vers 1060.

 

Entre 1110 et 1116, Milon de Courtenay confirme une donation au prieuré de Néronville avec le consentement de son épouse Elisabeth (Néronville [11] n° XXX).

 

Au cours du second quart du XIIe siècle, Mille et Elisabeth sont présents à la fondation de l'abbaye cistercienne des Escharlis (CY I n° CXXVIII).

 

En 1124, Miles de Courtenay est témoin d'une donation de Hugues le Manceau, seigneur de Cosne, à l'abbaye de Bourras (CG XIII col 1101 n° 20 non rerouvé mais d'après Mirot [12]).

 

Entre 1120 et 1139, Miles et sa femme participe à la fondation de l’abbaye de FontaineJean : ...Huic dono interfuerunt Milo de Curtiniaco et uxor ejus Elisabeth et filîi eorum Willelmus, Joscelinus, Rainaldus, et ii omnes laudaverunt : nec hoc solum, sed quicquid de eorum casamento adquirere possent... (CY I n° CXXVIII).

 

En 1127, Miles est présent à la donation de l'église de Saint-Sauveur faite à l'abbaye de Saint-Jean, par le Chapitre de Sens, à la prière du roi Louis le Gros dans lequel Miles est qualifié de Grand du royaume (J. Du Bouchet p 10).

 

En 1133,  Miles fait donation à l'abbaye de Saint-Jean de Sens, là où sa mère, alors veuve; est devenue nonne et là où son frère Renaud est enterré (CY I n° CLXXII). Cet acte comfirme que Milon est bien le fils du deuxième mariage de son père.

 

En 1138, Milon de Courtenay est témoin d'une charte du comte de Melun Adam qui rend des droits sur Moisenay et Courceaux à l'abbé de Saint-Maur-du-Fossé (A Duchalais [13]).

 

A une date indéterminée, Milon de Courtenay, sa femme Elisabeth et ses fils Guillaume, Josselin et Renaud approuvent et complètent la donation de Baudoin Fruissard à l’abbaye des Echarlis (Echarlis [14] n° XXIX).

 

Les enfants de Milon et de sa femme Elisabeth de Nevers sont :

  • Guillaume qui fait une aumône à l’abbaye de FontaineJean en 1147 (J. Du Bouchet p 10). Il est mort cette même année (G. Estournet [15] ) ;
  • Josselin mort jeune (J. Du Bouchet) ;
  • Renaud qui suit.

 

Miles de Courtenay est décédé après 1138.

 

Renaud :
Renaud est né à la fin du XIIe siècle. Il est cité dans une charte de 1133 avec son père et ses deux frères.

 

Renaud suit le roi Louis VII le Jeune en croisade mais retourne sur ses terres avant son suzerain (peut-être à cause de la mort prématurée de ses ainés).

 

En 1149, Renaud dépouille et emprisonne les marchands qui empruntent la route de Sens à Orléans. Thibaud de Blois s'offusque de cette situation et prévient Suger par lettre. Le ministre de Louis le Jeune l'invite à châtier le sire de Courtenay et lui propose son aide (Arbois de Jubainville II [16] p 387). Face à la menace, Renaud, prudent, répare ses tords et libère les marchands.

 

Renaud épouse Helvide du Donjon (ou Moenée d'Arthel) d’où :

  • Elisabeth femme de Pierre de France qui suit ;
  • Helvide, dame de Cudot, femme d'Alwalon, seigneur de Seignelay, mort avant 1193 (E de Saint Phalle [17]) L'auteur ajoute que la châtellenie de Cudot appartenait au Courtenay depuis Atton.

 

L'épouse de Renaud :

Le cas de la famille de la femme de Renaud de Courtenay, que la postérité nomme Helvide, ne semble pas simple. Il n’y a même pas d’assurance sur son prénom. Alice Saunier Seïté la prénomme Hélène et pour Gaspard Thomas de la Thomassière [18] (p 311), historien référence du Berry, elle s'appelle Eustachie. Il faut donc en conclure qu'elle n'apparait pas dans les chartes et chroniques de son temps.

 

La seule certitude  que nous possédons est que Pierre et Robert, fils de Pierre I de Courtenay, sont les neveux de Guillaume (fils de Ferry du Donjon et de Moenée d'Arthel), archevêque de Bourges entre 1199 et 1209.

 

Les historiens ont diversement interprété ce lien de parenté. Pour Thomas de la Thomassière (p 309), Guillaume et sa soeur sont les enfants de Baudoin du Donjon et d'Eustachie et seraient nés vers 1120. Cette hypothèse semble interdite par la chronologie (il y a une erreur de génération). Jean Du Bouchet se contente d'écrire que Renaud de Courtenay a épousé la soeur de Guillaume de Bourges.

 

Revenons sur la carrière de Saint Guillaume, archevêque de Bourges, élu abbé de FontaineJean en 1181, archevêque de Bourges en 1199 et mort le 10 janvier 1209. Grand-oncle de Mahaut de Courtenay née vers 1190, on peut raisonnablement penser qu'il est né dans la période 1130 - 1150. La fourchette est large et offre diverses possibilités

 

Dans ces conditions, Moénée d'Arthel, fille de Guy, vicomte de Clamecy, pourrait être la mère de Guillaume et d'Helvide si les générations de Ferry II du Donjon à Pierre II de Courtenay se succèdent rapidement.

 

Gustave Estournet propose que Moenée d’Arthel, fille d’Hugues, vicomte de Clamecy, ait épousé Renaud de Courtenay en premières noces (d’où Elisabeth) puis Ferry du Donjon d’où Guy et Guillaume, prélat de Bourges. Patrick Van Kerrebrouck [19] semble partager l'avis de G. Estounet. En écrivant que Guillaume est le grand-oncle de Mahaut de Courtenay, Hubert Verneret [20] corrobore cette thèse.

 

En conclusion, nous n'avons aucune assurance sur l'identité de l'épouse de Renaud de Courtenay. Au moins deux hypothèses sont envisageables :

  • Helvide fille de Ferry du Donjon comme le propose une majorité de généalogies. La mère d'Helvide est-elle Moenée ou une autre épouse de Ferry ? ;
  • Moenée d'Arthel qui aurait successivement épousée Renaud de Courtenay puis Ferry du Donjon comme le suggère G Estournet et P Van Kerrebrouck.

 

Pierre I de Courtenay :
Pierre, sixième fils du roi Louis VI le Gros et Alix de Savoie, est né vers 1130. Il est marié avant 1152 à Elisabeth de Courtenay qui lui apporte un territoire immense autour de Montargis, au sud de Paris.

 

En 1150, donation de Pierre aux hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem (CY I n° CCCXXII)

 

Transaction entre Pierre de Courtenay et Robert, prieur de Sommecaise, pour laquelle Pierre et sa femme Elisabeth  abandonnent les prétentions qu'ils élèvent sur une femme nommée Arembourge femme de Jean Le Redde et sur la moitié de sa progeniture en l'honneur de Dieu et de Saint Gervais (Cartulaire de St Germain d'Auxerre f 34).

 

En 1160, confirmation de biens à l’abbaye de FontaineJean (J. Du Bouchet Preuves).

 

En 1168, Pierre, seigneur de Courtenay, rend justice à un meunier contre lequel les moines du prieuré de Montigny ont formulé des plaintes (Douchy [21]).

 

En 1170, Pierre I donne une coutume aux habitant de Montargis (J. Du Bouchet Preuves).

 

En 1170, Pierre atteste que Gautier, dit Bouteloup, a donné la moitié de ce qu'il possédait dans la forêt de Guillens à l’abbaye des Escharlis. Pierre, comme seigneur du fief, Elisabeth sa femme et son fils Pierre rattifient ce don (CY II n° CCII).

 

Pierre I et d'Elisabeth ont enfanté :

  • Pierre II, qui suit ;
  • Eustachie mariée à Guillaume de Brienne puis Guillaume de Champlitte et, enfin Guillaume de Sancerre ;
  • Robert, seigneur de Champignelles, marié en premières noces à Constance de Toucy et en deux à Mahaut de Mehun sur Yèvres ;
  • Marie épouse d'Henri II, comte du Hainaut, empereur de constantinople ;
  • Alix femme de Guillaume I de Joigny puis d'Aymar II d'Angoulême ;
  • Clémence x Guy VI de Thiers ;
  • Philippe ;
  • Constance femme de Gasce de Poissy puis de Guillaume de Breteuil ;
  • Isabelle x Aimon de Charros.

 

En 1185, Elisabeth, dame de Courtenay, fait connaitre une donation d'Ameline, veuve de Gautier Le Tonloier à l'abbaye des Echarlis (Echarlis n° II ).

 

Pierre II  de Courtenay :

Pierre II est né vers 1160 de Pierre de France et d'Elisabeth de Courtenay. Son grand père, Louis VI le Gros, a régné de 1108 à 1137 et il est le cousin germain du roi Philippe-Auguste.

 

Pierre et Agnès :

La chronique d'Alberic de Trois-Fontaines rapporte qu'Agnès fille unique du comte de Nevers Guy est la femme en première noces  du comte Pierre. En la mariant à Agnès de Nevers dont il est le tuteur et qui est élevée à sa cour, Philippe-Auguste place Pierre à la tête des comtés de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre. Agnès, fille du comte Gui et de Mahaut de Bourgogne est en effet héritiere de ses parents après le décès de son frère Guillaume V, mort en bas âge en 118.. En échange de cette transaction avantageuse, Pierre cède au roi la ville de Montargis (CY II n° CCCXXX).

 

En 1185, Pierre, comte de Nevers et son épouse Agnès, fille du comte Guy confirment les privilèges accordés à l'église Saint-Etienne de Nevers (CLU [22] n° 4297).

 

Pierre II de Courtenay (Wikipédia)

 

 

En 1187, reconnaissance de droits à l'abbaye de Corbigny par Pierre, comte de Nevers, et sa femme Agnès (Corbigny [23] n° X).

 

A Duyes, en 1188, Pierre, comte de Nevers et sa femme approuvent le don fait par Pierre de Courtenay, son père, frère du roi de France, à l'abbaye des Echardis de dix livres à percevoir chaque année sur le péage de Chateaurenard (Echarlis n° III).

 

Le 29 juillet 1188, le comte Pierre et sa femme Agnès déclarent avoir fait remise à leurs hommes libres d'Auxerre du droit de main-morte qu'ils avaient sur eux, afin de les aider à la réfection de la ville qui avait été si misérablement détruite par le feu (CY II n° CCCLXXV).

 

Le 10 juin 1190 à Nevers, le comte Pierre et Agnès promettent solennellement au Chapitre de renoncer aux droitx de gite et d'herbage sur le territoire des baillies des environs de Nevers, tels que les avaient exercés leurs parents, les comtes
de Nevers. En plus, ils abandonnent les redevances d'avoine, deniers, pains, bottes de foin et paille, qui leurs étaient dues
à Marigny et à Chamon. Il sera célébré un anniversaire au nom du comte Guy (Saint-Cyr [24] n° 102).

 

En 1190, Pierre s'embarque pour la Palestine. Le séjour des Français à la croisade dure plusieurs années et leur premier engagement a lieu à Saint-Jean-d'Acre le 13 avril 1191. Nous ne savons rien de l'activité de Pierre en Terre-Sainte mais il est de retour en 1193. Son épouse Agnès est décédée durant son absence. Pierre, tuteur de sa fille Mahaut, conserve le titre et le gouvernement de Nevers (Lespinasse I p 403).

 

En 1193, la comtesse Agnès, à ses derniers moments et en l'absence de son mari, déclare qu'elle s'en rapporte à lui pour le choix d'une donation à faire pour le repos de son âme. Pierre de Courtenay, entre autres bénéfices, renonce à son droit de maletote sur les vignes, depuis la Bertrange jusqu'à La Charite, laissant desormais les vignerons libres de cultiver et vendanger à leur gré sans être astreints à autre chose que le cens et la dime (La Charité [25] n° LXXX).

 

En 1194, Pierre de Courtenay, affranchissant ses bourgeois d'Auxerre, après avoir mis sa charte sous la protection du roi et du pape, prie l'archevêque de Sens, les évêques d'Auxerre, de Nevers, de Langres et d'Autun de l'excommunier, s'il en enfreint les clauses en quelque point (CY II n° CDL). La même année, il promulgue des privilèges de la commune de Nevers (connus uniquement par la confirmation de Mahaut et de son mari Guy du Forez en 1231 (Lespinasse).

 

Dès 1196, Pierre entre en lutte avec son puissant voisin, le comte de Champagne. Il ne parait pas avoir eu l'avantage puisque les Champenois pillent le Tonnerrois (Fromageot p 69)

 

Pierre et Agnès ont eu une fille unique :

  • Mahaut de Courtenay mariée en premières noces à Hervé de Donzy puis à Guy du Forez.

 

Agnès est morte le 6 février (1192) d'après le nécrologue des bénédictines de Nevers.

 

Pierre et Yolande :

Après le décès d'Agnès, Pierre prend pour épouse Yolande de Flandre, troisième fille de Baudoin V, comte de Flandre et de Hainaut,
soeur de Baudoin et de Henri, empereurs de Constantinople, et de Philippe comte de Namur. Dans sa chronique, Alberic de Trois-Fontaines nomme les trois filles de Baudoin des Flandre comme étant Elizabeth Francie reginam…Hyolenz uxorem Petri Autisiodorensis et Sibiliam domnam Bellioci uxorem Wichardi.

 

En 1196, une guerre de voisinage se déclare entre Pierre et Guillaume de Brienne, cousin germain de sa première épouse (Lebeuf III p 131).

 

En 1199, Pierre entre en conflit avec Hervé de Donzy, seigneur de Gien. Son armée est complètement défaite près de l'abbaye de Saint-Laurent. Pierre cède sa fille et le comté de Nevers à son vainqueur, avec l'assentiment de Philippe-Auguste qui, en échange de sa bienveillance, acquiet la ville de Gien (CY II n° CDXCI).

 

En 1200, Pierre donne le droit de justice aux habitants de Tonnerre, se réservant seulement les cas de larcin, d'homicide, de sortilège, d'adultère et d'effusion de sang (Lebeuf III p 134).

 

En 1203, Pierre confirme, avec son épouse Yolande, les dons que ses parents avaient effectués à l'abbaye de Ville-Chasson (Lebeuf III p 135).

 

En décembre 1206, Pierre de Courtenay et Yolande sa femme donnent à l'abbaye de Chartre une rente perpétuelle en froment, seigle et avoine, à prendre sur la terre de Piffonds, pour le repôs de l'âme de leurs parents.

 

En 1210, Pierre se croise contre les Albigeois et participe au siège de Lavaur (Lebeuf III p 144). Il en revient sinon plus glorieux du moins notablement enrichi. Il ramène de cette expédition la réputation d'un meneur d'hommes susceptible d'entreprendre de grands projets (J. Fromageot p 76).

 

A partir de 1212, Pierre porte le titre de comte de Namur, en tant qu'héritier de son beau-frère Philippe (Lebeuf  III p 144)

 

Pierre  accorde aux religieuses de Crisenon l'usage du bois mort dans la forêt de Fretoi (Lebeuf III p 145).

 

En novembre 1211, Pierre II de Courtenay promet, avec le consentement de sa femme Yolande et de son fils Philippe, de ne pas affranchir Robert de la Ferté (Echarlis n° XII).

 

En mars 1214, Pierre de Courtenay avec sa femme Yolande et son fils Philippe donnent diverses rentes de grains sur Bansles au prieuré de Franchard (Franchard [26] n° XXIV)

 

Le 26 juillet 1214, Pierre participe à la bataille de Bouvines, auprès de son cousin germain, Philippe Auguste.

 

En 1216, le comte et la comtesse d'Auxerre et de Tonnerre, Pierre et Yolande, donnent à Notre-Dame de Pontigny une rente annuelle de 10 livres parisis à percevoir sur la censive de Courtenay, pour célébrer leur anniversaire (Pontigny n° 205).

 

En décembre 1216, Pierre de Courtenay donne à l'abbaye des Echarlis une mine de froment, une mine de seigle et trois setiers d'avoine à prendre sur ses domaines de Piffonds (Echarlis n° XVII).

 

En 1216, Pierre est élu empereur de Constantinople pour succéder à son beau-frère Henri de Flandres. A la fin de l'année, Pierre et son épouse Yolandre prennent le chemin de leur nouvelle capitale.

 

Avant de partir, Pierre engage le comté de Tonnerre et la seigneurie de Cruzy exceptée la châtellenie de Mailly à son gendre Hervé de Donzy chargé de le gérer pendant son absence et qui en devient titulaire dès 1216 (J. Du Bouchet p 41).

 

Pierre parvient à Rome au printemps 1217. Le 9 avril, il est sacré empereur par le pape Honorius III, dans l'église de Saint-Laurent-hors-les-murs et sa femme est couronnée impératrice.

 

Pour le convoyer jusqu'à Constantinople, Pierre s'adresse aux Vénitiens qui lui demandent de l'aide contre Théodore Ange Doukas Comène, despote grec. Pierre assiège Durazzo mais ne parvient pas à prendre la place. Alors qu'il se retire, Théodore simule la soumission et adresse des vivres à l'armée de Pierre au bord de la famine. Pierre tombe dans le piège et est emprisonné dans les geoles de son vainqueur. On ne sait ce qu'il advient de lui...

 

Pierre et Yolande ont eu 14 enfants :

  • Marguerite mariée à Raoul d'Issoudun puis à Henri de Vianden ;
  • Pierre, prieur au Vézelay ;
  • Philippe, marquis de Namur (°1195 +1226) ;
  • Yolande (°1194 +1233) épouse d'André de Hongrie ;
  • Elisabeth femme de Gaucher de Bar sur Seine puis d'Eudes de Montaigu ;
  • Sibille, nonne ;
  • Ne mariée à Boril, tzar de Bulgarie ;
  • Robert, empereur de Constantinople ;
  • Agnès x Geoffroy de Villehardoin ;
  • Constance, nonne à l'abbaye de Fontevraud ;
  • Marie mariée à Théodoros de Lascaris, empereur de Nicée ;
  • Eléonore mariée à Philippe de Montfort ;
  • Henri qui, en 1226, succède à son frère Philippe comme marquis de Namur ; époux de Marie de Brienne.
  • Baudoin qui succède à son frère comme empereur de Constantinople ;

 

Pierre est mort en 1218. Sa femme Yolande qui l'accompagnait dans sa dernière aventure est décédée en août 1219.

 

Bibliographie :

[1] Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocèse tome III 1855 Abbé Lebeuf 

[2] Tonnerre et son comté 1973 Jean Fromagot

[3] Histoire généalogique de la Maison royale de Courtenay 1661 Dubouchet

[4] Les Courtenay. Destin d'une illustre famille bourguignonne 1998 Alice Saunier-Séïté

[5] Le Nivernais et les comtes de Nevers (1909 – 1914) René Lespinasse

[6] L'Art de Vérifier les dates tome II

[7] Page "Comté de Sens" de l'encyclopédie libre Wikipédia

[8] Recueil des historiens de Gaule et de France (désormais RHGF) tome XI

 [9] Edouard de Saint Phalle dans Onomastique et Parenté 2000

[10] Cartulaire général de l'Yonne (désormais CY) tomes I et II

[11] Recueil des chartes du prieuré de Néronville près de Château-Landon Henri Stein dans Annales de la société historique et archéologique du Gâtinais 1895 p 298 à 373

[12] La seigneurie de Saint-Vérain-des-Bois, des origines à sa réunion au comté de Nevers 1943 Léon et Albert Mirot

[13] Charte inédite de l'an 1138, relative à l'histoire des vicomtes de Melun Adolphe 1845  Duchalais dans Bibliothèque de l'école des chartes Volume 6 Numéro 1

[14] Chartes inédites relatives à la famille de Courtenay et à l'abbaye des Echarlis (XIIe - XIIIe siècles) 1923 Henri Stein dans Annales de la société historique et d'archéologie du Gâtinais tome 36

[15] Les chevaliers du Donjon 1925 ? Gustave Estournet dans Annales de la société historique et archéologique du Gâtinais tome 38

[16] E de saint Phalle dans Histoire &t Généalogie 1989 p 320

[17] Les Capétiens (987-1328) 2000 Patrick van Kerrebrouck

[18] Mahaut de Courtenay 2007 Hubert Verneret

[19] Histoire de Berry 1689 Gaspard Thaumas de La Thaumassière

[20] Chartes de Molême relative au prieuré de Douchy 1905 Henri Stein dans Annales de la société historique et d'archéologie du Gâtinais tome 23

[21] Histoire des ducs et des comtes de Champagne 1860 Henri Arbois de Jubainville tome II

[22] Recueils de chartes de l'abbaye de Cluny (désormais CLU) tome V Auguste Bernard

[23] Chartes de l'abbaye de Corbigny (désormais Corbigny) 1889 Anatole de Charmasse

[24] Cartulaire de Saint-Cyr (désormais Saint-Cyr) 1916 René de Lespinasse

[25] Cartulaire de la Charité-sur-Loire (désormais La Charité) 1887 R Lespinasse

[26] Cartulaire du prieuré de Franchard  1913 Gustave Estournet dans Annales de la société historique et d'archéologie du Gâtinais tome 31

LU

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