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Nous complétons et nous corrigeons le fichier « Notariat de Savines (05) » par la lecture des minutes de Mtre Jouve, en ligne sur le site des archives départementales des Hautes-Alpes.

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Les Adhémar appartiennent à une famille dont les ancêtres sont connus dès le Xe siècle. Une lignée véritablement tentaculaire dont une de ses branches nous mène jusqu’à François-Adhémar du Monteil (1632 – 1714), seigneur de Grignan et lieutenant général de Provence et du Languedoc en 1669, époux de Françoise-Marguerite fille de la célèbre "Madame de Sévigné" dont les lettres à sa fille exilée en Provence, font parties des œuvres majeures de la littérature française.

 

Françoise-Marguerite de Sévigné, née le 10 octobre 1646 à Paris, est la fille d’Henri et de Marie de Chantal-Rabutin. François-Adhémar l'épouse en troisièmes noces le 29 janvier 1669. Leur fille cadette, Pauline, femme de lettres elle-aussi, est l’épouse d’un représentant d’une autre vieille famille provençale, Louis III, marquis de Simiane. C’est elle qui publie les fameuses lettres de sa grand-mère.

 

Portrait de Françoise-Marguerite, fille de madame de Sévigné (Les scandaleuses)

 

Françoise-Marguerite est connue pour ses prestations à la cour de Louis XIV, avec qui elle a ouvert plusieurs bals. Pressentie pour en devenir la maitresse, le roi-soleil lui a finalement préféré la « Montespan » [1].

 

Nous donnons, à titre indicatif, un tableau de cette branche des Adhémar en nous inspirant presque exclusivement de l’ouvrage du marquis de Boisgelin [2], une des références les plus solides en ce qui concerne la généalogie de cette famille ce qui ne nous met pas forcément à l'abri d'une erreur. Nous remarquerons que cette branche cadette des Adhémar, dite de Grignan, s’étend sur une douzaine de générations avant de s’éteindre et se fondre dans la maison de Castellane au XVIe siècle.

 

La recherche des ancêtres des Adhémar de Grignan ne date pas d’aujourd’hui et de nombreuses études en témoignent. Pour notre part, nous ne nous intéressons qu’à la souche de cette famille qui se scinde en maintes branches et dont les rameaux se retrouvent aux quatre coins du Sud de la France.

 

Les racines de la famille Adhémar sont intimement liées à celles des Poitiers-Valentinois car on retrouve dans un espace restreint et aux mêmes époques deux lignages qui véhiculent des prénoms similaires. Pour beaucoup, il est manifeste qu’il s’agit de deux arbres possédant qu’une seule et même souche qu’il faut rechercher dans les anciens comtes de Valence. Rien n’est moins évident aujourd’hui mais des mariages entres les deux familles sont probables et justifient amplement l’anthroponymie commune qui ont troublé nos ainés.

 

Un précédent article nous a permis de dégager des pistes pour les Poitiers-Valentinois. Qu’en est-il des Adhémar ? Comme pour toutes les dynasties, ce sont les premières générations qui posent le plus de difficultés. En général, les érudits des siècles passés ont cherché à relier des familles agissant sur des domaines voisins ou portant des titres similaires sans avoir de preuves formelles et ont fini par brouiller les liens existants. C’est malheureusement le cas pour cette dynastie.

 

Nous avons suivi les travaux des historiens suivants :

  • J Chevalier [3] ;
  • Le marquis de Boisgelin (déjà cité) ;
  • E de Saint Phalle H&G n° 146 et 152 [4] ;
  • F Mazel [5] ;
  • Le marquis de Ripert-Montclar [6].

Nous attirons l’attention sur une série de fausses chartes regroupées dans les premiers feuillets du cartulaire municipal de Montélimar [7] et reprises dans le Regeste Dauphinois [8]. Ce sont les spécialistes de la Drôme et de la ville de Montélimar, A Lacroix [9] et A de Coston [10], qui ont prouvé la fausseté de ces documents où apparaissent plusieurs Adhémar aux VIII et IXe siècles, justifiant probablement des générations antérieures aux Adhémar « historiques ».

 

Y-a-t-il de nouvelles théories sur la généalogie de cette famille ? Nous n’en avons pas connaissance. En 1997/98, E de Saint-Phalle s’est appuyé sur Detlev Schwennicke Europäische Stammtaffeln T XIV pour monter une suite des seigneurs d'Adhémar dans les H&G n° 146 rectifié dans le n° 152. Quelques années plus tard, Florian Mazel se réfère aux études classiques en ajoutant celle effectuée par Gaëlle Oberthür De La Roncière (1990) [11] et Michèle Bois [12], archéologue de la Drôme, nous a rappelé récemment que les Adhémar descendaient bien du couple (Gontard -Ermengarde), plus vieux ancêtres connus de cette lignée.

 

A qui rattacher les premiers Adhémar ?
Comme nous l’avons souligné dans l’introduction, la souche de la famille Adhémar a fait couler beaucoup d’encre et plusieurs auteurs ont tenté de déterminer (ou d’imaginer) des liens entre les premiers Adhémar et d’autres familles locales plus ou moins illustres. Revisitons en quelques-unes qui nous permettent de comprendre comment la réalité de cette famille s’impose aujourd’hui à nous.

 

La recherche des premières générations des Adhémar est trompeuse. Divers historiens de la Provence, et non des moindres, Bouche [13], Nostradamus [14] ou Louvet [15], placent les premiers ancêtres des Adhémar au VIIe siècle. Bien évidemment, leurs continuateurs ont reproduit des généalogies similaires en citant comme références ces anciens historiens.

 

D’après Courcelles [16], Jacques de Bergame [17] avance, dans ses Chroniques de 1522, qu’un Giraud Adhémar avait chassé les Sarrazins de Corse et avait été créé duc de Gênes par Charlemagne en 814.

 

Honoré Bouche dans sa Chorographie de Provence (I p 900), donne la filiation des Adhémar depuis les premiers ducs de Gênes, seigneurs souverains de Monteil (en partie reproduite ci-contre). Avant de poursuivre, notons l’incohérence chronologique de cette généalogie mais aussi l'introduction du prénom Gontard.

 

Pithon-Curt (1743) :

A priori, Pithon-Curt [18] est le premier à se démarquer de ses prédessesseurs : je ne crois pas qu’on puisse s’en rapporter, sur la filiation des Adhémar, ni à Jacques de Bergame, suivi par Nostradamus… ni à Honoré Bouche. En fait, les Adhémar ne sont que de puissants seigneurs de la rive gauche du Rhône dont les plus anciennes chartes conservées au château de la Garde ne remontent qu’au dixième siècle.

 

Pithon-Curt distingue deux branches qu’il ne relie pas. D’une part, les seigneurs d’Orange qu’il considère comme la première race des seigneurs de Monteil mais qui sont, en réalité, les descendants des anciens vicomtes de Nice. Pour lui, Giraud Adhémar (1070 - 1126) est le frère de Tiburge des Baux-Orange mariée à Guillaume d’Omelas alors qu’il est aujourd'hui considéré comme son premier mari.

 

Sa seconde branche des Adhémar est corrompue par les fausses chartes du cartulaire de Montélimar et commence par Giraud Adhémar vivant vers l’an 1000 comme le montre le tableau ci-dessus.

 

Coucelles reprend la généalogie suivant Pithon-Curt mais présente Giraud Adhémar, comte d’Orange vivant vers 1000, comme le premier auteur de cette famille et lui rattache aussi bien Rambaud (comte d’orange) que Giraud Hugues, seigneur de Monteil. Ni l’un ni l’autre ne rapportent de preuve de l’existence de ce Giraud Adhémar.

 

Les curieuses propositions du baron du Teil (1879) :
La généalogie rapportée par le baron du Teil [19], qui établit sa propre ascendance, n’est pas la plus ancienne mais la plus curieuse. L'auteur est conscient de la continuité de la noblesse, même au cours des périodes charnières de l’histoire comme le passage du monde gallo-romain à celui des Francs et de l’importance des prénoms comme marqueurs anthroponymiques mais les passages d’une génération à l’autre ne sont pas suffisamment étayés et paraissent, pour les temps les plus reculés, complètement erronés. En fait, il articule sa généalogie en raccordant divers bouts connus mais dont certains s’appuient sur des bases fragiles ou fausses.


     -   Il débute sa généalogie par le gallo-romain Tonance Féréol, sénateur de Narbonne au Ve siècle, qu’il suppose  gendre de l’empereur Avitus (voir Settipani [20] pour rétablir  la réalité ) ;
     -   Il poursuit à la quatrième génération par Bodogisel, père de saint Arnulf de Metz, ancêtre avéré des Carolingiens jusqu’à Nibelung fils de Childebrand ;

     -   Lambert Adhémar, comte de Gênes, époux de Marie de Bourgogne, apparait à la cinquième génération. Lambert Adhémar meurt en 799. Suivent son fils Giraud Hugues et ses petits-fils qui font partage en 830. Ce passage est évidemment emprunté à la généalogie établie par Bouche et ses prédécesseurs.

     -   Conscient d’une chronologie défaillante, le baron du Teil ajoute ensuite plusieurs générations en déviant vers la maison de Bourbon qui véhiculait à la même époque le prénom Aymar/Adhémar avant de rejoindre le Giraud Adhémar de l’an mil et son fils Adhémar, évêque du Puy.
 

La généalogie des premiers Adhémar suivant Guy Allard (1635 - 1716) :

Jules Chevalier rapporte dans son ouvrage "Histoire généalogique de la famille de Poitiers des comtes de Valentinois et Diois" une généalogie des Adhémar telle que la présente Guy Allard [21] dans son dictionnaire du Dauphinais. Guy Allard prévient son lecteur : il s’agit d’une ancienne généalogie communiquée par le président de Bressieu sans titre ni référence.

 

Nous voyons apparaitre  les comtes de Valence du Xe siècle les uns à la suite des autres de manière logique et ordonnée mais les actes manquent pour pouvoir affirmer que cette charge passaient automatiquement de père à fils. Rappelons qu'au cours de la période carolingienne, les comtes étaient nommés et le titre ne possédait aucun caractère héréditaire. L’anthroponymie est même plutôt défavorable à l’hypothèse d’une seule et même lignée car on s’aperçoit que les prénoms portés par les membres des deux familles sont différents.

 

Nous retrouvons dans cette vieille étude, l’idée fixe des érudits du XIXe siècle et du début du suivant que les Poitiers-Valentinois descendent d’Ebles, fils du comte de Poitiers, thèse totalement abandonnée de nos jours.

 

Les propositions de Jules Chevalier (1897) :

Ce sont probablement celles qui doivent attirer notre attention pour l'ascendance agnatique de cette maison.

 

Le chanoine J. Chevalier remarque que les deux familles comtales installées à Valence au Xe siècle pourraient être distinctes surtout qu’aucun lien n’est rapporté dans la documentation. Il note aussi que les biens possédés par la famille des Lambert se situent sur l'une des rives du Rhône, et ceux des Geilin sur l'autre. La tige des Lambert véhicule les prénoms Gontard, Lambert (qui se répète à toutes les générations) et Adhémar à l'inverse de celle des Geilin. Seul le prénom Hugues semble appartenir aux deux familles.

 

Pour Jules Chevalier, les Adhémar sont issus de Guillaume, fils de Hugues, frère de Lambert et d'Adhémar, tous les trois signataire de la charte de Cluny [22] n° 3010 (ci-dessous).

 

Michèle Bois, imminente archéologue de la Drôme, confirme cette origine des Adhémar en nous écrivant : Adhémar de Monteil, qui descend sans conteste de la famille comtale à laquelle vous songez (Gontard, Lambert, Adhémar, fondateurs de Saint-Marcel-les-Sauzet) et où le nom d'Adhémar est si important qu'il a servi à dénommer Montélimar.

 

La thèse de J. de Boisgelin :

Cet auteur, qui a publié son étude en 1900, reprend, à ses dires, les travaux de A. Lacroix et de A. De Coston, ses prédécesseurs, mais semble ignorer les travaux de J. Chevalier pourtant son contemporain.

 

Le marquis de Boisgelin propose une tout autre ascendance agnatique de cette lignée. Pour lui, les Adhémar sont les descendants des anciens seigneurs de Royans. Voici la démonstration qu’il en fait :

     -   Ismidon (né vers 1010) est le grand-père de Lambert-François (CSB [23] n° 169 et n° 164 bis) ;

     -   Adhalasie est mère de Lambert-François : le 20 mai 1100, Lambert cognomento Franciscus et sa mère Abaldisia donnent à l’église de Roman les droits qu’ils avaient dans les églises du château de Peyrins et son mandement… (CSB n° 172) ;

     -   Adhémar est frère de Lambert François (CSB n° 169 et 210) ;

     -   Guillaume est frère d’Adhémar d’après Raymond des Agiles [24] et CSC n° 397.

   -   François Lambert est le neveu d’Odon de Pisançon (né vers 1040) fils de Désidérius (né vers 1010) fils d’Adon (CSB n° 167 et n° 168) ; Odon serait donc le frère d'Adhalacie.

 

Rien de scandaleux dans les hypothèses du marquis de Boisgelin mais la démonstration possède des faiblesses. En particulier, aucun acte n’indique qu’Ismidon soit le grand-père paternel de Lambert-François et des études postérieures montrent qu'Adhalacie n'est pas la fille de Désiré de Pisançon.

 

Pisançon ainsi que les prénoms Désiré et Adon nous renvoient probablement vers la famille de Clérieu.

 

Les recherches du marquis de Boisgelin ne sont pas inintéressantes car elles donnent une piste pour les ancêtres cognatiques d'Adhémar, évêque du Puy, comme nous nous en apercevrons un peu plus loin.

 

Les premiers chainons suivant P Berge :
Erudit très controversé, le président Berge [25] reprend la généalogie des Adhémar (1958) selon le marquis de Boisgelin mais estime que Guillaume-Hugues fils d’Hugues n’est que le frère de père d’Adhémar, évêque du Puy et n’a aucun lien de parenté avec François-Lambert.

 

Pour faire simple, Joseph Berge considère que Lambert-François est le demi-frère de mère d’Adhémar, lui-même demi-frère de père de Guillaume-Hugues.

 

Cet érudit s’appuie essentiellement sur les signatures de la charte de Cluny n° 3010 (ci- dessous) où Guillaume n’est pas noté explicitement frère de Lambert. La preuve est mince car le scribe a pu faire une erreur, simplifier la formule ou, tout simplement, le Lambert présent à cette charte n’est pas celui auquel songe l’auteur de cette thèse. On peut aussi s’interroger sur l'identité de Franco, père de Lambert-François (à traduire par Lambert fils de François), personnage sorti de nulle part.

 

Dans la seconde partie de sa démonstration, le président Berge recherche les père et mère de Guillaume-Hugues qui seraient parents aux troisième et quatrième degrés canoniques comme le montre le tableau ci-contre mais simplement guidé par ses intuitions, l'auteur ne donne pas la justification des liens générationnels qu'il propose.

 

Finalement, nous ne retiendrons qu'une seule suggestion de cet auteur : le prénom Adhémar usité dans la famille que nous étudions a la même provenance que celui utilisé dans la famille d'Argental.

 

Les comtes de Valence issus de Gontard :
Aucun document ne nous donne le père d’Adhémar, évêque du Puy, premier personnage incontestable de cette famille et c’est autour de lui et de son prénom que s’est bâtie la généalogie des premiers Adhémar.

 

Il faut sans doute rechercher dans l’association des prénoms Gontard-Lambert-Adhémar les ancêtres agnatiques de cette famille. Les Lambert sont nombreux à l’époque carolingienne (issus des Lambertides de Bretagne ou d’ailleurs) et ne peuvent pas nous être d’une grande utilité. Nous  rencontrons quelques Aymar/Adhémar dans plusieurs régions de l’ancienne Gaule dont celle de Royans en Dauphiné. Enfin, le prénom Gontard semble moins usité mais ne donne pour l’instant aucune solution à notre problème. Notons que l’anthroponyme Gontard rappelle le prénom burgonde Gunthard. Cette famille n’aurait-elle pas un peu de sang de ce peuple barbare venu coloniser une région très proche de celle qui nous occupe ?

 

Gontard (°910 +< 985) x Ermengarde :
Gontard et Ermengarde apparaissent comme parents du comte de Valence Lambert en 985 dans une charte du cartulaire de Saint-Chaffre le Monastier (p 110) [26] reprise ci-contre dans le Regeste Dauphinois (RD n° 1429 ci-contre).

 

Gontard et Ermengarde sont probablement nés dans le premier tiers du Xe siècle. Nous ne possédons pas plus de piste pour l’ascendance d’Ermengarde que pour celle de Gontard. Toutefois, un Lambert semble avoir été évêque de Valence au début du IXe siècle peut-être avant 835, preuve éventuelle de l’ancrage de cette famille dans la région de Valence. Un autre Lambert, abbé de Fontenelle, directement relié à une famille noble de Théouranne et dont sont issus les Widonides (Settipani [27], R Le Jan [28] p 196) a été archevêque de Lyon avant 688...

 

Gontard est probablement un personnage important dans l’espace carolingien pour que son fils puisse prétendre au titre de comte.

 

Le seul enfant connu du couple est :

  • Lambert qui suit.

 

Lambert x Falectrude (930 :
Lambert, comte de Valence, apparait en 951 (Nous n’avons pas retrouvé l’acte qui a permis à P.Y. Laffont [29] d’avancer cette date) et succède au comte Geilin. Il porte le titre comtal dans une charte du cartulaire de Saint Chaffre dès 961 (CSC n° CCCXXIV  p. 110).

 

Lambert fonde le prieuré de Saint-Marcel en 985 et le confie aux religieux bénédictins de Cluny (RD n° 1429 ci-dessus).

 

Les enfants de Lambert et de Falectrude sont :

  • Adhémar qui suit ;
  • Lambert (évêque de Valence de 996 à 1025). Il dispute la crosse épiscopale de Valence à Humbert d’Albon qui sera évêque après lui. L'acte le plus important de Lambert est la cession faite à Guigues, abbé de Saint-Chaire, de l'église de Saint-Victor de Valence, le 14 mars 1011 ; elle est approuvée par les clercs de son église et par le comte Adhémar, son frère (CSC n° CCCXIV et CCCXV).

 

Lambert est décédé après 1011.

 

Adhémar x Rotildis (°960 +>1037)
Avec Adhémar, probablement né vers 980, cette famille détient à la fois la puissance laïque et religieuse sur la région de Valence.

 

Donation d'Adhémar, comte de Valence, de sa femme Rothilde, et de ses fils Pons évêque de Valence, Hugues, Lambert, Gontard et Géraud pour l'âme de leur père à l'abbaye de Cluny (RD n° 1785 et CLU n° 2921).

 

Les fils d’Adhémar et de son épouse sont cités dans la charte précédente :

  • Hugues qui suit ;
  • Lambert cités dans la charte de Cluny n° 2921 ;
  • Pons évêque de Valence de 1032 à 1056 : Pons, fils du comte Adhemar, est témoin de la donation d’Artaud, en 1030, de la villa Saint Pierre à l’abbaye de Cluny (CLU n° 2832) ;
  • Gontard cité dans la charte de Cluny n° 2921 ;
  • Géraud cité dans la charte de Cluny n° 2921 ;

 

Adhémar est mort après 1037. Le titre comtal de Valence et de sa région passe à Geilin puis disparait avec lui pour un siècle jusqu'à ce qu'il soit relevé par les comtes de Poitiers-Valentinois.

 

Hugues (°1010) x Adhalasie :
Comme nous l'avons vu plus haut, Jules Chevalier propose qu’Hugues, père des trois frères Guillaume, Adémar et Lambert, signataires de la charte de Cluny n° 3010, soit identifié à Hugues fils d’Adhémar, comte de Valence.

 

Bas relief de Cluny

 

Avec cette proposition, Guillaume serait le premier seigneur de Monteil, frère d'Adhémar l’évêque du Puy qui a pris part à la première croisade, et de Lambert, le seigneur de Peyrins qui intervient dans de nombreuses chartes du cartulaire de Saint Barnard de Romans.

 

Cette hypothèse de J. Chevalier n’est certes pas impossible mais la chronologie est particulièrement serrée. Pons, fils d’Adhémar, est évêque de Valence dès 1032. Même jeune au début de son épiscopat, il est difficile de penser qu’il soit né après 1010. Son frère Hugues est probablement en rapport d’âge et les enfants d’Hugues sont témoins d’une charte datée entre 1049 et 1108.

 

Par contre, l’épouse d’Hugues, Adhalacie, est décédée après 1100, date à laquelle elle fait une donation avec son fils François-Lambert. Nous devons donc admettre une différence d’âge importante entre les époux Hugues et Adhalacie si nous conservons un tel schéma généalogique qui n'a pas été remis en cause par les médiévistes modernes.

 

Aucun acte ne nous fait savoir si Hugues, fils du comte Adhémar, a porté le titre de comte de Valence mais il semble que ce titre soit passé dans la famille des Geilin qui obtient aussi l’épiscopat valentinois.

 

Les enfants connus d’Hugues sont :

  • Guillaume qui suit, né au plus tard vers 1050 (Ripert-Montclar) ;
  • Adhémar, évêque du Puy, filius consulis provincia Valentinensis (Extrait de la chronique de Saint-Pierre du Puy). Dans les années 1086 et 1087, Adhémar aurait fait un pèlerinage à Jérusalem (Giraud I p 116). Il est légat du pape Urbain II et chef spirituel de la première croisade. Il est mort le 1 août 1098 à Antioche ;
  • Lambert-François (CSB n° 169). D’après Giraud, Ismidon, grand-père de Lambert-François est le seigneur de Peyrins dont il est question en 1025 pour lors de l’élection de Léger abbé de Romans et en 1052, sous le pontificat de Léon IX.

Le président Berge développe un long paragraphe dans le but de démontrer que Guillaume, Adhémar et Lambert ne sont pas frères de père et de mère. Les historiens n’ont pas repris ses hypothèses… Nous en restons donc à la thèse classique.

 

La famille d’Adhalacie
Les seigneurs d’Argental appartiennent à une puissante famille de propriétaires fonciers du Xe siècle dont les domaines sont principalement situés en Viennois, dans le massif du Pilat, en Viennois et en Valentinois (P.Y. Laffond p 107).

 

L’abbé Batia [30] (travaux non consultés) émet en 1924 une hypothèse que reprend P.Y. Laffont. D’après cet historien, les seigneurs d’Argental seraient issus d’un Adhémar vivant vers 990 et marié à une Ermengarde.

 

Les prénoms Adhémar et Artaud, en usage dans cette famille, dirigent évidemment les recherches des racines familiales vers l’unique vicomte de Lyon nommé Adhémar (CLU n° 656) vivant en 944, au possible vicomte de Lyon Artaud vivant en 938 et à ses descendants les comtes de Lyon et du Forez.

 

Ce vicomte Adhémar n'est connu que par un acte de cession en date du 28 mars 944 dans lequel il apparait investi des droits sur le pagus Lugdunensis et il fait don de la seigneurie de Thoissey et ses dépendances à l'Abbaye de Cluny (A Bernard [31]). Quant à l’Artaud qui fait donation de ses possessions de Quincié-en-Beaujolais à Cluny en 938 (CLU n° 482), rien ne permet d'affirmer qu’il a été vicomte de Lyon mais E Fournial [32] admet néanmoins qu’il puisse correspondre à l'ancêtre agnatique des comtes de Lyon et du Forez. Il est frère d'un Géraud.

 

De même, une convergence anthroponymique entre la famille d’Adhémar et celle d’Artaud d’Argental peut aussi être appréhendée surtout qu’il semble que les donations respectives des deux familles se situent dans des lieux géographiques proches (P.Y. Laffont). On remarque que le prénom Adhémar n’est présent qu’à la troisième génération des comtes de Valence mais il est vrai que les deux premières sont forcément tronquées.

 

 

Hypothèse personnelle : le prénom Adhémar et peut-être même celui de Géraud, sont passés de la famille d’Argental à celle des comtes de Valence par l’intermédiaire de Falectrude qui pourrait être une fille issue de cette famille.

 

Que savons nous sur les différentes générations des ancêtres des Argental ?

 

Adhémar x Ermengarde :
Ils sont la source des Argental. On peut raisonnablement supposer qu’Adhémar et son frère Artaud sont nés vers 930. Ils pourraient posséder les mêmes ancêtres que les comtes du Lyonnais et du Forez de la seconde maison.

 

Le 2 avril 994, Adhémar et sa femme Ermengarde font donation à Saint Maurice de Vienne (RD n° 1486).

 

D'après P.Y. Laffont, les enfants d’Adhémar et Ermengarde sont :

  • Artaud x Petronille qui suit ;
  • Adhémar ;
  • Gausserand cité dans une donation à Saint André le bas de Vienne (CSAB [33] n° 182). Il est mort avant l’an 1000 ;
  • Guigue.

 

Artaud x Pétronille :
Né vers 960, Artaud est un riche seigneur du Viennois qui apparait dans plusieurs chartes de l’abbaye de Saint André le Bas entre 1000 et 1010.

 

La famille de sa femme Pétronille n’est peut-être pas inconnue des médiévistes. En effet, le père de Pétronille semble être un Ismidon, prince de Royans, né vers 920. Il aurait fait une donation en 940 avec sa femme Eloy (CSB n° 88 d’après le président Berge).

 

Nous pouvons identifier ce personnage d’Ismidon à un autre de même prénom, père de Bermond, Féraud et Laugier, qui donne la villa de Bédoin à Montmajour à la fin du Xe siècle (HM [34] p 64, G Manteyer [35] p 359 et E Magnani [36] p 153). Cette dernière appuie son propos en notant que le lien matrimonial entre Adhémar et Pétronille fille du donateur de Bédouin expliquerait la dévotion de leur fils Ismidon/Ismion de Royans envers Montmajour et justifierait que Pétronille porte le nom de la fille mytique de Saint Pierre, patron de l’abbaye arlésienne. Ismidon pourrait être apparenté à une certaine Rodberge (femme de Gison) qui fait une importante donation à Montmajour vers l’an 1000. Il est, en tout cas, témoin de la donation (Josselin Derbier [37]).

 

En 1000, donation d’Artaud, fils d’Aimar et neveu d’Artaud de biens dans la villa de Bocoi… pour l’âme de son frère Gaucerand (CSAB n° 182).

 

Vers 1001, Artaud et Pétronille donnent à l’abbaye de Saint André le Bas une vigne situé probablement à Vertreuil le Bas, sur la paroisse de Burdignes, au voisinage d’Argental (CSAB n° 181 et Laffont).

 

En novembre 1001 ou 1003, autre donation, d'Artaud et de Pétronille de biens situés dans la villa Bocio dans le pagus de Vienne. L’acte est signé par leur deux fils Artaud et Ismidon (CSAB n° 179).

 

Leurs deux fils sont cités dans les chartes de ce cartulaire n° 179 et 180.

  • Ismidon ;
  • Artaud.

Ismidon (980 +>1036)  :
Ismidon est le beau-père d’Hugues Adhémar. Ismidon est cité comme fils d’Artaud dans une charte de 1003 du cartulaire de Saint-André le Bas.

 

 

D’après Giraud, Ismidon grand-père de Lambert-François est le seigneur de Peyrins dont il est question en 1025 pour lors de l’élection de Léger abbé de Romans et en 1052, sous le pontificat de Léon IX.

 

En 1036, Ismidon, à la demande de Benoit, abbé de Montmajour, renouvelle la concession accordée par son père ou grand père (avus vel pater) du droit d'acquérir des biens dans toute l’étendue de la principauté de Royans (RD n° 1777 et cartulaire A de l’église cathédrale de Grenoble n° 34).

 

Dernière remarque à propos des ancêtres de Lambert-François que le marquis de Boisgelin avait associés aux Pisançon. Le tableau ci-dessous montre que les parents de Lambert-François sont connus et qu'il n'est pas possible d'introduire Eudes de Pisançon à cette génaration. Par contre, les familles des deux grand-mères de Lambert-François sont inconnues et des pistes sont envisageables en élargissant le terme d'oncle à grand-oncle ou fils de grand-oncle.

 

Adhalacie, mère de François-Lambert, est la fille Ismidon. Elle est décédée après 1100 (CSB n° 155 et 172).
 

 

Les premiers seigneurs de Monteil :
La suite des seigneurs de Monteil est mal connue. Les deux ou trois premiers se nomment Guillaume-Hugues et les suivants Géraud. Dans ces conditions, il est toujours très difficile de proposer une chronologie rigoureuse avec des dates de commencement et de fin de règne pour chacun d’eux.

 

Voici quelques propositions d’enchainement des premiers seigneurs de Monteil :

 

 

Les différences que nous constatons dans ces tableaux prouvent l’hésitation des historiens. Essayons, très simplement, d’avancer une chronologie : 

  • Guillaume-Hugues I est né autour de 1050. Ses frères Adhémar et François-Lambert sont respectivement morts en 1198 (sans doute peu âgé au cours de la première croisade) et après 1125 (probablement d’âge avancé). Leur mère était encore vivante en 1100 ce qui nous empêche de les faire naitre beaucoup plus tôt. Laure, vivante en 1156, ne peut pas être l’épouse de Guillaume-Hugues I (proposition Boisgelin) qui serait plus que centenaire à cette date.
  • Guillaume-Hugues II est logiquement né vers 1080. D’après les historiens, il s’est marié deux fois. D’une première femme, il aurait eu Guillaume-Hugues III (né vers 1110) époux de Ne de Romestang (suggestion Mazel) puis, remarié à Laure, il aurait donné naissance à Géraud (né 20 ans plus tard que son ainé) mais pour admettre cette hypothèse, il faut étirer les générations au-delà d’une trentaine d’année. Pourquoi la plupart des médiévistes font de Laure l’épouse de Guillaume-Hugues II et ne peut-on pas admettre, comme l’affirme J Berge, qu’elle est la femme d’un Géraud ?
  • Géraud, marié à Garsende de Poitiers, est né vers 1135 et il est peut-être décédé avant 1198. En 1180, lui, son épouse Garsende et son fils Géraud apparaissent dans une charte du cartulaire de Richerenches (CR n° 227).
  • Enfin, Géraud, marié à Mabille, est né vers 1160. Avec son frère Lambert, il accorde une charte de liberté aux habitant de Montélimar en 1198. Géraud est décédé vers 1230 déjà septuagénaire.

 

En 1164, Frédéric Barberousse donne la pleine juridiction à Géraud sur les terres de son père et grand-père (CM n° VIII). On peut donc suggérer que trois générations dont Géraud est le dernier héritier se sont succédés sur les terres des Adhémar.

 

Guillaume-Hugues I (°1050) :

Guillaume I est actuellement l’un des seigneurs d’Adhémar les moins bien connus. Sa filiation s’appuie sur la charte de Cluny n° 3010 où Guillaume fils d’Hugues et ses frères Adhémar et Lambert font partis des témoins.

 

Guillaume, dont on ne connait pas l’épouse, a vécu dans la seconde partie du XIe siècle. C’est lui le premier qui porte le titre de seigneur de Monteil.

 

Le 18 novembre 1095, Adhémar, évêque du Puy, vend une vigne et quelques terres aux moines du prieuré de Cléon d’Andran (près de Marsanne). Guillaume de Montilio, frater ejus, scilicet Wilhermus de Montilio, renonce, moyennant 80 sols, monnaie de Valence, à toutes ses prétentions seigneuriales et abusives sur le prieuré (CSC n° CCCXCVII).

 

Le chroniqueur Raymond des Agiles, chanoine du Puy, mentionne Guillaume, frère de l’évêque du Puy Adhémar, à la première croisade : comes Guillelmum Hugonem de Montillo, fratrem Podiensis episcopi.

 

Guillaume assiste, en 1107, à la charte d’absolution donnée à Saint Marcel lez Sauzet en faveur du comte Bertrand par le pape Pascal II (Boisgelin).

 

Les enfants de Guillaume sont :

  • Guillaume II qui suit ;
  • Géraud.

Aucun médiéviste nous donne une date, même approchée, du décès de Guillaume. Nous fixons la fourchette 1107 – 1130 comme la probable période de sa disparition.

 

Guillaume-Hugues II (°1080 +1156) :

Nous ne possédons aucun repère sûr à propos de ce personnage qui est né vers 1080 et qui est probablement mort entre 1140 et 1156.

 

D’après le marquis d’Aubais [38], Guillaume-Hugues de Monteil est présent en 1130 avec Rostaing de Posquières, Rostaing de Sabran, Elzéard de Castries, Pierre Bermond de Sauve et Aimeri de Narbonne à la promesse qu’Alphonse Jourdain, comte de Toulouse, fait aux trois fils de Bernard Aton, vicomte de Béziers, de les laisser jouir en paix de leurs villes, bourgs et châteaux.

 

Les enfants de Guillaume-Hugues II sont (avec toutes les réserves qui s'imposent) :

  • Guillaume-Hugues III marié à Ne de Romestang. En 1156, Guillaume-Hugues confirme au Temple diverses possessions et lui donne plusieurs terres à la Garde, à Saint-Paul, et s’affilie à l’ordre du temple (CR n° 129).
  • Géraud : en 1140, Guillaume-Hugues transige avec son frère Géraud.

 

Géraud I x Laure (?):

En supposant des générations longues de 25 à 30 ans et en considérant que Géraud n'est pas l'ainé, nous pouvons admettre qu'il soit né vers 1110. D’après F Mazel, il est le frère de Guillaume-Hugues III (mais il pourrait être un de ses proches parents comme le suggère J Berge).

 

En 1150, Guillaume Hugues et (son frère ?) Géraud Adhémar sont présents au renoncement par Rainaud-François fils de Lambert-François des prétentions qu’il élevait sur la seigneurie de Bourboton (CR n° 51).

 

En 1157, il confirme les donations de son frère Guillaume Hugues III au temple de Richerenches (CR n° 130).

 

Laure, mère d’un Géraud, pourrait être son épouse à moins qu'elle ne soit sa mère. A une date mal définie, probablement dans la décennie 1150 - 1160, elle confirme la donation d’une certaine Anne Barasti au Temple de Richerenches : …et cum laudatione et concessione dompne mee Lecerine, matris Geraldi Adhémarii et cum laudamento similiter ipsius Geraldi Ademarii  filii supradicte Lecerine… (CR n° 131).

 

Le seul fils qu'on peut attribuer à Giraud est :

  • Géraud II qui suit

 

Géraud II (°1120 +<1198) x Garsende de Poitiers-Valentinois :
Géraud II est né vers 1120 et décédé après 1198. Il apparait dès 1150 : et in tricastrinensi civitate, Geraldus Ademarii laudavit et confirmavit, in audiencia Raimundi de Petralapta… ( CR n° 51).

 

Giraud est caution, en 1164, des libertés accordés à Moirans (Boisgelin).

 

Le 12 avril 1164, l’empereur Fréderic I donne l’investiture directe, la pleine juridiction et la pleine puissance totius terre patris et avi sui et fait défense à toutes les plus hautes autoritées de l’inquiéter super terram de qua investitus est (CM n° VIII).

 

Le 15 février 1174, Géraud Adhémar de Monteil confirme toutes ses donations antérieures au Temple, et toutes celles qui lui ont été faites, aussi bien que ses autres acquisitions, dans l’étendue de son domaine (CR n° 201).

 

En 1180, Géraud, son épouse Garsende et son fils Géraudet confirme la donation d’un certain Pons Viader au temple de Richerenches : …Et volumus notum fieri quod Geraldus Azemarus de Montilio, a quo predictus Ponstius haberat ad feudum predictam donationem, laudavit et affirmavit apud Montilium, et uxor ejus Garsenz, et filius ejus Guiraldus Ademarii…

 

Le 31 mars 1184, Géraud passe convention avec l’abbé de Saint-Chaffre au sujet d'un droit de gite, en présence de son épouse Garsende et de son fils Giraudet (H&G n° 152 et Boisgelin p 12 d’après CSC).

 

En 1189, Raymond de Toulouse détruit la place de Barry, au nord de Bollène n'hésitant pas à spolier un de ses vassaux, Géraud II, qui partage des droits sur ce château avec Guilhem des Baux (Macé p 323 [39]).

 

En 1190, Géraud est assiégé dans Montélimar par Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre qui part pour la croisade (Lacroix arrondissement de Montélimar IV p 39).

 

Les enfants de Géraud et de Garsende sont :

  • Lambert, déshérité par son père qu’il avait attaqué dans le château de la Garde (Lacroix 2 p 278), épouse en 1190 Tiburge des Baux. Lambert est, en juin 1193, premier garant d’une convention entre Alphonse roi d’Aragon et Guillaume et Hugues des Baux, ses beaux-frères, l’un prince d’Orange et l’autre vicomte de Marseille (Berge d’après Jugnié de Lassigny p 61- 63). Avec son beau-frère Guillaume des Baux, Lambert se pose en protecteur de l'évêché d'Orange et en tire quelques bénéfices. Son fils Hugues (mort avant 1247) et son épouse Adalasie ont un fils Lambert qui épouse Galburge de Mévouillon fille de Raymond le Bossu en 1247 . Une dispense au quatrième degrés de consanguinité est obtenue du pape le 1 février 1247. La dot de Galburge vient s’ajouter à celle de son mari ( Michèle Bois [40]) ;
  • Géraud qui suit ;
  • Aymar (?) abbé d’Aiguebelle de 1173 à 1190 (Boisgelin d’après Lacroix I p 318) mais rien n’indique dans la donnée de A Lacroix qu’Aymar soit le fils de Géraud ;
  • Adhalasie x Rostan Imbert, d’après une vente passée par son mari en 1212 à Guillaume, abbé de Montmajour (Boisgelin) ;

 

La famille de Garsende :

Adhémar de Poitiers-Valentinois se déclare cousin de Décan d’Uzès et de son frère Raymond, évêque d’Avignon. Bermond d’Uzès, père de Décan et de Raymond, avait épousé avant 1229, Géraude, fille de Giraud Adhémar.

 

En août 1229, Géraud Adhémar, seigneur de Montélimar, promet à son gendre Bermond d'Uzès de lui remettre pour la dote de sa fille Géralde, ses droits sur les châteaux de La Valloire et de Cossas (RD n° 7000).

 

La première difficulté est de déduire de cette reconnaissance de dote, quel Géraud Adhémar est concerné : le mari de Mabille de Marseille ou son fils ? H&G affirme que Bermond et Géraude fille de Géraud et de Mabille étaient mariés avant 29 janvier 1222. Dans ce cas là, Géraude aurait épousé Guillaume Anselme, cité en 1251 comme femme de Giraude fille de Mabille (AVM n° 549), au décès de Bermond d’Uzès. Dans le cas contraire, il faut supposer que Géraud et Mabille sont les grands-parents de l’épouse de Bermond d’Uzès.

 

D’après H&G n° 152 p 254, Géraud Adhémar est qualifié de neveu d’Adhémar de Poitiers, comte de Valentinois. Il est nommé avec ses parents Géraud et Garsende en 1180 dans un acte du cartulaire de Richerenches (Boisgelin p 12/14).
 

 

Géraud III x Mabille de Marseille
Géraud III est né vers 1160 et mort avant 1229. Il épouse, avant avril 1184, Mabille de Marseille, héritière d’une partie de la vicomté. Il poursuit la politique de son père et reste fidèle au Raymondin.

 

En 1198, charte de libertés accordée par Géraud et son frère (ou cousin) Lambert à leurs hommes de Montélimar (CM n° IX ainsi que René Verdier et Michèle Bois [41]).
 

En 1202, Alfonse II, comte et marquis de Provence, rend le château des Pennes au chanoine Lambert. Parmi les témoins : Roncelin et Géraud Adhémar, vicomte de Marseille (AVM n° 313 [42]).

 

Le 12 janvier 1206 ou 1207, Géraud Adhémar seigneur de Montélimar et son épouse Mabille confirment à la maison de Valsainte la donation de poivre qu'elle a faite ... pour son âme et celle de son frère ... (RD n° 5957).

 

En avril 1206, Raymond VI, comte de Toulouse passe un traité d’alliance avec Alphonse II contre le comte de Forcalquier Guilhem IV. Pour garantir  la signature de cet accord, le Toulousain transfère dans le pouvoir de Giraud Amic et Géraud Adhémar III les castra de Fourques et de la Motte de telle sorte qu’en cas de non observation du traité, ces châteaux tombent dans les mains d’Alphonse (L Macé).

 

Géraud III est le premier nommé parmi les seigneurs qui garantissent en 1209 les privilèges accordés aux habitants de Moirenc par Berlion, leur seigneur (Pithon-Curt IV p 23).

 

Géraud et son frère (ou cousin) Lambert mênent une même politique jusqu'en 1209, date à laquelle ils doivent livrer leur ville de Montélimar et le château de Rochemaure au légat du pape (Mazel p 394 et RD n° 6071). Quelques années plus tard, Géraud parait souvent auprès du comte de Toulouse et devient un de ses plus ardents défenseurs alors que Lambert, en 1216, rejoint le parti de ses ennemis dirigé par la famille des Baux (Macé p 352).

 

En juin 1210, Géraud Adhémar, seigneur de Montélimar et vicomte de Marseille, donne à l’abbaye de Saint-Césaire d’Arles et à son abbesse, tous les droits qu’il détient sur le fief de l’abbaye situés dans le territoire de Montélimar (F Mazel n° 67).

 

En 1210, Géraud accorde avec les autres seigneurs de Montéoux près de Carpentras, l’exemption d’un péage qu’ils avaient le droit de percevoir, à l’évêque et aux habitant de cette ville. Cette exemption est contestée par Lambert, seigneur du bourg de Montéoux en 1232 (Pithon-Curt IV p 23).

 

En 1210,  Géraud Adhémar, seigneur de Montélimar et vicomte de Marseille, vend à Adhémar de Poitiers, comte de Valentinois, son domaine et droit de procuration sur la ville de Cléon d'Andran... Géraldet Adhémar fils de Géraud et neveu d'Adhémar (de Poitiers) approuve (RD n° 6089 et CSC n° 444 et Lacroix II p 316).

 

En 1212, partage de la seigneurie du Tholonée formant la vicomté de Marseille hors de cette ville entre Roncelin et ses nièces Mabille, femme de Géraud Adhémar et Barrale, femme d’Hugues des Baux. Sur les trois lots établis, le sort attribue à Roncelin les châteaux de Saint-Marcel, Roquefort, Aubagne, Mazaugues, le tiers d’Aubagne, à Barrale les châteaux du Castellet, de la Cadière, de Ceyreste et de Seillons, le tiers d’Aubagne et à Mabille, les châteaux de Gardanne, Roquevaire et Gémenos et le tiers d’Aubagne (AVM n° 354).

 

Le 11 octobre 1214, à Montélimar, Géraud Adhémar, seigneur et vicomte de Marseille, et sa femme la vicomtesse Mabille confirment à l’église de la Major tout ce que Pierre Bermond, ancien prévôt, lui a laissé ; ils lui concèdent le privilège d’acquérir sans leur consentement des biens sur leurs domaines en l’évêché de Marseille (AVM n° 376).

 

Le 22 avril 1215, à Montélimar, donation par Géraud Adhémar, seigneur de Montélimar et vicomte de Marseille et sa femme Mabille, en couches de son fils Raimond, à Hugues Béroard, prévôt de la Major, de tout ce qu’ils possèdent au chateau Babon, sous la suzeraineté de l’église de Marseille (AVM n° 385).

 

En juin 1222, Géraud fils de G, seigneur de Montélimar et vicomte de Marseille, donne des biens à Montélimar (CM n° 12).

 

Rattification, le 22 avril 1225, à Montélimar, par Géraud Adhémar et Mabille de Marseille de l’accord passé entre les vicomtes et l’église de Marseille (AVM n° 442).

 

Le 20 décembre 1228, Géraud Adhémar et son fils Géraud donne des biens à Montélimar (CM n° XV).

 

La famille vicomtale de Marseille :
Mabille, l’épouse de Géraud, est issue d’une des branches des vicomtes de Marseille. Geoffroy le Gros, trisaïeul de Mabille, est l’arrière petit-fils d’Arluf, considéré à ce jour comme le plus vieil ancêtre de cette famille. Les vicomtes de Marseille exercent leur charge en indivis.

 

En 1079, Geoffroy le Gros, vicomte de Marseille, sa femme Rixende et ses fils, font donation à l’abbaye de Saint-Victor de ce qu'il possède in castro Vel Villa sex Fornis (GCNN [43] III p 179).

 

Le fils de Geoffroy le Gros, Pons de Peynier, cité de 1079 à 1122, détient la moitié de la seigneurie de Marseille (Gérin-Ricard) et sa femme Garréjade pourrait appartenir à la famille de Lunel.

 

Pons est excommunié en 1121 pour ses exactions contre les églises (Gérin-Ricard).

 

Au décès de Pons, son fils Hugues-Geoffroy II, marié à Cécile d'Aurons, le remplace dans la charge vicomtale. Deux générations plus tard et malgré leurs quatre fils, cette branche ne possède plus de descendance mâle. Les deux héritières sont Mabille fille Guillaume le Gros et Barrale fille de Raymond Geoffroy dit Barral.

 

En janvier 1185, donation à l’abbaye de Sénanque par Guilhem le Gros et Barral, vicomtes de Marseille, de l’exemption des usatica sur toutes leurs terres à Marseille (F Mazel n° 50).

 

Mabille épouse Géraud Adhémar de Monteil vers 1180 et Barrale est mariée à Hugues des Baux. Ce dernier cherche à s’accaparer de la part de Mabille avec l’aide d’Alphonse I de Provence. Un accord entre eux est signé en juin 1193. Remarquons le défrocage de Roncelin dernier fils d’Hugues-Geoffroy, moine à Saint-Victor, qui épouse sa petite nièce, Eudiarde, probable fille de Géraud de Monteil et de Mabille.

 

Le 15 avril 1247, à Saint-Pons de Gémenos, accord passé entre Audibert de Roquevaire, Hugues d’Auriol et l’abbaye de Saint Pons, en présence de Mabille de Monteil et de sa fille Eudiarde (AVM n° 526).

 

Les enfants de Géraud et de Mabille sont :

  • Eudiarde probablement mariée en premières noces à son grand-oncle Roncelin, moine de Saint Victor et en seconde noces à Bertrand des Baux, seigneur de Meyrargues. Elle teste le 1 mai 1257, à Saint-Pons de Gémenos (AVM n° 544) ;
  • Giraude femme de Guillaume Anselme. Elle prête hommage à l’évêque de Marseille pour sa part d’Aubagne le 19  août 1251 (AVM n° 537) ;
  • Maria, moniale à saint-Pons de Gémenos. Elle est citée au testament de sa mère en 1249 ;
  • Géraud cité entre 1230 et 1240. Il est émancipé par son père en 1227. Il est à l’origine de la branche des seigneurs de Rochemaure ;
  • Adhémar cité entre 1244 et 1273, à l’origine de la tige des seigneurs de Grignan. Il est l’héritier universel de sa mère ;
  • Raymond, né vers 1215 et probablement mort très jeune.

Géraud est décédé avant le 6 août 1229 :  à cette date, à Montélimar, épitaphe de Géraud Adhémar, seigneur et vicomte de Marseille, dans l’église de Montélimar. Son épouse Mabille fait un legs et son fils Géraud assigne 100 sous viennois de cens sur la lesde et le péage de Montélimar, pour célébrer un anniversaire dans la maison du Temple (F Mazel n° 75)

 

Mabille se retire chez les cisterciennes de Saint Pons de Gémenos (AVM n° 526) et teste en 1249. Elle élit sa sépulture dans le monastère Saint-Pons et cite quatre de ses enfants encore vivant (AVM n°534).

 

Bibliographie :

[1] Site Les Scandaleuses

[2] Esquisses généalogiques sur les familles de Provence 1900 Joseph Charles Eugène Marquis de Boisgelin

[3] Mémoires pour servir les Comtés de Valentinois et de Diois  1897 J Chevalier

[4] Edouard de Saint Phalle dans H&G n° 146 (année 1998 p 69) et n° 152

[5] La noblesse et l'Eglise en Provence, fin Xe-début XIVe siècle 2002 Florent Mazel

[6] Cartulaire de la Commanderie de Richerenches de l'Ordre du Temple (1136 - 1214) 1907 Ripert-Montclar

[7] Cartulaire municipal de la ville de Montélimar (Drôme) 1871 U Chevalier

[8] Regeste Dauphinois désormais RD

[9] L'arrondissement de Montélimar: géographie, histoire & statistique 1868 Lacroix

[10] Histoire de Montélimar et des familles principales qui ont habité cette ville Adolphe De Coston

[11] Montélimar au temps des Adhémar 1990 Gaëlle Oberthür De La Roncière

[12] Michèle Bois archéologue spécialiste de la Drôme, a eu la gentillesse de nous faire part de son sentiment sur l'origine des comtes de Poitiers-Valentinois

[13] Chorographie de la Provence T1 1664 Honoré Bouche

[14] L'Histoire et Chronique de la Provence 1614 C Nostradamus 223

[15] Abrégé de l'histoire de Provence T1 (p 503) Pierre  Louvet

[16] Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume T1 1829 Chevalier de Courcelle

[17] Chroniques 1522 Jacques de Bergame

[18]  Histoire de la noblesse du Comtat Venaissain T4  1750 Pithon-Curt

[19] Généalogie historique de la maison du Teil et de son tronc primordial Adhémar du Monteil 1879 Baron du Teil

[20] Les Avitii et le siège épiscopal de Clermont du V auVIIIe siècle Christian Settipani dans Saint-Julien et les origines de Brioude Actes du colloque international organisé par la ville de Brioude du 22 au 25 novembre 2004 (Almanach de Brioude) et Ruricus, évêque de Limoges et ses relations familiales Christian Settipani dans Francia 1991

[21] Dictionnaire historique du Dauphinais Vers 1750 Guy Allard

[22] Recueil des Chartes de L'Abbaye de Cluny désormais CLU 1876 - 1903 A Bernard

[23] Essai historique sur la ville de Romans (Vol 1 et preuves) 1856 Pierre Emile Giraud

[24] Histoire des francs qui ont pris Jérusalem Raymond d’Agiles chapelain de comte de Toulouse

[25] Origines rectifiées des maisons féodales 1952 J Berge

[26] Cartulaire de Saint Chaffre désormais CSC 1884 U Chevalier

[27] Addenda aux Ancêtres de Charlemangne 2001 Christian Settipani

[28] Famille et Pouvoir dans le monde franc (VIIe - Xe siècle) 2003 Régine le Jan

[29] Châteaux en Vivarais Châteaux du Vivarais. Pouvoirs et peuplement en France méridionale du haut Moyen Âge au XIIIe siècle 2009 P.Y. Laffont

[30] Recherches historiques sur le Forez Viennois 1924 Abbé Batia

[31] Recherches sur les comtes de Lyon au IXe et Xe siècles Etienne Fournial dans Le Moyen Age, Tome LVIII (4ème série-Tome VII), 1952

[32] Essai historique sur les vicomte de Lyon, de Vienne et de Macon u IX au XIIe siècle  1837 Auguste Bernard

[33] Cartulaire de Saint André le Bas désormais CSAB 1869 U Chevalier

[34]  Histoire de Montmajour Chantelou dans Revue historique de Provence t1

[35] La Provence du I ou XIIe siècle : Études d'histoire et de géographie politique 1908 G Manteyer

[36] Monastères et aristocratie en Provence milieu Xe - début XIIe siècle 1997 Eliana Magnani

[37] Les Bénédictins de Montmajour et leurs dépendances dans la province ecclésiastique de Vienne dans Cahiers de Léoncel (Numéro hors série de la Revue Drômoise), n°19, 2005, p. 50-71 Josselin Derbier

[38] Pièces fugitives I histoire des guerres du comtat Venaissin p 320 Marquis d'Aubais

[39] Les comtes de Toulouse et leur entourage XII et XIIIe siècle 2000 L Macé

[40] Le mariage de Galburge et de Lambert de Montélimar à Lachau Michèle Bois dans Au moyen âge entre Provence et dauphiné. Archéologie et histoire autour de Lachau en Baronnies 2013 (textes réunis par Michèle Bois)

[41]  Trois chartes lapidaires drômoises René Verdier et Mihèle Bois dans Au moyen âge entre Provence et dauphiné. Archéologie et histoire autour de Lachau en Baronnies 2013 (textes réunis par Michèle Bois)

[42] Actes de Vicomte de Marseille désormais AVM 1926H de Gérin-Ricard

[43] Gallia Christiana Novissima désormais GCNN 1899 Albanès

 

Commentaires

Adhémar de Cransac et de Lantagnac

Bonjour,

Les Adhémar de Cransac et de Lantagnac, implantés dans le Rouergue, prétendent descendre des Adhémar du Dauphiné, dont ils portent les armoiries.
Que doit-on en penser ?

Cordialement, PhM

Adhémar de Cransac et de Lantagnac

Nous n'avons aucune idée sur la question. Désolés ! Hélène et Thierry

merci

Merci beaucoup pour l'exposé de la généalogie des Adhémar. Etayé et clair.
Cordialement,
Marion C.

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