Les échos du site

Nous sommes à la recherche de l’article de Jean-Noël Mathieu : « Nouvelles recherches sur les premiers comtes de Tonnerre » publié dans le bulletin archéologique et historique du Tonnerrois n° 51. Si un de nos lecteurs peut nous en fournir une copie…

Dernières minutes

Actes à gogo

 

 
25 BMS
220 minutes notariales

Navigation

Datant du XIIe siècle, le château de Brousse, situé au confluent de l'Alrance et du Tarn, a été édifié au sommet d'un éperon rocheux. Il surveillait les deux vallées pour le compte du seigneur d'Arpajon. Il est référencé dans la base Mérimée.

 

Le château et l'église de Brousse

 

Cette citadelle, élevée au coeur d'une remarquable citée médiévale, est encore bien conservée et mérite le détour. Pour grimper jusqu'au château, on traverse un pont romain (c'est sa structure qui lui donne son nom), puis on se faufile dans des ruelles sinueuses et on admire, au passage, l'église fortifiée du XVe siècle dédiée à Saint-Jacques.

 

On entre dans la cour du château par une belle arche voûtée creusée à même la roche. A l'intérieur, on est transporté dans une autre dimension. On découvre le chemin de ronde, la galerie de machicoulis au dessus de la porte d'entrée, des tours de diverses époques ayant un rôle essentiellement défensif, le four à pain, la citerne, le pigeonnier...

 

Le logis seigneurial date de la renaissance. On y accède par un petit pont qui enjambe un fossé et on visite quelques grandes pièces rustiques et dénudées. Toutefois, on remarque une belle cheminée dans la salle commune.

 

Le château de Brousse est cité dès 935. Il appartient à la famille des comtes de Toulouse puis à celle des comtes de Rodez avant que la famille d'Arpajon en hérite.

 

Les Arpajon reste propriétaire du château pendant plus de 500 ans. Peu avant la révolution, vers 1785, François Peyrot de Vailhauzy achète le château et le transmet à sa fille, Madame de Lauro de Rodez, lui évitant ainsi d’être vendu comme bien national. Il est cédé par la commune en 1839 et transformé en presbytère avant d'être abandonné. Vers 1960, une association le prend en charge et entreprend sa restauration.

La cour du château Le pont romain

 

La famille d'Arpajon :

La famille d'Arpajon n'est pas très bien connue. Le père Anselme [1] propose une généalogie qu'à partir de Hugues I. Hyppolyte Barrau [2] ajoute deux générations par rapport à son prédécesseur et l'étude de Gaujal [3] n'est guère plus étoffée que celle de Barrau. Les actes et les chartes qui conduisent ces trois auteurs à leurs conclusions ne sont pas toujours cités.

 

Arpajon est une branche des comtes de Rodez qui apparait dès le XIe siècle. Hélène Debax [4] (tableau généalogique) et L Macé  [5] font d'Hugues I, comte de de Rodez (1132-1156), le père d'Hugues, évêque de Rodez entre 1166 et 1211. Or, nous savons d'autre part que Bernard d'Arpajon est le frère de cet évêque (voir discussion Henry Dupont [6]). 

 

Bernard I (et son hypothéthique fils Bernard) :

Bernard serait né vers 1150 et décédé après 1230 (Barrau). Selon ce même auteur à qui nous sommes obligés d'emprunter beaucoup mais qui ne cite pas toutes ses sources, il se serait marié en 1204.

 

Bernard serait né bien après ses frères, alors que son père atteignait la soixantaine, aurait épousé Rique de Cabrières (qui n'est pas nécessairement la mère de ses enfants) à presque 55 ans et serait mort octagénaire... Ne confondrait-on pas deux générations en une seule : un premier Bernard, né entre 1130 et 1140 comme ses frères et décédé après 1200 et un second Bernard, fils du précédent, marié à Rique ?

 

En 1170, Bernard I d'Arpajon approuve et confirme la donation que fait, au monastère de Nonenque, en y prenant le voile, la comtesse de Rodez, Ermengarde, de ce qu'elle possédait à Lioujas, et d'une partie du pré abadil à Montolieu (Nonenque [7] n° 17).

 

Le 1 octobre 1180, Bernard est présent à un accord entre Raymond V, comte de Toulouse et Pierre, abbé d'Aurillac (HGL  [8] IV p 542).

 

Après 1199, une exemption du droit de paix est accordée à l'hôpital d'Aubrac par Hugues évêque de Rodez, et Guillaume comte de Rodez, confirmée par le comte Hugues le vieux en présence de Richard et Bernard d'Arpajon, de Begon de Calmont... (HGL V p 407).

 

Bernard I est qualifié de frère de l'évêque de Rodez dans une donation qu'il fait en 1200 à l'abbaye de Bonnecombe (Bonnecombe [9] n° 3).

 

Le 7 des ides de novembre 1214, Bégon III est présent avec Bernard (I ou II), seigneur de Calmont-de-Plancatge, à l'hommage que Hugues, comte de Rodez, rendit à Simon de Montfort (HGL III, Preuves col. 246).

 

Raymond, comte de Toulouse, fait un voyage dans son comté de Rouergue où Hugues, évéque de Rodez, lui engage au mois de mars 1208 de cette année le château de Palmat, en présence de Guillaume, comte de Rodez, de Bernard d'Arpajon (I ou II), etc... (HGL V p 108).

 

Richa/Rique est nommée en 1218 dans une transaction entre Bernard d'Arpajon et l'abbé de Bonnecombe Amblard (Bonnecombe p 83).

 

En 1237, Rique, veuve de Bernard d'Arpajon et dame de Durenque et de la Capelle-Farcel, fait hommage de ses terres à Bertrand, évêque de Rodez (Gaujal p 178)

 

Bernard a épousé Rique de Cabrières, fille d'Imbert (Barrau). E Vasseur [10] donne une suite des seigneurs de Cabrières. Bernard aurait enfanté :

  • Bernard qui suit ;
  • Bérenger (Barrau) ;
  • Ermengarde (Barrau) ;
  • Richard (Dupont).

 

Bernard teste en 1230 et son épouse le 6 novembre 1251 (Barrau).

 

Bernard II (ou III) :

Bernard, seigneur de Calmont de Plancatge, Brousse..., est probablement né à l'orée du treizième siècle et décédé après 1265.

 

Le 7 décembre 1249, Bernard prête serment de fidélité à Alfonse de Poitiers, nouveau comte de Toulouse (HLG VI p 82).

 

En 1265, Bernard rend hommage pour sa terre de Calmont à l'évêque de Rodez (Barrau).

 

Bernard est présumé père de ;

  • Hugues qui suit ;
  • Bérenger, chanoine de l'église de Rodez, qui fonde une chapelle dans la cathédrale de Rodez en 1299.

 

Selon Eugène Vasseur, Bernard serait marié à la soeur de Déodat III de Barasc qui teste en 1286 en faveur de son neveu Bérenger d'Arpajon. Il semble qu'il y ait une grande différence d'âge entre Bernard II et Déodat III de Barasc (au moins une génération). Le lien entre les deux familles existe mais la chronologie serait plus fluide si cette alliance avait eu lieu à la génération suivante.

 

Hugues :

Hugues, fils de Bernard, baron d'Arpajon, rejoint en mai 1272 l'armée de Philippe-le-Hardi en guerre contre le comte de Foix (HGL VI p 170).

 

Raimond-Ameil de Penne, Dieudonné de Barasc et Hugues d'Arpajon sont institués héritiers de Dieudonné/Déodat de Barasc, leur oncle, chevalier, seigneur de Montbrun, par le testament fait en 1286, et par lequel ce seigneur avait fondé un couvent de religieuses de l'ordre de Cileaux au lieu de Lissai (Lainé [11] tome III d'après collection Doat volume 4.I)

 

En 1297, Hugues fonde un couvent de religieuses connu sous le nom de Notre-Dame-en-Arpajonie (MSLSAA [12]).

 

Hugues aurait épousé la soeur de Déodat de Barasc suivant le testament de ce dernier en 1286. Selon Hyppolyte Barrau, Hugues était marié à Marabilie de Cénaret qui teste le 8 juillet 1298. Hugues a pu se marier avec une fille de Déodat II de Barasc puis épouser Marabilie de Cénaret (hypothèse à vérifier...)
 

Hugues a enfanté plusieurs fils :

  • Bernard, fils ainé mais qui est probablement mort jeune ;
  • Bérenger qui suit;
  • Aigline (religieuse) ;
  • Alacsacie.

 

Hugues teste peu après 1298 (Barrau).

 

Bérenger x Raibaude du Tournel :

Bérenger, fils de Hugues, souscrit le 27 juillet 1303, à Montpellier, à l'acte d'appel contre le pape Boniface (HGL VI p 302).

 

En 1305, les bâtiments de Notre-Dame-en-Arpajonie étant terminés, l'église est consacré par l'évêque de Rodez sur la demande de Bérenger, fils de Hugues (Gaujal p 461).

 

Après la mort de Déodat II de Barasc, son fils, Déodat III, hérite des trois quarts de la châtellenie et sa soeur, épouse d'Hugues d'Arpajon, reçoit le quart restant. Elle le transmet à son fils, Bérenger d'Arpajon, qui, en 1315, l'échange contre d'autres biens avec le roi de France [13].

 

En 1306, transaction passée en 1306 entre Bérenger, damoiseau, seigneur du château de Calmont de Plantcage, et Helis, abbesse de Saint-Sernin de Rodez, au sujet des biens appartenant à ce monastère situés dans la dépendance du château de Calmont (Anselme p 889).

 

En 1317, Bérenger donne procuration car il ne peut assister la la réunion des états généraux du royaume convoqué par le roi de France qui souhaite se rendre en Terre Sainte (HGL III p 56).

 

En 1319, Bérenger est un des arbitres d’une sentence rendue entre l’abbesse de Saint-Sernin de Rodez et les religieuses de ce monastère (Anselme p 889).

 

Le 16 mai 1321, Bérenger d’Arpajon transige avec le chapitre de l’église cathédrale de Rodez sur la juridiction haute, moyenne et basse de la ville de Sainte-Jutefe (?) (Anselme p 889).

 

En 1319, le roi Philippe V le Long convoque Bérenger et plusieurs autres seigneurs rouergats, à Arras, afin de participer à la guerre des Flandres (HGL III p 60).

 

Les enfants de Bérenger et de Raibaude du Tournel mariés vers 1290 (H&G [14]) sont :

  • Hugues qui suit ;
  • Raimbaud, chanoine de Saint-Paul-Trois-Châteaux ;
  • Marie épouse de Guiran de Simiane, baron de Caseneuve et seigneur d'Apt (le contrat de mariage date du 13 novembre 1333).

 

Bérenger teste le 9 juin 1345 (Barrau).

 

Hugues II x Hélène de Lautrec :

Hugues II, fils du précédent, appartient à l'armée du Dauphin qui campe devant Nantes en 1340 [15].

 

Raymond de Saunhac, chanoine de Rodez, transige en 1340 avec Hugues d'Arpajon au sujet de certains fiefs situés dans la baronnie de Calmont (vicomte de Sauhac [16]).

 

En 1343, Hugues est engagé auprès du cardinal de Rodez dans la recherche d'un processus de paix entre Pierre II, roi d'Aragon, et Jacques II, roi de Majorque (HGL III p142).

 

Hugues épouse Hélène de Lautrec, fille de Guillaume et d'Alix de Pons, qui lui apporte un douzième de la vicomté du même nom (HGL VI p 363).

 

Les enfants du couple sont :

  • Jean qui suit ;
  • Bérenger marié à Delphine de Roquefeuil ; Remarquons qu'une de ses filles se nomme Rique (Barrau) comme l'épouse du fondateur de cette branche, confirmant probablement la lignée.
  • Hugues, évêque de Marseille (1359 - 1361) ;
  • Sibille x Amaury de Narbonne, seigneur de Talayran (Barrau)

 

Jean :

Jean I succède à son père avant 1351 et teste en 1360 (Barrau p 367).

 

En 1354, Jean reprend le procès que ses beaux-parents, Frotard de Morlhon et Alix de Pons, menaient contre l'évêque de Rodez (Courcelles [17] I p 39).

 

Jean fait parti de l'armée levée par le vicomte de Narbonne pour arrêter les intrusions que Bertugat d'Albret, du parti anglais, effectuait en Auvergne (Barreau p 367).

 

Le 27 septembre 1358, devant Me Jean Sabri notaire et Pierre Malene, échange entre puissant seigneur Jean d'Armagnac vicomte de Ferenzac et de Brulhois d'une part et puissant seigneur Jean d'Arpajon, vicomte de Lotrech, au nom et comme procureur d'Hélène de Castelnau de Montratier, sa femme, par lesquels échanges le dit comte d'Armagnac baille au dit d'Arpajon au nom de la dite Hélène sa femme toute la terre et Baronie de Roquefeuil et vicomté de Creissel et toutes les autres terres ... sous réserve en faveur du dit vicomte de Ferenzac de l'hommage d'Arnaud de Roquefeuil écuyer et de Guyon de Severac (L Noirie [18] d'après AD Gard 1 E 1884/4). Hélène rattifie l'acte le 1 octobre de la même année.

 

Le 24 juin 1324, quittance de 26 florins pour Jean,vicomte de Lautrec et sire de Caumont, chevalier, qu'il donne à Jacques Lempereur, trésorier des guerres, sur ses gages, ceux de douze écuyers et onze sergents à pied de sa compagnie (Anselme p 892).

 

Jean épouse Jeanne de Morlhon avant 1354 (Courcelle I) puis, avant 1358, Hélène de Gourdon dame de Castelneau-Rattier.

 

La généalogie des Arpajon, telle que la présente H de Barrau, est la suivante :

 

Hélène de Gourdon et le château de Brousse :

Au château de Brousse, une animation nous raconte l'histoire peu commune d'Hélène de Gourdon-Castelneau, femme en secondes noces de Jean I d'Arpajon.

 

Hélène de Gourdon Montratier est la fille de Ratier de Gourdon Castelneau et de Catherine de Penne.

 

Le 14 février 1342, testament de noble Ratier de Castelnau chevalier seigneur de Castelnau de Lasval fils du noble Baron M Ratier de Castelnau par lequel institue pour son héritier universel noble Ratier de Castelnau son fils (L Noirie d'après AD Gard 1 E 1884/1)

 

Afin de pouvoir l'épouser, Jean I d'Arpajon, vicomte de Lautrec, retient la jeune Hélène prisonnière à Brousse durant 3 ans, alors que la fillette n'a que six ans. Elle est certainement enfermée dans la pièce supérieure de la tour de la princesse.

 

Les familles ne parviennent pas à s'entendre et Hélène reste prisonnière. Ce sont les troupes de Giraud de la Barre qui la délivre, le 13 février 1347, incendiant le château de Brousse. En 1349, Jean d'Arpajon de plaint au roi du siège de son château. Il est à cette époque encore mineur de 25 ans (Anselme p 891).

 

Ironie du sort ou moeurs de l'époque, Hélène épouse quelques années plus tard son geolier et sa mère, Catherine de Penne, convole avec Hugues d'Arpajon, père du dit Jean.

 

Le 14 février 1342, testament de noble Ratier de Castelnau chevalier seigneur de Castelnau de Lasval fils du noble Baron M Ratier de Castelnau par lequel institue pour son héritier universel noble Ratier de Castelnau son fils (L Noirie d'après 1 E 1884/1)

 

Hélène de Gourdon, dame de Castelneau-Montatrier, s'est mariée deux fois :

  • avec Jean I d'Arpajon (décédé après 1360) dont elle n'a pas eu d'enfant ;
  • avec Arnaud III de Roquefeuil dont trois filles :
    • Catherine mariée à Jean de Pujols ;
    • Isabelle épouse de Déodat I de Clermont-Lodève ;
    • Delphine femme de Raymond de Caussade.

Les famille d'Arpajon et de Roquefeuil sont remarquablement imbriquées au XIVe siècle comme le montre le tableau ci-dessous.

 

Bibliographie :

[1] Histoire de la maison royale de France et des grands officiers de la couronne 1726 - 1773 Père Anselme tome V

[2] Documens historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue 1857 H de Barrau

[3] Etude historique sur le Rouergue 1858 Gaugal

[4] La féodalité Languedocienne XIe - XIIe siècles 2003 Hélène Debax

[5] Les comtes de Toulouse et leur entourage XIIe XIIIe siècle 2000 L Macé

[6] Recherches sur les Sévérac et les Arpajon 1953 H Dupont dans Revue du Rouergue

[7] Cartulaire de Nonenque (désormais Nonenque)

[8] Histoire générale du Languedoc (désormais HGL) 1842 de Vic et Vaissette

[9] Cartulaire de Bonnecombe (désormais Bonnecombe)

[10] Les nobles aïeux de trois seigneurs rouergats du XVII ème siècle 2002 Eugène Vasseur

[11] Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France1830 M. Lainé (T III)

[12] Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron (désormais MSLSAA) T4 1842

[13] Histoire de la commune de Montbrun

[14] Edouard de Saint Palle dans Héraldique et Généalogie (H&G)

[15] Le grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane 1759 Louis Moréri

[16] Saunhac. 1070-1926. Rouergue. Albigeois. Quercy. Périgord. Languedoc. Pays des Landes. Bordelais. Paris. Nouvelle-Orléans 1926 Joseph de Bonald .

[17] Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royoume, et des maisons princières de l'Europe 1822 Jean B Courcelle Volume 1

[18] Site Ludovic Noirie : ascendances vers Charlemagne

 

Il y a actuellement 1 utilisateur et 0 invité en ligne.