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Nous complétons et nous corrigeons le fichier « Notariat de Savines (05) » par la lecture des minutes de Mtre Jouve, en ligne sur le site des archives départementales des Hautes-Alpes.

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Dès la fin du Xe siècle, les Milonides apparaissent à Tonnerre, ville de Bourgogne qu’ils contrôlent pendant un peu plus d’un siècle. Leur généalogie est assez mal connue malgré les recherches effectuées par plusieurs historiens dont le plus célèbre d’entre eux est le chanoine Maurice Chaume.

 

La fosse Dyonne à Tonnerre

 

Quelles informations sûres possédons-nous sur cette lignée ? Elle arrive aux commandes du comté dans la seconde partie du Xe siècle. Plusieurs de ses titulaires et leurs épouses ont laissé des traces dans la littérature historique : Milon et Engeltrude (cités entre 966 et 992), Milon et Ermengarde (cités entre 992 et 1005), Renaud et Helvide (cités entre 1003 et 1039), Milon et Azéka (cités entre 1022 et 1068). Nous savons encore que deux branches sont nées de la même souche mais nous ne connaissons pas avec certitude à quelle époque la scission s’est effectuée. Enfin, avant 1065, Guillaume de Nevers, époux d’Ermengarde de Tonnerre, devient titulaire du comté alors qu’à peu près à la même époque, Gautier de Brienne, mari d’Eustachie, cousine supposée d’Ermengarde et comtesse de Bar-sur-Seine, hérite de la seconde branche de cette dynastie.

 

Plusieurs questions au sujet de cette famille restent encore en suspend. Enumérons-les rapidement :

  • Quelle est la provenance des premiers Miles/Milon ?
  • Comment le comté de Bar-sur-Seine est-il devenu propriété des Milonides ?
  • Quelles sont les familles des épouses des comtes de Tonnerre ?
  • A quel niveau se rattache les deux branches de cette même famille ?
  • Pourquoi Hugues-Renard, dernier Milonide, partage-t-il le comté entre sa sœur et la dernière descendante de la branche ainée ?

 

Une charte, sans doute la plus importante du point de vue de la généalogie de cette famille, est insérée dans le cartulaire général de l’Yonne. Ce document, daté de 1046, donne plusieurs générations de cette lignée (CY [1] I n° XCIV). C'est Milon, époux d'Azéka et comte de Tonnerre, qui s'exprime : Milon mon aïeul qui est le fondateur de Saint-Michel, Guy mon bisaïeul, Milon mon père, Guy mon frère et Guy mon fils. Maximilien Quantin, dans son résumé de la charte, en a fait une autre lecture : Le comte Milon son biaïeul qui fut quelque temps moine à Saint-Michel, Gui, son aïeul, Milon son père, Guy son frère et Guy son fils. Malheureusement, l’imprécision de ces données forts anciennes laissent une grande place à l’interprétation.

 

Nous tirons l’essentiel des informations sur cette dynastie des auteurs suivants :

  • Ernest Petit [2] ;
  • Maurice Chaume [3] ;
  • Jean-Noël Mathieu [4] ;
  • Jean-Christophe Giovannelli [5] ;

 

Avec les Milonides de Tonnerre, nous sommes vraiment dans le domaine de l’hypothèse. La reconstruction de chaque génération est une question d’analyse de faits historiques, d'interprétation de chartes, de chronologie, d’onomastique… et il est fort probable que les empreintes laissées par M. Chaume et E. Petit à propos de cette famille aient longtemps marqué la communauté des historiens qui ne s’en affranchit que très progressivement.

 

Notre rôle, dans cet article, se borne à exposer ces différentes hypothèses et, si possible, à dégager les pistes les plus prometteuses. L’article était en cours de rédaction lorsque nous avons découvert le blog de monsieur Giovannelli à qui cette page doit beaucoup.

 

Qui sont les ancêtres agnatiques des Milon de Tonnerre ?
Jean Fromageot [6] avertit son lecteur qu’il est malaisé d’établir une généalogie des comtes de Tonnerre avant l’an mil, évoquant un désaccord entre chercheurs. Pour sa part, Maurice Chaume n’hésite pas à suivre la piste des Milon et des Anchier (Bourgogne annexe tableau VI) en remontant l’époque carolingienne jusqu’à un certain Milon de Narbonne cité par histoire générale du Languedoc en 782 (HGL [7] II preuves n° V) et nous propose une liste d’ancêtres de cette famille…

 

Jean-Christophe Giovannelli le rejoint lorsqu'il écrit : la famille comtale de Tonnerre utilise des prénoms : Milon, Guy, Achard, Otton/Otbert qui nous renvoient à une galerie de comtes que nous observons en activité en Bourgogne (et ailleurs), pendant les règnes de Charles le Chauve et de ses successeurs. L’ancêtre commun pourrait être un certain Guy, comte sous Charles le chauve.

 

D'après Maurice Chaume (Bourgogne I p 185), les Milonides dominent la région de Langres à l’époque des fils de Louis I le Pieux. En fait, il semblerait que cette lignée soit issue d’une noblesse qui s’épanouit en Bourgogne (et particulièrement dans la région de Langres) et qui a ses racines dans la très haute aristocratie.

 

Milon, comte de Langres :

Arthur Daguin (MSAHL [8]) écrit : je n’hésite point à nommer entre 880 et 890 pour comte de Langres un Milon II présumé fils de Milon I. Le titre où il est parlé de lui et qui est de l’an 887 (ref ?) porte expressément que le village de Bourg, qui est à une lieue et demie de Langres sur le chemin de Dijon, était de son comté.

 

Ce Milon II, qu'on retrouve en Bourgogne dans la seconde moitié du IXe siècle au côté d'Isembard fils de Guérin, comte en Bourgogne, pourrait être un descendant de saint Liévin fils de Garin, comte de Paris, dont les fils se nomment Milon, évêque de Tréves (720 +>750), et Guy de Fontenelle. Notons que dans le tableau n° 17 des annexes à la thèse de François Doumenc [9], saint Liéven est donné pour fils de saint Léger. Nous avons déjà rencontré cette famille de souche burgonde et gallo-romaine en plusieurs occasions (Ethiconides, Guérin comte en Bourgogne)

 

Miles/Milon est avoué de Louis II le Germanique dans la confirmation d’un jugement rendu le 11 mars 853 (FMG [10]).

 

Quelques mois plus tard (novembre 853) à l’assemblée de Servais, Charles le Chauve nomme plusieurs missus pour inspecter divers comtés en Bourgogne dont celui administré par Milon (Bourgogne I p 194).

 

Entre 855 et 869, du temps de Lothaire II, vir nobilis Milo cum conjuge sua Suficia donne des biens in villa de Monte Usclato et in pago Lugdunensi, in vicaria Soyonense in villa Carabaciago à l’abbaye Saint-Chaffre ([11] n° CXIV p 65).

 

Un comte Milon réapparait en 865 dans un document relatif au divorce de Lothaire II et de Teutberge (FMG).

 

Milon II aurait épousé en premières noces Suficie (Saint-Chaffre n° CXIV) puis Atila/Adèle qui fait une donation à Saint-Bénigne de Dijon en 902 (Saint-Bénigne [12] I n° 154 p 172).

 

Nous ne pouvons pas affirmer que tous ces actes concernent un seul et même personnage. Il est peut-être même possible de voir en Suficia l'épouse de Milon I et en Attila la femme de Milon II (malheureusement, aucun texte ne vient à l'appuie de notre hypothèse).

 

Parenté du couple avec Anchaire d'Ivrée :

Pour Maurice Chaume, Anchier, futur marquis d’Ivrée, a un frère Guy et un cousin germain Milon fils de Milon (Bourgogne annexe tableau VI).

 

D'après cet auteur, Anchaire fils d’Amédée, comte d'Oscheret entre 814 et 828, est prévôt de Saint-Aubin d’Angers en 851 puis s’empare du siège épiscopal de Langres en 858 mais il est déposé au concile de Savonnières (MSAHL). Le comte Guy, autre fils d’Amédée, est cité en 865 et mort avant 869.

 

A l'image de Thierry le Hête [13], les auteurs modernes estiment que Guy et son frère Anchaire (d'Ivrée) sont les fils (plutôt que les petits-fils) du comte Amédée. Quoi qu'il en soit, en janvier 888, Anchaire, Guy et Milon, comtes en Bourgogne, rebelles au caroligien Charles III le Gros qui a livré la Bourgogne aux pirates Vikings accueillent à Langres Guy de Spolète afin qu’il soit couronné roi de France mais l’affaire échoue et ils s’enfuient vers l’Italie et d’autres aventures.

 

Selon Jean-Christophe Giovannelli, l’un de nos trois comtes comploteurs de 888 laisse un fils en Bourgogne prénommé Guy, qui est très rapidement promu comte, puisque que nous le voyons officier auprès de Richard le Justicier, l’homme fort de la région (le Wido comitis de la charte n° 12 de l'abbaye de Montiéramey [14] ?). Ce Guy serait le maillon manquant entre les Milonides de Tonnerre et cette noblesse bourguignonne de l’époque carolingienne.

 

Nous savons, par une donation que fait Atila comitissa en 902, en faveur de l’abbaye Saint-Bénigne de Dijon, qu’elle était veuve du comte Milon pro requie anime viri sui Milonis comitis et mère d'une Rentrude mariée à Girbaud (Saint-Bénigne I n° 154).

 

Jean-Christophe Giovannelli explique que le nom Atila possède une même racine onomastique qu'Anchier/Anchaire. Il en déduit qu’Atila, épouse de Milon, était donc très probablement une sœur ou une fille des comtes Anschaire et Guy, comtes en Bourgogne, ce qui expliquerait l’entrée du nom Achard (dérivé d'Anchaire) dans le patrimoine des Milon de Tonnerre mais il est toutefois perturbant, dans le tableau ci-dessus, que Guy et Milon, associés en fratrie à une époque antérieure (Milon, évêque de Trêves, et Guy de Fontenelle) n'appartiennent pas à la même lignée.

 

Parenté d'Atila avec Renard, vicomte d'Auxerre :

Christian Settipani propose une autre piste. Il suggère que le comte de Tonnerre qui s'intercale entre l'époux d'Atila et celui d'Adèle soit un Renard qui n'est pas attesté par l'historiographie comme membre de cette famille mais qui est qualifié de "comte" dans une charte de l'abbaye de Montiéramey (C. Settipani [15] : voir Annexe de l'article). Il s'agit du procès d'un Renart, vassal de Richard le Justicier, qui est jugé en 901 pour avoir usurpé Chaource sur l'abbaye de Montiéramey (Montiéramey n° 12). Ce Renart n'est pas comte mais l'acte est souscrit par un comte Renart qui, lui, est peut-être comte de Tonnerre (Chaource étant du Tonnerrois) mais aussi par un comte Guy (Wido comitis) comme nous l'avons souligné ci-dessus. Notons que Maurice Chaume [16] propose en tête de son tableau des comtes de Tonnerre et de Bar-sur-Seine, ce même Rengenard (sans aucun lien avec les autres personnages) qui signe peut-être une charte en 905 (RHGF [17] IX p 663 ).

 

Ce prénom pourrait expliquer ceux d'un neveu (Renart fils d'Humbert) et d'un petit-fils (Renart fils d'Helvise) de Milon I  et aurait la même racine onomastique que celui de sa soeur supposée, Rentrude, mariée à Girbaud d'Auxerre qui a combattu les Normands auprès d'Hugues l'Abbé après le décès de Charles le Chauve et qui a participé au siège de Paris en 886 (Lebeuf [18] III p 39).

 

Enfin, Christian Settipani précise qu'Atila pourrait être la soeur de Renard/Rengenard, vicomte d'Auxerre entre 900 et 920 (voir Lebeuf II p 444).

 

En conclusion, deux pistes s'offrent à nous. Elles ne s'opposent pas forcément et pourraient même se compléter. Rien n'interdit que Milon appartienne à la parentèle d'Amédée d'Oscheret et qu'Atila/Adèle soit une proche parente de Renart d'Auxerre. Onomastiquement, la suggestion parait intéressante même si chronologiquement, il faudrait peut-être l'affiner.

 

Les Milonides de Tonnerre
L’histoire des Milonides de Tonnerre débute avec l’époux d’Adèle, possible petit-neveu d'Anchier, marquis d'Ivrée, né vers 900 et se termine en 1065 lorsque Guillaume de Nevers et d’Auxerre hérite du comté.

 

Le mari d'Adèle :
L’époux d’Adèle que Maurice Chaume nomme Guy (nous reviendrons un peu plus tard sur le nom de ce personnage) est le frère d’Achard, évêque de Langres dès 948 et comte de Langres à partir de 967.

 

L’époux d’Adèle est peut-être un fidèle des Robertiens qui poussent leurs pions dans cette région à l’image de Fromont, vicomte de Sens (voir page Thierry d'Orléans) à partir de 939. Selon une notice paru en 1839 [19], Hugues le Grand, duc de France, lui donne en 954, à titre héréditaire, le comté de Tonnerre. Il est possible que les Milonides soient des fidèles des Robertiens mais il semble que cette lignée soit installée en Bourgogne antérieurement à celle de Sens.

 

Le 8 avril 966, Achard, évêque de Langres, donne l’église de Saint-Martin de Chichée, près de Chablis, à Adrad, abbé de Flavigny, et à son neveu Milon (CY I n° LXXIV). Nous remarquons que l’anthroponyme Achard se retrouve à plusieurs reprises dans la famille des Milonides. Selon Roussel (histoire du diocèse de Langres IV p 143, non consulté), Milon I a un fils nommé Achard, archidiacre de Langres.

 

La famille d’Adèle :
Trois pistes ont été proposées pour la famille d'Adèle :

  • Les seigneurs de Macon ;
  • Les comtes de Nevers ;
  • Les Robertiens.

Les seigneurs de Macon :
Afin de cerner la famille d'Adèle, Christian Settipani écrit sur un forum (voir Annexe) : la meilleure solution est encore celle proposée par l'abbé Chaume, la comtesse Adèle est la même que cette Adèle/Attala, sœur de Leotald de Macon, qui fit une importante donation en 958 (ref ?) pour l'âme de Guy, peut-être comte de Tonnerre.

 

Adèle/Attala est citée dans une charte de son frère Leotaud en 944 (CLU [20] n° 655).

 

Adèle de Mâcon serait donc la fille d'Aubry II de Narbonne alias Albéric Ier de Mâcon et d'Attala dite Tolosane de Mâcon, fille de Ranulfe/Racoux (tableau ci-contre).

 

Cette hypothèse expliqurait l'introduction de l'anthroponyme Aubry dans cette famille.

 

Les comtes de Nevers :
le site Fondation of Medieval Genealogy suggère une autre possibilité. En effet, une Adalgaris, femme d’un Milon, fait donation à l’abbaye de Cluny en 950 (CLU n° 794). La donatrice nomme ses parents Landri et Emma et trois de ses fils.

 

Le site FMG en déduit qu'Adalgaris, femme de Milon de Tonnerre est la fille de Landri, comte de Nevers et d’Emma et a pour fils Milon, Adéhar et Quilto.

 

Chronologiquement, la date de cette charte n’a rien de choquant et l’hypothèse est alléchante mais peut-on confondre Adelæ/Attala et Adalgaris ? Ceci est une autre histoire...

 

Plusieurs indices ne semblent pas en faveur de l’hypothèse présentée par le site FMG :

  • Adalgaris ne porte pas le titre de comtesse ;
  • Les prénoms de deux de ses enfants, Adéhar et Quilto, n’appartiennent pas au stock onomastique des Milonides ;
  • Milon, fils d’Adèle, pourrait avoir un frère dénommé Humbert, qui n’apparait pas dans la charte d’Adalgaris. En effet, en 992, un certain Humbert dispute l’alleu de Coussegrey à son neveu Milon II.

Les Robertiens :
Jean-Christophe Giovannelli propose, dans un long développement, qu’Adèle soit une Robertienne, sœur d’Hugues le Grand. Dans son hypothèse, la famille robertienne est réunie autour de la charte de 975 (Saint-Benoit-sur-Loire [21]) où Adèle et son fils Milon signent.


Le 8 septembre 975, la comtesse Adèle, mère du comte Milon, souscrit à une charte du chevalier Adalème qui donne à l’abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire une terre, du consentement de Bouchard son cousin et d’Hugues Capet son seigneur (Saint-Benoît-sur-Loire n° LXI).

 

Pour appuyer son hypothèse, monsieur Giovannelli indique que dans le diplôme n° 224 de Charles III (donation de l'abbaye de Saint-Pierre-de Rebais dans le comté de Meaux à l’Eglise de Paris du 21 mai 907 [22]), le père d’Hugues le Grand, le comte Robert, futur roi des Francs, y apparaît flanqué d’une comtesse Adèle (comitis Rotberti et Adele comitisse) qui pourrait être la mère du premier comte de Tonnerre de cette famille.

 

Cette thèse pourrait justifier que les Milonides soient fidèles aux Robertiens...

 

Adèle et son mari ont mis au monde :

  • Milon qui suit ;
  • Humbert (?) que nous observons, en indivision sur l’alleu de Coussegrey, avec son neveu, le comte Milon II, fils de Milon Ier. Dans l’acte de 992 où il cède sa part à l’abbaye Saint-Michel, Humbert nous livre le nom de ses "héritiers" (probablement ses fils) : Renard, père d’un Eudes, Milon, Achard, Nivard, Lancelin, Walo, Otbert, Robert et Guy (J.C. Giovannelli d’après CY I n° XXC).

 

Milon I x Engeltrude de Brienne :
Milon I est sans doute né entre 920 et 930. En toute rigueur, le prénom de son père est inconnu et on ne lui connait que deux parents : sa mère Adèle et son oncle Achard, évêque de Langres.

 

Quatre chartes permettent de le situer dans le temps :

  • Une donation de l’évêque de Langres Achard, en 966, de l’église Saint-Martin de Chichée, au comté de Tonnerre, avec toutes les dîmes qui en dépendent (CY I n° LXXIV) ;
  • En 975, il accompagne sa mère Adèle dans une donation à Saint-Benoit-sur-Loire. Il détient le titre de comte de Tonnerre (Saint-Benoit-sur-Loire) ;
  • En 980, Il s’unit à Widric, évêque de Langres, pour restaurer le monastère Saint-Michel de Tonnerre (CY I n° LXXVI) ; Son épouse Ingeltrude est citée dans l'acte.
  • En 992, il se fait moine à l’abbaye de Saint-Michel pour y terminer sa vie (CY I n° LXXIX) ;

 

La famille d'Engeltrude :
Milon I a épousé Engeltrude de Brienne (même si les auteurs de l'art de vérifier les dates [23] tome 11 p 253 nous la présentent comme appartenant à la famille de Montreuil). En effet, la donation faite par Milon en 980 est ensuite contestée par le comte Engelbert clamant que la propriété lui appartient (Voir Petit, Vol. II n° 684 p 423).

 

Engeltrude est probablement sœur d'Engelbert I et de Gaubert, peut être nièce d'Engeltrude vicomtesse de Chalon. Elle pourrait être la grand-mère de Gaubert de Nevers, petit-fils d'une Engeltrude (Christian Settipani, voir Annexe).

 

Monsieur Giovannelli décrit la famille de Brienne ainsi : l’origine familiale des Brienne remonte à une branche de la famille de Rorgonides (descendant du comte Rorgon qui avait épousé une fille de Charlemagne) de Lotharingie : il s’agit de la même famille que celle du célèbre évêque de Toul, Gauzlin, notaire de la chancellerie royale de Lotharingie en 913, qui bénéficiera ensuite des faveurs du roi Charles le Simple.

 

Les enfants de Milon et d'Engeltrude :

La charte n° XCIV du cartulaire général de l'Yonne, citée dans l'introduction de cet article, permet de se faire une idée de cette famille mais les médiévistes ne sont pas parvenus à en établir une généalogie irréfutable. Avec la descendance de Milon I se pose le problème de la séparation des Tonnerre en deux branches.

 

Maurice Chaume (Recherches d'histoire...) prend les liens familliaux tels qu'ils sont décrits dans la charte CY I n° XCIV. Il en résulte que Milon, le refondateur de Saint-Michel est le grand-père de de l'époux d'Adèle (que l'auteur est forcé de nommer Guy, selon cette même charte). Or, il est généralement admis (selon CY I n° LXXVI) que le refondateur de Saint-Michel est Milon I.

 

Michel Bur [24] présente une variante à cette généalogie en supposant que Guy est le grand-père et non l'arrière-grand-père du rédacteur de la charte. Le refondateur de Saint-Michel peut alors être Milon I mais la chronologie reste défaillante.

 

 

Il est probable que les termes proavus et atavus sont mal utilisés dans cette charte. Constance Bouchard ([25] non consulté) suggère de supprimer une génération, Guy devenant simplement le fils de Milon, le refondateur de Saint-Michel. La chronologie devient alors satisfaisante. Le site FMG et J.C. Giovannelli ont adopté ce système. La généalogie de la branche nommée d'Eustachie est désormais acquise.

 

Où situer Milon II marié à Ermengarde dans cette généalogie ? Les chartes n’ont pas perpétué le nom du père de Milon II.

 

Michel Bur, Maucice Chaume et Jean-Noël Mathieu, pour ne citer qu'eux, estiment que Milon, épouse d'Azéka, et Renart/Renaud sont frères (comme le montre les tableaux précédents). Cette solution exige de confondre en un seul personnage le beau-père d’Azéka (supposé né vers 975) et Milon II. Or, ce dernier nomment trois fils dans une charte en forme de testament : Achard, Renaud et Aubry (CY I n° LXXXI) alors qu’on connait que deux enfants du beau-père d’Azéka : Guy et Milon (CY I n° XCIV).  De plus, Milon II (alors identifié au beau-père d'Azéka), qui a assuré la charge de comte dans la dernière décennie de Xe siècle, n’aurait pas atteint l’âge de 20 ans au décès de son prédessesseur (voir troisième généalogie nommée Autre voie du tableau ci-dessus), mais aurait procréé cinq fils avant de s’éteindre à l’approche de la trentaine, remplacé par son second fils Renaud, à peine sorti de sa plus tendre enfance...

 

Il est tout aussi difficile de penser que Guy ait pu nommer deux de ses fils Milon. Cette solution n'apporte pas plus de garanties chronologiques que la précédente.

 

Il faut donc se résoudre à supposer que Milon II est le fils de Milon I et d'Engeltrude et qu'il succède simplement à son père vers 992.

 

En conclusion, on en déduit que les enfants de Milon et d’Engeltrude sont :

  • Lieutgarde x Richard de Bassigny ; Entre 1002 et 1005, la comtesse Lieutgarde donne à l’abbaye de Saint Michel de Tonnerre, des biens à Jessains, la charte est signée par Rogérius comes, Richardus, Rainardus comes, Alberic, Erembertus vicecomes, Milo, ... (E Petit n° 687). La chronique de Saint-Bénigne de Dijon nous apprend qu’elle est la belle soeur de Lambert, évêque de Langres, et qu’elle donne l’église d’Is-en-Bassigny (E Petit II p 432) ;
  • Milon II qui fait la branche d’Ermengarde ;
  • Guy qui fait la branche que nous appelons d’Eustachie ;
  • Achard religieux (?).

J.C. Giovannelli identifie plusieurs signataires de la charte de Lieutgarde en 1005 (E Petit II p 432) : Rainardus, comes, et Alberic sont les fils de son frère Millon II et Milo est aussi son neveu, fils de son frère défunt Guy. Il poursuit son raisonnement ainsi : un premier Hugues apparaît autour de l’an 1000, juste derrière les trois fils du comte Milon II (le comte Renaud, Achard, Albéric) dans la liste des témoins, lors de la confirmation de la donation de Coussegrey par Brun, l’évêque de Langres. Il précède un Geoffroy, un Ingelbert et un Milon. Par la charte testamentaire du comte Milon III (1046), nous pouvons identifier ce Milon comme le fils de Guy, frère aîné de Milon II. Hugues, Geoffroy et Engelbert sont probablement ses frères.

 

La démonstration de monsieur Giovannelli  permet de construire le tableau ci-dessus.

 

 

La branche Ermengarde :
Milon II, fils de Milon et d’Engeltrude, est la souche de cette branche dont les descendants conservent le titre de comte de Tonnerre jusqu’en 1039 si on adopte le tableau précédent.

 

Milon II x Ermengarde de Macon :
Milon II est né vers 950 et mort avant 1005. Il est comte de Tonnerre vers 992. Son épouse Ermengarde n’est guère mieux connue que lui.

 

Entre 992 et 1005, Miles, comte de Tonnerre, donne sa part de l'alleu de Cussegrey à l’abbaye de Saint-Michel, avec le consentement de son épouse Ermengarde et ses fils Achard, Renaud et Aubri (CY I n° XXCI).

 

Vers 992, Humbert, voulant racheter ses péchés, donne avec le consentement de son épouse Gerberge, sa part de l'alleu de Coussegrey. le comte Milon signe l'acte (CY I n° XXC).

 

Les origines d’Ermengarde :
Les origines d’Ermengarde sont, elle aussi, controversées.

  • Selon Maurice Chaume (Bourgogne I p 470), Ermengarde de Bar-sur-Seine, dernière héritière du comté de Lassois, avait épousé successivement Miles de Tonnerre puis Herbert III de Vermendois. Cette thèse est reprise par le même auteur dans recherches d'histoire... Les historiens (dont Ernest Petit et Jacques Laurent [26]), pensaient alors que le comté de Bar avait été rattaché à la famille des comtes du Tonnerre par l’alliance d’Ermengarde.
  • J.N. Mathieu et C. Settipani propose qu’Ermengarde soit la fille d’Aubry de Macon et, d’Ermentrude fille de Renaud  de Roucy sœur de Brun, évêque de Langres. Cette hypothèse permet d’expliquer l’introduction de l’antroponyme  Aubry dans cette famille.

 

Les mariages d'Ermengarde :

Ermengarde a-t-elle eu deux maris ? Nous savons que Milon est mort très peu de temps après 992 (on ne connait pas plus précisément la date de son décès) et qu'il avait probablement une quarantaine d'années. Son épouse Ermengarde a-t-elle convolée avec Herbert III de Vermandois dont la mort est estimée entre 993 et 998 ? Chronologiquement, elle semble en avoir eu l'opportunité.

 

En 1018, Lambert, évêque de Langres, à la prière de la très noble dame Ermengarde, comtesse de Vermandois  quadam nobilissima cui nomen est Ermengardis Veromandensium comitissa notifie la fondation du prieuré de Griselles sur le comté de Tonnerre, et accorde aux religieux les églises de Saint-Didier de Fontaines-les-Sèches et de Saint- Pierre de Nicey, donation faite en présence et avec l’accord de Renaud, comte de Tonnerre Rainardus, comes, subscripsit (Petit I n° 211).

 

E Petit, sur la foi de cette charte, affirme qu’Ermengarde a épousé  Herbert III de Vermandois mais selon J.C. Giovannelli, deux chartes de donation d’Albert I, comte de Vermendois, datées de la décennie 980 – 990 en faveur de l’abbaye Notre-Dame de Homblières (ref ?) contredise l'hypothèse de E Petit. Dans la première datée d’entre 982 et 988, nous lisons : Signum Adalberti comitis manu ipsius factum. Signum Heriberti filii eius. Signum Hermengardis uxoris eius.

 

Si la datation de la charte d'Hombière est correcte, l'idée du second mariage d'Ermengarde est à rejeter (sauf si Herbert a eu deux femmes de même prénom !).

 

Les enfants de Miles et Ermengarde sont :

  • Achard vivant en 992, cité dans la charte de donation de son père (CY I n° XXCI) mais peut-être décédé avant son père car, cité le premier de la fratrie, il aurait du hériter du comté ;
  • Renard qui suit ;
  • Aubri vivant en 992, cité dans la charte de donation de son père (CY I n° XXCI) ;
  • Ermengarde (?).

 

Ermengarde (?), fille de Milon et d'Ermengarde, jamais citée parmi les enfants de Milon (dont on ne connait que des garçons) serait :

  • La femme d'Herbert III selon J.C. Giovannelli. Née vers 970, elle pourrait effectivement être l'épouse d'Herbert III en 888 surtout si l'hypothèse du remariage de sa mère est abandonnée.
  • La femme de Hugues de Chapallement, vicomte de Nevers selon Brigitte Colas [27]. L'auteur de l'article sur les vicomtes de Nevers écrit à propos de Geoffroy de Chapallement, évêque d'Auxerre de 1052 à 1076 : l'histoire de sa vie, racontée dans la geste des évêques d'Auxerre nous apprend qu’il est le fils d’Hugues, vicomte de Nevers, et d’Ermengarde, de famille « consulaire » c’est-à-dire comtale. Nous sommes à même de penser que cette Ermengarde n’est autre que la fille du comte de Tonnerre et d’une autre Ermengarde... René de Lespinasse, l’abbé Lebeuf et Yves Sassier ont suggéré, sans l’avoir prouvé, que les deux familles étaient liées, mais sans avoir trouvé ou imaginé comment. Si l’on admet que « Ermengarde de Champallement » est bien la tante d’Ermengarde comtesse de Nevers, alors à la génération suivante Hugues, vicomte, est bien le cousin du comte de Nevers.

 

Renard x Helvide
Le comte Renaud (ou plus exactement Renard) est né vers 975 de Millon II de Tonnerre et d'Ermengarde. Il est mort entre 1039 et 1046 mais plus probablement vers 1039, date à laquelle le comté de Tonnerre passe à l’autre branche.

 

En 1002, Rainard, comte de Tonnerre, fait donation aux religieux de Saint-Michel des métairies de la Chappe et de Chéron, sises sur le territoire de Tonnerre. Sa mère Ermengarde signe (Petit n° 686).

 

En 1018, Raynaldus et son épouse Helvidis signent l’acte de fondation du monastère Saint-Valentin par Ermengarde (GC [28] IV Inst p 139 et E Petit n° 211).

 

En juillet 1036, Rainaud, comte de Tonnerre fait don à l’abbaye de Saint-Michel du village de Pimelles (CY I n° XC).

 

Le 16 juillet 1039, le comte Renard, gravement malade, fait don à l’abbaye Saint-Michel, pour le repos de son âme et de son corps, d’une partie de ses biens situés à Ancy et ce qu’y avait possédé sa mère Ermengarde. Sa femme Hervis, son fils Ardoin et sa fille Ermengarde approuvent ce don. La charte est signée de Renaud, comte de Nevers, et de son fils Guillaume époux de la fille du donateur (CY I n° XCII).

 

On remarquera qu’aussi bien en 1002 qu’en 1036 ou 1039, Renart ne porte pas le titre de comte de Bar-sur-Seine.

 

Quelle est la famille d’Helvise :
Les ancêtres d'Helvis/Helvide sont inconnus, mais selon C. Settipani (voir Annexe), elle est la nièce d'Ardoin, évêque de Noyon entre 1015 et 1027. Ardoin est le frère de Garnier et le fils de Robert de Croÿ. Ils sont probablement issus de Gauthier comte de Valois, d'Amiens et du Vexin (mort en 992 ou 998), petit fils de la carolingienne Helvis. Le tableau ci-contre (dont une partie est empruntée à Edouard de Saint-Phalle [29]) résume l'hypothèse.

 

Helvis est citée de 1018 à 1026 selon R Bur et jusqu’en 1039 suivant M Chaume.

 

Les enfants de Renaud et de Helvis :

  • Ermengarde mariée avant 1039 à Guillaume de Nevers ; Elle succède comme comtesse de Tonnerre en 1065 lorsque son cousin Hugues-Renard est élu évêque de Langres ;
  • Ardoin, évêque de Langres de 1049 à 1065 ;
  • Eudes /Otton qui parait en 1018 mais qui est décédé avant 1036.

 

La branche Eustachie :
La branche qui mène à Eustachie, épouse de Gautier, comte de Brienne, ne peut-être plus claire. Elle est établie dans une charte de donation de Miles, père d’Eustachie, qui décrit sa généalogie comme suit : le comte Milon, son bisaïeul qui fût moine quelques temps à saint Michel de Tonnerre, Gui son grand-père, Milon son père, Gui son frère et Gui son fils (CY I n° XCIV).

 

Guy :
Si on considère que le bisaïeul du donateur de la charte de 1046 est Miles I, époux d’Engeltrude, dont on sait qu’il a terminé sa vie à l’abbaye de Saint Michel, Guy est son fils et donc le frère de Milon II.

 

Selon Ernest Petit, Guy a été comte de Tonnerre (II p 424) mais vécut très peu de temps. En réalité, nous n’avons pas de trace de Guy hormis cette charte de 1046 où il n’est pas écrit textuellement qu’il ait été comte de Tonnerre.

 

Selon J.C. Giovannelli, le comte Guy a laissé 4 fils :

  • Milon qui suit ;
  • Hugues ;
  • Geoffroy ;
  • Engelbert.

 

Miles :
D’après la chronologie de la généalogie adoptée, Milon est né vers 975 et mort avant 1046. Il est cité comme père du mari d’Azéka dans la charte de 1046 (CY I n° XCIV). Nous n’avons pas plus d’information directe.

 

Milon a laissé au moins deux fils

  • Milon qui suit ;
  • Guy qui est cité dans la charte de 1046 comme frère du comte de Tonnerre (CY I n° XCIV). Il serait, d'après J.C. Giovannelli, l'ancêtre des seigneurs de Maligny et ceux du Noyers.

 

Miles x Azeka :
Probablement né au tout début du XIe siècle, il ne se manifeste que dans une charte de 1046 dans laquelle est décrite sa généalogie agnatique jusqu’à son bisaïeul (CY I n° XCIV).

 

Miles est qualifié de comte en 1022 dans la vita Theodrici dont il est le consanguineus. Thierry est l'évêque d'Orléans qui meurt à Tonnerre en cette année 1022. Se pose toutefois la question de savoir de quel comté Milon est le titulaire à cette époque car il ne devient comte de Tonnerre qu' après son cousin Renard, c’est à dire après 1039, et jusqu’en 1046 au moins.

 

En 1043, Miles signe une charte de Robert I, duc de Bourgogne (RHGF XI p 610).

 

En 1046, Milon donne à l’abbaye de Saint-Michel le village de Cheney et les serfs qui l’habitent (CY I n° XCIV).

 

Milon est mort après 1046 mais avant 1068.

 

La famille d’Azeka :
Nous ne connaissons pas la famille d’Azéka. Certains médiévistes ont pensé qu'elle était comtesse de Bar-sur-Seine mais aucun n'en a apporté la preuve formelle.

 

L'argument developpé par Lucien Coutant [30], est qu'Azéka donne, en 1068, deux moulins dans le comté de Bar-sur-Seine à l'abbaye de Saint-Michel (voir ci-contre).

 

La même année, le fils d'Azéka, l'évêque de Langues Hugues-Renart, fait don à l'abbaye de Saint-Michel d'une chapelle située dans le château de Bar-sur-Seine, fondée par ses ancêtres et ruinée par les guerres. Il l'a restaurée et y a établi des moines de cette abbaye. Il leur a donné divers héritages et, notamment, après la mort de sa mère, deux moulins situés non loin du monastère et la chapelle du château (CY I  n° XCIX).

 

Azéka est donc décédée en 1068. C'est peut-être elle qui a introduit l'anthroponyme Valérian dans cette famille. Maurice Chaume s'est intérrogé sur l'appartenance de cette comtesse à la lignée de Breteuil qui véhicule ce prénom et dont un membre de la famille, Hugues, est évêque de Langres entre 1032 et 1049 (Recherches d'histoire... p 131)

 

Les enfants de Milon et d’Azeka sont :

  • Guy mort avant 1046 ;
  • Eustachie, comtesse de Bar sur Seine, mariée à Gautier de Brienne (cité de 1035 à 1072) fils d’Engilbert et de Pétronille ;
  • Hugues-Renard, comte de Tonnerre puis évêque de Langres (1065 - 1084) ; En 1072, Rainard, évêque de Langres, du consentement de Gautier I, comte de Brienne, de sa sœur femme du dit Gautier et de leurs enfants, donne à l’abbaye de Montiérender la moitié de la terre d’Epothémont. En présence d’Eustachie, comtesse, Gautier, comte de Brienne, Engelbert son fils, Guy, comte (Brienne [31] n° 11) ;
  • Valeran mort après 1046 ;
  • Geoffroy mort après 1046.

 

Bibliographie

[1] Cartulaire général de l'Yonne (désormais CY) Quantin tome I

[2] Histoire des ducs de Bourgogne de la race Capétienne tome II Ernest Petit

[3] Les origines du duché de Bourgogne 1925 Maurice Chaume

[4] Nouvelles recherches sur les premiers comtes de Tonnerre 1999 Jean Noël Mathieu dans bulletin archéologique et historique du Torrennois n° 51

[5] Bourgogne médiévale Jean-Christophe Giovannelli

[6] Tonnerre et son comté 1973 Jean Fromageot

[7] Histoire générale du Languedoc (désormais HLG)

[8] Les évêques de Langres : étude épigraphique, sigillographique et héraldique Artur Daguin 1901 dans Mémoires de la société archéologique et historique de Langres (désormais MSAHL)

[9] Nobles in the duchy of Burgondy (désormais FMG)

[10] Essai de construction d’un espace princier : l’exemple des Rorgonides dans le monde franc puis dans le royaume de France et ses marges (vers 600 – vers 1060) Vol 1 et Vol 2 2010 François Doumerc

[11] Cartulaire de l'abbaye de Saint-Chaffre du Monastier 1884 Ulysse Chevalier

[12] Chartes et documents de Saint-Bénigne de Dijon des origines à 1300 1986 G Chevrier

[13] Les comtes paladins de Bourgogne Thierry le Hête

[14] Cartulaire de Montiéramey 1890 Charles Lalore dans Collection des principaux cartulaires du diocèse de Troyes tome 7 (désormais Montiéramey)

[15] Christian Settipani le 5 décembre 1998 sur le forum "soc.genealogy.medieval"(voir Annexe ci-dessous)

[16] Notes sur quelques familles comtales et champenoise (Xe-XIe siècles) 1947 Maurice Chaume dans Recherches d'histoire chrétienne et médiévale (désormais Recherches d'histoire...)

[17] Recueil des Historiens de Gaule et de France (désormais RHGF) tome IX et XI

[18] Mémoire concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre 1743 Abbé Jean Lebeuf tome II et III

[19] Notice surle comté de Tonnerrre 1839 Jacquillat-Despréau dans Annuaire historique

[20] Recueil des Chartes de Cluny désormais CLU

[21] Cartulaire de Saint-Benoit sur Loire 1897 Maurice Prou

[22] Monuments historiques cartons des rois 1866 Jules Tardif

[23] L'art de vérifier les dates 1818 Monsieur de Saint-Allais tome 11

 [24] La formation du comté de Champagne 1977 Michel Bur

[25] C. Bouchard, Sword, Miter, and Cloister. Nobility and the church in Burgundy, 980-1198, Londres 1987.

[26] L'origine du comté de Bar-sur-Seine Jacques Laurent1951 dans Annales de Bourgogne

[27] Une famille, un château : Champallement du Xe au XIIe siècle 2010 Brigitte Colas

[28] Gallia Christiana (désormais GC) tome IV Denis de Sainte-Marthe

[29] Les comtes du Gatinais aux Xe et XIe siècles 2000 Edouard de Saint-Phalle dans Onomastique et parenté dans l'Occident médiéval

[30] Histoire de la ville et de l'ancien comté de Bar-sur-Seine 1854 Lucien Coutant Volume 1

[31] Catalogue des actes des comtes de Brienne (950 - 1356) 1872 H d'Arbois de Jubainville (désormais Brienne)

 

Annexe :

Voici la réponse de Christian Settipani datée du 5 décembre 1998 sur le forum "soc.genealogy.medieval" à une question sur la généalogie des comtes de Tonnerre :

 

The ancestry of Helvisa (no 3) is unknown, but I suppose her a niece of Hardoin, bishop of Noyon (1015-1027) (M. Chaume believed she was a sister of his). Hardoin is brother of Garnier and son of Robert of Croyes. Probably they are issued of Waltharius (Gauthier, Walter), count of Valois, Amiens and Vexin (d. c. 992/8), grandson of the caroligian Helvisa.

 

The family of Ermengardis (no 5), widow of Herbert, not the reverse, is not « Bar-sur-Seine » (one misunderstanding hypothesis of E. Petit : such a dynasty does not exist at this time). She was, I think, the daughter of Alberic II of Macon and his second wife.

 

Engeltrudis (no 9) is certainly, as showed by E. Petit, of Brienne family. She was more probably the sister (not daughter) of Engelbert I and Gau(s)bert. May be they are the nephews of Engeltrudis, viscountess of Chalon and the posterity of Gausbert of Nevers, grandson of an Engeltrudis.

 

The family of Adela (no 17) is not identified. Her name and her grand daughter’s, Liedgardis, point to Vermandois. But the nameLiedgardis come perhaps via Engeltrudis : Engeltrudis of Chalon was probably mother of Liedgardis of Dijon. So, the best solution was that of M. Chaume, the countess Adela is the same that Adela, sister Leotald of Macon, who make an important donation in 958 for the soul of a Wido,may be the count of Tonnerre.

 

Renard (no 32) is not attested as member of the family. He is named as a count in a trial about Tonnerrois and fit at the good place for the missing generation in the family (to justify Renard II’s name, wich was no more inherited from a pseudo ‘Bar-sur-Seine’ dynasty, and because Milo II’s daughter was a Ren-trude).

 

Last, Adela (no 65) : if her son was really a Renhard, she was undoubtedly the sister of Renhard and Manasses I of Auxerre. The family’s origin is Lotharingian.
 

 

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