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Nous sommes à la recherche de l’article de Jean-Noël Mathieu : « Nouvelles recherches sur les premiers comtes de Tonnerre » publié dans le bulletin archéologique et historique du Tonnerrois n° 51. Si un de nos lecteurs peut nous en fournir une copie…

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Fils de Bertrand et d'Isabeau de Sabran, Nicolas d'Oraison est né vers 1500 et décédé en 1581. Coseigneur de Clumanc, il appartient à la petite noblesse de l'arrière pays aixois (Clumanc est une commune des Alpes de Haute-Provence située à quelques dizaines de kilomètres de Digne).

 

En 1522, Nicolas épouse Louise de Glandevès et, sans doute sous l'influence de sa belle-famille, embrasse la religion réformée.

 

Nicolas succède à son père entre 1530 et 1540, en pleine force de l'âge mais, poussé par des besoins d'argent, il commence à vendre des découpes de sa seigneurie. En 1545, sa vie bascule car il est impliqué dans le meurtre d'un manant, probable émissaire des acheteurs du château de Clumanc, François et Louis de Barras, ses voisins du Thoard. Quelques mois plus tard, avec plusieurs de ses compagnons d'infortune, il s'évade des geôles d'Aix. Il est alors condamné à la peine de mort par contumace.

 

Après une longue période de clandestinité et, ayant probablement eu la douleur de perdre son fils unique Antoine, il se rend à la justice et vit quelques années en résidence surveillée à Aix.

 

Il meurt en 1581, octogénaire ou presque...

 

La famille d'Oraison, celle des de Blieux, et quelques autres maisons de cette noblesse des Alpes de Haute-Provence sont sorties de l'ombre grâce, notamment, à madame Alberte Carré [1], aujourd'hui décédée, qui s'est longuement intéressée à cette aristocratie de la vallée de l'Asse. Elle a laissé des tableaux généalogiques précis et rigoureux qui sont, pour nous, des références. Ses recherches lui ont permis d'accumuler des piles de renseignements dont nous ne disposons malheureusement pas mais qui forment le matériau qu'elle a utilisé pour monter les tableaux généalogiques de ces lignages.

 

La famille de Nicolas :

Les Oraison sont connus depuis de début de XIIe siècle et un certain Hugues [2] mais il est ardu de remonter les générations sans ambiguité. Il est possible que les Oraisons aient même origine que les Paillerol des Mées [3] et [4], eux-mêmes issus des Mison-Dromon [5] (à argumenter). Les documents en notre possession ne sont pas riches en liens familiaux et les érudits provençaux se contredisent... A notre connaissance, aucune étude sérieuse n'a été entreprise récemment sur ce lignage relativement secondaire au regard de l'histoire.

 

La branche de Clumanc, qui se détache à partir des années 1460-1470, est donnée par le baron du Roure [6] dans "Les Maintenus de la Noblesse Provençale" : Le fief de Chaudon fut possédé successivement par Jacques d’Oraison, en 1392, Bertrand I en 1420, Gaspard, en 1448, Bertrand II en 1495 et 1497. Ce dernier échangea Chaudon avec Vincent de Castellane-Tournon, pour une partie de Clumanc le 7 novembre 1498 (Jean Verdillon, à Digne, ABDR [7] série B 971 p 162). La suite des seigneurs de Clumanc indique : Bertrand I d’Oraison de 1394 à 1439, Gaspard de 1448 à 1478, Bertrand II de 1491 à 1498, Nicolas de 1538 à 1574…

 

Nous pouvons résumer cette lignée comme suit :

 

 

Notons toutefois un étirement chronologique qui peut surprendre mais qui n'a encore rien de choquant sauf que les fils succèdent aux pères de 40 en 40 ans. Toutefois, les articulations générationnelles de cette lignée n'étant pas justifiées par des arguments irréfutables, il n'est pas impossible d'envisager une génération supplémentaire, peut-être un Bertrand intermédiaire (1434 - 1437) entre Bertrand I (1360 - 1399) et Gaspard (1435 - 1478). La rodondance du prénom a pu tromper les généalogistes.

 

Jean x Douce de Moustiers :

Remarque à propos de Douce de Moustiers : deux dames de Clumanc sont nommées Douce de Moustiers, la première probablement née vers 1340 - 1350 et mariée à Jean d'Oraison (ci-dessus) et la seconde, née environ trente ans plus tôt, et femme de Raymond de Blieux. On peut évidemment supposer que l'une est tante de l'autre mais l'hypothèse n'est pas vérifiée.

Le texte ci dessous se rapporte obligatoirement à Douce, épouse de Raymond de Blieux, car Petrarque rencontre Laure de Sade vers 1330.

 

Douce de Moustiers, dame de Clumanc, appartenait à la cour d'amour qui se réunissait autour de Laurette de Sade, Jeanne, dame des Baux, Huguette de Forcalquier, dame de Trets, Briande d'Agoult, dame de la Lune, Mathilde de Villeneuve, dame de Vence, Ysoarde de Roquefeuil, dame d'Ansoïs, Anne, vicomtesse de Tallard, Blanche de Flassans surnommée Blanchefleur, Antoinette de Cadenet, dame de Lambesc, Magdelaine de Sallon, Bixende de Puyverd et plusieurs autres dames illustres.
La maison de messire de Sade était le lieu où les dames et les troubadours devisaient du matin au soir, tenant joyeux propos d'amour et de chevalerie. Anselme de Moustiers cherchait un moyen d'introduire François Pétrarque, son ami, dans cette savante compagnie. Il se souvint par hasard que la dame de Clumanc, sa cousine, siégeait parmi les membres de la cour d'Amour; il courut à son logis, persuadé d'avance que sa demande aurait bonne fin.
- Qui vous amène chez moi, cher cousin ? lui dit la dame de Clumanc, après lui avoir donné sa main à baiser...
- J'ai une grâce à obtenir de vous, chère cousine... Je connais un jeune Italien qui s'exerce comme vous en l'art de la poésie ; il m'a prié de solliciter pour lui la faveur d'assister à vos réunions.
- Quel est le nom de votre ami, beau cousin ?
- François Pétrarque.
- Ce jeune poète dont les cazones sont depuis quelques temps l'objet de notre admiration ? Qu'il vienne, beau cousin ; la cour d'amour n'aura aucun secret pour un si docte personnage.
- Ce soir je le conduirai, répondit Anselme, en s'inclinant respectueusement devant sa cousine
En effet, François Pétrarque fut accueilli par les dames et les troubadours avec la plus grande courtoisie. le poète était à sa vingt-troisième année; il avait le visage agréable, les yeux vifs, la physionomie fine et spirituelle. La dame de Clumanc se leva pour le présenter aux membres de la cour d'Amour...

Mosaïque du Midi 4e année [11]

Alberte Carré affirme qu’ils se sont mariés vers 1365 et que Jean a testé en 1374.

 

Joseph Monard nous apprend que Jean hérite de son père mais aussi de son beau-frère et sa belle-sœur de Cadenet.

 

Jean participe à une transaction d’échange de droits sur Thoard avec le comte de Provence en 1365 (ABDR série B 558) et à une autre transaction à Riez en 1372.

 

Une hypothèse intéressante peut être formulée à propos de Douce de Moustiers. D’après Jean Grosdidier de Matons [8], elle est probablement fille du Bertrand de Moustiers qui prête hommage pour Clumanc en 1243 [9].

 

Hommage prêté au roi Robert, comte de Provence, par Bertrand de Moustiers, coseigneur de Clumanc, Labaude, St Honorat, La penne, Moriers et Gaubert. Hommage prêté par les habitants de Clumanc en faveur de Bertrand de Moustiers ; hommage en faveur de Douce de Moustiers ; entre 1309 et 1396, reconnaissances en faveur de Douce de Moustiers (AHP Titres de famille [10] 1 E 111 non retrouvé).

 

Jean est repéré à plusieurs reprises par Thierry Pécout qui le cite de 1243 à 1276, notant au passage qu'il est l'oncle et le tuteur de Perret de Cadenet.

 

En l'absence de tout document formel, Jean et Douce sont les parents supposés de :

  • Jacques x Catherine, dame de Saint-Jurs (A Carré) ;
  • Bertrand qui suit.

 

Bertrand I :

Hommage et reconnaissance des habitants de Clumanc en faveur de sage Bertrand d'Oraison seigneur dudit lieu entre 1375 et 1395. (AHP 1 E 111 et 1 E 113).

 

Dans l’état documentaire et féodal, Bertrand et son frère Jacques sont qualifiés de seigneurs de Saint-Jurs en 1399 et la femme de Jacques est dame de Saint-Jurs (Mme Carré).

 

En 1434, Raymond Grassy (d’Aix) s'était engagé avec noble Bertrand d'Oraison, seigneur de Clumanc, à « patrociner » pour lui dans toutes les causes pendantes qui surviendront audit seigneur et cela pendant trois ans au prix de 15 florins payables ainsi qu'il suit : le jour de la passation de l'acte 1 florin, de ce jour à Noël, 4 florins et, d'année en année, à partir de Noël, 5 florins (Maryvonne Miquel [12])

 

En 1437, Bertrand reçoit, en don de René d’Anjou, comte de Provence, les fiefs de Montclar et de St Vincent de Seyne (ABDR série B 11).

 

Bertrand, dont le nom de l'épouse nous échappe est père de :

  • Gaspard qui suit

 

Gaspard x Béatrice :

Il est attesté comme seigneur de Clumanc dès 1435 et 1437 (on peut alors le considérer comme très jeune) puis le 16 novembre 1448, date à laquelle il épouse Béatrix du Puget.

 

En 1437, il acquiert Norante et Aurans (attesté comme seigneur en 1448) qui appartenaient aux Castellane depuis le XIIIe siècle puis apparaît en 1475 comme donataire du roi René (ABDR série B 1393).

Il teste en 1478 (A Carré) et meurt sans doute à la même époque car sa femme est veuve en 1479.

 

Bertrand II x Isabeau de Sabran Baudinard :

Bertrand est qualifié de seigneur de Clumanc en 1491 (ABDR Série B 970).

 

Entre 1486 et 1502, il échange les seigneuries de Chaudon et Clumanc avec Vincent de Castellane, seigneur de Tournon (ABDR série B 971) puis apparaît encore en 1503 (Gaudemar, notaire à Digne).

 

Bertrand signe un compromis, au début des années 1520, chez maître Constantin Sibon (E 927) notaire à Barjol, avec Jean de Demandolx au sujet de Clumanc : Compromis entre nobles Bertrand d’Oraison, seigneur de Clumanc, et Jean de Demandols, seigneur de la Palud, prétendu seigneur de Clumanc, au sujet de la juridiction de ce lieu, du droit d’y construire des moulins et fours… ; désignation comme arbitres de noble [François de Gérente ?] président de la cour des comptes et noble Marquet de Glandevès, seigneur de Puimichel (AD Var [13] série E p 307)

 

À peu près à la même époque, Bertrand est investi par d’Antoine-Honoré d’Oraison, son cousin, souche de la seconde maison d’Oraison, d’une procuration pour traiter de ses affaires à Varages : Entre 1521 et 1532, interpellation et notification au conseil communal de Varages, à la requête de noble Bertrand d’Oraison, seigneur de Clumanc, et Antoine Raynaud, prêtre, procureurs de magnifique Antoine Honoré d’Oraison, vicomte de Cadenet, de cédule en langue provençale contenant que, le 17 mars 1443, la sénéchal de Provence ayant rendu à magnifique Elzéar d’Oraison tous les droits de la cour royale à Varages, bien que, depuis, Elzéar et ses successeurs aient été tenus comme possesseurs desdits droits, les maîtres rationaux auraient donné à acapt l’emplacement d’un moulin dit le moulin de la Roque à un tiers qui l’aurait vendu à la commune ; qu’en conséquence, celle-ci est sommée aujourd’hui de passer reconnaissance audit seigneur. Réponse de la communauté disant être prête à payer le cens aussi bien au vicomte de Cadenet qu’au roi, pourvu qu’elle ne le paye pas deux fois (AD Var série E p 305).

 

Bertrand intervient plusieurs fois dans ce rôle de procureur de son cousin qu’il semble conserver jusqu’à la fin de sa vie : acapt de maison à Varages par noble Bertrand d’Oraison, seigneur de Clumanc, au nom de magnifique [Antoine Honoré] seigneur d’Oraison (AD Var série E p 305).

 

Le mariage entre Bertrand et Isabeau aurait eu lieu le 29 novembre 1489 (chez Mte Petrus Gordane à Aix).

 

La famille d’Elisabeth est parfaitement identifiée (comme le confirme la transaction suivante au sujet de l’hoirie de Jean de Sabran) : Entre 1521 et 1532, transaction entre noble Pierre de Sabran, chevalier, seigneur de Baudinard d’une part, et noble Bertrand d’Oraison, seigneur de Clumanc et Isabeau de Sabran, sœur de Pierre, mariés d’autre part, intervenue par la médiation de magnifique Louis de Castellane, seigneur de Varages, et François Gérente, seigneur du Tholonet, président de la chambre des comptes, fixant à 1200 florins le supplément de légitime réclamé par ladite Isabeau sur l’hoirie de Jean son père, mettant aussi à la charge de Pierre de Sabran les frais d’un procès entre noble Alexis de Villeneuve, seigneur de Flayosc, et le dit Bertrand d’Oraison, perdu par ce dernier (AD Var série E p 306).
 

On connaît au moins trois enfants de Bertrand et Isabeau :

  • Antoine, chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, décédé après 1545 ; Procuration donnée par Bertrand d’Oraison, seigneur de Clumanc, à noble Antoine, son fils, chevalier de Saint Jean de Jérusalem, à l’effet de recouvrer de noble Marquet de Glandevès, rentier des droits de Clumanc, 500 florins pour premier terme de son bail revenant, savoir : 250 à lui-même et 300 à ses enfants, ledit Antoine et noble Nicolas, écuyer (AD Var série E p 309 ).
  • Claude mariée le 5 novembre 1515 à Chaffret Berthaud de la Tour d’Aigues (Jérome Lieutaud notaire de Pertuis) d’où un fils François qui sera condamné avec son oncle Nicolas à avoir la tête tranchée le 25 juin 1551 A Carré) ;
  • Nicolas qui suit, marié à Louise de Glandevès le 16 août 1522.

Bertrand teste le 03 01 1478 chez Mtre Bernard de Barrême.

 

La vie tumultueuse de Nicolas:

Il n'y a aucune raison que l'existence de Nicolas d'Oraison n'ait pas débutée comme celle de tout gentilhomme de la noblesse provençale. Il a probablement étudié le droit dans sa jeunesse puisqu'une transaction datée de 1548 l'honore du titre de "docteur en droit".

 

Il épouse, par contrat, Louise de Glandevès, fille de Marquet, seigneur de Puimichel en août 1522 à Clumanc (Mme Carré d'après AHP Bertrand Deblieux). Plusieurs membres de sa belle famille (Pierra de Glandevès, par exemple, mariée à Gaspard de Tornatoris, seigneur de Fontienne) rejoignent très tôt la religion protestane. Il en est de même des Oraison de Cadenet.

 

Nous devons la surprise à monsieur Daniel Robert qui nous a appris que Nicolas avait écrit un traité intitulé : " traicté de l'origine et succession des roys de France,ducz de Milan et roys de Naples, avec la progénie et postérité d'iceulx, tant en ligne directe que colatérale" dont un exemplaire se trouve à Besançon d'après le Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de cette ville. Les historiens suggèrent que l'ouvrage date du mileiu du XVIe siècle.

 

Les premières apparitions :

C’est à Varages que nous rencontrons Nicolas, sans doute encore jeune, successeur de son père Bertrand comme régisseur de son cousin : entre 1529 et 1559, un 11 décembre, investiture d'une partie de maison à Varages, donnée par Nicolas d’Oraison, seigneur de Clumanc, fils de f Bertrand, et son successeur comme fermier du dit Varages, et procureur d’Antoine Honoré d’Oraison, vicomte de Cadenet (AD Var série E  p 312).

 

Quelques mois plus tard, encore à Varages, Nicolas règle les dettes de son père : quittance par Philibert Rogiers, drapier et marchand de Brignoles, en faveur de noble Nicolas d’oraison, seigneur de Clumanc, des sommes qui lui étaient dues par feu son père, généreux Bertrand, également seigneur de Clumanc (AD Var série E p 312).

 

Le 15 août 1539, transaction entre Nicolas d'Oraison et Antoine Demandolx au sujet de leurs droits respectifs sur Bouriane et la Traille au terroir de Clumanc : Nicolas aura les 3/4 de la juridiction et Anthoine le dernier quart. Cette transaction est faite devant maitre Bertrand Deblieux, notaire de Clumanc (Mme Carré).

 

En 1540, transaction au sujet des droits seigneuriaux et entre messire Nicolas d'Oraison seigneur de Clumanc et la communauté du dit lieu (1 E 112 et 113).

 

Manifestement pressé par des besoins d’argent, Nicolas vend, en 1540, le fief de Mauchon à Louis Barbaroux puis, en 1544, ceux de Douroule et de la Treille à Antoine Trimond ( 1 E 154 et 155).

 

Vente de la seigneurie de Clumanc :

L'année 1544 est  celle du début de l'affaire de la vente de la seigneurie de Clumanc qui change probablement le cours de la vie de Nicolas et de celles de ses enfants.

 

Le 10 août 1544, à Clumanc, une promesse de vente est passée entre Nicolas d'Oraison et les frères Louis et François de Barras devant Mtre Estève de Blieux (A Carré et S Varçin [14]).

 

La vente est confirmée au prix de 1200 florins, le 30 octobre 1545 à Digne, devant Mtre Antoine Gaudemarie. Nicolas reçoit alors un accompte.

 

A la fin de l'année 1545, les relations entre le vendeur et les frères de Barras s'envenimment. Pour preuves, Louis de Barras demande à la cour des comptes d'Aix d'envoyer un émissaire afin d'investir la place et seigneurie de Clumanc. Cette investiture a lieu un mois plus tard. C'est alors, très certainement à cette époque, que l'imprévisible se produit : le meurtre de Salvaire Raymond du Castelet les Thoard, régisseur (?) des frères de Barras. Nicolas, son fils Antoine, son neveu François Berthaud fils de sa soeur Claude, et plusieurs autres complices sont accusés d'assassinat et emprisonnés.

 

Le 18 octobre 1547, reconnaissance pour magnifique seigneurs François et Louis de Barras seigneurs de Clumanc et Nicolas d'Oraison aussi seigneur de Clumanc"…. avec Esprit Matt  et ses frères et Mtre Deblieux Pierre cordonnier (AHP Minute notariale 1 E 878).

 

Le mercredi 29 février 1548, transaction entre Nicolas d'Oraison, docteur en droit et coseigneur de Clumanc, et François et Louis de Barras, frères, écuyers, coseigneurs du dit lieu qui n'ont toujours pas obtenu la signature de Nicolas leur cédant la place.

 

Nicolas et son fils Antoine s'évadent de leurs prisons et rejoignent les troupes huguenotes.

 

Début 1551, devant un procureur envoyé par Nicolas, un inventaire des papiers de Nicolas d'Oraison est effectué et les frères de Barras demandent un remboursement de leurs frais de procédure.

 

Le 25 juin 1551, un arrêt du parlement d'Aix condamme Nicolas et son neveu François Berthaud à la peine de mort.

 

Le 14 juillet 1556, par arrêt du parlement d'Aix, la moitié des profits de la seigneurie de Clumanc est baillée aux frères de Barras et l'autre moitié demeurent aux mains du roi.

 

Le 3 septembre 1558, Louise de Glandevès fait valoir ses droits de veuve (par contumace) qui lui sont reconnus en contrepartie de sa dot. Les Barras doivent lui aménager un logement au château de Clumanc et lui verser 6800 florins.

 

L'affaire de cette vente semble alors se terminer et nous avons l'impression que Nicolas n'est plus inquiété à partir de cette date.

 

Le 3 avril 1559, Antoine d'Oraison, écuyer de Clumanc, assisté de sa mère Louise de Glandevès, s'oblige en faveur d'un avocat de Digne, signe une quittance le 20 mai de la même année à Jean Bourrillon f Baptiste et le 10 juillet à Jean Michel (AHP Minute notariale 2 E 880).

 

L'inventaire de la série C des Bouches du Rhône conserve le souvenir d'une demande des états de Provence en 1564. Doit-on comprendre, dans cette phrase mal construite, que la commission avait confiée une enquête à Nicolas d'Oraison ?  (ADDR Série C n° 2066)

 

Le 20 octobre 1569, Nicolas cède des droits de moutûre à Antoine de Demandolx, seigneur de la Palud (AHP Minute notariale 2 E 887).

 

24 octobre 1569, Nicolas assiste au mariage de sa fille Pierra avec Monet Deblieux et signe son contrat de mariage fait devant Mtre Bertrand Deblieux à Clumanc. Nicolas signe à la fin de l'acte (AHP Minute notariale 2 E 887).

 

Après des années de clandestinité, Nicolas se remet entre les mains de la justice (1578). Il est libéré en 1579 contre une caution de 500 écus payée par Claude de Villeneuve, marquis de Trans, baron de Flayosc et de Barrême (A Carré et S Varçin).

 

Louise de Glandevès, femme de Nicolas :

Louise est née de Marc, second  fils d’Honoré et de Louise de Rodulph, et de Marguerite de Simiane. Marc obtient  un tiers de Cuers de l’héritage de son père qu’il vend pour la somme de 8000 florins le 14 12 1507 (Imbert Borrilli, notaire à Aix) et sa femme lui apporte la seigneurie de Puimichel en dot. Il teste à Aix le 25 2 1534 (Claude Gautier).

 

Les parents de Marguerite de Simiane sont Jacques Raimbaud et Françoise de Saint-Severin. Elle hérite de sa tante Hélène de Saint Séverin, décédée sans enfants.

 

Achat d’étable sise dans la bourguade de Varages et investiture donnée par noble et généreuse Marguerite de Simiane, dame de Puimichel, épouse de noble Marquet de Glandevès, seigneur dudit Puimichel, chatelain de Varages pour magnifique Antoine-Honoré d’Oraison, vicomte de Cadenet (AD Var Série E p 314)
 

 

Les soucis d’argent de Louise de Glandevès sont perceptibles à travers l’acte passé chez Maître Guitton en 1569, acte qui fait suite à une hypothèque de ses meubles auprès de Philippie de Sabran, dame d’Aiglun. Louise n’est pas en mesure de rembourser les 23 écus qu’elle doit à Philippie et c’est Catherine d’Oraison, sa fille, qui rachète pour 40 écus les meubles de sa mère (AHP Minute notariale 2 E 887)

 

Acte de vente d'une Bastide située au terroir de Clumanc, appelée le Mouchon, membre de juridiction et fief séparé à part de la juridiction dudit Clumanc par demoiselle Louise de Glandeves en faveur de Louis Barbaroux receveur au diocèse de Senez.1 E 18

 

Louise de Glandevès laisse de nombreux testaments : le 15 2 1586 testament  de Louise de Glandevès, dame de Clumanc, Veuve de Nicolas d'Oraison seigneur de Clumanc, Jeanne et Daumas de Faucon fils et fille de Marguerite (+) sa fille 10 écus; Catherine, Blanche, Pierre, Claire, Magdelène et Louise ses filles à chacune d'elle pour 1 / 6 ième; Jean de Rochas, sgr d'Aiglun, Capitaine Jean Deblieux  sgr de Seisson ? ses beaux fils. Elle a fait un premier testament chez Mtre Gassaud Antoine, notaire de Forcalquier le 28 octobre 1583.(AHP minute notariale 2 E 889)

 

Elle rédige encore un codicille quelques mois plus tard : le 22 10 1586, codicille  de Louise de Glandevès dame de Clumanc, veuve de Nicolas d’Oraison. Suite au testament du 15 2 1586 dans lequel elle a désigné comme héritières universelles, Catherine, Blanche, Pierre, Claire, Magdelène et Louise ses filles. Elle réécrit son testament car elle a vendu des terres qu'elle avait données à Blanche et Catherine. Présent Octavy de Réquiston (AHP minute notariale 2 E 889).

 

Elle consigne enfin ses dernières volontés le 13 septembre 1588 à Clumanc (AHP Minute notariale 2 E 890) et décède en mai 1594.

 

La descendance de Nicolas et de Louise :

Les enfants de Nicolas et de Louise de Glandevès apparaissent nombre de fois dans les actes notariés faits à Clumanc. Le garçon disparait après 1559 et les filles vendent une partie de leur domaine à Julien de Perrier qui reconstitue, à force de persévérence, la seigneurie de Clumanc.

  • Antoine qui apparaît, en compagnie de sa mère, dans les minutes notariales de Clumanc (voir plus haut) ;
  • Blanche : (°1540 + 1599) successivement mariée à Bertrand Pascal, à noble François de Fabry dit l’Espagnol et à Capitaine Jean Deblieux. Elle teste le 17 juin 1586 et le 6 décembre 1592 puis établit un codicille le 15 8 1596 ;
  • Magdeleine (°1545 ; + après 1595) femme de noble Jean de Rochas ;
  • Claire (°1545 ; + entre 1624 et 1631) mariée à Jean de Chillot le 20 août 1581 (contrat au château de Fontienne chez la tante maternelle de l'épouse, demoiselle Pierra de Glandevès, dame de Fontienne) ;
  • Catherine (°1545 ; + après 1574) épouse d’Antoine de Simiane. Elle teste le 3 9 1571 ; puis se remarie avec  Jacques de Jussy le 3 janvier 1574.
  • Marguerite (°1550 ; + avant septembre 1588) mariée à Antoine de Faucon. Ils auraient eu cinq enfants ;
  • Louise (°1550 ; + après février 1596) mariée avec Arnoux d’Arnaud puis avec François Deblieux le 20 avril 1592 (AHP Minute notariale 2 E 897). Elle avait testé le 6 février 1592 (AHP Minute notariale 2 E 897) ;
  • Pierra (née vers 1545 et décédée avant 1614). Elle est mariée à Monet Deblieux le 28 octobre 1569  à Clumanc, en présence de son père et de sa mère (AHP Minute notariale 2 E 887). De cette union, naissent au moins sept enfants (Honoré, Octavy, Pierre, Marguerite, Jean, Jacques et Annibal). Le 12 janvier 1604 , elle donne, autorisée par son mari Monet, à chacun de ses enfants,  Octavy, Honoré, messire Jacques, Annibal,  Jean, Pierre et Marguerite Deblieux, la somme de 600 Livres (AHP minute notariale 2 E 904).

 


Bibliographie :

[1] Documents cédés par Mme Alberte Carré (tableaux généalogiques ; résumés d'actes avec sources ; transcriptions...)

[2] Une société rurale du XII au XIVe siècle en haute Provence 1998 Thierry Pécout

[3] Les dynasties seigneuriales Oraisonnaises (du XIIème siècle à la révolution) 2002 Joseph Monard

[4] Notice historique et statistique sur la ville des Mées 1803 Esmieu Digne

[5] Cartulaire de la Commanderie de Richerenches de l'Ordre du Temple (1136-1214) 1907 Marquis de Ripert-Monclar

[6] Les maintenus de la Noblesse Provençale Baron Scipion du Roure

[7] Archives départementales des Bouches du Rhône désormais ABDR

[8] Armorial des Hautes-Alpes Jean Grosdidier des Mathons

[9] L'état Féodal de la Provence Marie Zéphyrin Isnard

[10] Archives déparementales des Alpes de Hautes Provence désormais AHP série 1 E Papier de familles

[11] Mosaïques du Midi 4ième année

[12] Quand le bon roi René était en Provence 1979 Maryvonne Miquel

[13] Archives départementales du Var désormais AD Var

[14] La seigneurie de Clumanc aux XVI et XVIIe siècles S Audibert-Varcin et A Vello-Carré dans Bulletin de la Société Scientifique et Littéraire des Alpes de Haute-Provence 2004 n° 353

Commentaires

et Louise?

J'ai l'impression qu'il y a un trou dans votre généalogie, autour de 1478 où l'on considère que la dernière à porter strictement le nom d'Oraison est Louise. Elle épouse à cette date Philibert de Laigue et les armoriaux disent plutôt que c'est elle la mère d'Antoine d'Oraison. Du coup, je suis intéressée par les références des documents d'archives qui fondent votre généalogie. leurs enfants portent le titre de "de laigue d'oraison" et on compte au moins un Antoine, un Antoine vicomte de Cadenet et un Jean-Baptiste évêque de Séez. A ma connaissance, le titre d'Oraison se perpétue après Louise, dans la descendance d'ANtoine, puis Antoine Honoré son fils etc. Jean-Baptiste de Laigue ne le porte pas. L'un de ces "Antoine d'Oraison" est un traducteur de Luther, le premier en français (voir article de Robert Marichal dans BHR, 1947). D'où ma question : sur quels documents fondez-vous la naissance d'Antoine d'Oraison et la lignée des vicomtes de Cadenet? Et j'ai même une seconde question : Si j'en crois les papiers familiaux conservés dans les carrés d'Hozier à la BnF, vous devriez trouver quelque part dans l'arbre généalogique une Beatrice de Laigue (d'Oraison?) qui a épousé un Etienne de la Fontaine : cela vous dit-il quelque chose? et si oui, à partir de quelles sources?
Bien cordialement,

MEB

Louise femme de Philibert de Aqua

La branche de Clumanc est distincte de la branche de Cadenet qui n'est pas évoquée dans notre article. Jacques d'Oraison et Saure d'Albe ont eu plusieurs enfants nés dans la première moitié du XIVe siècle dont Jean et Elzias. Jean est l'auteur de la branche de Clumanc dont le dernier représenant est Nicolas (sujet de notre article). Elzias est le triaieul de Louise femme de Philibert de Aqua.
 
L'article est largement référencé (voir bibliographie) et les actes les plus récents ont été lus directement aux Archives Départementales des Alpes de Haute-Provence. Monsieur Alain Agnel-Giacomoni a publié très récemment une excellente étude sur les Oraison : Histoire et généalogie de la maison d'Oraison (2015).

Pére de Marc de Glandeves

Bonjour,

Je suis un peu perdu entre le texte (Marc second fils d'Honoré) et le tableau (fils de Raymond mais avec une différence de date importante) ?

Honoré de Glandevès

Bonjour
 
Il y avait effectivement une erreur dans le tableau 5 de cet article. C'est corrigé.
 
Hélène et Thirry

Famille d'Oraison

Bonjour,
Quelqu'un pourrait-il m'apporter des informations sur la descendance de Jacques d'Oraison et Catherine de Saint Jurs ? D'autre part, Antoine, frère de Nicolas et fils de Bertrand et Isabeau de Sabran, a-t-il eu une postérité ? Je n'ai rien trouvé, concernant ces points, dans les différents documents que j'ai consultés.
Merci.

Famille d'Oraison

Nous pouvons apporter quelques éléments de réponse aux questions que vous posez :
- D'après madame carré, aujourd'hui décédée, qui nous avait envoyé unn courrier résumant ses propres recherches, Jacques d'Oraison, frère de Bertrand, coseigneur de Clumanc a épousé Catherine, dame de saint-Jurs. Elle donne comme fils à ce couple Antoine, seigneur de Saint-Jurs et de Saint-Jeannet, marié à Jeanne de Castellane d'où Philippe, sgr de Saint-Jurs, Bras-d'Asse et Gaubert marié à Marguerite de Glandevès...
- Toujours d'après la même personne, Jacques et Bertrand sont fils de Jean et de Douce de Moustiers. Dans sa thèse déposée à la bibliothèque universitaire d'Aix, T Pécout, historien, ne donne pas tous ces liens de famille (peut-être ne les a-t-il pas cherché !) mais signale lui-aussi Jacques (1375 à 1395) et Bertrand.
- Jacques est cité en 1391 à Clumanc et en 1392 à Chaudon (L’état documentaire et féodal de la Provence Marie Zéphirin Isnard).
- Pour Antoine, frère de Nicolas, décédé après 1545 :
Procuration donnée par Bertrand d’Oraison, seigneur de Clumanc, à noble Antoine, son fils, chevalier de Saint Jean de Jérusalem, à l’effet de recouvrer de noble Marquet de Glandevès, rentier des droits de Clumanc, 500 florins pour premier terme de son bail revenant, savoir : 250 à lui-même et 300 à ses enfants, ledit Antoine et noble Nicolas, écuyer (Draguignan série E p 309 ).

Cordialement

Hélène et Thierry

Famille d'Oraison

Merci beaucoup pour ces informations. Toujours à la recherche d'Anne d'Oraison ( mariée avec Pierre de Chailan en 1548 ) dont je n'ai pas encore trouvé la filiation, j'essaie d'explorer les différentes branches de cette lignée, ce qui est assez complexe. Je pensais, n'ayant rien trouvé concernant la descendance de Jacques d'Oraison et Catherine de Saint Jurs, que le couple n'avait pas de postérité. Les informations que vous m'apportez m'encouragent à chercher dans cette direction, sans trop d'illusions, cependant, car cette branche a été vraisemblablement peu étudiée.
Quant à Antoine, frère de Nicolas, tout me porte à croire qu'il n'a pas eu de postérité...

Cordialement
Sixte

Anne d'Oraison

Nous avons assisté dimanche à la présentation du dernier livre d'Alain Agnel Giacomoni. Sans doute y trouverez vous la réponse à votre question.
Cordialement

Anne d'oraison

Bonjour, Je vous remercie pour cette information. Savez-vous jusqu'à quelle époque remonte l'étude d'Alain Giacomoni ? Cordialement Sixte

Anne d'Oraison

La publication est certainement très récente : 2014 ou 2015. C'est un internaute qui nous a donné cette information. Nous n'avons pas encore pris le temps de contacter Alain pour en avoir un exemplaire.
 
Hélène et Thierry

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