Les échos du site

Nous sommes à la recherche de l’article de Jean-Noël Mathieu : « Nouvelles recherches sur les premiers comtes de Tonnerre » publié dans le bulletin archéologique et historique du Tonnerrois n° 51. Si un de nos lecteurs peut nous en fournir une copie…

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La généalogie des seigneurs d'Anduze est difficile à établir et celles qui l'ont été dans les revues spécialisées montrent de sérieuses faiblesses pour ne pas dire des erreurs.

 

Dans la première version de cette page, nous nous étions contentés de reproduire la généalogie des sires d'Anduze telle qu'elle est décrite dans la littérature. Celle publiée dans "Généalogie et Histoire" par R. Glénat et F. Bonnet se présente sous la forme d'un tableau synoptique qui résume bien la thèse classique (voir ci-contre [1]). Nous avions comme fil conducteur l'ouvrage de Bertier de Sauvigny [2], datant du XVIIIe siècle, dans laquel de très nombreuses chartes y sont décrites mais sans aucune référence. A l'époque, notre objectif était d'exposer cette généalogie sans la remettre en cause. Dans sa nouvelle forme, l'article est plus critique. Nous nous appuyons notamment sur une réflexion menée en collaboration avec Ludovic Noirie [3].

 

Cette page s'articule autour de 4 chapitres :

  • Des comtes de Toulouse aux seigneurs d'Anduze : nous exposons les résultats de l'enquête menée par Jérome Belmon [4] augmentés de ceux de Christian Settipani [5] ;
  • Les premiers sires d'Anduze : nous reprenons les conclusions des travaux des auteurs classiques, en particulier celles de Lina Malbos [6] ;
  • Des erreurs à corriger : afin de permettre une avancée significative dans cette étude, nous avons passé en revue les cartulaires de la région Languedoc (Gellone [7], Aniane [8], Conques [9], HGL V [10]). Nous en déduisons que la linéarité de cette généalogie est peu probable et même que le nombre de générations est à revoir ;
  • Les derniers seigneurs d'Anduze qui n'est qu'une reprise de la thèse traditionnelle.

 

Les possessions des seigneurs d'Anduze sont presque toutes concentrées dans un quadrilatère formé par les villes de Millau, Lodève, Nimes et Alès (voir la carte sur le site de Ludovic Noirie).

 

D'après Laurent Schneider [11], Anduze apparaît comme une agglomération ancienne et importante (son origine peut remonter au Ve ou VIe siècle) gravitant dans l’orbite nîmoise. Toutefois, il faut attendre le début du Xe siècle pour obtenir quelques informations sur la famille qui la domine.

 

Avant 821, une abbesse du nom d'Austindane donne la villa Berthomates, in territorio Neumasense, suburbio castro Antusiacense, cum ecclesia Hylarii (Aniane n° 117). Cest la première mention du castrum d'Anduze.

 

 

Des comtes de Toulouse aux seigneurs d'Anduze :
Nous ne possédons pas beaucoup d’informations précises sur les premières générations de cette maison. Bertier de Sauvigny, s'appuyant sur l'Histoire Générale du Languedoc, propose pour souche de ce lignage, Pierre, frère de Bernard, évêque de Nîmes de 947 à 986 (HGL V col 28) mais cette mention des bénédictins De Vic et Vaissette est confuse. Il ne s'agit que d'une initiale et, encore, difficilement identifiable (P ou L).

 

Plus sûrement, les recherches menées par Jérôme Belmon sont le point de départ de notre reconstitution. Ce médiéviste a reconnu les premiers Anduze dans divers dons à l’abbaye de Vabres. Nous reproduisons ci-contre le résultat de son étude en tenant compte de quelques additifs apportés par Christian Settipani.

 

Ces conclusions corroborent celles glanées ici et là dans les études de H. Débax [12], C. Amado-Duhamel [13] ou L. Schneider [14]. L'anthroponyme Frédelon représente le prénom phare de cette illustre lignée laissant place un peu plus tard aux Bernard et aux Bermond.

 

Rappelons que la lignée raimondine des comtes de Toulouse est issue de Foucaud, comte et missus de Louis le Pieux en Septimanie dès 836. Epoux de Sénégonde, probable petite-fille de saint Guillaume de Gellone, il en a au moins deux fils : Raymond, marié à Berte, et Frédelon : ego in dei nomine Raimundus, divina annuente gratia comes et marchio, et uxor mea Bertheiz…propter remedium animae genitoris nostro Fulguadi et pro genetrice Senegundi et pro germano meo Fredelone quondam… (HLG II n° 160).

 

Frédelon est comte de Toulouse dès 845 et jusqu’en 849 mais disparaît avant 855, remplacé par son frère Raimond. Il est probablement le petit-fils du Frédelon signalé comme avoué du comte Childebrand entre 796 et 821. Il est un fidèle de Pépin d'Aquitaine, neveu de Charles le Chauve.

 

Entre 845 et 847, le puissant archevêque de Reims, Hicmar (connu pour ses nombreux ouvrages et sa riche correspondance), recommande à Frédelon les biens de son église dans le Midi de la France. Ils sont probablement parents car l'homme d'église appelle proquinqus Bernard (le Veau), neveu de Frédelon et fils de Raymond...

 

En 849, Charles le Chauve, ayant rompu la paix avec son neveu Pépin, marche sur Toulouse et s'empare de la ville avec la complicité bienveillente du maître de la cité. La chronique de Fontenelle (écrite par des moines à partir de 834 et jusqu'après 1040) raconte comment la menace d'incendier la porte narbonnaise amène Frédelon à capituler après quoi, il reçoit du roi la ville moyennant un serment de fidélité (Calmette [15]).

 

Il semble que Frédelon se soit comporté en quasi souverain dans la marche tolosane d’après une charte rédigée dans la forme solennelle des diplômes royaux (voir ci-contre).

 

Frédelon est décédé avant septembre 855/856 : Regimus comis et marchio necton et Richardus et Bego seu et Saluster donamus et ipsa casa Dei jamdicta Santa Maria pro remedii anime Freduloni comiti condam per fidei commissum quod nobis injuncxit… (Chapitre cathédral de Rodez 3 G 300 n° 2 A.D. Aveyron [16]).

 

Aucune charte ne donne de descendance au comte Frédelon, mais Christian Settipani suggère qu’il ait eu un fils, Bernard, abbé de Vabres, trop jeune encore au décès de son père pour résister aux ambitions de son oncle Raymond et une fille, Fulcrade, épouse de Garnier que C. Settipani considère comme un Guilhermide. Si cette hypothèse s’avérait exacte, les Anduze descendraient en ligne directe par les hommes de Guilhem de Saint-Gellone. Jérôme Belmon, moins affirmatif, se contente de remarquer qu’un certain Rainelmus, sa femme et leur fils Garnier (hypothétique mari de Fulcrade), font une donation à l’abbaye de Gellone d’un capmanse dans la villa de Rogues et un champ dans la villae de Mociacho (Gellone n° 113). Le lieu de Mociacho est à rapprocher, nous dit J. Belmon, de celui de Municiago où Fredelon et Odda cèdent des biens entre 875 et 897 (Nimes [17] n° 2).

 

Jérôme Belmon a retrouvé deux mentions de Fulcrade (même racine onomastique que Foucaud). Elle apparait en 877 avec son fils Frédelon dans une donation faite à l'église cathédrale de Rodez (3 G 300 n° 4 A.D. Aveyron) et en 878 dans un litige concernant l'abbaye de Saint-Sernin de Rodez.

 

Frédelon x Oda :

Frédelon, fils de Garnier et de Fulcrade (deo devota), petit-fils de Frédelon ou de Raimond, comtes de Toulouse, est né vers 860. Il est, d'après J. Belmon, le fondateur de la branche des sires d’Anduze et le représentant de son cousin, le comte Raymond II, dans la région nîmoise.

 

Entre 875 et 897, mais plus probablement vers 897, Frédelon et Odda donnent à l'église cathédrale de Nimes des manses qu'ils possèdent dans les Cévennes, à Municiago (Nimes n° 2).

 

Frédelon préside un plaid au château d’Anduze le 18 juillet 915 où est jugée une plainte rapportée par l’évêque Ugbert contre un nommé Airad qui détient un alleu donné par Gilabert à l’église de Nîmes. Notons qu’un Almerade signe la charte reproduite ci-contre (Nimes n° 16).

 

Trois enfants de Frédelon et d’Oda sont proposés par Christian Settipani :

  • Raymond qui suit ;
  • Frédelon ; c’est sûrement à lui que s’adresse, en 927, Ugbert, (le même évêque de Nîmes qui défendait déjà les intérêts de son église 13 ans plus tôt) lorsqu’il soumet sa requête pour recouvrir le don fait à la cathédrale par un nommé Adalard et sa femme Elisabeth de la moitié d’une terre appelée Tramiacus. Il est alors titré comme missus du comte Raymond et nommé Frédelon autor et defensator de castro andusien (Nimes n° 32 et 33) ;
  • Odalgarde x Bernard de Nant ; En février 925, donation à l’abbaye de Vabres, d’une église sise à Nant, par Bernard fils de Radulf et de Rollande et son épouse Odalgarde fille de Fredelon et d’Oda (Vabres [18] n°10) ;

 

Frédelon est décédé entre 914 et 918. On ignore pour l’instant les origines d’Oda.   

 

Raymond (°890) :
En 918, Raymond fils d’Oda donne des terres à l’abbaye de Conques pour l’âme de Frédelon et de son fils Bernard qui seraient, d’après J. Belmon, son père et son demi-frère (Conques n° 322 reproduite ci-contre).

 

En 943, Raimond, fils de Frédelon et d’Oda, fait don à Vabres de l’église Saint-Hyppolyte de Lavernhe de Séverac, pour l’âme de son seigneur le comte Raimond, de son frère Frédelon, de ses fils Rigaud et Frédelon (Vabres n° 9).

 

Les enfants de Raymond sont :

  • Frédelon époux de Guitberge qui suit ;
  • Galtier cité en 957 comme frère de Frédelon dans la charte du cartulaire de l'église cathédrale de Nîmes (Nimes n° 55) ;
  • Rigaud cité dans la donation de son père en 943 (Vabres n° 9) ;
  • Bernard, évêque de Nîmes. D’après Léon Ménard [19], Bernard II, frère de Pierre d’Anduze, occupait le siège épiscopal de la ville dès 949 comme le prouve une donation d’une vigne qui fut faite à l’église Notre Dame à Bernard et aux chanoines par un particulier nommé Pons. Bernard donne à l’église de Nîmes le château de Saint-Martial, situé au sud-ouest d’Alès ;
  • Pierre (?) cité dans plusieurs mémoires mais qui n’est pas confirmé par les études modernes. D'après HGL, il aurait abandonné le château de Saint-Martial à l'église de Nîmes.

 

Frédelon (°915) x Guitberge :
Jérôme Belmon pointe un Frédelon parmi les puissants qui entourent l'évêque de Mende, Etienne, lorsqu'en 943, il demande à l'abbé Dalmace de Beaumont du Monastier Saint-Chaffre de restaurer le monastère de sainte-Enimie dans les gorges du Tarn (Saint-Chaffre [20] n° 375).

 

Frédelon et Guiberge sont cités tous les deux en 957 dans une charte du cartulaire de l'église cathédrale de Nîmes (Nimes n° 55). Frédelon offre pour le repos de l'âme de ses parents et celle de son frère Galtérius, un domaine à Roquedur, dans le canton de Sumène, au coeur des possession des Anduze. Son fils présumé, Almerade, n'est pas mentionné.

 

C'est Christian Settipani qui propose que cette union ait donné naissance à :

  • Almerade qui suit.

 

Cette génération n’est pas connue avec suffisament de précision. Les données manquent indéniablement. Le prénom de Guitberte (Girberte ?)  pourrait rapprocher les sires d'Anduze et ceux de Carlat. Girberte n'appartiendrait-elle pas à cette famille de vicomtes (hypothèse personnelle) et d'autant plus qu'il semble que les Anduze et les Carlat possèdent en commun l'alleu Brogmo (Conques n° 40 et 41).

 

Almerade (°935) x Blitgarde :
Nous savons d'Almerade d'Anduze qu'il est le père de Bernard-Pelet. Il est donc né au milieu du dixième siècle. Plusieurs actes démontrent que Blitgarde est son épouse. Leur fils, Bernard-Pelet, est explicitement mentionné en tant que fils d'Almerade (Bernardo filio Almerado) dans une charte de donation de Raymond, comte du Rouergue, et sa femme Berthildis en 1002 (HGL V n° 163) et comme fils de Blitgarde dans la charte n° 209 HGL V (Bernardo Peleto filius Blitgardae).

 

En 955, Blitgarde donne un alleu dans la villa Delcis (Deaux, canton d'Alès) pour le repos de son âme et celle de son senor Almerade (Nimes n° 52).

 

Plus tard, en 984, un Almerade, sans doute le même, est témoin de la donation d’un manse aux environs de Tornac (banlieue immédiate d’Anduze) par une dénommée Aremburge (Nimes n° 78).

 

Le couple a donné naissance à :

  • Bernard-Pelet qui suit ;
  • Bermond (?) tige des anciens seigneurs de Sommières (cette information est tirée de Bertier de Sauvigny qui ne donne d'autre preuve que sa propre conviction. Il est simplement à noter que les seigneurs de Sommières utilisent presque exclusivement le prénom de Bermond, ce qui laisse supposer un lien entre les deux familles).

 

Selon Hélène Débax, l’anthroponyme Blitgarde nous renvoie à une riche propriétaire de la fin du IXe siècle qui dote à plusieurs reprises l’église de Nîmes (Nimes n° 1 bis et 5). Léon Ménard remarque, qu'au commencement de l’épiscopat de Gilbert, en 876, une certaine Blitgarde donne divers biens d’une valeur considérable, dont la terre de Bisac, à l'église de Nîmes. Bernard, son fils, reprend ces domaines (c’était une pratique courante de l’époque) obligeant l’évêque à porter plainte. Après un plaid tenu dans cette même ville, Bernard restitue le don de sa mère. Blitgarde, bienfaitrice de l’église de Nîmes, pourrait être la parente (trisaïeule ?) de Blitgarde mère de Bernard-Pelet.
C Amado cite une autre Blitgarde (Bligarde) intéressante d'un point généalogique qui apparaît comme mère de l’évêque de Lodève, saint Fulcran (949-1006). Cette similitude de prénom est forcément l'indice d'un lien de parenté (Voir tableau de la page : Aux origines des Guilhem de Montpellier)...

 

Les premières générations des seigneurs d'Anduze :
Après les hésitations des premières générations, quelques certitudes apparaissent avec Bernard-Pelet qui a laissé plus de traces dans la documentation. Par son union avec Garsinde, héritière des vicomtes de Narbonne, il donne un nouvel élan au lignage des sires d’Anduze.

 

Bernard Pelet (°965) fils de Blitgarde :

Les généalogies des sires d’Anduze ont souvent pour point de départ Bernard-Pelet, fils de Biltgarde, né vers 965 et décédé entre le 10 août 1024 et le 18 décembre 1029, date à laquelle sa seconde épouse, Garsinde, apparaît seulement accompagnée par son fils Bermond et du demi-frère de celui-ci, Almerade, pour la fondation du monastère de Sauve.

 

Vers 1002, Bernard fils d'Almerade est témoin de la donation de Raymond fils de Berthilde, comte du Rouergue, à l'abbaye de Conques de son alleu de Palaiso (Conques n° 17).

 

Entre 997 et 1004, Bernard et son épouse Ermengarde donnent le manse de Brogmo (Bromme canton de Mur de Barrez en Aveyron) à l'abbaye de Conques (Conques n° 40). On remarquera qu'à peu près à la même période, un prêtre nommé Deusdet qui tient sa propriété du vicomte Girbert [de Carlat] et de son épouse Agnès cède une autre part du même manse (Conques n° 41). Enfin, Agnès donne elle même, après le décès de son mari, une partie de ce manse. C'est l'indice d'un probable lien familial comme nous l'avons indiqué plus haut.

 

Le 20 août 1020, Bernard-Pelet, ses fils Frédol, Géraud et Almerade, ses autres fils Raimond et Bermond et leur mère Garsinde font donation à l’église de Nimes d’un lieu appelé Porcharesses (Nimes n° 220).

 

Bernard Pelet est l’époux en premières noces d’Ermengarde (d’origine inconnue) morte après 997 d'où :

  • Almerade époux d’Enaurs qui restitue à l’abbaye de Saint-Gellone un alleu qu’il avait en partie inféodé à certains de ces vassaux (Gellone n° 128). Il teste en 1052 et meurt vers 1055 d’où Pierre décédé sans enfant en 1077 (historiographie). En 1052, dans le but d'éviter l'éternel châtiment et de gagner le ciel, Almerade donne au monastère de Saint-Pierre de Sauve, dépendant de celui de St-Guilhem-du-Désert, une propriété qu'il possède à Portes, dans le comté d'Uzès, sur la limite du domaine du château appelé Peyremale (HGL V n° 232). L'autre moitié de la même propriété appartient à Bermond son frère.
  • Fredol I, évêque du Puy ; d’après Pierre Cubizolles [21] qui cite la charte n° 419 du cartulaire de Saint-Chaffre le Monastier, datée de 1016, il se montre généreux envers les bénédictins établis au Puy en leur donnant le moulin de Barlières près du rocher de l’Aiguille et celui de Todilia sur le Dolaison. C’est aussi lui qui règle les dispositions de la construction d’un pont dans les gorges de l’Hérault concernant aussi bien Gellone qu’Aniane. Il décède en 1028 ou 1029.
  • Géraud, évêque de Nîmes (1016-1026).

Marié en seconde noces à Garsinde de Béziers (veuve de Raimond Roger, comte de Carcassonne, à qui elle a donné Pierre-Raimond et Guilhem) d'où :

  • Raimond de Sauve mort entre 1020 (Nimes n° 220) et 1034 (HGL V n° 199 acte IV, voir ci dessous) ;
  • Bermond de Sauve qui suit né vers 1010 ;
  • Garsinde (?) épouse de Raimond Bérenger de Narbonne (d’après H. Debax et T. Stasser [22]).

 

Garsinde appartient à la famille des vicomtes de Béziers étudiée en détail par Claudie Duhamel-Amado. Il s'en suit le stemma ci-contre.

 

Garsinde de Béziers est citée dans la chanson des miracles de Sainte-Foy [23], en 1013, accompagnée de son second mari, Bernard-Pelet, revendiquant la villa et les salines de Pallas (Palaiso) que le comte du Rouergue Raymond III avait donné à l’abbaye de Conques peu après 996 (Conques n° 17).

 

En août 1034, Garsinde donne à l'abbaye de Conques, l'église et le village de Vairan dans le pays d'Agde (HGL V n° 199 acte IV reproduit ci contre). la charte est signée par ses fils Garsendis comitissae, quae charta ista scribere vel firmare rogavit. S Guillelmi. S Petroni. S Bermundi....

 

Hélène Débax suggère qu’une guerre entre les fils du premier mariage de Garsinde (avec le comte de Carcassonne Raimond) et son second époux se soit ouverte à propos de l’héritage de la vicomté de Béziers. Elle explique que si Garsinde a réussi à maintenir l’unité entre ses fils de son vivant, il semble que des difficultés aient surgi à son décès.

 

Bermond de Sauve x Austorge :

Bermond de Sauve, fils de Bernard-Pelet et de Garsinde de Béziers, est né vers l'an mil.

 

Bermond est, avec sa mère Garsinde de Béziers et son frère Almerade, à l’origine de la fondation du prieuré de Saint-Sauve qu’ils soumettent à l'abbaye de Saint-Guillem du désert en l’année 1029. Apparaissent comme signataires de proches parents qu’on distingue par leur prénom caractéristique : Fredolone et Giralds et Bernardi…Bremundi de Sumerio… et Petri de Anduza… mais aussi Emmenon de Sabran (Gellone n° 6, 381 et 382).

 

En 1032, Bermond de Sauve, ainsi que Bérenger de Sauve et Raymond de Sauve (nous ne connaissons pas leur lien de parenté bien que le premier et le troisième puissent être frères), sont témoins d'une donation de Seguin de Roquefeuil à l'abbaye de Gellone (Gellone n° 133).

 

Vers 1035, un plaid est tenu à l’occasion des différents qu’entretiennent Bermond de Sauve et Pierre, comte de Carcassonne et vicomte de Béziers, son frère utérin (HGL V n° 206). Ils terminent leur querelle par un accord qu’ils font dans une assemblée qu’Etienne, évêque de Béziers, préside. Bermond s’engage, par serment, à se déclarer vassal de son frère, auquel il donne cinq seigneurs pour otages (entre autres Pons-Bernard de Sommières) qui cautionnent chacun pour la somme de mille sols. Bermond abandonne à Pierre ses droits sur les abbayes de Gellone et d’Aniane qu’il reprend en fief selon la coutume de l’époque.

 

En 1042, donation par Bermond et son frère paternel Almerade de leur part de l'église de Meyrueis à l'abbaye de Saint-Guillem : Ego Barmundus de salveo filius Guarsindis, et Almeradus, frater meus, de Anduza, filius Ermengardis, simul in unum donamus ecclesiam Sansti Petri de Mairoys Domino Deo, et Sancto Salvatori Gellonensis cenobii, ac vivifice Cruci... pro universis facinoribus tantorum criminum nostrorum... et pro patris nostri Bernardi anima... (Gellone n° 152 et 397).

 

Entre 1043 et 1060, Frédelon-Raymond (?) restitue deux mas, l'un à Pourcaricias, l'autre à Elzière, qu'il tenait de Bernard, à l'église cathédrale de Nîmes, en présence de Bermond de Sauve (Nimes n° 137).

 

D’après E Magnou-Nortier [24], Garsinde de Béziers,  avait constitué à Bermond, à titre d’héritage, la viguerie de Pallas près d’Agde. Cette villae et son fisc étaient partagés entre trois propriétaires, Garsinde, les moines de Conques et le comte de Toulouse. Pallas a été le siège de plusieurs différends. Garsinde avait écarté sa sœur cadette Sénégonde puis elle avait du faire face à l’abbé Airad de Conques.

Apparemment, Bermond crée de mauvaises coutumes à la tête de cette viguerie taillée sur mesure par sa mère, en soumettant les moines à des réquisitions et des corvées. Finalement, l’abbé de Conques fait appel aux instances judiciaires compétantes et Raymond de Saint-Gilles transfère la charge vicariale à l’abbé.

Pierre, fils de Bermond, termine le différend et conclut un accord avec les moines de Conques (Conques n° 20).

 

Bermond a épousé dame Austorge. Leurs enfants sont :

  • Bernard II, marquis du château d'Anduze, qui suit.
  • Bellisende (?) qui, en 1082, donne avec ses fils sa part de l’église de Saint Pierre de Meyrueis (Gellone n° 399).
  • Pierre-Bermond, époux d’Elisabeth, refondateur de la maison de Sauve, celui là même qui se pare du pompeux titre de Satrape. En 1054, de l'avis et consentement de sa mère Eustorge, Pierre Bermond gratifie le monastère de Saint-Pierre de Sauve de la moitié du village de Portes et son église de Saint-Gilles afin d’obtenir, de la miséricorde de Dieu, le pardon de ses péchés et le repos de l'âme de son père décédé depuis peu dans de pieuses dispositions (HGL V n° 203 acte II) ;
  • Bermond (?) : Ego Petrus Bermundi et frates mei Bernardus et Bermundus et Berengerius...solvimus et girpimus tres frates Guilelmi Garnerii et Martinum et Bernardum... (Gellone n° 432 non datée) ;
  • Bérenger (?) d'après la charte de Gellone n° 432 citée précédemment.

Bermond serait mort en 1054 à Rome.

 

Bernard x Adalaix de Mandagout :

Bernard né dans la décennie 1020-1030, est cité entre 1070 et 1082, avec parfois le titre de marquis.

 

En 1070, Bernard et son épouse Azalais donne le manse Cumbas, dans la Villa Volpilano (comté de Substention) à l'abbaye de Gellone. Leur fille Vierne et un certain Almerade signent l'acte de donation (Gellone n° 69 ci-contre). Attention, il n'est pas explicitement noté que Bernard est seigneur d'Anduze et/ou de Sauve ! 

 

En 1071, Bernard et Azalais font une autre donation à Gellone d’un manse appelé Melnaco in vicara Bagarnis dans le comté de Nîmes (HGL V n° 302 acte 1). La même remarque que précédemment s'applique à cette charte. L'homonymie importante des siècles passés incite à la prundence...

 

Bernard est confronté à la guerre que se mènent les comtes de Toulouse et de Barcelone au cours du XIe siècle. Un serment de fidélité de Bernard à Raimond Trancavel a été rédigé et collationné dans le cartulaire des Trencavel [25] (Trencavel n° 446). Cette alliance contre et envers tous sauf Bérenger-Raimond de Barcelone et Guilhem de Montpellier l’entraine dans le camp de Barcelone.

 

En 1077, Bernard est témoin de la donation de Pierre-Bermond, son frère, et sa femme Elisabeth de tout ce qu'il a au château de Meyrueis à l'abbaye de Saint Guillem, Pierre fils d’Almerade, son cousin germain, est témoin de l’acte (Gellone n° 151).

 

En 1077, avec sa femme Adalais et son fils Raymond, Bernard offre sa part de l'église de Meyrueis à l'abbaye de Saint Gellone, pour le repos de l'âme de son père Bermond et son grand-père Bernard, en présence de son consanguineus Pierre fils Almerade (Gellone n° 153 et ci-contre).

 

Bernard est présent à la donation de leur part de l'église de Meyrueis faite par ses neveux fils de Bellissende en 1082 (Gellone n° 399).

 

Azalais de Mandagout a donné à Bernard au moins un fils :

  • Raymond ; En 1083, Raymond, fils d'Adalais de Mandaghot, donne sa part de l’église Saint-Pierre de Meyrueis et confirme la donation faite par son père à l’abbé de Saint-Guilhem le désert, sur le conseil de ses vassaux et de Pierre-Bermond, marquis de Sauve (Gellone n° 400).

 

Bernard est mort fin 1082 ou début 1083.

 

 

Raymond fils de Bernard et d'Azalais de Mandagout :

Raymond, fils de Bernard et d'Azalais de Mandagout, est né vers 1050, peut-être même un peu plus tard. Dans les généalogies traditionnelles des sires d'Anduze, il est considéré comme le maillon qui a épousé Ermengarde, veuve de Guilhem de Montpellier. Est-ce bien le cas ?

 

En 1077, Bernard, sa femme Azalais, et son fils Raimond donnent l’église Saint-Pierre de Meyrueis. À cette époque, Bernard s’autoproclame marquis du Castrum d'Anduze (Gellone n° 153) et son frère Pierre-Bermond satrape de Sauve (Gellone n° 151). Ces titres pompeux dont se parent les frères Pierre-Bermond et Bernard, mis en avant par l'historiographie mais que nous avons du mal à expliquer, cachent peut-être une réalité plus prosaïque. En 1077, c'est encore Pierre fils d'Almerade qui est à la tête de la seigneurie et nous ne savons pas comment s'est réglée sa succession. Remarquons toutefois que dans certaines seigneuries, une fratrie ou des cousins issus d'une même souche gouvernaient ensemble (Nous pouvons donner en exemple les vicomtes de Marseille dont plusieurs sont dénombrés à la même époque).

 


Raymond, cité dans la charte de 1077 (Gellone n° 153), réapparait en 1083 : …Ego, Raimundus, filius Adalaiz de Mandagout… dono… partem meam ecclesie Sancti Petri de castro, quod vocatur Mairois (Gellone n° 400). Pierre-Bermond, marquis, est présent à cette donation mais, pas plus que son neveu Raymond, il n'est qualifié de maitre d'Anduze ou de Sauve.

 

Dans la charte n° 418 tirée de cartulaire de Gellone (ci contre), datée entre 1077 et 1098, Raimond de Mandagout, fils d’Azalais, sa femme Bertais et ses fils Pierre et Arnaud, donnent un domaine dans la villae Calm Riu à Gellone. Ainsi, Raymond apparaît plutôt comme le seigneur du castrum de Mandagout.  

 

De même, entre 1098 et 1119 : Ego Raimundus de castro Mandagotis et uxor mea Bertaiz, reddimus… unum mansum qui vocatur Silvenciacus (Gellone n° 402).

 

Finalement, Raymond n'est jamais cité comme seigneur d'Anduze ou de Sauve. De plus, dans les chartes rapportées ci-dessus, l’épouse de Raymond se nomme Bertaiz et non pas Ermengarde. L'historiographie des Anduze semble prise en défaut.

 

Les érudits ont écrit que Raymond était l'époux en secondes noces d'Ermengarde, veuve de Guilhem de Montpellier mais, à notre connaissance, aucun document ne certifie que Raymond ait été marié à Ermengarde. Seul le testament de Guillem V prouve que Bernard d'Anduze est le frère de Guilhem de Montpellier (HGL V n° 450). Deux hypothèses sont enviseageables :

  • Raymond a épousé Ermengarde vers 1077 d'où Bernard né vers 1080 puis a convolé avec Bertais d'où Pierre et Arnaud.
  • Ce n'est pas Raymond qui a épousé Ermengarde mais se pose alors la question de la transmission de la seigneurie d'Anduze.

 

Essai d'une nouvelle généalogie :

Dans les années 2010, une réflexion a été menée, en collaboration avec Ludovic Noirie, sur la possible ascendance de Bernard d'Anduze (°1080 +>1135), fils d'Ermengarde et frère utérin de Guillaume de Montpellier. Nous nous appuyons sur ce travail commun pour poursuivre cette étude.

 

Les recherches de Ludovic Noirie ont mis à jour deux chartes de l’abbaye de Gellone (n° 428 et 429) qui donnent peut-être la solution au problème.

 

Bérenger x Ermengarde :

Entre  1077 et 1099, une fratrie composée de Raymond, Pierre, Guilhem et Bertrand donne un alleu dans la paroisse d’Aulas, à quelques kilomètres à peine de Mandagout : ego Raimundus Berengarii et fratres mei, Petrus Berengerii et Guilelmus Berengerii et Bernardus Berengerii et Bertrandus donamus aliquid de alodo mostro… quem tenebat de manu Berengerii de via et sursum… est autem hic honor in episcopatu Nemausense, in parrochia Aulatis, in vicaria Exanatis (Gellone n° 429). Les prénoms sont résolument anduziens, le lieu aussi et le père des quatre frères semblent se prénommer Bérenger...

 

Quelques années plus tard, en 1100, une partie de la fratrie précédente, accompagnée de leur mère Ermengarde, fait une nouvelle donation pour l’âme de leur frère Raimond mort entre temps (Gellone n° 428 ci-contre).

 

Ces deux chartes concernent probablement une même fratrie surtout qu'elles se suivent dans le cartulaire. Remarquons qu'aucune mention de cognotem n’indique que ces donations sont effectuées par des membres de la famille d’Anduze même si l’alleu concerné est situé dans le diocèse de Nîmes.

 

Forts de ces deux documents, Ludovic Noirie avance l'hypothèse qu’Ermengarde a successivement épousé Guilhem de Montpellier mort en 1076, puis un Bérenger d'Anduze.

 

 

En acceptant cette thèse, on déduit qu'un Bérenger de la famille de Sauve et d'Anduze, marié à Ermengarde, a eu pour fils :

  • Raymond. Il porte le prénom du fils ainé dans cette famille. Il est décédé avant 1100 ;
  • Pierre cité dans les chartes n° 428 et 429 de Gellone ;
  • Guilhem qualifié de captif…
  • Bernard qui suit ;
  • Bertrand oncle de Raymond d'Anduze [fils de son supposé frère Bernard] dont le nom apparait dans la charte de Bogeta (Gellone n° 531) ;
  • Gaucelm (Gellone n° 428) ;
  • Hugues (Gellone n° 428) ;
  • Gerald (Gellone n° 428).

 

De quel Bérenger s'agit-il ?

Ludovic Noirie propose que ce Bérenger soit un fils non connu de Pierre-Bermond, satrape d'Anduze, et d'Elisabeth ; Si cette théorie peut facilement expliquer la transmission de l'héritage des seigneurs d'Anduze à Bernard, fils d'Ermengarde, elle a le désavantage d'introduire un personnage un peu artificiellement et dont on a aucun écho dans les chartes.

 

Pourquoi ce Bérenger ne serait-il pas simplement le fils supposé de Bermond et Austorge, frère du satrape Pierre-Bermond et du marquis Bernard ? Né vers 1040, marié (en premières ou en secondes noces) à Ermengarde vers 1077, il aurait pu enfanter 8 garçons et quelques filles avant son décès vers 1100.

 

Bernard x Sibille :
Quoi qu'il en soit, à l'orée du XIIe siècle, un Bernard (né vers 1080) est clairement identifié comme seigneur d'Anduze. Si on en croit Bertier de Sauvigny, il est présent le 4 janvier 1109 à la dédicace de l'église de Sumène (sans référence).

 

Dès 1113, Bernard est le témoin principal d'un rappel de droit féodal de son demi-frère Guilhem de Montpellier (LIM [26] n° 127). En 1114, il est cité au testament de Guilhem qui part en guerre contre les Sarrazins (HGL V n° 450). Il est évident que Bernard et Guilhem sont liés par une amitié qui influe sur la politique des Anduze. Désormais, Bernard assiste son demi-frère puis son neveu dans leurs décisions les plus graves.

 


Entre 1098 et 1119, Bernard donne un manse pour le repos de l’âme de ses parents : Ego, Bernardus de Andusia, dono, pro remedio anime mee et parentum meorum, mansum unum quem habeo in Sirgaz, ubi due apendarie esse videntur… (Gellone n° 408 ci-contre). Malheureusement, ceux-ci ne sont pas cités.

 

En 1118, Bernard partage Alès (Alais) avec Raymond Pelet (J.J. Paulet p 49 [27]).

 

En 1119, Bernard est témoin d’une restitution de biens par Bernard-Raimond de Castelnou à Gellone (Gellone n° 292) et assiste, en présence de Bérenger de Sauve, à un plaid en Bas-Languedoc (HGL V n° 469).

 

Le 22 juillet 1122, le pape Calixte II écrit une lettre à Gautier, évêque de Maguelone, à Bernard, vicomte de Béziers, à Bernard d’Anduze et à Raimond Décan des Posquières où, après leur avoir exposé tous les maux que le comte de Toulouse et ses alliés avaient faits contre le monastère de Saint-Gilles, les prie de défendre l’abbé et les religieux de ce monastère (L Ménard).

 

En 1122, Bernard, comte de Melgueil, marié à Guillemette de Montpellier promet sa protection à Guilhem VI, son beau frère. Bernard d’Anduze assiste au serment (LIM n° 148). Deux ans plus tard, une escarmouche entre les deux mêmes personnages surgit à propos d’un bras de la rivière Lez détourné par Guilhem afin d’approvisionner en eau son port de Lattes. Le comte doit intervenir car un moulin appartenant à un certain Gaudemar, son vassal, est situé sur le bras asséché. Guilhem, accompagné de Bernard d’Anduze, se rend sur les lieux et offre la paix le 9 mai 1125 (LIM  n° 60).

 

En 1124, Bernard d'Anduze et Bérenger de Sauve participent aux négociations entre le comte de Melgueil et le seigneur de Montpellier pour la signature d'un serment mutuel de protection (LIM n° 83).

 

En 1125, Alphonse de Toulouse et le comte de Barcelone se partagent la Provence. Ils conviennent, entre autres, qu’Aymeri de Narbonne, vicomte, qui tenait Beaucaire et Argence en fief du comte de Barcelone, les tiendraient dorénavant du comte de Toulouse et que Bernard d’Anduze les tiendraient lui-même en fief de ce vicomte. Elzéard d’Uzès et Rostaing de Posquières sont présents à la signature de ce traité (J.J. Paulet p 50).

 

En 1125, dans la lutte entre le comte Bernard de Melgueil et Guilhem de Montpellier, une trêve est conclue. Bernard d'Anduze est garant de son frère Guilhem alors que Bérenger de Sauve représente le camp adverse (LIM n° 65).

 

En juillet 1128, Bernard est présent avec Decan de Posquières à la signature de l'accord entre Bernard, comte de Melgueil, et Guillaume de Montpellier sur la monnaie de Melgueil (LIM n° 64). Désormais, le comte de Melgueil ne fera frapper de monnaies que selon le titre et le poids convenus entre eux, ce qui implique un droit de regard du seigneur de Montpellier sur la monnaie melgorienne.

 

En août 1129, Bernard est témoin du contrat de mariage entre Guillaume de Montpellier, son neveu, et Sybille de Montferrat (LIM n° 128). Il signe juste devant Guillaume d’Omelas frère du marié et Décan de Posquières.

 

En 1130, un accord entre les fils de Bernard-Aton est conclu, en présence de Bernard d'Anduze (HLG V n° 414). C’est sa dernière apparition dans notre documentation. Il est donc décédé peu après 1130 alors âgé d’une cinquantaine d’année.

 

Avec prudence, nous suggérons que les enfants de Bernard soient :

  • Raymond, époux d'Elisabeth, qui succède à son père. C'est presque traditionnel que le premier fils de cette famille porte ce prénom. Son oncle, Bertrand d'Anduze, est évoqué en 1133 lors d'une donation du manse Bogeta à Gellone (Gellone n° 531). Il disparaît après 1135, âgé d'une trentaine d'années non sans avoir, auparavant, assisté à un accord entre le comte de Provence et Guilhem de Montpellier (HLG V n° 530 acte I) et à une reconnaissance faite par le comte de Melgueil au seigneur de Montpellier (LIM n° 72). On ne lui connaît pas de descendance ;
  • Bernard marié à Ermengarde de Narbonne ; Il apparait entre quinze et vingt fois comme seigneur d'Anduze de 1137 à 1164 ; C’est sur le conseil de Raymond-Bérenger IV, comte de Barcelone, que le mariage entre Bernard et Ermengarde est organisé en 1142, contre le comte de Toulouse Alphonse-Jourdain qui devait épouser la jeune femme (M. Aurell [28] p 413 et A. Grabois [29]). Ermengarde ne semble pas avoir mis d'enfant au monde et, après le décès de son mari, elle adopte un de ses neveux, fils de sa soeur Ermessinde afin qu'il récupère son héritage narbonnais (souche des Narbonne-Lara). Elle meurt le 14 octobre 1197 (J. Caille [30]). Chronologiquement, Ermengarde est probablement la seconde épouse de Bernard qui est nommé "Senoris", sans doute pour le différencier d'un fils (?) homonyme. Il est probable qu'il ait pris l'habit religieux au monastère de Bonneval à la fin de sa vie. Son fils supposé Bernard l'a accompagné dans sa retraite ou est mort avant lui.
  • Pierre, moine, abbé de Saint-Gilles (J.J. Paulet) puis archevêque de Narbone de 1149 à 1156 (A. Grabois) ;
  • Bertrand de Sauve qui suit;
  • Pierre-Bermond (?) lui aussi religieux à Bonneval. Il apparait dans le charte n° 13 de Bonneval [31].

 

 

Sybille de Calmont d'Olt pourrait-elle être l'épouse de Bernard ?

Plusieurs hypothèses ont été avancées par les érudits qui ont traité du sujet :

  • Jean-Jacques Paulet (p 49) dit que Bernard a pris pour femme Sybille dont il a eu plusieurs enfants avant d'épouser Marie (?) ;
  • Hyppolyte de Barrau [32], s'appuyant sur la charte de Bonneval n° 65 (voir ci-dessous), déduit que Sybille de Calmont d'Olt fille de Bégon est mariée Raymond II d'Anduze ;
  • Eugène Vasseur [33] donne à l'épouse de Bernard le nom atypique d'Alais de Lalest  ;
  • La Gran Enciclopedia Catalana [34] affirme que Bernard III est l’époux de Garsinde de Toulouse, fille de Pons.
  • Les auteurs de l'Histoire Générale du Langudoc nomme l'épouse de Raymond d'Anduze, Sybille de Montpellier (voir  note de bas de page n° 43 J. Caille). De quel Raymond s'agit-il et de quel document les historiens ont-il tiré l'information ?

 

Nous ne connaissons pas les raisons de ces auteurs mais la multiplicité de leurs hypothèses démontre l'ignorance à laquelle ils ont été réduits. Toutefois, plusieurs indices nous incitent à penser qu'Hyppolyte de Barrau détient une partie de la vérité :

  • Une charte collationnée par Guillaume de Catel [35] p 589 atteste que la mère de Bernard époux de la vicontesse de Narbonne se prénomme Sybille (voir ci-dessus).
  • La charte n° 65 de Bonneval dans laquelle Bernard, petit-fils de Sybille, confirme le 8 des calendes de novembre 1184, la donation faite par Hugues de La Coste et Déodat, son fils à l'abbaye de Bonneval, de biens provenant du don que Guillaume de Calmont, évêque de Rodez, oncle de son père, permet d'affirmer que Sybille, soeur de l'évêque de Cahors, appartient à la famille des Calmont : Ego Bernardus de Anduia..., anno … MC.LXXXIV… Uga de La Costa et Deodatus filius ejus dommi Bonevallis dederunt, quod Willelmus Caturcencis episcopus pro allodio et heriditate predicte Uge, nepti sue et Deodato, viro suo, dedit … suisque posteris predictus episcopus, patris mei avunculus, retinens.

 

Nous pouvons conclure ce paragraphe en remarquant que les seigneurs d'Anduze ont été généreux envers l'abbaye de Bonneval, justement fondé par Guillaume de Calmont d'Olt, alors évêque de Cahors. Plusieurs de ces membres ont été moines dans ce monastère. Cette dévotion familiale n'est sans doute pas due à un simple hasard et confirme les liens de parentés entre les Calmont et les Anduze.

 

 

Bertrand x Adélaïs de Roquefeuil :

Bertrand, seigneur du Luc, Anduze et Portes est abusivement prénommé Bernard V dans maintes généalogies dont celle de Bertier de Sauvigny.

 

D'après H de Barrau, le mariage entre Bertrand et l'unique héritière de la seigneurie de Roquefeuil a eu lieu en 1129 mais cette date est probablement à repousser d'une dizaine d'années à moins qu'il ne s'agisse que d'un accord entre les parents alors que les futurs mariés sont encore enfants. L'auteur de la page "Avancée de la recherche historique : La Maison de Roquefeuil serait la branche aînée de la Maison d’Anduze" [36] sur le site de la famille de Roquefeuil propose même 1149.

 

Bertrand de Sauve est présent à Sumène en 1138 (Aniane n° 63).

 

Bertrand d'Anduze (est-ce bien le même personnage ?) fait une donation dans la villae du Luc en 1158 (Aniane n° 205 ci-contre).

 

Bertrand apparait, toujours à la même époque, dans la collecte d'une taxe au Luc par Pons de La Roca (Aniane n° 311).

 

En septembre 1162, Bertrand d'Anduze est présent à l'hommage prêté à Béatrix, contesse de Melgueil, par le seigneur de Ganges, Raimond Pierre (Maguelonne [37] n° 114).

 

Selon Lina Malbos, Bertrand, sans doute devenu seigneur d'Anduze, offre en 1166 des biens à l'abbaye de Bonneval (Bonneval n° 38). Nous n'avons pas retrouvé cette charte. Il peut y avoir une simple confusion du numéro de la charte et il faut vérifier.

 

En novembre 1169, un pacte est signé entre Guilhem de Montpellier et Bertrand d'Anduze en vue du mariage de leurs enfants respectifs. In nomine Domini, anno ejusdem Incarnationis millesimo centesimo sexagesimo nono, mense Novembris. Ego Guillelmus dominus Monstispessulani trado filiam meam Guillelmam tibi Bertrando de Andusia et uxori tuæ Adalaiz in Dei fide et vestra, ut eam teneatis et nutriatis in bona fide, ab hoc venienti festo Beatæ Mariæ secundo die febr. usque ad quatuor annos; Idcirco quod filio vestro Raimundo de Rocafolio detis omnes castros vestros de terris vestris, et omnes forcias, et sennorivos, et potestativos , quæ modo habetis vel in antea aliquo modo habetitis (Spicilégium [38] VIII n° 13 )…

 

On connaît plusieurs enfants de Bertrand et d’Adélaïde de Roquefeuil :

  • Bernard qui suit ;
  • Bermond, chanoine de Maguelonne, qui est qualifié d’évêque élu de Sisteron le 2 novembre 1174, dans l’acte par lequel, Guillaume, comte de Forcalquier, donne certains droits sur ses terres aux frères de Durbon (Durbon [39] n° 99). En mars 1179, Bermond se rend à Rome pour prendre part au concile de Latran. En 1184, il est présent aux accords passés entre les habitants de Gap et le comte de Forcalquier (GCNN I p 707 [40]).  Le 20 juin 1209, il participe au concile de Saint-Gilles au cours duquel Raimond VI se réconcilie avec l’église (GCNN). Il meurt le 12 juin 1214 (GCNN selon l'obituaire de Forqualquier) ;
  • Vierne femme de Raymond de Pierre ;
  • Raymond époux de Guillemette de Montpellier. Il hérite des terres de sa mère et engendre la seconde maison de Roquefeuil (HGL V p 209).

 

Bertrand est décédé entre 1169 et 1171.

 

Les Roquefeuil :

En 1142, Adélaïde de Roquefeuil est présente à une donation de son frère Frédelon qui donne à Desidarius, abbé de Sylvanès, au diocèse de Vabres, tout ce qu'ils possède dans la paroisse St-Christophe de la Couvertoirade au dit diocèse : ego Fredulo de Rocafolio et ego Maria, mater ejus, et ego Agnes et ego Adalaiz, sorores Fredulonis … pro amore Dei et refrigerio anime patris nostri et Raimundi, fratris nostri… (Silvanès [41] n° 376).

 

Selon Fulcran de Roquefeuil [42], un neveu de Chérin indique que le père d'Adélaïde est un certain Henri en guerre contre Hugues, comte de Rodez en 1150 (archives de Jenzat). Adélaïde est l’héritière de la seigneurie et apporte aux Anduze une partie des Cévennes et la vallée de Nant.

 

Le procès de disolution du mariage entre Bernard de Comminges et Marie de Montpellier (Cabrer [43] n°1229) pour raison politique fournit des éléments de généalogie inconnus jusqu'alors. Clémence, tante de Marie, déclare en 1211 : ...de même, le comte Renaud de  Besançon eut deux filles ; d'une est issue la mère de messire Bernard d'Anduze et la mère de Bernardon comte de Comminges, de l'autre est issue la duchesse Mathilde, qui fut la mère de Guilhem de Montpellier, qui fut le père de Marie reine d'Aragon ... (traduction L Noirie). On peut donc attribuer à Marie une ascendance bourguignone.

 

Si la généalogie de Mathilde, grand-mère paternelle de Marie de Montpellier est établie (au moins dans ces grandes lignes), il en est tout autre tout les seigneurs d'Anduze et les comtes de Comminges. 

 

Clémence de Montpellier répète une tradition familiale orale qui n'est pas forcément très exacte. C'est plus probablement Guillaume, fils de Renaud, qui a pu avoir deux filles dont Sybille qui est l'ancêtre de Marie de Montpellier et l'autre celle de Bernard d'Anduze (tableau ci-dessus avec hypothèse personnelle).

 

Bernard VII x Marquise :

Selon nous, Bernard VII, marié à Marquise, est le fils de Bertrand. Il est donc né dans la décennie 1140-1150 et mort après 1217.

 

L'Enigme Eustorge, femme de Bernard d'Anduze :

Le Laboureur [44], suivi par les généalogistes de la maison d'Anduze, intercale une génération supplémentaire entre Bertrand et Bernard époux de Marquise. Ce Bernard intermédiaire est l'époux d'une certaine Eustorge dont on notera le prénom déjà utilisé un siècle plus tôt. Peut-on réellement justifier l'élimination de cette génération  ?

 

Plusieurs faits permettent de s'interroger sur la réalité de la génération intermédiaire entre Bertrand et Bernard époux de Marquise :

  • Nous savons qu'Arnaud, petit fils de Bertrand et fils de Raymond de Roquefeuil a épousé sa cousine Béatrix d'Anduze, fille de Bernard et de Marquise (union remise en cause par Ludovic Noirie mais qui a été, au moins, envisagée). Dans la version habituellement proposée, il y a une génération intermédiaire du côté des Roquefeuil et trois du côté des Anduze, décalage qui semble excessif en si peu de temps.

  • Bermond d'Anduze, frère de Bernard d'Anduze (pièce du procès de divorce entre Marie de Montpellier et Pierre II d'Aragon), est élu évêque de Sisteron en 1174 et décède en 1212. Si on considère qu'il est né vers 1040-1050, il est presque obligatoirement le fils de Bertrand pour que la chronologie reste cohérente.
  • Le 3 septembre 1200, Bernard confirme au prieur de Sauve l'hommage que son grand père Bernard avait bien voulu lui rendre pour la viguerie de Portes (Bertier de Savigny). Dans la version traditionnelle, l'aïeul de Bernard VII se prénommait Bertrand et pas Bernard.
  • Le 12 avril 1217, Bernard confirme avec Pierre-Bermond, son petit fils, Bernard et Bermond ses enfants, les privilèges qu'il a accordé 30 ans plus tôt aux habitants d'Anduze et leur promet de ne lever ni taille ni exaction sur eux (bibliothèque nationale ms fr 29564 dossiers bleus, Anduze n° 19 d'après  Sénéchaussée de Beaucaire   [45] p 224). Cette phrase, qui semble anodine, suggère que vers 1190, le même Bernard était déjà aux commandes de la seigneurie d'Anduze ce qui n'est pas le cas dans la version "classique". Or, une charte de Maguelonne permet d'assurer que les fils de Bertrand (Raymond et Bernard) étaient déjà en place en 1189 : serment réciproque entre Vierne de Ganges et son fils, d'un côté, et Raimond de Roquefeuil et son frère, de l'autre, au sujet du château de Brissac, et partage de ce château (Maguelonne I n° CXCV).

 

En conclusion, nous pensons que Bernard, mari de Marquise, est le fils de Bertrand et que la génération intermédiaire doit être gommée.

 

Une solution originale est proposée sur le site de la famille de Roquefeuil qui, elle aussi, s'est aperçue de l'incohérence d'une génération intermédiaire. Selon l'auteur de la page, Bertrand a eu deux fils prénommés Bernard (ce qui n'aurait rien d'extraordinaire) :

  • L'ainé, marié à Eustorge, mort entre 1178 et 1181 ;
  • Le cadet, marié à Marquise, seigneur d'Anduze à la mort de son frère.

Selon ce site, leurs sceaux sont différents et cette théorie pourrait expliquer que Bernard (mari de Marquise) soit le cadet de Raymond de Roquefeuil mais elle est en opposition avec la confirmation de privilèges de 1217 accordées trente ans plus tôt par Bernard (voir ci-dessus).

 

L'analyse de Ludovic Noirie est toute autre. D'après lui, le même Bernard aurait successivement épousé Eustorge puis Marquise. La question peut se poser au regard de l'acte de vente du château de Freissac effectué par Bernard et Marquise à l'hôpital Notre-Dame du Puy en 1210 (Polignac [46]). Alors que Bermond et Marc, identifiés comme les fils de Marquise, n'ont pas à donner leur accord, Pierre-Bermond et son frère Bernard doivent approuver et confirmer cette vente. La différence de traitement des quatre fils de Bernard VII interpelle et doit être justifiée. Ludovic Noirie en conclut que Pierre-Bermond et Bernard ne sont que les demi-frères des deux autres. C'est possible mais les frères peuvent aussi avoir un écart d'âge suffisamment important pour expliquer la procédure utilisée (les deux plus jeunes pourraient être sous la tutelle de leurs parents). Pour Gaston de Jourda de Vaux [47], Pierre Bermond et Bernard sont les frères du vendeur, ce qui démontre la difficultés des médévistes à identifier correctement ces personnages...

 

L'ennui avec Eustorge, dont plusieurs auteurs se font écho (Bertier, ..., Vasseur, Glénat), est de localiser la charte originale sur laquelle son nom a été inscrit.

 

Les faits et gestes de(s) Bernard(s) fils de Bertrand

En 1171, Bernard, seigneur d’Anduze, donne des droits sur plusieurs manses à Bonneval : Ego Bernardus Andusie dono Deo et Beate Marie et fratibus Bonnevallis omnia que habebam vel hebere poteram juste vel injuste in manso de Neyraco et in manso episcopali  de Vilareto et manso espiscopali de Perolz ; concedio etiam eis et laudo feudum manso Pagesil de Petrafia… L’acte est signé par frater P. Bermondis avunculus eus (Bonneval n° 13).

 

Le 16 mars 1174, Bernard prête hommage à Aldebert, évêque de Nîmes, pour les châteaux de Montpezat, de Lecques, de Saint-Bonnet, etc (Teulet [48] I n° 257).

 

En janvier 1175, Ego Bernardus de Andusia, pro remissionne peccatorum meorum et remissione peccatorum patris et matris et fratris, dono monasterio de Franquisvallibus, ut in omni tere mea nullem donent usaticum neque leudam... (HGL VIII p 306). L’acte est signé par R. de Mandagout.

 

En 1176, donation de droits de forêt et de péage par Bernard, seigneur d’Anduze, du conseil de Raymond de Mandagout et de Guy de Severac à l’abbaye de Bonneval. La charte est sigée par G della Costa (Bonneval n° 24).

 

Le 13 mars 1181, Bernard fait une donation de 13 manses à l’abbaye de Bonneval : Ego Bernardus, dictus de Andusia, bona fide et absque omni retinemento, per me et omnes meos, pro redemtione amine mee parentumque meorum, dono…in perpetuum trado domui Bonevallis…Mansum Pagesil et… (Bonneval n° 44).

 

En 1183, Bernard d’Anduze fait une donation à la confrérie de Sommières de ce qu’il avait à prendre sur la leude du blé au marché de Sommières le samedi avant la fête de Notre-Dame de février et de tous les autres droits qu’il pouvait y exiger ce jour là, pour le rétablissement de la paix que le comte de Toulouse conclut avec le roi d’Aragon. L’acte est signé par Bernard de Salve (Ménard p 244).

 

En 1184, Ego Bernardus de Andusia  … quod … Willelmus Caturcencis episcopus pro allodio et heriditate predicte Uge, nepti sue et Deodato, viro suo, dedit … suisque posteris predictus episcopus, patris mei avunculus (oncle de mon père), retinens … (Bonneval n° 65).

 

D’après A. Mazon ([49] p 487), les possessions des Anduze à Largentière remonteraient à l’année 1190. Le 8 juillet de cette année là, Nicolas, évêque de Viviers, concède en fief à Bermond (s’agit-il simplement d’une confusion de prénom ?) d’Anduze un sixième de Largentière, de Sigalières, de Chassières… avec leurs revenus sur les hommes, justice, fours, moulins, bans, tailles, leudes et marchés…

 

Le 20 mars 1194, Bernard VII, seigneur d'Anduze, Sauve, Sommières et en partie d'Alès est présent à la donation que Raymond V de Toulouse fait à Guillaume de Montpellier du château de Frontignan (HGL VI p 159).

 

En 1197, Bernard d'Anduze est caution pour Bernard, comte de Comminges, dans son contrat de mariage avec Marie de Montpellier (LIM n° 204).

 

Sceau de Bernard d'Anduze (image Le Midi Libre) datant du début du XIIIe siècle ; Ce sceau  a été retrouvé en 2005 au château d'Aujac.

 

En juillet 1198, Bernard transige avec Raymond VI, comte de Toulouse, Nicolas évêque de Viviers et Aymard de Poitiers comte de Valentinois, au sujet de leurs prétentions sur les mines d'argent près de Largentière. Il en conserve un sixième (HGL V p 53).

 

En mars 1199, Bernard rend hommage avec son fils Pierre Bermond, à Guillaume, évêque d'Uzès, pour les châteaux de Saint-Ambrois, Montalet et Genouiac (Bertier de Sauvigny).

 

En septembre 1199, Bermond V, co-seigneur de Sommières, lointain cousin de Bernard d’Anduze, rend hommage à ce dernier pour son château de Montmirat. La seigneurie de Sommières retourne à la branche aînée à la mort de Bermond V (Bertier de Sauvigny).

 

Le 3 septembre 1200, Bernard confirme au prieur de Sauve l'hommage que son grand-père Bernard avait bien voulu lui rendre pour la viguerie de Portes.

 

Dans son testament du 4 novembre 1202, Guilhem VIII, seigneur de Montpellier, choisit Bernard d’Anduze comme protecteur de ses enfants (LIM n° 99).

 

Bernardi de Andusia et Petri Bremundi filii eius sont témoins de la charte datée d’octobre 1205 dans laquelle Petrus…Rex Aragoniæ et comes Barchinoniæ et dominus Montispessulani et Raimundo…Duci Narbonæ, Comiti Tolosæ et Marchioni Provinciæ arrangent le mariage de leurs enfants (Spicilegium  III p 567). Raymond de Sauve est présent à cet engagement.

 

En 1208, Bernard donne, avec son fils Pierre-Bermond, tout ce qu'il possède dans le diocèse d'Agde à l'abbaye de Valmague et en 1216, il offre la ville de Saint-Martin de Garrigues à la même abbaye (Bertier de Sauvigny).

 

Bernard et son fils Pierre-Bermond assistent, comme plusieurs autres barons languedociens, à la cérémonie humiliante à laquelle se soumet Raymond VI de Toulouse, dans l’église de Saint-Gilles, pour obtenir la levée d’excommunication lancée contre lui en 1207 et 1208 pour avoir favorisé les Albigeois.

 

Le 13 février 1215, confirmation d’une donation de treize manses, faite à l’abbaye de Bonneval en Rouergue, par Bernard VII, seigneur d’Anduze, et par son fils aîné Pierre-Bermond VI, seigneur de Sauve : Ego Bernardus de Andusia … pro salute anime mee parentum meorum et specialiter fratis mei P. Bermundi… (Bonneval n° 134).

 

Bertier de Sauvigny rapporte que Raymond-Gaucelin, seigneur de Lunel, ayant fait son testament le 5 avril 1215, sa veuve et les tuteurs de son fils Pons n’osèrent l’ouvrir sans en avoir obtenu la permission de Bernard d’Anduze, leur suzerain, ce qui fut fait le 4 juillet 1215.

 

Bernard d'Anduze et Marquise vendent, en mars 1216, à l'hôpital Notre-Dame du Puy, au prix de 8000 sous du Puy, le château de Fressac au dioçèse de Nîmes (Polignac). 

 

Le 12 avril 1217, Bernard confirme avec Pierre-Bermond, son petit fils, Bernard et Bermond ses enfants, les privilèges qu'il a accordé 30 ans plus tôt aux habitants d'Anduze et leur promet de ne lever ni taille ni exaction sur eux. Il règle ensuite la manière dont doit être exercée la justice (comte Beugnot [50]). Il accorde des privilèges similaires et donne la coutume à Alès en 1216 et à Sommières en 1222.

 

Bernard a mis au monde au moins six enfants :

  • Pierre-Bermond qui suit, décédé avant son père ;
  • Azalais épouse d’Odilon de Mercœur (Bonnet et Glénat) ;
  • Bermond, évêque de Viviers, décédé entre 1232 et 1233 (Bonnet et Glénat). Son église profite de la ruine de Raymond VI de Toulouse en s’attribuant un tiers de la seigneurie de Largentière. Dès son avènement, Raymond VII veut récupérer les fiefs de son père et Bermond est la cible des attaques des troupes toulousaines. Après un échec en fin 1222, Raymond VII revient en force en juillet suivant et s’empare de la ville. Bermond en appelle au pape Honorius III qui invite alors le comte à restituer les biens de l’Église de Viviers ; Le Toulousain maintient ses troupes et l’ultimatum du pape demeure sans effet. En dehors de ses démêlés avec le comte de Toulouse et le roi de France, Bermond d’Anduze se montre fort actif et liquide, le 8 septembre 1223, le procès entre son frère, Pierre-Bermond VI, et Vierne, sa belle-sœur, au sujet des péages de la ville d’Alès. En 1226, sur la demande d’Honorius, le roi Louis VIII de France, à la tête d’une armée de 100 000 hommes, entre en Languedoc et récupère Largentière. En 1228, Bermond siège au quatrième concile d’Orange. À la suite du traité de Paris de 1229, le sénéchal de Beaucaire somme l’évêque de Viviers de se reconnaître vassal du roi Louis IX. Bermond proteste et le sénéchal de Beaucaire saisit le temporel de son diocèse et ses biens propres. Bermond d’Anduze se plaint alors à l’empereur qui ne lui apporte aucun soutien. En 1232, Bermond passe une transaction avec le sénéchal Pèlerin Latinier qui s'éfforce de lui faire reconnaitre la suzeraineté du roi (Sénéchaussée de Beaucaire  p 182). 
  • Bernard VIII époux de Vierne du Luc ; une lettre du Pape Innocent III concernant Bernard d’Anduze le Jeune, datée du 15 janvier 1216, est collationnée dans le Bullaire de Magdelonne [51] I n° CXXXIX. Resté fidèle au roi de France, il reçoit certains biens ayant appartenus à son neveu Pierre-Bermond VII dont il rend hommage à Amaury de Montfort. Le 15 avril 1220, Bernard d’Anduze, fils de Bernard, notifie avoir reçu en fief d’Amaury une moitié de la ville d’Alès (Catalogue des actes de Simon et Amaury de Montfort n° 179 [52]).
  • Sybille femme de Raimond-Pelet II de Narbonne (Bonnet et Glénat) ; En août 1257, alors veuve, elle abandonne ses droits à la succession paternelle et reçoit en échange 250 livres tournois (RHGF [53] XXIV p 538)
  • Marquis nommé avec ses parents et ses trois autres frères dans la revente de Freissac. Il devient abbé de Mazan sous le nom héréditaire de Bernard.

 

Nous remarquons que les fils de Bernard ne suivent pas tous la même politique dans ce conflit opposant le roi de France et son vassal, le comte de Toulouse. Chacun cherche son intérêt, parfois même, au détriment d’un autre membre de la famille.

 

Bernard VII décède après 1217 et la vente du château de Fressac.

 

La famille de Marquise :

Nous ne connaissons pas la famille de Marquise mais Martin Aurell (Les noces du comte p 355), s’appuyant sur le procès de dissolution du mariage entre Bernard IV de Comminges et Marie de Montpellier pour cause de consanguinité, propose deux liens généalogiques l’un pour Bernard (que nous avons déjà étudié dans le chapitre précédent) et l’autre pour Marquise qui serait fille de Boniface de Montferrat : Bernard d'Anduzea déclare devant les légats du pape Innocent III : Bonifatius marchio habuit tres infantes…Bonefacium et Guillelmum marchionem et Sibiliam. De Bonifatio exivit domina Maria uxor domini Bernardo de Andusia, de Guillelmo marchione exivit comitissa de Bigorra, et de comitissa de Bigorra exivit uxor Bernardoni comitis Convenarum. De Sibilia exivit Guillelmus de Montepessulano, et de Guillelmo Montispessulani exivit Guillelmus pater Marie regine Aragonum. Hec ita vera esse audivit ab antecessoribus suis et a domino B. de Andusia et a domino episcopo Cyffricensi fratre eius, et a domina Marchisa eius uxore, et a domino R. episcopo Litteuensi et a multis aliis (Cabrer n° 1234).

 

 

Les derniers seigneurs d'Anduse issus de Bernard Pelet :

Les deux seigneurs qui terminent cet article et leur femme respective ne posent pas de problème d'ordre généalogique. Leur famille est décrite dans maints ouvrages spécialisés. La perte de leur seigneurie d'Anduze et de Sauve est une conséquence de la croisade contre les Albigeois.

 

Pierre-Bermond VI de Sauve x Constance de Toulouse :
En 1200, le peuple d’Alès obtient de ses seigneurs, Raimond-Pelet, Bernard et son fils Pierre-Bermond, sa première charte communale (comte Beugnot), ce dont semble douter A. Bardon
[54] p 67).

 

Pierre-Bermond VI participe à la 4e croisade. Il est nommé par Villehardoin [55] parmi les chevaliers qui partent en 1202 pour la Terre Sainte.

 

Les Anduze possèdent de nombreux domaines dans le diocèse de Viviers. En effet, en juillet 1200, Pierre-Bermond de Sauve rend hommage à Burnon, évêque de Viviers, de ses biens à Largentière. En 1202, il cède, au même Burnon, tous les droits qu’il possède à la bastide de Bonnegarde. En l’année 1220, on trouve encore un hommage du seigneur d’Anduze à l’évêque de Viviers.

 

Le mariage de Pierre-Bermond et de Constance (femme en premières noces de Sanche VI le Vaillant, roi de Navarre) est célébré vers 1208. Leurs enfants ayant atteint l’âge adulte sont :

  • Pierre-Bermond qui suit ;
  • Raymond, qui obtient la quatrième partie d'Anduze, la moitié des châteaux d’Aigrefeuil, de Calcades et de Cervière, dont il rend hommage à Amaury de Montfort, comte de Toulouse, en 1224. Il fonde la tige des barons de Florac (Bonnet et Glénat). Il est décédé le 27 octobre 1242 ; Il fait un hommage à l'évêque de Mende en 1219 (Sénéchaussée de Beaucaire p 117).
  • Ne (peut-être Clara, femme poétesse), épouse d'Hugues de Mirabel, qui a en dot une partie de Sauve (Bonnet et Glénat) ;
  • Sybille épouse de Barral des Baux décédée avant 1264 (Bonnet et Glénat) ;
  • Béatrix femme d’Arnaud de Roquefeuil son cousin ; Lors du contrat de fiançailles, en 1228, Pierre Bermond VII passe un acte d’aide politique réciproque avec Arnaud (A.D. Gard [56] 1 E 1884) ;
  • Bernard, baron de Caila, marié à Agnès de Séverac. En 1248, le sénéchal de Nîmes enregistre les lettres patentes de Louis IX qui entérinent l’échange de la seigneurie de Sommières contre le château du Caylar.

 

Lorsqu’éclate la croisade contre les Albigeois, Pierre-Bermond VI se joint naturellement au Raymondin mais, d’après M.F. de Lafarelle [57] p 77, peu soucieux de se faire envelopper dans la disgrâce de son beau-père, il ne fait pas de grands efforts pour le défendre et rejoint même les croisés qui envahissent Béziers. En 1211, il abandonne son beau-père et fait acte de soumission à Simon de Montfort comme la plupart des seigneurs languedociens.

 

En 1212, profitant de l’opportunité qui s’offre à lui, il s’efforce d’obtenir l’attribution des biens de Raimond VI à son profit. Il envoie un ambassadeur auprès du pape Innocent III et, pour justifier sa requête, explique que son épouse est la seule descendante légitime de Raymond de Toulouse (voir une traduction de sa lettre ci-contre). La manœuvre échoue…

 

En 1214, Pierre-Bermond VII tente d’accroitre ses domaines, notamment en direction du Rouergue. En 1214, Simon de Montfort lui confie la garde du château de Séverac que ses troupes viennent de conquérir (L. Macé [58]).

 

Une tenson de l’époque dont l’auteur est anonyme, rapportée par Martin Aurell  [59] p 70, met en scène deux jongleurs, Faure et Falconnet, qui se divertissent à répertorier les plus vilains barons de Provence dont ils se gaussent sans scrupule. À la quatrième strophe, Falconet raille vertement d’un certain Peire Bremon. Il s’agit probablement du sieur d’Anduze qui participe du côté français à la croisade du légat, avec le faux espoir de se voir adjuger le titre comtal de Toulouse par le pape.

 

Malgré l’échec de sa première tentative, Pierre-Bermond, accompagné de sa femme Constance, se rend à Rome en 1215 pour plaider sa cause. Son décès, avant celui de son père, met un terme à ses prétentions.

 

Pierre-Bermond VII x Josserande de Poitiers-Valentinois :
Sans doute très jeune à la mort de son père, Pierre-Bermond est soumis à l’autorité de son grand-père et, à la mort de Simon de Montfort, ils concluent un véritable traité d'alliance. Par cet accord du 9 septembre 1218, Raymond VI concède à Pierre-Bermond :

  • le château de Laroque-Valsergue, en Rouergue, avec toutes ses dépendances : Raymundus...dux Narbonæ et comes Tolosæ, marchio Provinciæ et Petro Bermundo domino de Salve nepoti meo, nato ex filia mea cherche un accord pour le castrum...de Valserga acquis par patre tuo quondam Petro Bermudo genero meo et...avo tuo Bernardo de Andusia (HGL V pr 92 p 604) ses droits sur les comtés de Milhau et du Gevaudan, que le roi d'Aragon lui a engagés moyennant 4 000 marcs d'argent fin ;
  • la suzeraineté et domination qu'il a lui-même sur les terres de Raymond-Pelet, co-seigneur d'Alès et autres lieux ;
  • la suzeraineté et domination dont il jouit également sur toutes les possessions, tant de Bernard VIII d'Anduze, seigneur de Portes, oncle de Bermond, que de Vierne, femme de ce même Bernard.

De son côté, Pierre-Bermond s'engage envers son aïeul à le servir et le soutenir envers et contre tous, excepté contre le pape et le roi de France, sauf s’ils refusent de lui faire justice. Le seigneur de Sauve renonce implicitement aux prétentions élevées par son père et sa mère sur les autres états du comte de Toulouse car, à la mort de ce dernier, Raymond VII, son fils, entre en possession de ses domaines sans que son cousin germain essaie de l’en empêcher .

 

Il est probable que, suite à l’alliance avec son grand-père, Pierre-Bermond VII doivent affronter les soldats d’Amaury de Montfort ainsi que les troupes de son oncle Bernard VIII. Ses domaines lui sont confisqués et remis à Bernard son oncle qui rend hommage pour tous ces biens le 15 avril 1220.

 

Le 1 avril 1223, Pierre-Bermond offre à Pons, abbé de Cendras, tout ce qu'il possède au château de La Tour et au Val de Robate.        

 

Le 25 juin 1223, il rend hommage à Pierre de Lodève, évêque de Lodève, pour les châteaux de Madiguières, La Baume, Auriol et la forteresse de Ceiras.

 

Après le décès de son oncle Bernard VIII, Pierre-Bermond tente de récupérer ses domaines. Au mois de septembre 1223, assisté de Bermond, évêque de Viviers, et de Bernard, religieux de l’abbaye de Mazan, oncles du plaignant, l’évêque de Nîmes lui restitue les biens confisqués. En échange, Pierre-Bermond cède aux enfants de son oncle défunt, la moitié du péage d'Alais, les châteaux de Calberte et de Bellegarde et quelques autres domaines, à condition qu'eux et leurs successeurs le tiennent de lui et de ses héritiers (Marette [60] p 157 et Sénéchaussée de Beaucaire p 123).

 

En 1225, Pierre-Bermond f Pierre-Bermond reçoit en fief de l’évêque d’Agde Thédise les fiefs que tenait son père (HLG V actes de l’église d’Agde).

 

Entre 1223 et 1230, Pierre-Bermond donne le dixième des revenus du péage de la « Tour de la Roque » pour l’entretien de 7 religieuses du monastère cistercien de Fonts (St Julien les Rosiers près d’Alès).

 

En 1226, Pierre-Bermond VII, seigneur de Sauve, d'Anduze, de Saint-Bonnet et de Largentière, se rend à la cour du roi pour lui rendre hommage pour les châteaux de Sauve, Anduze et ce qu’il possédait à Alès (HGL VIII n° 163). Il parait même que Blanche de Castille séjourna au château de Villeneuve, propriété des Anduze, en sa compagnie...

 

Pierre-Bermond VII qui a fait sa soumission à Louis VIII, jugé trop puissant, n’hésite pas à prendre les armes, pour des raisons non définies mais peut-être liées aux clauses du traité de 1218 entre Pierre-Bermond et son grand-père au sujet d’Alès, contre Bernard-Pelet, coseigneur d’Alès. En 1227, tous deux sont en guerre (HLG V p 355) et une trêve leur est imposée par l’évêque de Grasse et le pouvoir royal .

 

En 1227, Pierre-Bermond VII signe un accord avec Bernard-Pelet de Narbonne fils de sa tante Sybille au sujet de la coseigneurie d’Alès (HGL VIII).

 

En mars 1227, bail à fief entre Pierre-Bermond, seigneur d’Anduze et de Sauve et Arnaud de Roquefeuil dans lequel il est question des droits de Bertrand d’Anduze sur divers châteaux et des droits de père et mère sur les chateaux parvenus aux deux signataires (A.D. Gard 1 E 1884).

 

En 1228, Pierre-Bermond de Sauve, à la demande des habitants du pays d’Hierle, accorde des privilèges et confirme d’anciennes coutumes en faveur des ouvriers des mines de cuivre et d’argent. Bernard son frère est témoin de l’acte (Ménard p 298 et preuves p 71).

 

Le 21 février 1228, Pierre-Bermond rend hommage à Raymond, évêque d'Uzès, pour sa seigneurie de Sorbières.

 

Les hostilités entre le roi de France et les fidèles des comtes de Toulouse n’ont jamais réellement cessé et il est probable que de nombreuses escarmouches ont mises à mal les différentes trêves conclues entre les belligérants. Les raymondins ont à cœur de reconquérir leurs domaines et la soumission au roi n’est qu’une façade destinée à tromper sa vigilance.

 

Quoi qu’il en soit, les biens de Pierre-Bermond, sans que nous en connaissions le mobile exact, sont confisqués par saint Louis et rattachés au domaine royal à la fin des années trente. Sauve, Alès, Anduze et Sommières sont ainsi saisis.

 

En 1239, Pierre-Bermond participe à la rébellion des Trancavel. En avril 1243, saint Louis lui accorde son pardon mais n’en reste pas moins co-seigneur d’Alès . La révolte aboutit finalement à une enquête royale (1247-1248) au terme de laquelle la couronne restitue quelques biens ou plutôt propose des échanges sans que Pierre-Bermond puisse récupérer sa seigneurie d’Anduze (Pierre Macaire  [61] p 11).

 

On remarque que le traité conçu à Montpellier le 18 avril 1241 entre Raimond VII et le roi d'Aragon, Pierre Bermond est  du côté de roi d'Aragon. Serait-il survenu quelque froid entre l'oncle et le neveu ? (A Bardon p 41).

 

Avant le 12 juillet 1243, Oudard de Villers, sénéchal de Beaucaire, assigne par ordre du roi à Pierre Bermond, 600 livres tournois de rente annuelle sur la terre d'Hierle, sous certaines conditions (Sénéchaussée de Beaucaire p 362).

 

Le mariage entre Pierre-Bermond et Josserande de Poitiers-Valentinois est vraisemblablement une conséquence directe de la politique des comtes de Toulouse qui lient ainsi leurs principaux alliés à une époque-clé où ils tentent de regagner le marquisat de Provence. 

 

Pierre-Bermond a eu au moins sept enfants de Josserande :

  • Philippie, dame de Sommières, mariée à Almeric II de Narbonne-Lara ; Une charte du 24 mars 1271 rapporte l’accord entre "dominum Aymericum et dominum Amalricum fratres, filios quondam domini Amalrici...vicecomitis et domini Narbone" concernant l’héritage de leur père et nomme domine Philippe matris eorum (HGL VIII pr 542, col. 1728).
  • Marie qui épouse le 27 février 1249 Arnaud-Othon de Lomagne qui donne quittance au comte de Toulouse le 11 février 1248 de 1000 livres arnaldoises promises en dot à Marie ;
  • Roger décédé après 1302 et seigneur de la Voulte ; Philippa veuve d’Adhémar de Poitiers révoque la donation de la terre de Clérieu qu'elle avait faite à son petit-fils Aimar qui s'est rendu indigne, par son ingratitude et ses mauvais procédés... Agée et infirme, il ne l'a pas visitée. Il hait ceux qui la servent et la prive de ses ressources. Elle supplie le dauphin, comte de Vienne et d'Albon, de s'opposer aux prétentions sur Clérieu de ce fils ingrat et confirme la cession qu'elle en a faite à son petit-fils Roger, fils de Jausserande... (RD [62] n° 8702 et n° 8784).
  • Béraud décédé après 1269. Le 13 des calendes de juin 1269, Béraud d'Anduze reconnait tenir de l'évêque d'Albi les droits de passage (ou de pesade) qu'il levait à Tonnac, à Vieux, à Alayrac et à Casal et lui promet fidélité (Rossignol [63]). Dans son testament de juin 1270, Jeanne, fille de Raimond VII, comtesse de Toulouse et épouse d'Alphonse frère de saint Louis, lui cède le château de Morenc au diocèse de Cahors.
  • Guillaume marié à Cavayère fille de Pons, baron d’Olargues. En 1272, il fait une grande dépense pour suivre le roi Philippe II à la guerre contre le comte de Foix, ce qui l’oblige à vendre la baronnie d’Hierle. Il tente à plusieurs reprises infructueuses d’obtenir la restitution des biens familiaux et la baronnie de Sauve en particulier. Il est débouté de sa demande en 1257. Il faut sans doute l’identifier au troubadour Guillaume d’Anduze ;
  • Aymar légataire de sa grand-mère en 1246 et de son père en 1254 ;
  • Bernard légataire de sa grand-mère en 1246 ;

 

En 1254, année de la mort de Pierre-Bermond, saint Louis, revenant de croisade, et devant les agissements de Pierre-Bermond, ordonne que le château d’Anduze soit entièrement rasé. C’est en 1256 que l’ordre est exécuté (L Malbos).

 

En 1259, plusieurs années après sa mort, Guillaume d'Anduze et Philippine, vicomtesse de Narbonne, ses fils et fille font donation à Aymeri de Narbonne, leur neveu et fils, du comté de Tripoli, en Syrie ou, plus exactement, des prétentions que les comtes de Toulouse avaient eues sur cette terre. Ils font cette donation comme héritiers de Raymond VI, leur bisaïeul, et de Constance de Toulouse, leur grand'mère. Ce vain titre de comte de Tripoli est le seul débris que cette maison sauve du grand naufrage de 1242 et 1243.

Josserande meurt après 1250. Pierre-Bermond épouse alors Allemande de Pierre fille de Raymond (BN ms fr 29564 dossiers bleus 19 Anduze). Il étend ainsi le champ des alliances de sa famille. Il teste le 15 novembre 1254.

 

 

Bibliographie :

[1] Glénat et F Bonnet Histoire et Généalogie n° 61 p 14

[2] Généalogie des Bermond d’Anduze Berthier de Sauvigny dont une photocopie consultable aux A.D.Var sous la côte BR 34. Nous ne savons pas où et quand a été publié cette généalogie à moins qu’il ne s’agisse d’un paragraphe ou d’une annexe de la Généalogie de la maison de Baschi imprimé en 1742.

[3] Site Ludovic Noirie : seigneurs d'Anduze et de Sauve

[4] Positions des thèses de l’école des Chartes 1992 Jérome Belmon.

[5] Le midi carolingien 2004 Christian Settipani.

[6] Etude sur la famille féodale d’Anduze et de Sauve 1977 Lina Malbos Mémoires de l'académie de Nîmes

[7] Cartulaire de Gellone (désormais Gellone)

[8] Cartulaire d'Aniane (désormais Aniane)

[9] Cartulaire de l'abbaye de Conques (désormais Conques) 1879 Gustave Desjardins

[10] Histoire générale du Languedoc Devic et Vaisette désormais HGL (Attention, il en existe plusieurs éditions).

[11] L’exemple de la cité de Nîmes et du pagus de Maguelone Laurent Schneider dans Le château et la ville : espaces et réseaux, Volume 105, partie 8 par Patrice Cressier.

[12] Féodalités languedociennes 2003 Hélène Debax.

[13] Genèse des lignages méridionaux Claudie Duhamel-Amado.

[14]  Une vicaria languedocienne : Popian en Bittérois Laurent Schneider 1997 Annales du midi.

[15] Un diplome du comte Frédelon Calmette Annales du Midi 1929

[16] Archives départementales de l'Aveyron (désormais A.D. Aveyron)

[17] Cartulaire de l’église cathédrale de Nîmes (désormais Nimes)

[18] Un essai de reconstitution de manuscrit disparu : cartulaire de Vabres 1989 Etienne Fournal.

[19]  Histoire civile ecclésiastique et littéraire de la ville de Nismes 1875 Léon Ménard.

[20] Cartulaire de Saint-Chaffré Le Monastier (désormais Saint-Chaffré).

[21] Le diocèse du Puy en Velay des origines à nos jours 2005 Pierre de Cubizolles.

[22] Les vicomtes de Narbonne Thierry Stasser 1993 dans Annales du Midi n° 204

[23] Relire la chanson de Sainte-Foy Frédéric Gournay 1995 Annales du Midi n° 212

[24] La terre, la rente et le pouvoir dans les pays de Languedoc pendant le haut moyen-âge 1981Magnou Nortier dans Francia

[25] Le cartulaire des Trencavel ou Liber instrumentorum vicecomitalium (désormais CT)

[26] Cartulaire des Guilhem de Montpellier ou Liber Instrumentorum memorialium (désormais LIM)

[27] Histoire de la ville d'Anduze 1847 Jean-Jacques Paulet

[28] Les noces du comte, mariage et pouvoir en Catalogne (785-1213) 1995 Martin Aurell

[29] Une étape dans l'évolution vers la désagrégation de l'État toulousain au XIIe siècle : l'intervention d'Alphonse-Jourdain à Narbonne (1134-1143) 1966 A Grabois dans Annales du Midi n° 76

[30] Les seigneurs de Narbonne dans le conflit Toulouse-Barcelone au XIIe siècle 1985 Jaqueline Caille dans Annales du Midi n° 171

[31] Cartulaire de l'Abbaye de Bonneval en Rouergue (désormais Bonneval) 1938

[32] Documens historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue, dans les temps anciens et modernes par H. de Barrau

[33] Les nobles aïeux de trois seigneurs Rouergats du 17ème siècle 2002 Eugène Vasseur

[34] Gran Enciclopedia Catalana

[35] Mémoires de l'histoire du Languedoc 1803 Guillaume de Catel

[36] Site de la famille de Roquefeuil

[37] Cartulaire de Maguelonne (désormais Maguelonne) 1913 - 1914 J Rouquette

[38] Prospectus novae editionis Spicilegium et veterum Analectorum 1665-1677 L. d'Achery  tome III

[39] Chartes de Durbon, quatrième monastère del'ordre des Chartreux 1893 P Guillaume

[40] Gallia Christiana Novissima tome I (désormais GCNN) 1895 Chanoine Albanès

[41] Cartulaire de Sylvanès (désormais Sylvanès)

[42] Fulcran de Roquefeuil (mail privé)

[43] Pedro el Católico, Rey de Aragón y Conde de Barcelona (1196-1213). Documentos, testimonios y memoria histórica (FHA 52) Martin Alvira Cabrer tome III

[44] Généalogie manuscrite de la maison d’Anduze Le laboureur

[45] L'administration royale dans la sénéchaussée de Beaucaire au temps de saint Louis 1910 Robert Michel

[46] Preuves de la maison de Polignac : receuil de documents pour servir à l'histoire des anciennes provinces de Velay, Auvergne, Gévaudan, Vivarais, Forez... IXe-XVIIIe siècle Antoine Jacotin

[47] Nobiliaire du Velay p 126 Gaston de Jourda de Vaux tome I

[48] Layettes du trésor des chartes 1863 Alexandre Teulet tome I

[49] Notice sur la Baronnie de La Voulte A Mazon dans Revue historique, archéologique, littéraire et pittoresque du Vivarais illustrée tome V n° 1

[50] Anciennes coutumes inédites d'Alais 1846 le comte Beugnot dans Biblothèque de l'école des chartes vol 7 n° 1

[51] Bullaire de l'église de Maguelonne 1911-1914 J Rouquette

[52] Catalogue des actes de Simon et d'Amaury de Montfort 1873 Auguste Molinier dans Bibliothèque de l'école des Chartes volume 34

[53] Recueil des historiens des Gaules et de France désormais RHGF tome 24

[54] Listes chronologiques pour servir à l'histoire de la ville d'Alais (suite) 1892 Achille Bardon dans Mémoires de l'académie de Nimes

[55] Histoire de la conquête de Constantinople Entre 1207 et 1213 Geoffroi de Villehardoin rédige ses mémoires intitulées

[56] Archives déparpementales du Gard (désormais A.D. Gard)

[57] Fin de la première maison seigneuriale d'Anduze 1840 M. F. Lafarelle dans Mémoires de l'Académie royale du Gard

[58] Les Comtes de Toulouse et leur entourage XIIe XIIIe siècle 2000 Laurent Macé

[59] La Vielle et l'épée 1989 Martin Aurell

[60] Recherches historiques sur la ville d'Allais 1860 J-M Maurette

[61] Alès en Cévennes: pas à pas au fil des ans et au fil des rues 2005 Pierre Macaire

[62] Regeste Dauphinois (désormais RD)1913 - 1923 Ulysse Chevalier

[63] Monographies communales ou étude statistique, historique et monumentale du département du Tarn tome III 1865 Elie Rossignol.

 

 

Commentaires

Mariage de Bertrand et Adelais de Roquefeuil

Bonjour

Le chapitre du diocèse de Fréjus-Toulon
(http://www.chapitre-frejus-toulon.fr/index.php/18-les-eveques/dans-l-ent...) donne les renseignements suivants sur Frédol ou Frédolon d'Anduze
Il est fils de Bertrand et D'Adélaïs de Roquefeuil et frère de Bernard, Raymond, Bermond et Vierne
il entra très jeune au monastère de Saint-Victor de Marseille et en fut élu abbé à 40 ans en 1163 puis évêque de Fréjus vers 1165.
il est donc né en 1123.
Le mariage Bertrand et D'Adélaïs de Roquefeuil a eu lieu bien avant 1129. peut être 1109 ils sont très jeune Bernard VI est né peut être vers 1120 et Raymond après 1123.
Bravo pour votre article et également pour votre site
Cordialement

Ascendance pour l'épouse de Bernard VI d'Anduze

Bonjour, pour information, les témoignages (en 1212) pour le procès d'annulation du mariage de Marie de Montpellier & Pierre d'Aragon sont disponibles dans le documents suivant: M. ALVIRA CABRER, "Pedro el Católico, Rey de Aragón y Conde de Barcelona (1196-1213)", 2010, tomo III (items 1229 & 1234). Voir : http://ifc.dpz.es/publicaciones/ebooks/id/3003 J'avais envoyé à ce sujet plusieurs messages sur la liste http://fr.groups.yahoo.com/group/cgw-34/, dont: http://fr.groups.yahoo.com/group/cgw-34/message/33319 http://fr.groups.yahoo.com/group/cgw-34/message/33346 qui contiennent en attachement ces textes latins avec leur traduction (faite avec l'aide de Jean-Jacques Massol). Bien que connaissant et ayant souvent consulté votre site pour les Guilhems de Montpellier & les familles d'Anduze, je n'avais pas encore repéré cette question sur votre site... A la lecture de ces textes, on arrive effectivement à la conclusion que l'épouse de Bernard, "Marquise" (qui pourrait être Eustorge, Marquise étant très probabelment un surnom..), est fille de Boniface et petite fille de Boniface (di Saluzzo / de Saluces). On a dans le même document le fait de Sybille qualifiée "de Mataplane" dans de nombreuses généalogies est en fait issue de la même famille de Saluzzo (Saluces). A noter sur ce dernier point qu'un indice est dans le contrat de mariage de Sybille avec Guilhem de Montpellier en 1229: il y a parmi les témoins un Boniface de Revello (Revello est à 5 km de Saluzzo...). Celle qui pourrait bien provenir de Mataplane serait plutôt Ermessinde (dite "de Melgueil", mais cela ne colle pas trop pour les dates: mariage vers 1078, enceinte en 1121 au testament de son époux suivant les actes que l'on trouve sur le cartulaire des Guilhems...) Pour terminer sur les témoignages de 1212, ils sont un peu confus pour l'ascendance de Bernard de Comminges. Et pour Mathilde de Bourgogne, il faut rajouter quelques générations pour que cela colle sur le côté de Renaud de Bourgogne (comte de Bourgogne, +1057 à Besançon, c'est le dernier avec peut être son fils Guillaume qui puisse avoir été dénommé comte de Besançon, car après la ville n'a plus dépendu du comté, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Besan%C3%A7on#Moyen_.C3.82ge), ce Renaud est le grand-père de la grand-mère paternelle de Mathilde. Cordialement, Ludovic Noirie. E-mail: {prénom.nom}@wanadoo.fr. Commentaire écrit le 28 11 2010 et transféré sur cette page par Hélène et Thierry en 2012

Anduze vers 1300

Bonjour, votre magnifique article sur les Anduze s'arrete avant 1300. Lors de l'hommage des nobles de la viguerie d'Anduze à Philippe de Valois, le 21 Mars 1327, un "Pons d'Anduze" est présent. Ce Pons d'Anduze est Pons d'Aigrefeuille, fils de "Remundi de Andusia", frère d'Arnaud d'Anduze, fils d'une Aigrefeuille, et héritier de son oncle maternel, Guillaume d'Aigrefeuille. Il épouse Guillaumette de Barre, puis Marguerite de Coliac. Il fait une jonction généalogique entre les Aigrefeuille, tres grande famille du Languedoc et au delà, tres représentée dans l'église (vers 1350, 3 frères évèques, dont 2 archevèques), identifiée dès le début du XI siècle en Languedoc, et les Anduze. Je cherche qui est ledit "remundi de andusia", possédant qq chose (le chateau de saint sébastien d'aigrefeuille ?) sur la viguerie d'Anduze vers 1300. des idées ?

Donatio de 1170

En 1170, Pierre-Bermond V et ses frères Bernard, Bermond et Bérenger font une donation à l’abbaye de Gellone. Peu avant sa mort, il participe à la guerre mené par Raymond V de Toulouse contre Bertrand-Pelet qui s’est adjugé le comté de Melgueil et assiège le château de Montredon, au nord de Sommières. Il décède avant décembre 1172 et la seigneurie de Sauve retourne alors à la branche ainée des Anduze.

Pouvez-vous, s'il vous plait, donner le texte de la donation de 1170 ?
Cordialement

F. de Roquefeuil
fderoque@gmail.com

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