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Nous complétons et nous corrigeons le fichier « Notariat de Savines (05) » par la lecture des minutes de Mtre Jouve, en ligne sur le site des archives départementales des Hautes-Alpes.

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La dynastie de Forcalquier, issue de la maison catalane des Urgell, ne compte que quelques générations entre le début du XIIe siècle et le début du suivant (1110 – 1209).

 

Détail du sceau de Guillaume II de Forcalquier [1]

 

Le comté de Forcalquier n’a pas joué de rôle majeur dans l’histoire. Devenu indépendant à la suite d’une succession d’héritages, il s’est détaché du comté de Provence à l’orée du XIIe siècle sans coup férir (simple partage) mais leurs titulaires ont du âprement batailler par la suite pour assurer leurs libertés face à leurs puissants cousins de basse Provence et, tout particulièrement Guillaume II, dépourvu d’héritier mâle, face à Alphonse II et ses désirs d’annexion.

 

Les comtes de Forcalquier, peu puissants, imposent difficilement la fidélité à leurs vassaux et ont aussi à gérer de graves conflits avec l’église et les ordres religieux. 

 

Carte M. Varano [2]

 

Le comté de Forcalquier, situé dans une région montagneuse, est coincé entre le comté et le marquisat de Provence, à cheval sur les actuels départements de la Drôme, du Vaucluse, des Alpes de Haute Provence et des Hautes Alpes, avec six villes principales : Manosque, Apt, Forcalquier, Sisteron, Gap et Embrun.

 

Mariacristina Varano [3] s’est interrogée sur les raisons qui ont poussé le pouvoir comtal à élire Forcalquier comme capitale. Citons-la : « Le choix de la butte de Forcalquier comme pivot du pouvoir est à examiner non seulement en relation à l’antique civitas de Segustero mais aussi par rapport au castrum de Manosque. La question de l’emplacement de Forcalquier au cœur du diocèse a sans doute joué un rôle majeur dans le glissement du centre du pouvoir, la position de Sisteron devenant très décentrée par rapport au territoire qu’elle administrait. » En effet, Sisteron ou Manosque semblaient être des villes ayant plus de raisons, par leur importance historique, que Forcalquier de devenir  la capitale du comté.

 

Dessin H Rolland

 

Les comtes de Forcalquier portaient dans leurs armories, de gueules à une croix cléchée, vidée et pommetée d’or semblable à celle de Toulouse (Ruffi fils p 81 [4]). Pour H. Rolland, il faut chercher l’origine de cette croix de Toulouse dans la haute Provence alors que L. Macé [5] juge que cette resemblance d’armoiries est la conséquence de plusieurs accords entre les Toulouse et les Forcalquier.

 

Pour présenter et comprendre les faits et gestes des comtes de Forcalquier, nous nous appuyons essentiellement sur les études de :

  • Georges de Mantayer [6] qui est encore une des références pour tout ce qui concerne la Provence au moyen-âge ;
  • Jean-Pierre Poly [7] dont les points de vue sont toujours précieux ;
  • Mariacristina Varano qui rafraichit les données sur ce comté grâce à une thèse agréable à lire ;

L’article en ligne de :

  • Damien Carraz [8] qui analyse le rapport entre les comtes de Forcalquier et les hospitaliers de Saint-Gilles  ;

Enfin, nous aurions souhaité feuilleter les travaux sur ces comtes et la ville de Forcalquier de :

  • Guy de Tournadre [9] ;

souvent cité par les historiens modernes mais nous n’avons pas réussi à nous le procurer.

 

Remarquons que d’autres études sur la ville de Forcalquier et leurs seigneurs ont été menées au cours du vingtième siècle mais leur éparpillement ne permet pas de les compulser sans d’importants déplacements. Citons :

  • Nouveaux regards sur l’histoire de Forcalquier de J.Y. Royer [10] ;
  • Essai historique sur la ville de Forcalquier de C. Bernard [11] ;
  • Étude sur les anciennes familles de Forcalquier de C. Bernard [12].

 

La généalogie des comtes de Forcalquier est bien connue et ne cause pas de réel souci même si les érudits discutent encore sur les collatéraux. Les familles de leurs épouses respectives qui, en général, ont été veuves et à ce titre ont participé au pouvoir, sont assez bien établies avec deux exceptions toutefois. En effet, les familles d’Adélaïde, première comtesse de Forcalquier, et celle de l’épouse de Guillaume II semblent encore échapper aux historiens.

 

Les prémisses d’une division :
Dès leur installation, dans la seconde moitié du Xe siècle, les comtes issus de Roubaud et de son fils Boson dirigent la Provence en indivis mais, au bout de quelques générations (en fonction des branches), leur descendance mâle s’éteint dans tous les rameaux et parviennent au pouvoir, du fait de leur femme, les comtes de Barcelone en basse Provence, ceux de Toulouse dans le marquisat et, enfin, ceux d’Urgell en haute Provence.

 

Foulque Bertrand (°1000 +<1053) :
Bertrand ou Foulque Bertrand est né vers 1000. Il est le fils de Guillaume III et de son épouse Gerberge et le petit-fils de Guillaume le Libérateur, comtes de Provence, descendants des anciens Bosonides installés en Viennois au Xe siècle. Le premier comte de cette maison se nomme Boson et est actif dans la seconde moitié du Xe siècle. Il parvient à faire reconnaitre son pouvoir suite à la disparition d'Hugues d'Arles auquel il avait apporté son soutien (F Mazel [13]).

 

Guillaume III meurt en 1018, dans un combat contre la famille de Fos. C'est sous l'égide de Gerberge, leur mère, que ses trois fils prennent sa relève l'année suivante : en 1019, don par la comtesse Gerberge, veuve du comte de Provence-Avignon Guillaume, et par ses trois fils Guillaume, Foulques-Bertrand et Geoffroy, au monastère de Saint-André, de leur part de domaine sur la plaine possédée depuis longtemps par quelques pêcheurs, avec les prés, les vignes et les champs qui en dépendent, le tout au pied des hauteurs où se trouve le monastère et descendant jusqu'à la rive du Rhône, en tant que ces terres sont comprises dans les limites du terroir soumis aux dîmes dudit monastère. Souscriptions approbatives de Pierre, évêque d'Avignon, et d'Udalric, évêque d'Orange (Manteyer p. 272 et Acte n° 225175 dans Chartae Galliae [14] pour le résumé).

 

Bertrand administre la région d’Avignon et son frère Geoffroy celle d’Arles. La division du comté de Provence a commencé…

 

Entre 1018 et 1032, Bertrand donne l’église de Saint-Promasse, dans le comté de Sisteron, à l’abbaye Saint Victor de Marseille (CSV [15] n° 666).

 

En 1030, Bertrannus comes Provincie, pro redemption anime petris mei, atque salute anime mee parentumque meorum... donne un manse in villa Ausonivis, in comitatu Sisterico à l’abbaye Saint Victor de Marseille (CSV n° 681).

 

Le 26 mai 1037, les frères Geoffroy et Bertrand, comtes de Provence, font une donation commune à l’abbaye de Cluny (CLU [16] n° 2916 ci-contre).

 

Le 16 juin 1040, Godfredus et frater meus Bertrannus comites Proventie, propter Deum et remedium animarum parentumque, donamus sancto Victori et sotiis ejus … duas petias de terris, in tripondio… (CSV n° 172).

 

En 1048, Geoffroy et son frère Bertrand, utrique Provinciales marchiones sive comit, donnent des biens à l’abbaye de Saint Victor de Marseille (CSV n° 737).

 

Bertrand est marié à Hildegarde Eveza d’après une donation à l’abbaye de Montmajour datée du 23 avril 1040 : ...Bertrannus comes, qui hanc donationis tabulam scribere jussit, libentissisme dedit et manu propria firmavit et testes firmare rogavit, Eldejarda Eveza uxor ejus firmavit, Josfredus comes firmavit... (HM [17] p 137). Hildegarde dont on ne connait pas la famille lui a donné au moins deux fils :

  • Guillaume Bertrand qui suit ;
  • Geoffroy : le 14 février 1063, les comtes Guillaume et Geoffroy souscrivent au don que fait Bérenger, avec l'assentiment de son épouse Gisberge et de ses fils, Rostaing, évêque d'Avignon, Bérenger, Raymond, Guillaume, Léger, Rostaing et Bertrand, à l'abbaye de Cluny (CLU n° 3387 p. 484). 

 

Bertrand est décédé entre 1051 et 1053 (J.P. Poly p 208).

 

Guillaume Bertrand (°1030 +<1065) x Adélaïs
Guillaume, époux d'Adélaïde/Azalais, est né vers 1030 et décède prématurément vers 1065. Il apparait comme donateur de biens dans le pays de Forcalquier.

 

A une date qui n’est pas précisée (entre 1059 et 1061), Guillaume Bertrand et son frère Geoffroy confirment la donation de leur père de biens situés à Saint-Promasse (CSV n° 659).

 

Le 1 mai 1055, Giraud Chabrier, évêque de Sisteron, donne l’église Saint-Pierre de Fontienne avec le consentement de domni Willelmi Bertranni comitis Provincie et comitisse sue uxoris, domni etiam Berengarii filii Berengarii maioris vicecomitis Sigistericensis (CSV n° 680).

 

En décembre 1061, à Avignon, donation par Pierre et Giraud Palliol, au monastère Saint-André d’Avignon, avec le conseil de Bertrand et Geoffoy son frère, d’Arnillerium au comté d’Avignon. Geoffroy, comte des Arlésiens, et Azalais, femme de Guillem Bertran souscrivent (Poly [18] n° 166).

 

Guillaume, comte de Provence, et Geoffroy son frère souscrivent à la donation de Bérenger, de sa femme Adélaïde et de leurs fils de l’église de la Sainte-Trinité dans le castrum de Pont de Sorgues (CLU n° 3387).

 

Entre 1063 et 1065, renouvellement de la paix ? par Raimbaud, archevêque d’Arles, Rostain, évêque d’Avignon, Bertran, comte et Guillem Bertran, comte, Guille des Baux, Laugier et Isnard (Poly n° 181).

 

Guillaume est mort entre le 1 mai 1063 et 1065 (Manteyer p 310).

 

La comtesse Adélaïde :
Adélaïde, femme de Bertrand, pourrait être la fille de Guy, seigneur de Valpègre, et de Gerberge de Saluces. Nous ne connaissons pas la provenance de cette information mais, d’après M Aurell (Jalons… [19]), rien ne permet de l’affirmer comme le prétend A. de Fluvia [20] (non consulté).

 

Bertrand et Adélaïde enfantent :

  • Adélaïde qui suit ;
  • Un fils mort en bas âge (Ruffi).

 

La comtesse Adélaïde s’est remariée après 1065 à Bertrand Raimbaud d’Orange, vicomte de Nice (mort en croisade vers 1097), d’où :

  • Tiburge d’Orange mariée en 1106 à Giraud Adhémar.

 

D’après Georges de Manteyer, la comtesse Adélaïde fait rédiger un testament le 12 octobre 1113. Pour J.P. Poly, Adélaïde teste et meurt quelques années plus tôt en 1106 (Poly n° 224 et 225) mais il semble qu'elle soit présente en 1110 lorsque sa fille Adélaïde et son petit-fils Guillaume rendent le lieu de Lurs à l'évêque Gérard II  (CGNN [21] Aix col 449 n° XII).

 

 

Adélaïde fille de Guillaume-Bertrand, comte de Provence :
Adélaïde est la fille unique de Guillaume-Bertrand, comte de Provence, et d'Adélaïde de Cavenez. Elle est née vers 1070 et disparait après 1152. C'est elle qui, la première, s'intitule comtesse de Forcalquier.

 

Entre 1076 et 1080, alors que son père est déjà mort, elle épouse Ermengaud, comte d’Urgell, qui teste en 1090 (J-P Poly n° 203). De sa première épouse Lucie, Ermengaud laisse un fils homonyme qui lui succède à la tête du comté d’Urgell jusqu’à sa mort en 1105.

 

Les Urgell sont une branche cadette des comtes de Barcelone (voir tableau ci-contre). Ermengaud IV de Gerp, comte d’Urgell, s’illustre au cours de la reconquête espagnole (T Pécout [22]).

 

Le 20 juin 1061, donation d'Ermengaud IV et de sa femme Lucia à Guitard Bonfils (Jalons…).

 

Le 10 juin 1069, fondation du monastère de Gualter par Ermengaud et Lucia (Jalons…).

 

Le 29 novembre 1080, consécration du monastère féminin de Sanc Cecília d'Elins à la demande d'Ermengaud et de Lucia : Venerabilis Lucia et admodum religiosa comitissa, que erat procuratrix ac gubernatrix iltius loci benignissima (Jalons…).

 

Lucia est morte entre le 20 novembre 1080 et le 13 février 1081, date à laquelle son mari apparait en compagnie d'Adelaïde de Forcalquier (Jalons…).

 

Le 13 février 1081, le comte Ermengaud IV et sa seconde femme Azalais donnent le huitième du château de Altet à Notre Dame de Solsona, dans la province de Lérida (Manteyer et Jalons...).

 

Le 23 juin 1083, ego Ermengaudus gracia Dei comes Urgellitatus siue Provincialis una cum mea conjuge Adalazis nutu Dei comitissa… in val de Annorra…Sancte Marie Urgellitane … Ermengaudus gracia Dei comes Urgellitatus et Provencialis … Sigum Azalazis nutu Dei comitissa Urgellitatus et Provincialis (Manteyer).

 

Entre le 23 juin 1083 et le 29 avril 1090, plaid devant Lantelme, archevêque d’Embrun, Isoard, comte, et Ermengaud, comte d’Urgell, entre le monastère de Saint Victor et les chevaliers de Chorges (Poly n° 202).

 

Le 8 mars 1090, Ermengaud et Adelaïde, comtesse de Provence, donnent plusieurs églises et mosquées de Calasanz, récemment conquises, à Santa Maria de Solsona (Jalons…). Le même jour, Ermengaud, Adelaïde, comtesse de Provence, et leur fils Ermengaud donnent le château de Gerp à Santa Maria de Solsona (Jalons…).

 

Ermengaud et Adélaïde vendent la dîme du domaine comtal de Pertuis, comme il est confirmé en 1103 par Pierre III, archevêque d’Aix (Poly n° 200).

 

Ermengaud est décédé le 28 mars 1092 et il est bien possible que la comtesse Adélaïde se soit remariée à Siccard de Toulouse Lautrec. En effet : Le 1 octobre 1152, Adélaïs, comtesse de Forcalquier, assistée de Siccard, vicomte de Lautrec, son mari, abandonne à l’hôpital de Saint-Gilles tous ses droits sur Manosque et toutes Aures pour 75 marcs d’argent fin (CSG [23] n° 329).

 

Dans ce cas là, sont issus de son mariage avec Siccard (Roger Gau [24]) :

  • Pierre, religieux à Saint Pons ;
  • Raimond ;
  • Siccard, vicomte de Lautrec x Adélaïde de Trencavel.

 

Entre juin 1101 et juin 1105, serment de fidélité prêté par Ermessende, vicomtesse d’Avignon, à la comtesse Azalais, pour ses châteaux d’Avignon, de Manosque et de Forcalquier (Poly n° 221 et GCNN Aix Col 201 n° IX).

 

En 1102, une charte met en évidence le contentieux qui oppose l’évêque Bertrand Ier à la comtesse Adélaïde, veuve d’Ermengaud d’Urgel depuis 1092, ainsi qu’au chapitre de Saint-Mary (M Varano d’après Noël Didier [25]).

 

En 1102, Adélaïde est à Forcalquier où elle domine indéniablement le castrum et ses institutions, y compris les prérogatives ecclésiastiques. À cette date, Adélaïde fait un serment de fidélité à l’évêque de Sisteron Bertrand, lui jurant protection (J.-P. Poly  p. 165 n 201).

 

En 1110, Adelays, comtesse de Forcalquier et d'Avignon, et son fils rendent à l'évêque Gérard II le lieu de Lurs (CGNN Aix col 449 n° XII ci-contre).

 

Les enfants de Guillaume et d’Adélaïde sont :

  • Guillaume qui suit, décédé avant sa mère en 1029 ;
  • Sancie (qui porte le prénom de sa grand-mère Sancie d’Aragon) épouse, vers 1100, Raimbaud d’Agoult selon Florian Mazel [26] p 321 qui le justifie d’après le testament de Guigue son neveu (voir ci-dessous). A remarquer que d’après Martin Aurell [27] p 68, elle épouse Ripert de Mévouillon. Cette proposition semble plus difficile à admettre d’un point de vue chronologique. Sancie est citée de 1113 à 1122.

 

Azalaïs serait décédée après 1152 d'après le cartulaire des Hospitaliers (CSG n° 329).

 

 

Guillaume I x Garsende d’Albon :
Guillaume apparait en tant que comte de Forcalquier pour une donation en 1110. Mariacristina Varano s’étonne de son absence d’une douzaine d’années entre le testament de son père (en 1090), date à laquelle il ne pouvait avoir qu’une dizaine d’années, et 1110. Les médiévistes n’excluent pas sa participation à une croisade…

 

Dès ses premières années de pouvoir, Guillaume est confronté à l’hostilité des seigneurs locaux et s’en trouve fragilisé (Varano p 450). Ainsi, il signe un accord avec Pons d’Alançon et Raymond Rostaing vers 1012 mais entre en conflit avec les Agoult en 1119.

 

Vers 1110, donation, à son retour de Jérusalem, d’un certain Peire Abon à B Martin de Gap et aux hospitaliers. Confirmation par le comte de Provence [Guillem de Forcalquier] et sa mère [Azalais] qui reçoivent un cheval noir (Poly n° 232).

 

La revendication des prérogatives territoriales est sans doute à l’origine, en 1119, du conflit entre le comte de Forcalquier et les Agoult pour exiger de ces derniers les albergues ; pour y parvenir, le comte prend d’assaut le château de Saint-Martin de Castillon et y plante son étendard (M Varano p 452 et JP Poly p 324).

 

A une date non déterminée, donation par le comte Guillem de Forcalquier à l’église de Gap de deux moulins et du manse de Tournefève en réparation de l’incendie de la cathédrale qu’il avait lui-même causé (Poly n° 268).

 

Dans le premier quart du XIIe siècle, l’abbé de Montmajour obtient une excommunication et un interdit contre Guillaume II pour l’usurpation du castrum de Pertuis. En 1120, devant le pape Calixte II, Guillaume déclare rendre le castrum et le villulam mais en 1224, une notice relate les méfaits du comte commis dans ce castrum (HM p 239). Ce n’est qu’à la veille de sa mort que Guillaume consent à la restitution. Les héritiers de Guillaume ne respectent pas cette restitution et le conflit ne se règle que bien plus tard, en 1242 (E Magnani [28] p 128).

 

Guillaume affirme son autorité auprès de ses vassaux les plus turbulents. En août 1126, un accord entre Guilhem, Hugues de Volx et ses fils intervient. Hugues cède ses prétentions territoriales et renonce à tenir un marché à Volx afin de réparer son manque de loyauté (J.P. Poly p 325).

 

Le 22 avril 1127, Guillaume, comte et marquis de Provence, confirme au chapitre Notre Dame d'Embrun tout ce qu'il avait acquis jusqu'à ce moment, en particulier ce qui lui avait été donné par le chanoine Pierre Malenutribus (Fornier [29] n° 8).

 

En octobre 1127, Azalaïs et son fils Guilhem I donnent à l’Hôpital de Jérusalem une maison à Manosque près de la Durance et les terres dépendentes (D Carraz n° 1 et Poly n° 265). Cette donation est le point de départ de l'installation des hospitaliers à Manosque.

 

Vers 1029, Guillaume donne aux chanoines de la cathédrale d’Embrun la moitié de la terre des Orres tout en s’en réservant une partie (M. Fornier n° 9).

 

En 1129, Azalaïs et son fils Guilhem I abandonnent à l’Hôpital de Jérusalem tous leurs droits sur les radeaux descendant la Durance à Sisteron (D Carraz).

 

Guillaume décède le 7 octobre 1129 (J.P. Poly n° 270).

 

La famille de Garsende d’Albon épouse de Guillaume :
Guillaume épouse Garsende d’Albon avant 1127. Elle lui apporte en dot les comtés de Gap et d’Embrun.

 

Garsende, née vers 1080, est la fille de Guigues le Comte et de son épouse Mathilde dont les historiens ne connaissent pas la famille (Mathilde d’Angleterre ou Mathilde de Sicile en fonction des médiévistes). Elle est excommuniée en 1098 (M Varano p 454).

 

Guigues le Comte est fils de Guigues le Gras et de Pétronille décédée en 1069. Le prénom de Petronille évoque  les seigneurs de Royans et elle serait la sœur supposée d’Ismidon, fille d’Artaud et de Petronille.

 

Guigues le Gras est fils de Guigue le Vieux et d’Adélaide de Savoie. Nous renvoyons le lecteur à l’article : les Albon possèdent-t-il des ancêtres ?

 

Garsende doit gérer, contre les Hospitaliers, la dispute que son fils Bertrand soulève sur l’héritage manosquin que Guigues leur laisse par testament.
  
Les enfants de Guillaume et de Garsende sont :

  • Bertrand qui suit ;
  • Guigue décédé en 1149. Il n’a pas de descendance. Le 1 juin 1149, Guigues, comte de Forcalquier, donne à l'hôpital le bourg et le château de Manosque et se donne à l'ordre et lègue ses autres biens à ses neveux en réservant un droit d'usurfruit en faveur de sa mère Garsinde (CSG n° 328).
  • Ne (?) femme de Raymond de Mévouillon (F. Mazel). En 1168, Bertrand de Forcalquier petit-fils de Guillaume et Garsende lègue à son cousin Raymond ses biens compris entre Sisteron et les Alpes.

Garsende est décédée après 1157 (Poly n° 353).

 

 

Bertrand x Jausserande de Flotte :
Bertrand est né vers 1110 et mort après 1144 mais avant 1151. En 1123, sa grand-mère paternelle Adélaïde lui donne le comté de Forcalquier (Poly n° 250). En octobre 1129, juste après le décès de leur père, Adélaïde renouvelle sa donation à Bertrand et à son frère Guigue (Poly n° 271).

La période de règne de Bertrand correspond au début des guerres baussenques, conflit d’héritage entre les comtes d’Arles et les seigneurs des Baux. Il est très possible que Bertrand n’y ait pas pris part.

 

Comme son père Guillaume, Bertrand s’impose difficilement dans son propre comté. Ainsi, Montfort et Château-Arnoux, qui appartiennent aux Entrevennes-Mison, refusent de faire l’albergue au comte et Bertrand est obligé de prendre Montfort d’assaut (Poly p 325).

 

En 1143, Bertran I, Guigue et leur mère confirment à l’Hôpital de Jérusalem tous ses biens dans leur comté et la donation de Peire Lupa. Fait à Gap, en présence du prieur de Saint-Gilles (D Carraz p 169).

 

En 1144, la comtesse Adelaïde, la comtesse Garsende, Bertrand et sa femme Jucerana, ainsi que Guigue, comtes de Forcalquier, donnent le château de la Brillanne aux Templiers (Varano n° 44 et N. Didier p. 65 n. 3 que nous n'avons pas consulté).

 

La famille de Jausserande:

La famille de Jausserande est mal connue. Plusieurs preuves indirectes suggèrent qu’elle appartient à la dynastie des Flotte (dans la charte sur l'exhérédation des filles dotées (voir ci-dessous), Arnaud Flotte est cité comme l'oncle de Guillaume de Forcalquier fils de Bertrand et de Jausserande : Arnaudi Flotte avunculi mei). Toutefois, on peut être étonné d’une alliance des comtes de Forcalquier avec un lignage de moindre importance même si l’historiographie nous apprend que les Flotte sont une résurgence des seigneurs de Crest. Après un mariage avec les comtes d’Urgell puis avec les comtes d’Albon, les Flotte apparaissent comme une alliance avec des seigneurs de rang inférieur.

 

Joseph Roman [30] et plus récemment, Jean Grosdidier des Matons [31] ont proposé des généalogies de la familles de Flotte. Dès les premières générations, leurs avis divergent.

 

Lambert Fotte est le premier qui est établi (Durbon [32] n° 6 et 19). Il est marié à Arnalda (que certains présentent comme sa cousine, probablement à cause de son prénom). Ils sont parents d’Arnaud, de Jausserande et d’Henri.

 

Arnaud, seigneur de la Roche des Arnauds, frère présumé de Jausserande et oncle de ses enfants (CSG n° et ) s’est rendu célèbre en défenestrant l’évêque d’Embrun en 1153.
 

Le 20 mai 1151, Raymond, archevêque d'Arles, enquête sur la donation de Manosque aux Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem par le comte Guigues avec le comprmis de sa belle soeur Jausserande, veuve de Bertrand (CGNN Arles  n° 561).

 

Les enfants de Guillaume et Jausserande qui est peut-être veuve à son mariage avec Bertrand (Varano p 459) sont :

  • Guillaume qui suit ;
  • Bertrand ; En 1168, Bertran II donne à l’Hôpital tout le territoire sur la Durance relevant de la potestas de Manosque et défend à tout homme d’y édifier des moulins, cédant la moitié d’un moulin (D Carraz p 171). Quand au reste de ses biens, il en institue pour héritier son frère Guillaume. Ses biens entre Sisteron et les Alpes, il les laisse à Raimond V, comte de Toulouse, ceux entre Sisteron et le Rhône à ses cousins Guillaume de Sabran et ses frères et celui de Saint-Vincent à son cousin Raymond de Mévouillon. A sa sœur Adalais, il laisse les castra de Saint Martin de la Brasque, la Motte et Cucuron. Il appelle Guiran et Bertrand Raimbaud de Simiane, fils de Sancie, ses cousins (CSG n° 330) ;
  • Jausserande ( ?) abbesse de l’abbaye pour femme de Saint-Laurent (Varano p 459) ;
  • Adélaïde  qui épouse  Giraud Amic (JP. Poly  p. 357). Leur fils Guillaume revendique le comté de Forcalquier, au nom de sa mère, à la mort de Guillaume II ;
  • Cotta citée en 1202 marié à Isarn de Saint-Vincent (F. Mazel).

 

Bertrand est mort avant 1149. Il n'est pas cité au testament de son frère Guigue qui lègue une partie de ses biens à ses neveux.

 

 

Guillem II x Marguerite de Bourbon :

Guillaume ou Guillem II de Forcalquier et son frère Bertrand commence à régner sur le comté au milieu du XIIe siècle. Ils confirment la donation d’un château appelé Lepermon que leur père avait faite à l’Eglise (Ruffi père [33] p 135 charte XIII).

 

Guillem est probablement né entre 1120 et 1130 et meurt en 1209. D’après Mariacristina Varano (p 449), Guillem II a épousé Marguerite de Bourbon (N'y-a-t-il pas confusion entre Guilhem II et Guilhem de Sabran qui, lui aurait épousé une Bourbon ?). D’autres affirment que l’épouse de Guillem II est Cécile de Béziers (On remarque l'introduction de cécile dans le stock onomastique de cette lignée) mais sur ce point précis, nous n’avons aucune information sur les raisons qui ont poussées les érudits vers l’une ou l’autre des possibilités. Par contre, il semble certain qu’aucun document ne nous soit d’un certain secours.

 

Entre 1152 et 1155, à Manosque, in claustro Sanctae Mariae, iuxta ecclesiam, le comte Guillaume, son frère Bertrand et leur grand-mère Garsende autorisent l’échange que les Templiers font avec l’évêque de Sisteron Pierre de Sabran. Ce dernier donne aux religieux l’église de Sainte-Marie d’Olon, recevant en contrepartie le « lieu » de La Brillanne (Varano n° 59).

 

Entre 1157 et 1160, donation par Guillem, comte de Forcalquier et son frère Bertrand, assistés de leur tutrice, leur aïeule Garsende, à Guigue, abbé de Boscodon, du lieu de Lurs pour y édifier une abbaye (Poly n° 353).

 

Entouré par les grands de son comté, Guillaume II de Forcalquier décrète l'exhérédation totale des filles dotées dans son comté en 1162 (Noël Didier [34] p. 247). Cette charte, reproduite ci-contre (Ruffi père n° XIV), permet de remonter une partie de l’arbre généalogique de Guillaume. En particulier, il nomme son oncle Arnaud de Flotte.

 

Privilège rédigé à Apt, entre 1157 et 1172, de Guillaume de Forcalquier, au moment de partir pour Saint-Jacques de Compostelle, par lequel il permet aux moines de Durbon de traverser ses terres et d’y séjourner, eux et leurs troupeaux, sans acquitter aucun impôts (Durbon).

 

En 1162, l’empereur Frédéric confirme à Raymond Bérenger III la haute seigneurie sur le comté de Forcalquier (T Pécout [35]). Il semble que Guillaume ait omis de rendre hommage à Frédéric lors de son avènement.

 

Le refus de Guillaume de prêter hommage à Raymond Bérenger comme l’empereur le lui a imposé produit l’alliance inédite des Provence-Barcelone et des Toulouse contre les Forcalquier en 1165 (Les noces du comtes [36]). Le décès de Raymond Bérenger III termine temporairement la menace qui pesait sur Guillaume II et son comté.

 

A Manosque, le 2 novembre 1174, Guillaume de Forcalquier permet aux moines de Durbon de faire paitre et circuler leurs troupeaux dans tous ses domaines (Durbon).

 

Par un document du 12 décembre 1174, le comte obtint l’investiture impériale de son comté, annulant le précepte défavorable de 1162. Désormais, il dépend directement de l’empire (Le droit féodal [37]). L’influence impériale n’a pas été complètement nulle en la matière cependant puisqu’elle semble avoir tardivement inspiré la politique féodale que le comte Guillaume II engage de manière à la fois novatrice et résolue après l’obtention du privilège de 1174. À partir des années 1180, Guillaume II s’efforce en effet de faire reconnaître toutes les seigneuries de son comté comme des fiefs tenus de lui et, à partir de 1201, exige de ses fidèles des services précis et assez lourds : la reddibilité de leur castrum, l’albergue et la cavalcade [38].

 

En 1177, transaction sur les droits du comte de Forcalquier et de l'Archevêque, Pierre Romain, dans la ville d’Embrun. Enquêtes sur les droits des mêmes sur la ville de Chorges (Fornier n°14 I et II).

 

Le 12 septembre 1177, devant l’église Sainte-Mary, hommage des habitants du Champsaur à Guillaume, comte de Forcalquier (Fornier n° III p 219).

 

Le 12 janvier 1183, quatre membres du lignage des Agoult reconnaissent qu’ils tiennent leurs biens dans le comté de Forcalquier en fief du comte, en vertu de la donation de 1174 de l’empereur Frédéric (le droit féodal p 87).

 

A Gap, en 1184, un soulèvement des citoyens contre l'autorité du comte de Forcalquier est en partie dirigé par des chevaliers urbains. En représailles, le comte exige des chevaliers, des bourgeois et du peuple de Gap, représentés par deux recteurs de la paix, une contribution de 40 000 sous Guillelmins et la construction d'un donjon  (Georges de Manteyer [39]).

 

Entre 1190 et 1193, à la requête de l'abbé de Boscodon, Guillaume II demande à ses hommes de Cucuron de protéger les trains de bois que celui-ci se prépare à envoyer en Provence par voie d'eau [40].

 

En 1191, Guillaume conclut un traité d’alliance avec Raymond V de Toulouse dans lequel les deux comtes se déclarent du même côté et se promettent leurs domaines si leur descendance n’est pas assurée (Varano p 468).

 

En juillet 1193, à Aix, le comte de Provence propose à Guillaume le mariage de son fils, Alphonse II, et de Garsende, la petite-fille de Guillaume. Ce dernier accepte cette proposition qui garantit à son comté une protection éminente (ABDR [41] série B 295 et Raymond-Bérenger ou l'invention de la Provence p 63).

 

Guillaume de Forcalquier signe en 1195 avec le comte de Toulouse, Raymond VI, fils de Raymond V, mort un an plus tôt, un traité de séparation et de délimitation des domaines des deux comtes qui met un terme à l’indivision entre les deux maisons (M Varano).

 

Vers 1196, une convention de paix est signée par les comtes Sanche, Alphonse II et Guillaume de Forcalquier par laquelle ils s’engagent à protéger les églises de leurs territoires. Ce document appelé « charte de la trêve de Dieu » doit être replacé au terme des premières opérations militaires. Parmi les signataires figurent en bonne place Spada et Guigue de Gaubert, tous les deux alliés notoires du comte de Forcalquier, qui jurent de respecter leur serment de paix (T Pécout).

 

Entre 1196 et 1202, la guerre entre Guillaume II et Alphonse II reprend. En 1199, les hommes de Guillaume ravagent la rive gauche de la Durance et marchent jusqu’en pays aixois (T Pécout).

 

Au cours de cette guerre entre les comtes de Provence et de Forcalquier, Guillem semble avoir mauvaise presse parmi les troubadours. Réforciat de Forcalquier, l’un de ses sujets, consacre un sirventes à dénigrer sa politique [42]. En effet, Guillaume II s'allie alternativement avec les Barcelone et les Toulouse...

 

Au début du XIIIe siècle, le comte de Forcalquier mène une véritable politique féodale qui vise à mettre sous son contrôle l’ensemble des seigneurs du comté en vertu de la donation impériale de 1174 (Le droit féodal).

 

En novembre 1202, jugement intervenu entre Guillaume, comte de Forcalquier, et Boniface, Hugues, les héritiers de Giraud et Guillaume, coseigneurs de Reillanne. A cette date, le comte les investit en leurs terres  (Les maintenus [43] I p 345).

 

En 1202, le comte de Forcalquier marie sa petite fille Béatrix avec André Dauphin, et lui donne pour dot toutes les terres situées entre le Buëch et la Durance, depuis Sisteron jusqu'aux limites du Briançonnais, c'est à dire l'ensemble des comtés de Gap et d'Embrun [44]

 

En novembre 1202, à Manosque, décision arbitrale de Rostan de Sabran, connétable de Raymond VI, comte de Toulouse, désigné par ce comte pour terminer les différents élevés entre Guillaume, comte de Forcalquier et ses vassaux. Ceux-ci font hommage au comte et à Alphonse II, en sa qualité de successeur (F Benoit [45] n° 18).

 

Raymond VI de Toulouse intervient comme médiateur entre Guillaume de Forcalquier et son gendre Alfonse II qui veut le dépouiller de son comté avant sa mort. La paix se fait en 1202 [46].

 

En mai 1204, arbitrage de Pierre II, roi d'Aragon, entre Alfonse II (son frère) et Guillaume, comte de Forcalquier, réglant la question de Sisteron et du partage du comté de Forcalquier  (F Benoit n° 36).

 

En décembre 1205, à Manosque, Raimond d'Agoult et son frère Isoard, avec l'assentiment d'Isoarde leur mère, engagent pour 6000 sous, à Guillaume, comte de Forcalquier, le chateau de Saint Geniès et ses dépendances (AVM [47] n° 324).

 

En avril 1206, traité d’alliance entre Alphonse II et Raimond VI en vue de la guerre qu’entreprend le comte de Provence contre la comte de Forcalquier (F Benoit n°43 et RD [48] n° 5947).

 

A Forcalquier, le comte Guillaume, fils de Bertrand et de Jausseranne, accorde des libertés le 26 mai 1206, mais il ne parle pas de consulat (Arch. munie, de Forcalquier, AA. 14, ff. 10 r°-v°)

Le 10 juin 1206, à Forcalquier, in castro, in sala vetula cuius porta a periuntur versus occasum solis, Guillaume, comte de Forcalquier, fils de Bertrand et Jausserende, donne, investit et confirme à Guillaume et à Pierre de Valence la propriété des moulins situés à La Brillanne, achetés par leur père Bertrand (de Valence) à divers personnages (Guillaume Rostagno et ses frères, Guillaume de Podio Michaelis et ses frères, Guillaume de Podio bello nepote, Guillaume de Podio Michaelis et Gaufrido de Labrinana). Le comte donne aussi tous les droits sur des maisons que sa mère Jausserende a reçu par succession de son premier mari ; les terres sont situées près des terres comtales, subtus fontem Bedoride (Varano n° 48).

 

En 1207, Guilhem II confirme au prieur de Saint-Gilles la donation de Manosque et Toutes-Aures faite par son oncle Guigue ainsi que la donation de soi et de ses droits sur Manosque (Carraz).

 

Guillaume meurt le 1209, quelques jours seulement après Alphonse II. Il a enfanté qu'une seule fille arrivée à l’âge adulte :

  • Garsende qui suit. 

 

Garsende x Rainier de Sabran :
Rainier de Sabran, comte d’Ariano, baron d’Ansouis, et seigneur de Caylar est né vers 1160 de Rostang de Sabran et de Rosie d’Uzès.

 

Rainon, de concert avec sa mère Rosie, approuve la vente d’une terre en 1180 (Antononi [49])

 

En août 1186, Rainon, son frère Elzéard ainsi que leur mère abandonnent à l’hopital de Saint-Gilles tous leurs droits sur le château de Saint Maurice (Antonini).

 

Garsende et Rainier se marient vers 1172 et donnent naissace à deux filles :

  • Garsende femme d’Alfonse II de Provence ;
  • Béatrix qui épouse Guigues André d’Albon le 3 juin 1202. Elle apporte en dot les comtés du Gapencais et de l’Embrunois. Elle est répudiée en 1200 sous prétexte de parenté.

Garsende est morte avant 1193 (Pécout) et même probablement beaucoup plus tôt vers 1080 (Antonini). Rainier se remarie alors avec Guillerme.

 

Le 21 juillet 1204, il approuve un acte de vente faite par son frère (Antonini)

 

 

Garsende x Alphonse II de Provence :
Alphonse II est le fils d’Alphonse, roi d’Aragon, et de Sancie de Castille. A son décès, son père lui confie le comté de Provence sous la tutelle de son oncle Sanche (1196).

 

Alphonse épouse Garsende de Forcalquier en 1193 qui lui donne deux enfants :

  • Raymond-Bérenger V, comte de Provence né en (août) 1205 ;
  • Garsende (cadette de son frère d’une à deux années) mariée à Guillaume II de Moncade.

Alphonse et Guillaume de Forcalquier guerroient de 1196 à 1209 au sujet de l’héritage du comté de ce dernier.

 

Alphonse décède peu avant son vieil ennemi, en février 1209.

Le 30 novembre 1209, à Lamanon, Garsende de Forcalquier, avec le consentement de son père Rainier de Sabran, céde le comté de Forcalquier à son fils Raymond-Bérenger et, en cas de décès de celui-ci, à sa soeur Garsende de Provence (F. Benoît, n° 1)

 

Sceau de Garsende (wikipedia)

 

Le 21 janvier 1214/1215, à Forcalquier, la comtesse Garsende fait reconnaitre l’acte de donation du comté de Forcalquier passé à Lamanon le 30 novembre 1209 (F Benoit n° 20).

 

Un nouveau prétendant au comté de Forcalquier, Guillaume  de Sabran :
Dès le décès de Guillaume II, un autre prétendant réclame ouvertement le titre comtal de Forcalquier et l’héritage patrimonial qui lui est attaché. Il s’agit de Guillaume de Sabran fils d’Adélaïde, fille de Bertrand de Forcalquier, et de Géraud-Amic de Sabran. 

 

Guillaume soutint en 1218 une guerre acharnée contre Raymond-Bérenger V, comte de Provence, auquel il prétend enlever le comté de Forcalquier. Pendant plusieurs années, il exerce tous les droits de souveraineté et érige des fiefs, entre autres la vicomté de Cadenet.

 

Vaincu, il obtint en 1220 une paix des plus honorables. Raimond-Bérenger lui donne plusieurs terres importantes en toute propriété et lui permet de conserver le titre de comte de Forcalquier. Guillaume, de son coté, renonce à ses prétentions sur ce comté.

 

Raymond-Bérenger V, fils d’Alphonse et de Garsende, est héritier des comtés de Provence et de Forcalquier. Son épouse de Savoie ne lui donne que 4 filles. L’une d’entre elle, en se mariant à Robert, frère de Saint Louis, donne naissance aux comte de Provence de la Maison d’Anjou.

 

Le 15 décembre 1217/18, charte de privilèges accordée par Raymond-Bérenger V et la comtesse Garsende, sa tutrice, aux habitants de Forcalquier, introduisant notamment dans les coutumes de la ville d’exhérédation de la fille dotée (F Benoit n° 26).


Garsende confirme les donations de son père au monastère de Notre Dame du Puy Ganagobie (F Benoit n° 46 ci-contre).
 
Garsende se retire au couvent de la Celle le 19 mars 1225 pour le rachat de ses péchés en promettant obéissance à la règle [50]  p 106. Elle est peut-être morte entre cette année là et 1228.
 

 

Bibliographie :

[1] L’origine provençale de la croix de Toulouse Henri Rolland dans Provence Historique 1950

[2] Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Age (IXe-XIIIe siècles). L'exemple de Forcalquier et de sa région 2011 Mariacristina Varano

[3] Le déplacement du pouvoir à Forcalquier et l’établissement de la concathédralité au XIe siècle 2007 Mariacristina Varano

[4] Dissertations historiques et critiques sur l'origine des comtes de Provence, de Venaissin, de Forcalquier, et des vicomtes de Marseille 1715 Antoine Ruffy fils

[5] Les comtes de Toulouse et leur entourage XIIe XIIIe siècle 2000 Laurent Macé

[6] La Provence du premier au douzième siècle 1908 Georges Manteyer

[7] La Provence et la société féodale Jean Pierre Poly

[8] Aux origines de la commanderie de Manosque 2008 Damien Carraz dans La mémoire des origines dansles ordres religieux-militaires au Moyen Âge

[9] Histoire du comté de Forcalquier 1932 Guy de Tournadre

[10] Nouveaux regards sur l’histoire de Forcalquier. Des origines à la fin de l’indépendance 1977 J.-Y. Royer

[11] Essai historique sur la ville de Forcalquier 1904 C. Bernard

[12] Étude sur les anciennes familles de Forcalquier C. Bernard dans Bulletin de la Société scientifique et Littéraire des Basses Alpes 1906

[13] Les comtes et les grands de l'église en Provence Florian Mazel 2008 dans Le royaume de Bourgogne autour de l'an Mil

[14] Telma Chartae Galliae

[15] Cartulaire de l'abbaye de Saint Victor de Marseille désormais CSV

[16] Recueil des chartes de l'abbaye de Cluny désormais CLU

[17] Histoire de Montmajour désormais HM Chantelou

[18] Les annexes de la Thèse J.P. Poly

[19] Jalons pour une enquête sur les stratégies matrimoniales des comtes catalans (IXe-XIe s.) 1991 Martin Aurell

[20] Els primitus comatus i vescomatus de Catalunya 1988 A. de Fluvia

[21] Gallia Christiana Novissima désormais CGNN 1899 - 1920 Chanoine J.J.M. Albanès

[22] Raymond Bérenger : l’invention de la Provence 2004 Thierry Pécout

[23] Cartulaire des Hospitaliers de Saint-Gilles désormais CSG

[24] Petite histoire de la vicomté de Lautrec : De sa création à sa disparition 2014 Roger Gau

[25] Les églises de Sisteron et de Forcalquier du XIe siècle à la Révolution 1956 Noël Didier

[26] La noblesse et l'Église en Provence, fin Xe-début XIVe siècle. L'exemple des familles d'Agoult-Simiane, de Baux et de Marseille 2002 Florian Mazel

[27] La Provence au moyen-âge 2005 Martin Aurell Noël Coulet

[28] Monastères et aristocratie en Provence - milieu Xe- début XIIe siècle 1999 Eliana Magnani

[29] Histoire des Alpes Maritimes ou Cottiènes tome tome III  Fornier

[30] Généalogie de la famille de Flotte Joseph Roman dans le Bulletin de la Société d'Etudes des Hautes Alpes 1904

[31] Armorial Haut-Alpin 2003 Jean Grosdidier des Matons

[32] Chartes de Durbon désormais CD

[33] Histoire des Comtes de Provence 1665 Antoine Ruffi

[34] Les dispositions du statut de Guillaume II de Forcalquier sur les filles dotées, Noël Didier dans Le Moyen Age, 1950

[35] Une société rurale du XIIe au XIVe siècle en Haute Provence : T. Pécout, Une société rurale du XIIe au XIVe siècle en Haute Provence : les hommes, la terre et le pouvoir dans le pays de Riez 1998 Thierry Pécout

[36] Les noces du Comte 1995 Martin Aurell

[37] Le droit féodal dans les pays de droit écrit : l'exemple de la Provence et du Dauphiné, XIIe-début XIVe siècle 1988 Gérard Giordanengo

[38] La féodalité en Provence au XIIe siècle d'après les sources diplomatiques 2013 Florian Mazel

[39] Les fouilles de Faudon Georges de Manteyer dans le Bulletin de la Société d'Etudes des Hautes Alpes 1908 

[40] Les bois des Hautes-Alpes en Provence  M.J. Billioud dans le Bulletin de la Société d'Etudes des Hautes Alpes 1960

[41] Archives départementales des bouches du Rhône désormais ABDR

[42] La Vieille et L'épée 1989 Martin Aurell

[43] Les maintenus de la noblesse tome I 1667 -1669 Belleguise édité par le baron du Roure en 1927

[44] La commune du Poêt Joseph Roman dans le Bulletin de la Société d'Etudes des Hautes Alpes 1907

[45] Recueil des actes des comtes de Provence 1196 - 1245 Fernand Benoit

[46] Les comtes de Toulouse et de Provence Henri Dubled dans Provence Historique

[47] Actes des vicomtes de Marseille désormais AVM 1926 H de Girin-Ricard

[48] Regeste Dauphinois désormais RD U Chevalier

[49] Les Sabran Pontevès Antonini

[50] Les églises médiévales du Var dans Alpes de Lumière 2009

 

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