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Nous sommes à la recherche de l’article de Jean-Noël Mathieu : « Nouvelles recherches sur les premiers comtes de Tonnerre » publié dans le bulletin archéologique et historique du Tonnerrois n° 51. Si un de nos lecteurs peut nous en fournir une copie…

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L'évêque d'Orléans Thierry inaugure cette rubrique centrée sur l'utilisation de ce prénom au cours du moyen-âge. Cet homme d'église nous a intrigué car nous avons croisé sa généalogie à plusieurs reprises alors qu'il ne parait pas être un personnage de premier plan, même si, du temps des premiers Capétiens, Orléans était capitale de la Neustrie.

 

Thierry semble tenir son prénom de sa famille paternelle (non connue) mais descendante des fondateurs du Chateau-Thierry. Traditionnellement, on attribue cette fondation au roi mérovingien Thierry IV.

 

La famille de Thierry d'Orléans

Nous n'avons malheureusement que peu de données sur la famille de Thierry, évêque d'Orléans, désigné par le roi Robert I le Dévot en 1016.

 

Probablement né vers 980 et décédé en 1023, il est en général présenté comme appartenant à la famille des vicomtes de Sens mais il est vraisemblable qu'il ne descendait des Frotmond/Renard qu'en ligne maternelle. Le tableau ci-contre reproduit sa généalogie suivant Raymond Bur.

 

Faut-il pour autant suivre Jean-Noêl Mathieu qui propose un stemma audacieux reproduit par Christian Settipani dans OP p 255.

J.N. Mathieu enrichit sensiblement la famille maternelle de notre personnage qui devient ainsi un descendant des vicomtes d'Orléans.

Christian Settipani lui même conseille la plus grande prudence vis à vis de cette généalogie séduisante mais hautement hypothètique. La faiblesse du raisonnement, toujours d'après cet auteur, réside dans l'identification d'Alberic, comte de Macon, avec Alberic, vicomte d'Orléans, sur une idée d'Edouard de Saint-Phalle (OP p 238) et, de surcroit, en faire un gendre de Gausfred.

 

D'apès Jacques Boussard qui ne cite pas de source, Thierry était fils de Renard, seigneur de Troyes, et le descendant de Thierry qui donna son nom à Chateau-Thierry.

 

Sa carrière :

Thierry d'Orléans étudie à l'abbaye Saint-Pierre le Vif de Sens où son oncle Renard était abbé. Il devient ensuite un familier de la reine Constance de Provence, seconde femme de Robert le Pieux et possède l'appui de l'évêque de Sens Leothéric. Il est aussi le petit-neveu de l'ancien archevêque de cette même cité nommé Seguin.

 

Vers 1016, Thierry succède à Foulques sur le siège épiscopal d'Orléans, après avoir longtemps bataillé contre le seigneur de Pithiviers nommé Oury (ou Oldoric), le candidat d'Eudes II de Blois et le protégé de Fulbert de Chartres. Des tiraillements d'ordre politique, entre la maison de Blois représentée par Berthe, veuve d'Eudes de Blois et première épouse du roi et Constance de Provence soutenue par la maison d'Angers, ont forcément influencé cette nomination.

L'élection de Thierry est entâchée de diverses difficultés probablement créées par son concurent direct. Une accusation d'homicide portée contre ce prélat, qui n'était peut-être pas sans reproche, est déférée devant le pape qui fait défense de le consacrer jusqu'à ce qu'il ait instruit l'affaire et rendu sa décision (Devaux). De plus, Fulbert de Chartres refuse de présider la cérémonie de mise en possession de l'évêché sous prétexte que Thierry n'a pas été élu canoniquement et doit être suppléer par Liétry (Leotheric) de Sens. Pendant la cérémonie, son parent et compétiteur, Oury, trouble l'office.

 

Cette première bataille, remportée par Thierry, ne clot pas son différent avec le seigneur de Pithiviers. Au cours d'un de ses voyages, l'évêque est maltraité par des gens à la solde d'Oury, sans conséquence autre que quelques égratignures. A la suite de cette échaufourée, il se plaint amèrement auprès de ses collègues de la région et leur propose de se réunir pour excommunier le sacrilège. Il est gentillement éconduit par Fulbert de Chartres...

 

Après quelques mois de lutte, un rapprochement s'éffectue entre les deux adversaires et Thierry fait d'Oury son coadjuteur, le désignant ainsi pour lui succéder.

 

Deux ans après son élection, Thierry abdique ou, plus vraisemblablement, est déposé (les avis divergent...) alors que l'affaire des hérétiques d'Orléans bat son plein. Le fait que ce soit Oury qui ait été convoqué au procès des hérétiques en tant qu'évêque d'Orléans et non Thierry montre, selon Robert-Henri Bautier (p. 77-78), que le synode a commencé par déposer Thierry en le remplaçant aussitôt par Oury. Cela concorde avec une autre source indiquant que Thierry se rendait à Rome, sans doute pour plaider sa cause auprès du pape, lorsqu'il est mort en chemin le 27 janvier 1023.

 

Par ailleurs Thierry alors chapelain de la reine, avait nommé Étienne (un des hérétiques), qui en était le confesseur, ce qui le rapproche des hérétiques d'Orléans.

 

Bibliographie :

La formation du comté de Champagne 1977 Raymond Bur

Essai sur les premiers seigneurs de Pithiviers Annales de la société archéologique et historique du Gâtinais 1886 Jules Devaux

Les vicomtes de Chateaudun et leurs alliés Onomastique et parenté dans l'occident médiéval (OP) n°1 2000 Christian Settipani

Les comtes de Gâtinais aux Xe et XIe Onomastique et parenté dans l'occident médiéval (OP) n°1 2000 Edouard de Saint-Phalle

Les évêques de Neustrie avant la réforme grégorienne 1970 Journal des savants Jacques Boussard

L'hérésie d'Orléans et le mouvement intellectuel au début du XIe siècle. Documents et hypothèses dans Actes du 95e congrès national des sociétés savantes. Reims 1970. Section philologie et histoire jusqu'à 1610, Paris, 1975, tome I : Enseignement et vie intellectuelle Robert Henri Bautier

 

 

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