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Barral, seigneur des Baux en Provence, est né vers 1200 d'Uc/Hugues V des Baux et de Barrale de Marseille.

 

Sceau de Barral des Baux (Source : L Blancard [1])

 

Homme de guerre d'une incontestable valeur, doué d'une activité à toute épreuve et ne reculant devant aucune mesure pour arriver à son but, Barral est le plus fidèle allié du dernier comte de Toulouse, Raymond VII, dont il a épousé la nièce. Il poursuit la guerre suscitée par son père et les princes de sa maison aux comtes de Provence. Podestat d'Arles (et d'Avignon), il s'oppose vivement à la politique de l'archevêque Jean Baussan (soutien de Raymond Bérenger V puis de Charles I d'Anjou), récoltant plusieurs excommunications successives.

 

Après 1250, privé du soutien de Raymond VII alors décédé, Barral abandonne sa politique d'opposition au comte de Provence et devient un de ses plus fidèles compagnons. Il participe à la conquête du royaume de Naples avec son fils Bertrand, souche des comtes d'Avelino, et quelques-uns de ses cousins. Il devient podestat de Milan puis grand justicier de Naples mais n'en dédaigne pas pour autant ses domaines de l'arrière pays provençal.

 

Louis Barthélemy [2] est certainement le premier à s’être intéressé à la famille des Baux. Il a systématiquement rassemblé et publié un ensemble de chartes relatives à cette maison. Gustave Noblemaire [3] puis Edwin Smyrl [4] ont, à plus de cinquante ans d’intervalle, étudié les différentes branches de cette dynastie. Ce dernier fait encore figure de référence. Enfin, très récemment, Florian Mazel [5] a compilé et commenté un catalogue des actes des Baux, apportant quelques précisions importantes pour le généalogiste.

 
Une bibliographie complète sur Barral des Baux est proposée sur le site de Jean Gallian [6].
 
 

La famille de Barral :

La généalogie de la famille des Baux débute avec Pons le Jeune qui apparait dans la seconde moitié du Xe siècle. Ses ancêtres sont mal connus et aucune certitude à leur sujet n'est apparu depuis longtemps.

 

Presque deux siècles plus tard, Raymond des Baux, descendant de Pons le jeune, épouse Etiennette/Stéphanie, fille du comte de Provence Gilbert de Gévaudan et de Gerberge alors que la soeur ainée d'Etiennette, Douce, est la femme de Raymond-Bérenger de Barcelone. A la mort de ce dernier, le seigneur des Baux revendique le comté de Provence au nom de ses enfants. C'est le début des guerres baussenques (1144 - 1162) qui divisent et opposent la noblesse provençale. En 1162, le conflit tourne à l'avantage de la famille de Barcelone et le château des Baux est rasé (Wikipédia [7]).

 

Deux générations plus tard, les fils de Bertrand des Baux, petits enfants de Raymond et d'Etiennette, fondent trois branches différentes de cette famille aux ramifications multiples :

  • Hugues V, l’ainé, conserve le castrum des Baux. Marié à l’héritière des vicomtes de Marseille, Barrale, il récupère une partie de leur héritage. Il est le père de Barral ;
  • Bertrand devient seigneur de Meyrargues et Puyricard ;
  • Guillaume et les siens sont princes d’Orange.

 

Barrale de Marseille, mère de Barral des Baux, est la fille unique de Raimon Jauffre, vicomte de Marseille, mort en 1192. Elle épouse Hugues en 1194 ou 1195 et elle est mentionnée jusqu'en 1230 (T Pécout). Par cette union, les Baux héritent, entre autres, d'Aubagne et son terroir à l'est de Marseille.

 

On connaît au moins quatre enfants d'Hugues et de Barrale :

  • Gilbert (cité entre 1217 et 1243) x Sibille de Marseille (sans postérité) ;
  • Barral (cité entre 1217 et 1268) qui suit ;
  • Cécile citée en 1219 ;
  • Alasacie (citée en 1234 et décédée entre 1274 et 1284) x Guilhem de Sabran.

F Mazel, d’après une hypothèse de M Aurell [8], ajoute Huguette et Stéphanie, moniales à Gémenos (peut-être évoquées par les troubadours Pujol et Blacasset lors de leur entrée en religion), et Guilhem (cité en 1229) chanoine d’Orange (Bart n° 282 et 366).

 

Barral est marié à Sibille d'Anduze, fille de Pierre Bermond VII et de Constance de Toulouse, nièce du dernier Raymondin, Raymond VII.

 

Les enfants de Barral et de Sibille sont :

  • Bertrand III, comte d'Avelino, marié en premières noces à Philippine de Poitiers-Valentinois puis à Agathe de Mévouillon, dame de Caromb ; Il meurt avant le 25 septembre 1305 (Bart n° 886)
  • Cécile épouse de Guigues VII d'Albon puis, en 1244, d'Amédée IV de Savoie (Bart n° 315);
  • Hugues, décédé jeune ;
  • Marquise mariée à Henri II de Rodez.

 

Sibille d'Anduze est décédée un 11 octobre d'après le nécrologue de l'abbaye de Saint-André du mont Andaron (Pécout) avant 1264.

 

Barral est cité en 1243  au testament de son frère Gilbert (Barthélèmy).

 

La carrière de Barral :

La carrière "politique" de Barral se déroule en deux parties. A l'image de son père Hugues, Barral reste, de 1234 à 1250, dans le sillage de Raymond VII, comte de Toulouse, et s'oppose à Raymond Bérenger V puis à son beau-fils et successeur l'Angevin Charles I, frère de Saint Louis. Après le décès du dernier Raymondain et jusqu'à sa mort, Barral devient un des plus fidèles lieutenant de Charles I, en particulier dans sa conquête du royaume de Naples.

 

La famille des Baux a perdu les guerres Baussenques et les comtes d'origine aragonaise se sont installés en Provence. La lignée en conserve probablement une blessure profonde qui cicatrise difficilement.

 

Sceau d'Hugues V des Baux (Source : L Blancard)

 

Après une période où il semble entretenir de bonnes relations avec Raymond-Bérenger V, Hugues, père de Barral, devient un de ses opposants les plus farouches. Battu par son adversaire en 1231, il est fait prisonnier, et le comte lui confisque ses terres. En 1233, après un accord négocié, il récupère ses biens mais la rupture, probablement consommée, se poursuit avec son fils Barral.

 

Entre 1220 et 1236, Barral apparait en compagnie de ses parents et son frère Gilbert pour des donations, des ventes ou des sentences arbitrales. Il est témoin de nombreuses chartes.

 

Au côté du dernier Raymondin :

En 1234, avec l’appui de Saint Louis et de Frédéric II qui lui donne des terres détenues depuis presque une décennie par l’église, Raymond VII de Toulouse investit le Comtat Venaissin, aidé par son sénéchal Barral des Baux.

 

Le 3 janvier 1236, Barral est excommunié pour s’être emparé du castrum de Mornas, une seigneurie de l’église d’Arles.

 

Cette guerre se termine sur un traité signé en 1237, aux termes duquel Raymond s’engage vis-à-vis du pape à donner sa fille unique, Jeanne, à Alphonse de Poitiers.

 

Le 8 mai 1238, Barral achète la huitième partie du pont d'Arles et tous les droits qui se rattachent à cette possession (Bart n° 273).

 

En épousant la nièce de Raymond VII de Toulouse, Barral reçoit de lui, le 21 août 1240, les châteaux de Bedoin, Caromb, Entraigues, Loriol, Monteux et Sarrians (Bart Sup n° 39).

 

En juillet 1240, Barral emprunte 1100 livres de royaux coronats aux syndics de la ville de Marseille (Bart n° 286).

 

Le 21 février 1241, Cecilia, fille de Barral et Sibila, petite-nièce de Raimon VII, se voit désignée par le vieux comte de Toulouse comme son héritière pour le Comtat Venaissin, en contradiction flagrante des clauses du traité de Paris de 1229 (Bart n° 292).

 

A Montpellier, le 23 avril 1241, Barral, seigneur des Baux, assiste comme témoin à l’acte de trève et convention de paix, pour deux ans, passée entre Jacques I, roi d’Aragon, et le comte de Toulouse (Bart n° 294).

 

En 1241, Barral se soumet et prête hommage à Jean Baussan, archevêque d’Arles pour l’ensemble de ses seigneuries camarguaises.

 

Le 29 juin 1243, Barral des Baux, représentant le comte de Toulouse, assiste à l’acte de trève passé entre le comte Raymond, l’archevêque d’Arles Jean Baussan et Raymond-Bérenger, comte de Provence (Bart n° 305)

 

Barral joue un rôle majeur dans les révoltes anticléricales des communes urbaines de Provence. Ce rôle, il le doit surtout à son statut de parent et de fidèle du comte Raymond VII de Toulouse dont il a reçu en fiefs plusieurs seigneuries en Venaissin en 1240 et 1249. Ce dernier continue d’apparaître comme le seul opposant aux prélats provençaux soutenus par les princes capétiens. Si Barral ne se trouve pas directement à l’origine de l’agitation anticléricale qui secoue Avignon et Arles à la fin des années 1240, il semble toutefois y adhérer sans réserve et contribuer à l’entretenir (Pécout [9]).

 

Un réquisitoire formulé en juillet 1240 par un concile réuni à Viviers reprend l’ensemble des faits reprochés à Barral depuis le début de la reconquête du Comtat Venaissin jusqu’à la fin de l’année 1235, mais semble surtout insister sur des méfaits commis au printemps 1240, c'est-à-dire de s’être emparés de plusieurs biens éclésiastiques. Il lui est d’abord reproché de s’être mis au service du comte de Toulouse et de l’empereur Frédéric II, l’un et l’autre excommuniés (Pécout).

 

Le château des Baux

 

Donation du consulat et de la juridiction reçus de Barral des Baux en 1241 par les habitants de Lansac, du Grès et de la Visclède (Archives de Tarascon AA [10] 1 n° 5).

 

En 1243, Barral fonde une chapellenie dans la maison du temple d’armes où chaque jour, un prêtre doit intercéder par la prière le en faveur des âmes de son père Uc et de sa mère Barrale.

 

En mai 1247, un traité d'alliance offensive et défensive est signé entre les villes de Marseille, Arles, Avignon et Barral des Baux. Les signataires s'engagent à se prêter un appui mutuel pendant 50 ans et à se défendre mutuellement en cas de guerre contre toute puissance à l'exception de la cour de Rome (Bart  n° 228).

 

Après le départ du comte Charles d’Anjou pour la Palestine (1248), Barral veut profiter de son absence pour lui enlever la Provence. À la fin de l’année 1249, une nouvelle insurrection secoue la ville d’Arles. Les habitants, consuls en tête, se soulèvent contre leur archevêque, Jean Baussan, et contre le nouveau comte de Provence, Charles d’Anjou. Ils décident de se rapprocher de la commune d’Avignon, déjà en révolte. Ils font appel pour les diriger au podestat en place à Avignon, le puissant Barral de Baux, un des plus grands nobles de Provence, par ailleurs seigneur de deux des quatre principaux quartiers d’Arles.

 

En 1249, donation par Raymond VII, comte de Toulouse, de la cavalcade due par Bédarrides à Barral des Baux (Bart n° 344).

 

Le 9 mai 1250, excommunication lancée par Jean Baussan, archevêque d’Arles, contre les Arlésiens et Barral des Baux nommé podestat par les habitants de la ville. L’archevêque frappe d’interdit tous les domaines de Barral (Bart n° 354).

 

Au côté de Charles I de Provence :

Charles et Alphonse ont accompagné leur frère Saint Louis à la croisade mais ils sont de retour dès 1250. Charles ne tarde pas à reprendre Arles et pardonne ses habitants mais poursuit Barral de son courroux.

 

Signe d'un changement de politique, le 30 avril 1251, Barral promet de se soumettre, de payer 2000 sous d'argent et de donner pour caution son fils Bertrand et trois de ses neveux. Le 22 novembre de la même année, il reconnait tenir en fief de Charles toutes ses terres en Provence.

 

De même, en janvier 1253, Alphonse de Poitiers lui rend ses terres dans le Comtat Venaissain contre la promesse de partir au mois d’août suivant pour un voyage de deux ans en terre sainte, accompagné de dix chevaliers et dix arbaletiers à cheval (Bart n° 371)

 

En 1253, Barral achète de Bertrand de Cavaillon, la seigneurie de cette ville et les châteaux de Villars et Roussillon. Le droits de lods lui est concédé par le sénéchal de Venaissin, au nom d’Alphonse, frère du roi de France et marquis de Provence (Bart n° 367).

 

En 1253,  Barral de Baux apparaît mêlé à une affaire de valdéisme, à Monteux, en Comtat, en 1253, il l’est comme principal bénéficiaire des confiscations opérées sur les biens des présumés hérétiques (Bart n° 374), confiscations qui sont par ailleurs annulées une quinzaine d’années plus tard, en 1266-1268. Tout au long de sa vie, Barral manifeste en outre, à travers ses donations et ses legs pieux, une piété seigneuriale dont les gestes et les paroles restent imprégnés de tradition et d’orthodoxie (Pécout).

 

En 1254, Barral est relevé de sa promesse de partir en Palestine par le pape à la condition de suivre Charles dans sa conquête du royaume de Naples.

 

Le 2 décembre 1259, hommage de Barral à l’archevêque d’Arles, pour toutes les possessions que ses ancêtres tenaient en fief de l’église d’Arles, dans le château de Trinquetaille et ses dépendances, les ports d’Arles, de Fourques et de Saint Gilles, les péages et autres droits, l’albergue de Cornillon, la Crau et Barbegal (Bart n° 445).

 

Le  9 décembre 1262, hommage de Barral et de son fils Bertrand à G Rostan, prévôt du chapitre de Marseille, pour le château d’Aubagne et ses appartenances, et la bastide devant le château d’Allauch et terres qui en dépendent (Bart n° 470).

 

Dans la région de la Cadière et de Ceyreste, Barral s’efforce de rétablir d’anciens droits vicomtaux mais se heurte aux moines de Saint Damiens. Entre 1259 et 1265, deux sentences arbitrales sont nécessaires pour établir une sorte de coseigneurie entre Barral et Saint-Victor. Barral obtient la seigneurie majeure la haute juridiction la cavalcade et la moitié de la seigneurie banale.

 

A Arles, en dépit de leur éviction, les Baux de la branche aînée demeurent les seigneurs des faubourgs forts riches et contrôlent plusieurs péages.

 

Procédure et enquête de témoins à la requête de Barral des Baux contre les habitants de Tarascon et d'Arles, touchant les tènements et terroirs des Baux, de Lansac, de Saint-Jean-du-Grès en Trébon et de Mouriès, 3 des nones de février 1264 (archives de Tarascon DD [11] 1 n° 1)..

 

Le 17 mars 1264, Barral des Baux reconnait tenir en fief  du monastère Saint-Césaire d’Arles, les Châteaux de Mirabel, Vinsobres, Nyons et spécialement le droit d’hommage et serment de fidélité à recevoir de Dragonet de Montauban et des habitants de ces châteaux (Bart n° 487).

 

Le 19 novembre 1264, Barral des Baux exempte les chartreux de Montrieux du droit de péage pour toutes marchandises passant par le territoire d'Aubagne et par ses autres possessions à destination de leur monastère. Ils les autorisent à envoyer leurs troupeaux dans les pâturages du Castellet avec exemption du droit de ban, dans le cas où la neige rendrait impraticable les pâturages de Montrieux. En retour, le prieur de Montrieux permet aux habitants de la Cadière de faire paître librement leurs troupeaux dans les pâturages du monastère, si cela leur est nécessaire. De plus, en reconnaissance des bienfaits accordés audit monastère par les ancêtres de Barral des Baux, les chartreux de Montrieux célèbreront chaque année, à la St André, un anniversaire pour le repos de l'âme de Hugues et de Barrale, parents du dit Barral, de Sibille son épouse, de leurs enfants, de leurs ancêtres et descendant [12].

 
Après avoir été nommé roi de Naples (1266), Charles instaure Barral podestat de Milan, puis grand justicier de Naples, fonction qu'il conserve jusqu'à sa mort.
 
 
Les Alpilles et les ruines du château des Baux
 
 
Le 30 juin 1266, Barral des Baux assiste en qualité de témoin au testament de Béatrix, reine de Sicile, contesse d’Anjou et de Provence, femme de Charles I (Bart n° 514).
 

Codicille du testament de Barral le 31 juillet 1268 (Bart n° 534). Barral meurt avant le 12 10 1268 date à laquelle son fils rend hommage pour les biens hérités.

 

Bibliographie :

[1] Iconographie des sceaux et des bulles des archives des bouches du Rhône 1860 Louis Blancard

[2] Inventaire des chartes de la famille des Baux Docteur Louis Barthélemy désormais Bart

[3] La maison des Baux 1913 Gustave Noblemaire

[4] La famille des Baux  Xe - XIIIe siècles E Smyrl 1968 Cahier du CESM n° 2

[5] La noblesse et l'église en Provence fin Xe - début XIVe siècle 2002 Florian Mazel

[6] Site Jean Gallian : Bibliographie complète sur Barral des Baux

[7] Article sur les guerres baussenques Wikipédia

[8] Les cisterciennes et leurs protecteurs en Provence au XIe siècle Martin Aurell dans les cahiers de Fanjeaux n° 21

[9] Anticléricalisme aristocratique en Provence F Mazel dans Cahiers de Fanjeaux 2003 (n° 38)

[10] Archives de la ville de Tarascon série AA

[11] Archives de la ville de Tarascon série DD

[12] Chartreuse de Montrieux Raymond Boyer

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