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Nous complétons et nous corrigeons le fichier « Notariat de Savines (05) » par la lecture des minutes de Mtre Jouve, en ligne sur le site des archives départementales des Hautes-Alpes.

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Bouchard le Vénérable est comte de Vendôme entre 960 et 1005. Compagnon d'Hugues Capet, il doit sa carrière à sa fidélité au premier capétien dont il est le conseiller le plus dévoué.

 

Une vie de Bouchard a été écrite au XIe siècle par Eudes de Saint-Maur et a été publiée par de la Roncière en 1892 qui, dans une longue introduction au texte du moine, livre une biographie intéressante de ce personnage.

 

Sa famille :

Bouchard le Vénérable est fils de Bouchard "Ratepilate" et petit-fils d'un autre Bouchard. Sa famille se situe très clairement dans la mouvance des Robertiens en Neustrie mais, selon Werner, elle possède une origine lotharingienne. Les comtes de Vendôme ont un lien de parenté avec les Bouchard de l'Ile Bouchard et probablement avec ceux de Montmorency. D'après Dominique Barthélémy, ils sont parents avec les Beaugency (peut-être par la mère ou la grand-mère du Vénérable) et, selon Jacques Boussard, ils le sont aussi avec les Preuilly.

 

Le tableau ci-dessous, entre autres construit avec les données recueillies sur le site de France-Ballade, est sûrement à prendre avec prudence.

 

Les ancêtres de Bouchard sont présents en Neustrie dès le mileu du IXe siècle :

  • En 846, un Bouchard signe une charte du comte de Blois Eudes en faveur de saint-Martin de Tours (K.F. Werner).
  • En mai 849, don à Marmoutier par le comte Eudes et son épouse, de Villemore dans le Dunois, et de Villeboilin près de Marchenoir. Un Bouchard y souscrit (Chartes vendômoises n° 16).
  • Un Bouchard parait, le 22 mars 891 ou 892, à un acte donné à Tours au sujet de la prévôté de Suèvres. (Armorial de Baluze tome 76 f 92)
  • En novembre 902, donation par Warnegaud , vicomte de Blois et son épouse Hélène, de biens situés à Monthou-sur-Bièvre, à Ouchamps, etc. L'acte est contre-signé par Bouchard, comte (chartes vendômoises n° 21).
  • Le 5 juillet 905, Bouchard est témoin de la donation faite à Saint-Martin par Archambaud et sa femme Ingilrade de plusieurs biens situés en Touraine (Armorial de Baluze, tome 76, f 89).
  • Le 3 mars 930, un Bouchard est présent à Bourges (KF Werner ).
  • En mai 942, Bouchard accompagne Hugues le Grand à Fontaine en Orléanais: Signum Hugonis comitis et Francorum ducis, S. Fulconis Andegavorum comitis, S. Burchardi comitis... (Housseau I n° 771)

Les deux dernières mentions citées ci-dessus sont probablement à mettre au crédit du père du Vénérable.

 

Vers 960, Hugues Capet marie Bouchard à Elisabeth, veuve d'Aimoin, comte de Corbeil (et fille de Lisiard le Riche ?). Cette opération matrimoniale est bénéfique pour Bouchard qui rafle ainsi le comté de Corbeil.

 

Nous ne connaissons que deux enfants à Bouchard et Elisabeth :

  • Renaud, chancelier de France en 989 puis évêque de Paris (992 - 1017) et comte de Vendôme après son père ;
  • Elisabeth, première femme de Foulque Nerra, comte d'Anjou, brûlée vive à la fin de l'année 999. Ce mariage, qui a été célébré vers 985 sous l'égide d'Hugues Capet, scelle une alliance entre le Vendômois et l'Anjou contre la maison de Blois.

 

Sa carrière au service des premiers capétiens :

Bouchard n'est encore que chevalier en 950 lorsqu'il parait dans l'acte de donation de Rainfroy à Notre-Dame de Chartres (Cartulaire de Notre-Dame p 84 et Cartulaire de St-Père I p 351).

 

Peu après son avènement, Bouchard trouve l'occasion d'agrandir son patrimoine. L'évêque du Mans, Siefred de Bellême, ayant été chassé de son siège par Hugues, comte du Maine, implore son secours, lui promettant en retour une partie de la manse épiscopale. Bouchard accepte et déclare la guerre à Hugues du Maine avant qu'un traité ne mette fin à la lutte. Siefred, rétabli sur son siège, donne à Bouchard la basse vallée du Loir depuis Les Roches jusqu'à La Chartre, soit la forêt de Gâtines et soixante quatre églises, Poncé, Ruillé, etc., qui forme le Bas-Vendômois.

 

En mars 967, Bouchard signe, en sa qualité de comte, la donation de l'aleu Taiseis sur la Dème, dans le Maine : Signum Burcbardi comitis{Fragments de Chartes du Xe siècle n° XXI). M. de Grandmaison ajoute : la charte porte la signature du duc des Francs qui deviendra le roi Hugues Capet, des comtes de Tours (Thibaut le Tricheur), du Mans, de Vendôme et de Châteaudun (p. 58).

 

En 972 ou 973, Bouchard signe la donation d'un Adelelme, fidèle de Hugues, duc des Francs, de huit arpents de prés, à Chemillé : Signum Burchardi comitis (Housseau 1 110 214).

 

En 975, Bouchard assiste à la restitution à l'évêché d'Orléans de l'abbaye de Saint Jean : cette charte contient les souscriptions intéressantes de Robert, fils de Hugues Capet, qui apparaît alors pour la première fois... de ses vassaux Geoffroy d'Anjou et de son fils Foulques Nerra, de Bouchard, comte de Vendôme... (Les Derniers Carolingiens F. Lot p 116).

 

Le premier septembre 976, Bouchard le Vénérable, comte de Vendôme, permet à son fidèle Ardouin de donner à ferme les biens qu'il possédait à Membrolles dans la Touraine (chartes vendômoises n° 22).

 

En 981, Bouchard est à Senlis, signant une charte de Hugues Capet en faveur de l'abbaye d'Humblières : Signum gloriosi Hugonis comitis... S. Bûchardi vassali (Les derniers Carolingiens  F. Lot p 404 ).

 

Entre 978 et 983, le Vénérable est présent à la donation à Saint Julien d'une villa nommée Vilers : Signum domni Hugonis Francorum ducis, signum Odonis comitis... S. Gauzfredi comitis... signum Buchardi comitis (Les fragments de chartes du Xe siècle Grandmaison  n° XXVII).

 

Le 19 juillet 985, confirmation par Geoffroi Grisegonelle et Bouchard le Vénérable, comte de Vendôme, de la donation de la colliberte Ermengarde à Marmoutier (Chartes Vendômoises n° 23).
 

Peu de temps après, Bouchard est nommé comte royal de Paris. Le premier janvier 988, Hugues Capet fait sacrer son fils Robert et, en lui concédant une part du royaume, il lui donne un conseil de régence pour exercer le pouvoir durant sa minorité. Ce conseil comprend Bouchard, Hugues comte de Dreux, Ansoud Le Riche, et Hugues vicomte de Meulan : leurs signatures sont au bas de deux diplômes du roi Robert, datés de la deuxième année du règne Bouchard est l'un des quatre plus grands officiers de la couronne.

 

Vers 990, Bouchard est nommé avoué de l'abbaye royale de Saint-Maur-les-Fossés. Il en confie la direction au célèbre propagateur de la réforme clunisienne, Saint Mayeul, et à quelques autres religieux qu'il prend soin d'aller chercher en Bourgogne.

 

En juin 991, le comte de Paris assiste au concile de Saint-Basle, à Reims. Le zèle avec lequel il y défend les intérêts d'Hugues Capet est récompensé par la nomination de son fils, le chancelier Renaud, comme évêque de Paris (entre juillet et novembre 991).

 

En 999, Eudes III, comte de Blois, de Tours et de Chartres enlève Melun à Bouchard par la trahison d'un certain Gauthier, châtelain de la place. Bouchard, peu de temps après, reprend la ville avec les secours du roi et de Foulques Nerra, comte d'Anjou. A cette occasion, il taille l'armée d'Eudes en pièces.

 

Au début de son accession, Bouchard assigne à l’église Saint-Guénaud de Corbeil douze setiers de blé à prendre sur la terre de Mondeville et à la prière de son fils, sans doute en 989 lorsqu’il devient chancelier, il lui confirme les biens qu’elle avait reçus du comte Aimoin et de son veneur Aleman, à Courcouronnes et à Ballancourt.

Par une charte rédigée sous l’épiscopat de Renaud, entre 991 et 1005, le Vénérable rappelle les concessions antérieures et exonère ses possessions des coutumes qu’il y percoit; il y ajoute une terre au faubourg de Corbeil avec la chapelle où, avec sa femme Élisabeth, il avait fait déposer le corps du saint, tandis qu’il en agrandissait l’église. Il lui donne également Mondeville et lui confirme les biens d’Auvers et de Bouray que ses vassaux lui avaient aumônés.

Il confirme encore les possessions de l’abbaye de Saint-Spire à Ballancourt, Fontenay, Chevannes et Soisy, lui venant du comte Aimoin (Vie de Bouchard).

 

Le 25 août 1005, Bouchard parait pour la dernière fois dans l’entourage de Robert le Pieux aux sièges de Sens et d’Avallon. Son fils Renaud hérite du Vendômois et du comté de Melun. Il n'y a pas de comte de Paris nommé après lui. Enfin, Corbeil devient l'apanage de la famille d'Aimoin et d'Elisabeth...

 

 

Bibliographie :

Corpus hisporique Etampois

La société dans le comté de Vendôme de l'an mil au XIVe siècle 1993 Dominique Barthélémy

Hugues Capet 2008 Yves Sassier

L'origine des familles seigneuriales dans la région de la Loire moyenne; Cahiers de civilisations médiévales 1962 Jacques Boussard

Enquêtes sur les premiers temps du principat français (IXe - Xe siècles) 2004 Karl Ferdinand Werner

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