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Nous sommes à la recherche de l’article de Jean-Noël Mathieu : « Nouvelles recherches sur les premiers comtes de Tonnerre » publié dans le bulletin archéologique et historique du Tonnerrois n° 51. Si un de nos lecteurs peut nous en fournir une copie…

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Thierry I, duc de Mosellane (965 - 1027), appartient à la première maison de Haute-Lorraine. Il est un authentique descendant des Carolingiens (par sa grand-mère paternelle) et des ducs de Saxe (par sa mère).

 

Le prémon "Thierry" se propage dans cette famille à partir de l'ancêtre Thierry de Ringelsheim né vers 860, un de ses triaïeux. D'après Robert Parisot [1], il porte le prénom de son cousin, l'évêque Thierry I de Metz, qui pourrait aussi être son parrain.

 

Thierry de Haute-Lorraire (souce Wikipédia d'après un tableau généalogique des Ottoniens)

 

La Lotharingie, coincée entre le royaume des Francs occidentaux et la Germanie, a été créée au partage des fils de Louis le Pieux. Après le règne des deux Lothaire, elle est redistribuée entre Charles le Chauve et son frère Louis le Germanique. Dans les années qui suivent, la Lotharingie est l'objet de toutes les convoitises mais aussi de tous les désordres.

 

En 925, Henri l'Oiseleur est mis en possession de la Lotharingie. Son fils Otton I confie la mission de la pacifier à son frère Brunon qui, lui même, concède l'administration de la Haute-Lotharingie à Frédéric I, fils de Wigeric et père de Thierry, et la Basse-Lotharingie à Godefroy de Metz. C'est dans ce contexte que se déroule la carrière politique de Thierry.

 

Personnage secondaire, Thierry n'a pas laissé beaucoup de traces dans la littérature de son époque. Les chroniqueurs parlent peu de lui et nous ne sommes pas parvenus à retrouver les chartes dans lesquelles son nom apparait. Il faudrait vraissemblablement, pour cela, parcourir les cartulaires de Saint-Mihiel [2] et de Saint-Maximin de Trèves que nous n'avons pas à disposition. Robert Parisot, qui a étudié la famille de Thierry dans le détail, nous le présente comme un brave soldat, mais capitaine et politique médiocre, qui a joué un rôle effacé et qui a essuyé, au cours de sa longue carrière, plusieurs graves échecs sans qu'aucun succès ne puisse vraiment le réjouir.

 

Thierry a subi l'hostilité qui caractérisent les relations entre les Carolingiens de Francie occidentale et les Ottoniens de Francie orientale ainsi que celle des comtes de Champagne, ses voisins. Au sein même de son groupe familial, les intérêts ont parfois été divergeants et l'élection de son cousin, Thierry II, à la tête de l'évêché messin, n'a pas été une victoire pour lui. Enfin, à la fin de sa vie, il a pris parti (pour le vaincu) dans le changement de dynastie sur le trône de Germanie passé des Ottoniens aux Conradiens.

 

Le tableau qui suit présente la parentèle de Thierry :

 

 

Wigeric x Cunégonde :

Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur les ascendants de Wigeric si ce n'est qu'il est le gendre d'Ermentrude, fille du roi de Francie occidentale Louis III le Bègue. Peut-être est-il le fils d'un comte du Bliesgau en 893, Odacar (qui d'après Léon Vanderkindere [3], intervient en 896 auprès de Zwintibold en faveur de l'église de Trèves et de l'abbaye de Saint-Maximin) et d'une fille de Giselbert, comte de Maasgau, comme le propose Régine le Jan [4].

 

Wigeric joue un rôle important à Trèves et dans le Bidgau. En 902, il a, entre autres, le droit de frapper monnaies dans le diocèse de Trèves (Medlands [5]).

 

Le 19 septembre 902, Louis l'Enfant, roi d'Allemagne, restitue des biens usurpés par Conradus et Gebehartus comites à l'église de Trèves, avec le consentement  de Wigerici comitis (Medlands).

 

En 903-904, il donne à l'abbaye d'Echternach des biens à Itzig-lez-Luxembourg, qui lui appartiennent certainement en propre, car il est impossible qu'il soit déjà le mari de Cunégonde. Rappelons que la branche des Luxembourg est probablement issue d'un autre mariage de Cunégonde mais cette question fait encore débat et dépasse le cadre que nous nous sommes fixé...

 

Le 1 janvier 909, Widrici comitis souscrit à un acte d'échange de biens in pago Nedinse in comitatu Liutardi in loco…Burmeringas contre des biens in pago Bedinse in comitatu Widrici…villa…Eslingis entre le monastère de Saint-Maximin de Trèves et Roricus (Medlands).

 

Cité en qualité de comes palatii, le 19 juin 916, parmi les Grands réunis à Herstal, Wigeric ne se trouve pas à l'assemblée tenue en ce même lieu trois ans plus tard ; il a donc dû mourir entretemps (Vannerus [6]). Cunégonde, à peine âgée d'une trentaine d'années à cette époque, se remarie avec Ricuin, tué en 923 par Boson.

 

Wigeric et Cunégonde ont eu plusieurs enfants :

  • Frederic qui suit
  • Adalbéron évêque de Metz, de 929 à sa mort à Saint-Trond en 962 ; Il est un adversaire acharné du roi Otton, avant d'être un de ses plus fidèles partisans ;
  • Gauzlin époux d'Uda de Metz mort en 942/43, dont la descendance joue un grand rôle dans la région, à commencer par son fils Godefroid (le Captif), comte du Bidgau (959)  ;
  • Sigebert dont on ne sait rien ;
  • Giselbert, cité à partir de 950, comte d'Ardenne en 963. Sa veuve, Hedwige, apparaît en 965 avec un fils Godefroid, qui a du mourir jeune et sans descendance, car le pagus d'Ardenne passe alors à la lignée de Luxembourg ;
  • Liutgarde, qui se marie deux fois : d'abord, avec un certain Adalbert, fils de Matfrid, tué en 944 puis, avec Eberhard, appartenant sans doute à la famille d'Egisheim et dont l'arrière-petit-fils Brunon de Toul porte la tiare de 1049 à 1054.

 

Les descendants de Wigeric occupent une place importante du côté de la Meuse et de la Moselle et même dans tout l'Empire.

 

Frédéric I x Béatrice :

La parenté de Frédéric I/Ferry I avec la maison issue de Robert le Fort est sans doute une des raisons qui ont déterminé Otton I de Germanie et son frère Brunon à choisir le gendre de Hugues le Grand pour en faire un duc de Mosellane.

 

Frédéric est mentionné pour la première fois en 942 dans la charte de son frère Adalbéron, évêque de Metz, en faveur de l'abbaye de Saint-Arnoul (Grosdidier des Matons [7]).

Source Wikipédia

 

En 952, Ferry élève un castrum à Fains, dans le Barrois qui appartient alors au Roi de France. En effet, Otton I l'a cédé dix ans plus tôt à Louis d'Outremer. Naturellement, Louis IV d'Outremer proteste et Ferry est cité à comparaître devant son suzerain.

 

Le comte Frédéric commence, en 960, la construction du château situé sur une colline en face de Bar, sur une terre appartenant, cette fois ci, à l'église de Toul. Cette nouvelle usurpation témoigne du peu de ressources que posséde alors cette maison. Pourtant, Fréderic reçoit, même temps que sa nomination ducale, l'avouerie de Saint-Mihiel.

 

Avec l'usurpation des propriétés abbatiales qui se situent principalement dans le Comitatus Barrensis, le comte Frédéric Ier utilise un mode d'acquisition de propriété fréquent à cette époque et ses successeurs l'ont naturellement imité.

 

Le 3 Juin 960, Otto…imperator Augustus fait un don au monastère Saint Pierre de Metz en présence de compater noster Adalbero…sanctæ Mettensis ecclesæ Presul [et] Germano suo Friderico duce (Medlands).

 

Friderici, Gisilberti, Sigeberti fratrum predicti Gozlini souscrivent à la charte qui se réfère à Gozlines…miles…ex nobilissimis regni Chlotarii ducens prosapia et la donation, en 943, par uxor eius Uda et filius eius…Regingerus à l'abbaye Saint Maximin de Trèves (Medlands).

 

Frédéric est présent à la grande assemblée de la noblesse et du clergé convoquée par l'empereur Otton le 2 juin 965.

 

26 octobre 966, Fredericus…Lothariensium Dux confirme des donations de biens à Murecourt à l'abbaye de Bouxières (Medlands).

 

Il nous est bien difficile de porter un jugement sur le premier duc de Mosellane. Il a fidèlement servi les empereurs germaniques Otton I et Otton II. Son administration n'a provoqué aucune révolte, ce dont on doit lui faire mérite. Il a restauré la discipline dans quelques-unes des abbayes dont il possédait l'avouerie mais, en même temps, on constate que les biens temporels de ces monastères et d'autres établissements religieux avaient pour lui un attrait auquel il n'a pas su résister. Enfin, nous devons reconnaître qu'en dehors de la Mosellane, on ne trouve aucune trace de l'action politique de Frédéric I (Parisot).

 

Le mariage entre Frédéric et Béatrix, soeur d'Hugues Capet, a eu lieu en 954. Leurs enfants sont :

  • Henri mort avant son père ;
  • Adalbéron, évêque de Metz de 984 à 1006 ;
  • Thierry qui suit.

Frédéric est mort en 978.

 

Béatrice, fille d'Hugues le Grand et d'Hedwige de Saxe, est expressément qualifiée de femme de Frédéric dans deux chartes de Saint-Mihiel, l'une émanant de Frédéric lui-même (962) et l'autre de l'abbé Eudes (972). Il en est de même dans un diplôme d'Otton III pour l'église de Toul, en 984 (Parisot).

 

Thierry x Richilde :

Thierry se trouve placé — de 978 à 987 environ — sous la tutelle de sa mère Béatrice et, à partir de 1019 — au plus tard — son fils Frédéric II lui est associé. Entre ces deux périodes se place celle où il exerçe tout seul l'autorité ducale.

 

En aout 978, Lothaire, roi de Francie occidentale, tente un coup de force contre Otton II, empereur germanique, et son épouse Théophano afin qu'ils acceptent de lui céder la Lotharingie. Il prend Aix-la-Chapelle mais ne peut s'emparer ni de son frère Charles, duc de Basse Lotharingie, ni d'Otton. Avant de rentrer dans ses états, il se tourne vers la Haute-Lorraine qui, privée de chef (Thierry n'est encore qu'un adolescent), semble une proie facile à conquérir. La tentative qu'il fait pour s'emparer de Metz, la ville la plus importante du pays, échoue devant l'énergique résistance de son évêque Thierry I. Découragé, Lothaire regagne son royaume.

 

Quelques mois plus tard, toujours décidé à conquérir la Lotharingie, Lothaire gagne Verdun, l'assiège et la fait tomber mais ne profite pas de son succès si bien que le duc Thierry lui-même, son oncle le comte le Luxembourg Sigefroy, son cousin germain le comte Godefroy de Verdun, et d'autres seigneurs viennent, à la tête d'une petite armée, délivrer la ville. Après leur victoire, Thierry prend soin de fortifier la place mais le roi de France accourt avec de nouvelles troupes, impose sa force et les seigneurs mosellans sont faits prisonniers. Thierry doit sa libération en janvier 886 à son cousin germain, Hugues Capet, que Lothaire ménage.

 

Thierry I obtint en fief d'Otton III, ou plus probablement d'Henri II, le domaine royal d'Andernach, qui ne semble avoir appartenu ni à son père ni à son fils; on possède de Thierry des deniers frappés à Andernach.

 

Le 18 janvier 987, nous retrouvons Thierry dans la villa d'Andernach, où séjourne alors la cour allemande. Il intercède auprès d'Otton III en faveur de l'abbaye de Vilich, avec l'impératrice Théophano et les ducs Conrad de Souabe et Henri de Bavière.

 

La même année, une lettre de Gerbert d'Aurillac, le futur pape Sylvestre II, révèle que Thierry et Eudes I de Champagne s'affrontent violemment en Lorraine. Le duc met la main sur le fisc de Stenay et, en guise de représailles, Eudes s'empare de l'abbaye de Juvigny-sur-Loison.

 

Après 987, un conflit éclate entre Béatrice et son fils. Thierry, pour se délivrer d'une tutelle qui lui pèse, fait arrêter et emprisonner sa mère. Sa conduite dénaturée lui attire la censure de l'Eglise. Le pape le réprimande et lui inflige une pénitence. Béatrice est libérée mais, désormais, elle n'intervient plus dans les affaires de la Haute-Lotharingie.
 

A la mort d'Otton III de Saxe, se pose alors la question de sa succession. Thierry garde une neutralité prudente, attendant pour se prononcer, dit Thietmar, que la majorité du peuple ait fait son choix. D'après la Vita Heinrici, le duc de Haute-Lorraine, sachant qu'Henri est l'héritier légitime du trône, ne veut pas se lancer dans sa propre candidature qu'il sait vouée à l'échec.

 

En 1006, après la mort de son frère Adalbéron, évêque de Metz, Thierry tente imposer son fils à la tête de l'évêché mais il s'agit d'un enfant (Adalbéron n'a que 5 ans) et l'opération échoue. Ainsi, la ville de Metz échappe désormais à l'autorité ducale.

 

En 1008, de nouveaux troubles éclatent en Lotharingie entre Henri II et ses beaux-frères le duc Henri de Bavière et les évêques Thierry de Metz et Adalbéron de Trêves, à propos de l'élection de ce dernier. Bien que n'étant attestée par aucune source, la présence de Thierry aux sièges de Trêves et de Metz paraît évidente. Les deux villes se trouvent en Haute-Lorraine et, très certainement, Henri II l'a convoqué avec son contingent militaire afin de mater les seigneurs rebelles. Thierry a du répondre avec d'autant plus d'empressement qu'il a vu là une excellente occasion de se venger des Luxembourgs, devenus ses ennemis personnels depuis l'usurpation par Thierry du siège de Metz.

En 1010, Henri II et les Luxembourgs n'ont toujours pas réglé leur différent. Mécontents de leur échec, ces derniers tendent un guet-apens à Thierry qui, grièvement blessé, devient ainsi leur prisonnier pour de longues années.

 

On ne connait pas très bien les raisons et l'époque des conflits entre Eudes de Champagne et le duc de haute-Lotharingie. D'après les Gesta episcoporum Cameracensium, Thierry reproche au comte de Blois d'avoir, sans aucun droit, élevé des châteaux sur des terres qui lui appartienent. Pourtant, les chroniqueurs angevins attribuent à Eudes une attitude simplement défensive (F Lot [8]). Nous savons qu'Eudes a fortifié le château de Vaucouleurs, à la frontière de la Champagne et de la Lorraine. L'assemblée de Verdun du 8 septembre 1023, présidée par l'empereur en personne, comdamne le comte de Blois à restituer au duc de Lorraine les terres prises et à détruire les forts qu'il a construit (T Le Hête [9] p 34).

 

Est-ce à la même période qu'appartient la lutte que le duc de Mosellane doit soutenir contre Wigeric, comte de Clermont, et son frère Aimery, archidiacre de Langres, lutte qui se termine par la victoire de Thierry ? Nous n'avons aucun indice qui nous permette de fixer la date de cet événement (Parisot).

 

En 1011, le duc Thierry se rend au concile de Bamberg, comme le prouve sa souscription placée au bas du diplôme par lequel Henri II confirme au pape Benoît VIII les domaines et les privilèges que ses prédécesseurs ont octroyés à l'Eglise romaine.

 

Vers 1017, Thierry associe son fils ainé Frédéric II aux affaires du duché. A peu près à la même époque, Frédéric épouse Mathilde de Souabe, veuve de Conrad de Carinthie mort en 1011.

 

En 1018, le duc de Mosellane suit l'empereur dans une expédition contre Rodolfe III, roi de Bourgogne. Il est d'ailleurs battu à la fin de la campagne et regagne presque seul la Haute-Lorraine (M Grosdidier et R. Poupardin [10]).

 

En 1024, à la suite de la mort d'Henri II, dans la guerre de succession que se mènent Conrad le Salique et Conrad de Carinthie, fils de Mathilde de Souabe, Frédéric II de Haute-Lotharingie prend parti pour son beau-fils, suivi par son père Thierry. Après l'élection du Salique, les ducs et les évêques de Lotharingie persistent dans leur attitude hostile au nouvel empereur.

 

Une lettre écrite par Foulque Nerra d'Anjou, leur parent et allié, montre que les ducs de Lotharingie réclament le concours du roi de France contre leur suzerain naturel. Robert le Pieux, fils et successeur d'Hugues Capet, concentre quelques troupes de côté de Metz mais l'empeur germanique désamorce rapidement cette timide tentative.

 

En 1025, la réconciliation entre Conrad et les ducs de Haute-Lotharingie a lieu à Aix-la-Chapelle, où le nouvel empereur célèbre la fête de Noël. Le duc Thierry et l'évêque Gérard de Cambrai se rendent auprès de Conrad et le reconnaissent pour roi, lui prêtent hommage et reçoivent en retour une nouvelle investiture de leurs fiefs et dignités.

 

Nous relevons l'intercession du duc de Mosellane Thierry en faveur de l'abbaye Saint-Maximin de Trèves le 11 janvier 1026 (Parisot).

 

Les enfants de Thierry et de Richilde sont :

  • Fréderic II marié à Mathilde de Souabe, veuve de Conrad de Carinthie. Frédéric est mort un an après son père en 1028. Deux filles sont nées de ce mariage dont la duchesse Sophie de Bar.
  • Adalbéron, que son père destinait à devevir évêque de Metz. Il est mort jeune, avant 1015.
  • Adèle mariée à Galeran comte d'Arlon d'où Foulque et Galeran.
  • Hildegarde (?) seconde femme de Foulque Nerra d'Anjou d'après Thierry Stasser [11] et Robert Parisot.

Les historiens ont remarqué l'apparition de l'anthroponyme Foulque jusqu'alors inconnu dans cette famille et suppose que ce nom a été introduit par Foulque Nerra, comte d'Anjou et mari en secondes noces de la lorraine Hildegarde. Les médiévistes expliquent ainsi que Foulque Nerra et les ducs de Haute-Lorraine aient combiné leurs efforts contre leur ennemi commun, le comte de Chartres et de Blois Eudes.

 

Thierry est mort le 11 avril 1026/27.

 

La famille de Richilde, épouse de Thierry :

Les chroniqueurs du moyen-âge ne nous donnent pas beaucoup d'informations sur la famille à laquelle appartient Richilde. Les érudits modernes supposent qu'elle est fille de Folmar, comte de Lunéville et d'Amance car Thierry hérite de ce dernier castrum, et cette succession lui échoie sûrement du chef de sa femme.

 

Raymond Bur [12] confirme l'ascendance de Richilde en rappelant qu'elle est l'arrière petite fille d'une autre Richilde (voir tableau ci-contre).

 

Folmar III et Berthe :

Les parents de Richilde sont donc Folmar, comte de Lunéville, et Berthe dont on sait seulement que son frère Bérenger est choévêque de Trèves.

 

En 955, Berta donne des biens in villa Rodena sita in pago Sarensi in comitatu Waldrauingensi à l'église Saint Ludwin de Metlach nommant defuncti coniugis mei Volkmeri. Wetel comes et nepos eius Wetelsont témoins de l'acte (Medlands). 

 

En 996, Domna Berta, viri illustris Volcmari comitis relicta donne des biens in pago Moselensi in comitatu Waldeleuinga cui Gisilbertus comes…villa Mudenfert à l'abbaye Saint-Maximin de Trèves per manum advocati nostri comitis Henrici nommant Beringerum fratrum suum S Treurice sedis corepiscopum" . Friderich comes est témoin de l'acte (Medlands). 

 
Léon Vanderkindere suggère que Berthe soit la fille d'Hugues de Chaumont, descendant des Arnulfides, et d'Eva qu'il considère comme une soeur de Wigeric, ce qui implique que Berthe soit une soeur d'Uldaric, archevêque de Reims. Cette hypothèse ne semble pas confirmée par les historiens modernes. Nous incitons donc à la prudence...
 
Folmar III et Berthe ont plusieurs enfants dont :
  • Folmar, comte en Bliesgau, décédé en 1026, époux de Gerberge (Le Jan) ;
  • Richilde x Thierry, duc de Mosellane ;
  • Etienne, évêque de Toul mort en 996.
Berthe reçoit, à la fin de Xe siècle, de son mari Folmar, un douaire composé de la villa de Mutfort, avec son église, le manse ecclésiastique et toute la dîme (R Le Jan p 369).
 
Folmar II :
Folmar II est fils de Folmar I, comte palatin de Metz, et de Richilde. Il est mort en 950. Le prénom de son épouse ne nous est pas parvenu.
 
Folmar I et Richilde :
Richilde est la fille de Bivin, frère de Boson, roi de Mantaille.
 
Régine le Jan nous apprend encore que Folmar est fils de Folcuin, cité en 888, (tableau n° 71 p 454) et laisse sous-entendre que ce personnage est membre de la famille des Fulrad dont les éléments le plus célèbres sont Fulrad, abbé de Saint-Denis, et ses neveu Fulrad de Saint Quentin et Folcuin, évêque de Thérouanne (mort en 855), tous deux fils de Hiéromynus (demi-frère de Charlemagne) et d'Ermentrude.
 
Fulrad de Saint-Denis cite ses parents et ses frères et soeur dans son testament. Léon Levillain fait un rapprochement entre le couple Gausbert/ Waldrade et Waldrade, soeur de l'abbé (Levillain [13]) Nous prendrons cette hypothèse avec la prundence qui s'impose. 
 
Les enfants de Folmar I et de Richilde sont :
  • Folmar II ;
  • Folcuin x Alda ;
  • Boson ou Bovo.
 
Folmar I apparait en 924 et 926 (Le Jan). Il était avoué de l'église de Trèves et reçut des bénéfices en Bliesgau.
 
 
Bibliographie
[2] Chronique et chartes de l'abbaye de Saint-Mihiel, 1909-1912 publiées par André Lesort. Paris, 0. Klincksieck,
[3] La formation territoriale des principauté belges au moyen âge volume 2 1902 Léon Vanderkindere
[4]Famille et pouvoir dans le monde franc (VIIe-Xe siècle) R le Jan
[5] Lotharingia, kings et dukes, pfalzgrafen Foundation for Medieval Genealogy
[6] La première dynastie luxembourgeoise J Vannerus dans Revue belge de philologie et d'histoire. Tome 25 fasc. 3-4, 1946. pp. 801-858
[7] Le comté de Bar des Origires au traité de Bruges Marcel Grosdidier des Matons Mémoires de la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-Le-Duc 1917 - 1921
[8] Etudes sur le règne d'Hugues Capet 1903 F Lot
[9] Les comtes de Blois et de Champagne et leur descendance agnatique 2004 Thierry le Hête
[10] Le royaume de Bourgogne (888-1038); e´tude sur les origines du royaume d'Arles 1874 R Poupardin
[11] La descendance féminine du comte de Namur Albert I Thierry Stasser in Annales de la société archéologique de Namur 1991.
[12] La formation du comté de Champagne 1977 Michel Bur
[13] L'Alsace et les origines lointaines de la maison de France Léon Levillain dans Revue d'Alsace 1947
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