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Nous complétons et nous corrigeons le fichier « Notariat de Savines (05) » par la lecture des minutes de Mtre Jouve, en ligne sur le site des archives départementales des Hautes-Alpes.

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Ces deux seigneuries voisines (une trentaine de kilomètres séparent les deux villes situées dans la Puisaye) apparaissent presque simultanément, au cours du XIe siècle.

 

Charte de donation de Savary de Saint-Vérain à l'abbaye de Villegondons en 1131 (image tirée du blog du médiéviste Olivier Trotignon).

 

Selon la tradition, les seigneuries de Toucy, de Saint-Vérain (et la baronnie de Donzy) ont été créées par Hugues de Châlon, évêque d'Auxerre de 999 à 1025, mais les historiens modernes ne semblent pas convaincus par cette hypothèse qui n'est confirmée par aucun texte.

 

Léon et Albert Mirot [1], au  XXe siècle, ont consacré un ouvrage à la seigneurie de Saint-Vérain et, un peu plus tôt, Ernest Petit [2] (tome VII) a décrit une généalogie détaillée des seigneurs de Toucy. Très récemment, Etienne Meunier [3] s'est intéressé aux origines de ces deux familles et ouvre de nouvelles perspectives. Même si nous ne sommes pas bien renseignés sur les premiers degrés de ces lignages et sur la façon dont ils ont émergé, ces auteurs nous donnent les éléments indispensables à une première réflexion sur leur généalogie.

 

Pour compléter les travaux déjà cités, nous avons consulté les auteurs suivants :

  • René Lespinasse [4] ;
  • Yves Sassier [5] ;
  • L’abbé Lebeuf [6] ;

ainsi que les cartulaires régionaux.

 

Le mariage de Gibaud de Saint-Vérain et de Sare de Toucy vers 1150 connecte ces deux maisons que nous traiterons l’une après l’autre.

 

La seigneurie de Saint-Vérain

 

 

La petite agglomération de Romfort située sur les routes allant d'Entrains à Orléans et d'Entrains à Bourges, dépendait de l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre. Si modeste fût-elle, elle présentait de l'intérêt : elle commandait la route reliant Donzy, au sud, à Saint-Amand-en-Puisaye, au nord ; de l'est à l'ouest, elle surveillait les communications entre Bouhy et Cosne. De bonne heure, la localité dut être fortifiée, car elle servit de refuge, vers 885, aux restes de saint Véran, évêque de Cavaillon, au VIe siècle, lors des invasions des Sarrazins (F Lot [7]).

 

Ferdinand Lot justifie donc l'importance de Saint-Vérain anciennemnt nommé Romfort par sa position géoraphique. Une famille seigneuriale dont l'origine est incertaine s'y est développée. Au fil des siècles, les Saint-Vérain ont possédé d'importants domaines au nord de Cosne-sur-Loire, autour d'Aligny, la Celle et Saint-Loup. Ils étaient aussi présents dans la vallée de l'Yonne et de la Cure et, plus au sud, ils contrôlaient encore la châtellenie d'Asnois.

 

L'origine des sires de Saint-Vérain est difficile à cerner. Yves Sassier (p 101) propose que cette seigneurie soit simplement issue d’un démembrement de celle de Donzy. En effet, les prénoms portés par les fratries des deux lignages ont des points communs (Geoffroy, Renaud, Savaric…) et les biens des deux familles sont proches et s'imbriquent les uns dans les autres. Etienne Meunier donne une autre explication. Les Saint-Vérain sont des fidèles du comte de Nevers installés au nord de Cosne pour contrecarrer la puissance des Donzy.

 

Ces deux auteurs soulignent que le surnom de "Rongefer" porté par une branche des Saint-Vérain à Asnois se retrouve en Charolais. En effet, Jean Richard [8] écrit qu'au XIe siècle, deux témoins d'une charte des Semur (ancêtres des Donzy), arboraient ce surmon de Rongefer (Seguin et Robert Rungifer). Il y a peut-être eu une interconnection avec une famille du Charolais.

 

L'hypothétique ancêtre Gibaud :
Gibaud de Saint-Vérain aurait fondé le prieuré de Saint-Vérain au mois de juillet 1000 (Marolles [9] col 308 reproduit ci-contre). Cette mention d'un Gibaud en 1000 parait douteuse à Jean Richard (p 113) repris par Yves Sassier (p 101).

 

Selon René Lespinasse (I p 145), en 1015, lors du partage par le roi entre l’évêque d’Auxerre et le comte de Nevers Landri, le fief de Saint-Vérain, entre les mains de Gibaud, échoit à l’ecclésiastique. Cette affirmation n'est probablement qu'une simple extrapolation d'un historien qui s'appuie sur le document précédent.

 

Noëlle Deflou-Leca [10] écrit en 2011 : Aucun acte ne permet de vérifier cette fondation précoce transmise par la tradition et plusieurs indices inclinent à la mettre en doute. Si l’on suit cette version qui fait de Gibaud le fondateur d’un monastère à Saint-Vérain et sa soumission à Saint Germain, il faut alors replacer cette fondation dans le contexte de la réforme appliquée par l’abbé Heldric. Il est alors surprenant que les Gesta abbatum, pourtant friandes de tous les éléments venant magnifier le monastère et les actions des premiers abbés réformateurs du XIe siècle, aient passé sous silence cette intégration.

 

Faut-il remettre en cause l'existence d'un Gibaud de Saint-Vérain vivant au début du second millénaire ? Remarquons tout d'abord que plusieurs Gibaud évoluent en Bourgogne avant que se forme le lignage de Saint-Vérain. Gibaud, mari de Reintrude, fille de Milon de Tonnerre et d'Adèle, combat les Normands au siège de Paris en 886. il est comte d'Auxerre à la fin du IXe siècle et meurt après 902.

 

En 902, donation faite par Atila, comitissa, veuve du comte Milon et mère de Rentrude mariée à Girbaud en faveur de l’abbaye Saint-Bénigne de Dijon, qu’elle était (Saint-Bénigne [11] I n° 154).

 

En 1023, Gibaud est témoin d'une charte d'Elisabeth de Vergy, comtesse de Macon, sa tante (Duchesne [12] preuves p 65 d'après une charte de Saint-Denis de Vergy). En juin de la même année, Gibaud donne des biens dans le comté d'Avalon à l'abbaye de Cluny (CLU [13] III n° 2781). Deux de ses fils, Armand et Gibaud signent l'acte ainsi que Robert, fils de Gibaud. Le comte de Nevers, Landri, sa femme et son fils Renaud sont présents à la donation.

 

Ces Gibaud sont probablement parents puisqu'ils portent le même prénom dans des lieux très proches mais il est pas possible de les relier aux ancêtres des seigneurs de Saint-Vérain.

 

Notons pour l'annecdote qu'un hameau de la paroisse de Tracy, non loin de Mesves où les Saint-Vérain interviennent plusieurs fois, se nomme Bois-Gibaud.

 

 

Gibaud I :
Presque un siècle plus tard, apparait un autre Gibaud, seigneur de Saint-Vérain qu'il est raisonnable de supposer petit-fils ou arrière-petit-fils du précédent si toutefois ce dernier a réellement existé.

 

En 1107, Gibaud de Saint-Vérain est témoin d’un accord entre le prieur de la Charité, Eudes Arpin, et Adam Le Meschin qui renonce à son droit de rivage pour toutes marchandises et de cartelage pour le blé et le sel. Il approuve également diverses donations faites autrefois par son père (La Charité [14] n° XLVII).

 

Gibaud I n’a pas laissé d’autre trace de son existence et aucune source ne nous donne le nom de son épouse. Les enfants supposés de Gibaud sont :

  • Savari qui suit ;
  • Gautier, frère de Savari (Y. Sassier).

 

Savari x Erembourg :
Savari est né vers 1080 au plus tôt. Aucun document n’indique qu’il est le fils de Gibaud. Toutefois, le fait qu’il soit seigneur de Saint-Vérain et qu’un de ses fils se nomme Gibaud donne une certaine épaisseur à l’hypothèse formulée par René Lespinasse.

 

En 1131, Savari de Saint-Vérain, sa femme Erembourg et ses fils Leri, Gibaud et Renaud sont bienfaiteurs de l’abbaye de Villegondons (Lebeuf V n° 28  et L et A Mirot d’après archives départementales de la Nièvre H 153 dont le début est reproduit ci-dessus). 

 

Savari et Eremburge ont enfanté :

  • Leri/Lenteric décédé avant 1134 (L et A Mirot) ;
  • Gibaud qui suit ;
  • Renaud Rongefer, sire d’Asnois, époux de Marthe d'où Renaud qui ravage les terres épiscopales à Varzy vers 1220 (Bierre [15] p 113).

 

Savari est mort avant 1134 (L et A Mirot).
 

 

Gibaud II x Sare de Toucy :
Gibaud II est né vers 1110. Il est l'époux de Sare/Sara de Toucy. Il est, avec son beau-frère Narjot de Toucy, l'un des fidèles du comte Guy de Nevers.

 

Batailleur, âpre à la défense de ses droits, cruel mais libéral et généreux, [Gibaud] apparaît comme un grand féodal qui joua un rôle considérable en Nivernais et en Puisaie. Durant une dizaine d'années, il avait été en guerre avec le comte de Nevers, Guillaume III, puis, en plein accord avec Guillaume IV, il envahit et pille avec lui le monastère de Vézelay (Louis Carolus-Barré [16]).

 

En 1134, Gibaud de Saint-Vérain reçoit l’évêque d’Auxerre, l’abbé de Saint-Satur et d’autres grands seigneurs venus signer une paix entre l’église de Saint-Satur et Adam de la Marche (Mesves [17] n° II).

 

En 1142, Gibaud est témoin d’un acte de Guillaume II, comte de Nevers, qui approuve la donation faite par Renaud le Batard à l’abbaye des Roches (Lebeuf III p 76).

 

En 1144, Gibaud de Saint-Vérain, du consentement de son frère Renaud, accorde à l’abbaye de Bourras, le droit d’usage dans la forêt de Noirépinai, droit pouvant se transformer en pleine propriété au cas où les donateurs mourraient sans enfants légitimes. Gui, vicomte de Clamecy, est témoin (Lebeuf IV n° 34).

 

Entre 1154 et 1161, Gibaud de Saint-Vérain, Narjot de Toucy et Guillaume de Dampierre se révoltent contre leur suzerain, le comte de Nevers, et lui font la guerre. Nous ne connaissons ni les raisons, ni les conséquences du différent qui les a opposés (Lebeuf III p 85). Les liens familliaux entre ces trois personnages ne sont pas clairement établis (voir ci-dessous à la rubrique de Narjot de Toucy).

 

Entre 1160 et 1167, l'évêque Alain règle le différend élevé entre l'abbaye de Reigny et Gibaud de Saint-Vérain, au sujet de la terre et des prés de la forêt de Waureta. Il en ordonne la restitution aux moines. Puis, pour réparer le dommage causé à l'abbaye par Gibaud ou les siens, il fait donner à l'abbé trois sous par Sara, la dame de Saint-Vérain qui reconnait que Gibaud de Saint-Verain et Renaud, son frère, ont renoncé à tout ce qu'ils réclamaient à l'abbaye (CY [18] II n° C).

 

En 1163, Alain, évêque d'Auxerre, atteste que Gibaud et Renaud de Saint-Vérain ont confirmé l'abbaye de Reigny dans tout ce qu'elle possédait au finage de Toire. La femme du donateur et ses enfants Geoffroy et Sare reçoivent différentes sommes en présent, et mêmes ceux qui sont au berceau ne sont pas oubliés (Lebeuf  IV n° 52 d'après CY II n° CXL).

 

En 1163, Gibaud de Saint-Vérain, Nargeot de Toucy et Guillaume de Dampierre assistent le comte Guillaume IV dans une déclaration au sujet des terres de Diges appartenant à Saint-Germain d’Auxerre (CY I p 299). Il semble que la querelle des années précédentes avec Guillaume III soit oubliée.

 

En 1168, le comte de Nevers, alors en conflit avec l'abbaye du Vézelay, charge quelques-uns de ses vassaux, dont Gibaud, de surveiller le monastère et sa région. Gibaud en profite pour dévaster l'abbaye (L et A Mirot p 46).

 

Le 2 avril 1173, Gibaud assiste au règlement d'une indemnité de 60 L accordée par Guy, comte de Nevers, et Mahaut, son épouse, à l'abbé de Saint-Satur pour des pillages commis à Mesves (Mesves n° VI).

 

En 1173, Gibaud est présent à la renonciation de Guy, comte de Nevers, de son droit de gite à Andrie, en faveur du prieur Etienne de Blois (Marolles col 267). 

 

En 1174, au château de Beaune, Gibaudus de Santo-verano, Nargodus de Thoci et autres de ses vassaux assistent à l'hommage lige du comte de Nevers Gui envers le duc de Bourgogne (AY II n° CCXXXIII).

 

En 1174, Gibaud de Saint-Vérain et Narjot de Toucy sont témoins de la donation d’un fief situé à La Charité par Guy, comte de Nevers, au prieuré de La Charité (La Charité n° LXIX).

 

Les enfants de Gibaud II et de Sare sont :

  • Gibaud qui, à priori, est mort jeune (CY II n° C) ;
  • Geoffroy qui suit ;
  • Savaric, moine de Saint-Germain d'Auxerre (CY II n° CCCLXXXIII) ;
  • Hugues qui suivra après Geoffroy ;
  • Ne x Arnoul de la Ferté Chauderon (L et A Mirot) ; Dans la charte n° LXXVIII de l'abbaye de Fontmorigny [19] apparait en 1178 un Arnoul et ses fils Chauderon (x Arembourge), Arnoul et Guillaume. C'est peut-être le second fils de cet Arnoul qui a été marié à une demoiselle de saint-Vérain. Ce couple est absent du Nobiliaire Nivernais (A. Villenault [20]) ;
  • Sare x Eudes de Montfaucon (Vasseur [21]) ; En 1202 ou 1203, Sara, dame de Montfaucon, apparait dans une charte de l'abbaye de Fontmorigny (Fontmorigny n° CLVI) ;
  • Ne x Bernard fils de Galon (L et A Mirot) ;

Gibaud est donc mort après 1174.

 

Geoffroy x Agnès:
Il semble qu'en 1144, Gibaud et son frère Renaud n’avaient pas encore d’enfant (Lebeuf IV n° 34). On peut donc faire l’hypothèse que Geoffroy, fils de Gibaud, est né après 1145.

 

En 1170, Geoffroy de Saint-Vérain est témoin d'une donation d’Elisabeth de Toucy (CY II n° CCXII).

 

Sceau de Geoffroy en 1180 (Lebeuf III)

 

Vers 1185, Geoffroy de Saint-Vérain atteste que Bernard, curé de Saints, a cédé à l'abbaye de Saint-Germain un droit de dîme qu'il tenait en gage d'Etienne de Cassaim, et pour lequel il avait payé 80 livres de Souvigny et mille sous, monnaie de Gien. Le sire de Saint-Verain approuve cette cession, comme seigneur du fief (CY II n° CCCXLVII).

 

En 1186, Geoffroy, du consentement de sa femme Anne (?) et de son frère Hugues, fait remise aux moines de Pontigny des dîmes de leurs vignes de Saint-Bris, à condition qu'ils paieraient seulement, par arpent, un droit égal au cens (CY II n° CCCLIX).

 

En 1188, Geoffroy, du consentement de sa femme Agnès et de celui de son frère Hugues, remet à l'abbaye de Pontigny tout ce qu'elle lui devait, ainsi qu'à son oncle Renaud et sa femme Marthe, sur les biens de la dépendance de son monastère situés à Saint-Bris. Savari, moine à Saint-Germain, est témoin de la donation (CY II n° CCCLXXXIII).

 

Entre 1180 et 1192, Geoffroy déclare que les moines de Reigny l'ont associé au bénéfice de leurs prières et que, sur sa demande, ils lui ont promis de chanter, chaque année, une messe du Saint-Esprit, pendant sa vie, les années où se comptent 366 messes et, après sa mort, une messe des morts, pour le salut de son âme. En reconnaissance, il leur donne 8 sous et demi de cens et 3 setiers d'avoine qu'il prenait sur leur grange de Villesec et les dîmes de leurs vignes de Saint-Bris, etc. (Ut autem ista rata et firma in pace perpétua, et absque ulla contradictione habeantur, super majus altare Regniaci, in presentia tocius conventus, ego et frater meus Hugo, obtulimus, et jure perhenni concessimus. Hec omnia laudavit uxor mea Agnes) (CY II n° CCCV).

 

En 1189, Geoffroy rapporte qu'il a donné à l'abbaye de Crisenon un muid de grain de rente à prendre sur ses revenus de Bazarnes ; Agnès de Seignelay, sa femme, et Hugues, son frère, ratifient le don (CY II n° CCCXC).

 

En 1190, Geoffroy est en route vers Jérusalem (L et A Mirot). Geoffroy de Saint-Vérain donne, en 1190, aux frères du temple de Villemoisson, ses moulins, appelés les moulins de l'Evêque, à la charge de lui rendre chaque année trois muids d'avoine et un muid de froment. Geoffroy, qui ensuite s'est croisé, fait remise, au moment de mourir en Terre-Sainte, d'une partie de cette rente aux templiers, comme on le voit par des lettres d'Hugues de Saint-Verain, son frère, de l'année 1190 (Les templiers et les croisades [22] Nièvre).

 

Geoffroy n'est sûrement pas revenu de la croisade. Il est mort en 1190.

 

La famille d'Agnès :

La seigneurie de Seignelay s'étend entre Auxerre et Sens. Selon Y. Sassier, Agnès est la fille de Bouchard de Seignelay mais E. Meunier, qui a dessiné l'arbre généalogique de cette famille, la donne pour fille de Daimbert et d'Alpazia, soeur d'Alwalo. Ni l'un, ni l'autre ne nous donne la référence de leur thèse mais Alwalo de Seignelay assiste à la charte de Geoffroy en 1186 (CY II n° CCCLIX). Peut-être faut-il y voir un indice de parenté... Constance Bouchard [23] confirme que les frères Daimbert et Bouchard ont chacun eu une fille nommée Agnès du prénom de leur grand-mère qui aura sûrement apporté en prime le prénom de Daimbert dans la famille de Seignelay.

 

Hugues x Helvis :

Hugues est, selon L et A Mirot, le frère de Geoffroy. Il est né vers 1160 et décédé entre 1237 (sa dernière apparition dans les chartes) et 1240, date où son fils Gibaud agit en chef de lignage.

 

Le premier acte d'Hugues, en 1190, est de confirmer la donation de Geoffroy aux templiers de Villemoisson, en compagnie de ses beaux-frères Eudes de Montfaucon et Bernard fils de Galon.

 

En 1191, Hugues, seigneur de Saint-Vérain, approuve la donation faite à l'abbaye de Reigny par son cousin Renaud, pour le repos de l'âme de son père, oncle d'Hugues, de trois setiers d'avoine dus pour droit de cens sur la grange de Villasicca. Renaud fait ce don, dans l'église de Reigny, par le dépôt d'un livre sur l'autel. Les moines promettent de dire chaque jour une messe pour le repos de l'âme du père de Renaud, et l'associent avec sa mère Marthe et son cousin Hugues à leurs prières (CY II n° CCCV).

 

Avant 1199, Hugues est témoin de la concession de franchises faite par Hervé de Donzy à ses hommes de Cosne et, après le mariage du baron de Donzy avec Mahaut, on le voit constamment mêlé à leurs actes (L et A Mirot p 65).

 

En 1208, Hugues, seigneur de Saint-Vérain, donne à l'abbaye de Reigny la partie de rivière de la Cure qui lui appartient en commun avec Ithier de Toucy, près de Vermenton ; sa femme et son fils aîné G. approuvent le don (CY II n° CDLVIII).

 

En juillet 1209, alors qu'Hervé, comte de Nevers, est en croisade contre les Albigeois, Hugues de Saint-Vérain est témoin d'une lettre de l'évêque d'Auxerre qui dénonce un différent entre Hervé et lui, à propos des châteaux de Saint-Sauveur, Châteauneuf et Cosne (Marolles p 489).

 

En 1211, Hugues confirme à l'abbaye des Roches une rente sur sa terre d'Aligny pour le repos des âmes de son père et de son frère avec l'accord de Renaud Rongefer (L et A Mirot).

 

En 1215, Hugues de Saint-Vérain se porte garant pour le comte de Nevers dans la promesse de mariage de Philippe de France, petit-fils de Philippe-Auguste avec Agnès de Donzy.

 

En 1219, alors que le prince Philippe est décédé, Hervé de Donzy s'engage à ne pas marier sa fille sans l'accord du roi. Hugues de Saint-Vérain se porte garant de l'accord pour Hervé (L et A Mirot p 69).

 

En juillet 1219, Hugues enrichit encore l'abbaye des Roches en abandonnant aux moines plusieurs terres et divers droits. Sa femme Helvis/Helouis/Helvide et son fils ainé Gibaud signent l'acte (reproduction intégrale de la charte dans Mirot p 57).

 

En 1222, Hugues se porte garant de la loyauté de la comtesse de Nevers Mahaut envers Philippe-Auguste. La veuve d'Hervé de Donzy s'engage à ne pas se remarier sans le consentement du roi (Teulet [24] I n° 1502 et 1505).

 

Hugues de Saint-Vérain est témoin de la charte de franchises que Mahaut de Nevers accorde le 1 août 1225 aux habitants d’Auxerre (Lebeuf IV n° 150).

 

En 1226, Hugues est témoin des franchises accordées par Mahaut, comtesse de Nevers, et son mari Gui, aux habitants de la Marche (Marolles col 180).

 

En octobre 1228, Hugues fait un échange avec Jean de Toucy (Marolles col 290 ci-contre).

 

Hugues échange avec Jean d'Arcy des terres en Forez contre des domaines situés en Nivernais. Selon Mirot (p 71), ces biens en Forez lui aurait été accordés par Guy, mari de Mahaut, comte du Forez, récompensant ainsi sa fidélité.

 

Le 27 juillet 1237, Hugues se porte garant, avec d’autres seigneurs nivernais, de l’observation des libertés communales concédées à la ville de Nevers (Marolles col 180).

 

Du mariage d’Hugues de Saint-Vérain et d’Hélvis est né :

  • Gibaud qui suit.

 

Hugues est mort avant 1240 et a été inhumé à l'abbaye des Roches. Helouis vivait encore en 1243, date à laquelle elle accorde une rente à cette même abbaye avec le consentement de son fils Gibaud (Mirot p 72).

 

La famille d'Helvis :

Nous n'avons aucune certitude sur la famille d'Helvis. Toutefois, L. Mirot a suggéré qu'Helvis appartienne à la famille de Montbard et a écrit : Le prénom d'Helouis semble avoir été porté dans la maison d'époisses, et le mari d'Hélouis d'Epoisses, Hugues de Lormes, figure dans de nombreux actes à côté d'Hugues de Saint-Vérain. Etaient-ils proches parents ? L'hypothèse est séduisante mais toute gratuite.

 

Edouard de Saint Phalle, qui s'est penché sur ces anciennes familles bourguignonnes, propose la généalogie ci-contre (H&G [25] 1990 p 97) se raliant à la thèse de Mirot. Selon monsieur Jean-Baptiste de la Grandière [26], E. de Saint-Phalle, qui a écrit un ouvrage important sur les Montréal [27], tire son hypothèse de données environnementales et onomastiques, sans preuves formelles.

 

Helvis serait, d'après cette hypothèse, la fille de André de Montbard et d'Elvis de Montréal. Le tableau généalogique de la famille Montbard est extrait de l'étude de l'abbé Chomton [28] II p 87. Celui de la famille de Montréal découle des recherches de E. Petit [29].

 

Gibaud III :

Gibaud III est né à la fin du XIIe siècle ou au tout début du suivant. Il aurait contracté mariage avec la dame de Bléneau, fille de Robert de Courtenay et de Constance de Toucy.

 

Gibaud figure en 1219 dans une donation faite par ses parents à l’abbaye des Roches :...ego etiam Hugo dominus de Sancto Verano, Heluis uxore mea et Gibaudo primogenito meo... (L et A Mirot p 57).

 

En juillet 1240, Gibaud met la main sur la sucession d'une famille juive. Il s'ensuit un procès devant le roi pour aboutir à un accord arbitré par frère Eloy, trésorier du temple de Paris (Teulet n° 2875).

 

En 1243, Jean de Toucy se plaint d’empiètement et de défrichement effectués dans les bois de Donzi et de Noire épine par les gens de la comtesse de Nevers, de Gibaud de Saint-Vérain, d’Henri, comte de Joigny, et d'Eudes de Sulli. Un accord est signé en 1243 (L et A Mirot p 78 et Teulet II n° 3075).

 

Gibaud accompagne le roi saint Louis à la croisade de 1247 mais on ne sait pas quel rôle il a joué au cours de cette expédition macabre dont il n'est peut-être pas revenu. 

 

Les enfants de Gibaud sont :

  • Hugues qui suit ;
  • Alix mariée en 1253 à Pierre des Barres, seigneur de Chaumont-sur-Yonne décédée après 1283 ;
  • Agnès mariée à Guillaume de Mello, seigneur d’Epoisses, puis femme de Jean de Frolois mort après 1298.

 

Gibaud est mort entre 1247 et 1255.

 

L'épouse de Gibaud III :

Léon Mirot ne soufle mot de l'épouse de Gibaud. Toutefois, il est possible que Gibaud ait épousé une fille de Robert de Courtenay, seigneur de Champignelles. Il semblerait que l'hypothèse soit cautionnée par T. le Hête (La dynastie capétienne [30]) et par E. de Saint Pahlle (selon J.B. de la Grandière).

 

Hugues II x Isabeau :
Nous n’avons pas de certitude, même si cela est très probable, qu’Hugues soit le fils de Gibaud. Sa naissance peut être fixée au tiers du XIIIe siècle.

 

En mars 1255, Hugues accorde que le prieur de Saint-Vérain paie chaque année 10 setiers d’avoine au prieur de Dampierre-sous-Bouhy (Marolles col 308).

 

En 1258 ou 1259, Hugues et Isabeau, sa femme, cèdent à Mathieu de Ratilly la haute et basse justice de Montriveau à Arquian (L et A Mirot p 79).

 

En 1259, Hugues participe à l’accord entre Jeanne des Barres et le seigneur de Noyers, pour certains biens contestés (L et A Mirot p 79 d’après AD Côte d’Or B 1272).

 

Le 1 mars 1260, les habitants de Saint-Vérain-des-Bois obtiennent l’abolition de la mainmorte d'Hugues, sire de Saint-Vérain, et d'Isabeau, sa femme (Marolles col 300).

 

En 1260, Hugues de Saint-Vérain, souvent cité parmi les fidèles des comtes de Nevers, accorde avec sa femme Isabelle, une donation à la commanderie de Saulce-sur-Yonne (Quentin [31] n° 606). Jean, comte de Joigny, leur neveu (?), confirme cette donation en 1270, et Robert, comte de Nevers, de qui relevait cette terre, en consent l'amortissement en 1272 (Les templiers et les croisades Yonne).

 

En 1261, Hugues confirme à l’abbaye des Roches, un don de 60 sous de rente sur les dîmes de Bourdoiseau (L et A Mirot p 79).

 

En juin 1262, donation par Hugues, seigneur de Saint-Vérain, et Elisabeth, sa femme, à la commanderie de Saulce-sur-Yonne, d’une motte entourée de fossés, située près de la maison de la commanderie, et d’autres héritages avec toute justice (Quentin n° 696).  

 

En 1280, Hugues, seigneur de Saint-Vérain, Hugues de Saint-Fargeau et d’autres seigneurs assistent à l’hommage rendu par Jean, comte d’Auxerre, à l’évêque de la ville (Lebeuf III p 200).

 

En 1281, Hugues assiste à une série d'hommages à l'évêque d'Auxerre Guillaume de Grez : le 15 mars, c'est au tour de Jean de Châlon puis le 4 juin à celui de Robert de Béthune pour les châteaux de châteauneuf au Val-de-Bargis, Cosne, Donzy, Murat près Billi et Saint-Sauveur en Puisaye (Mirot p 98).

 

En 1284, lettre d’Hugues rappelant que Guillaume de Trangy tient en fief de son frère Geoffroy de Trangy les biens d’Huguelin de Voaigne (Marolles col 301).

 

En 1284, Hugues rend hommage au comte de Nevers pour le fief de Vauzeine (Marolles col 496).

 

En 1290, Hugues est présent à l’hommage rendu par Jean, comte de Chalon, à l’évêque d’Auxerre (L et A Mirot p 80).

 

En 1290, Hugues accorde à l’abbaye des Roches deux muids de blé de rente et le droit de pacage, avec exemption de toutes redevances dans les bois de Vaux (L et A Mirot p 79).

 

La famille d'Isabeau :

Hugues épouse Isabeau avant 1259. Selon Mirot, le sceau d’Isabeau permet de la rattacher à la famille de Noyers. Sa généalogie est donnée par E. de Saint-Phalle [32]. D'après ce même auteur (H&G 1990 p 97 [33]), Elisabeth/Isabeau est veuve de Guillaume II de Joigny. Un indice permet de confirmer l'identité de d'Isabeau. En effet, Jean de Joigny, parent d'Hugues et d'Isabeau, confirme en 1272 une de leurs donations à la commanderie de Saulce-sur-Yonne (voir ci-dessus). Elle est décédée après son mari (L et A Mirot p 98).

 

Léon Mirot (p 99) déduit les enfants d’Hugues et d’Isabeau du partage des biens de Jean de Saint-Vérain, chanoine d'Orléans en 1306 et 1316 :

  • Erard, seigneur de Saint-Vérain, qui suit ;
  • Gibaud, écuyer, mort avant 1306, d'où Jeanne femme d'Etienne de Chalon ;
  • Geoffroy, seigneur de la Celle [34], marié à Alissende de Chaumont-en-Bazois d’où Gibaud de Saint-Vérain seigneur de La Celle époux de Jeanne de Courcelles (CM en 1319). La fille de Gibaud, Jeanne, se marie avec Geoffroy du Bouchet (CM en 1365) ;
  • Philippe, seigneur de Bléneau, marié à Jeanne de Rigni-le-Ferron ;
  • Jean, archidiacre de Sologne, mort entre 1320 et 1325 ;
  • Etienne, chanoine de Troyes, mort entre 1325 et 1330 ;

 

Hugues est mort après 1290.

 

 

Erard I x Jeanne de Mello :

Aucune information n'a filtrée sur la vie d'Erard I, seigneur de Saint-Vérain entre 1290 et 1296. Nous savons simplement qu'il s'est marié avec Jeanne de Mello. On lui connait quatre enfants ce qui permet de fixer cette union entre 1285 et 1290.

 

A une date indéterminée, Erard assigne une rente à l'abbaye des Roches que le comte de Nevers refuse de ratifier jusqu'à ce que Jeanne, veuve d'Erard, accorde aux religieux de l'abbaye une pitance assurée sur les moulins de Cosne (L et A Mirot p 103).

 

Les enfants connus d’Erard et de Jeanne sont :

  • Erard II qui suit ;
  • Huguelin mort entre 1306 et 1316 ;
  • Jeanne épouse d'Hue d’Amboise, seigneur de Chaumont-sur-Loire. C'est à elle qu'échoit la seigneurie de Saint-Vérain ;
  • Eustachie, abbesse de Saint-Julien d’Auxerre.

Evrard est mort le 27 mars 1296. Son obit est inscrit au nécrologue de l’abbaye des Roches (Mirot p 102).

 

Jeanne de Mello et sa famille :

Renaud Rogefer, issu de la famille de Saint-Vérain, donne une charte de franchise aux habitants d'Asnois en 1304 en présence d'Erard de Saint-Vérain et de sa mère Jeanne de Mello (charte d'affranchissement d'Asnois [35]).

 

Jeanne de Mello est la fille de Dreux, seigneur de Saint-Bris et de Jeanne de Trie (Henri Faget de Casteljau [36]). D'après cet historien, le partage effectué en 1309 entre les enfants de Dreux de Mello laisse sous-entendre que Jeanne est la fille du troisième mariage de son père (ce partage se fait par lits : Dreux avait épousé Adélays de Montréal après 1245 puis, avant 1157, Eustachie de Lusignan décédée en 1270 et, enfin, Jeanne de Trie). En revanche, selon E. de Saint Phalle, Jeanne est la fille de Eustachie de Lusignan (H&G 1990 p 97).

 

Jeanne rend hommage au comte de Nevers le 4 avril 1296, quelques jours seulement après le décès de son époux (Marolles col 512).

 

En 1292, le frère Gauthier, commandeur du temple de Saulce, obtint l'amortissement de son domaine de Serein, en payant 400 livres tournois à dame Jeanne Maillot [de Mello], veuve d'Erard de Saint-Vérain, dans le fief de laquelle ce domaine se trouve (Les templiers et les croisades Yonne).

 

En 1299, Jeanne approuve les acquisitions de Saint-Marien d'Auxerre à Saint-Vérain (H. Faget de Calteljeau).

 

Renaud Rogefer, issu de la famille de Saint-Vérain, donne une charte de franchise aux habitants d'Asnois en 1304 en présence d'Erard de Saint-Vérain et de sa mère Jeanne de Mello (Charte d'afranchissement d'Asnois).

 

En 1216, Jeanne cède au sire de Noyers le fief de Chemilly qui appartenait naguère à son frère Guyot (H. Faget de Calteljeau).

 

En 1334, Jeanne vend à son frère Mahys les terres de Saint-Martin-du-Puy, d'Empury et de Michèse qui lui avait donné son frère Dreux (H. Faget de Casteljeau). 

 

 

Erard II :
Evrard est encore enfant lorsqu’il est appelé à se substituer à son père à la tête de la seigneurie.

 

En 1308, une dispute entre Oudard, seigneur de Montaigu, et Erard, seigneur de Saint-Vérain, débouche sur une guerre. Erard attire dans son parti le comte de Sancerre, Dreux de Mello et Milon de Noyers. Le seigneur de Saint-Vérain remporte la victoire et Oudard est fait prisonnier. L’affaire fait grand bruit dans le royaume (Lebeuf III p 212).

 

En 1312, Le comte de Nevers, Louis, est emprisonné et déchu de ses droits. En revanche, son vassal Erard de Saint-Vérain reste fidèle au roi.

 

Le 6 octobre 1316, le roi Philippe V le Long reçoit une plainte de Girard de Châtillon contre Hugues de Boisjardin. Ce dernier aurait envoûté son cousin Erard par invocations et communications démoniaques (L. et A. Mirot).

 

Entre 1317 et 1319, Erard est au service du roi. Le 8 novembre 1318, il a ordre de se trouver à Bourges puis il doit se rendre à Paris pour la chandeleur 1319 au sujet des affaires de Flandre (L. et A. Mirot).

 

Nous ne savons pas si Erard II a été marié. Il est mort sans descendance avant 1320 car, dès le mois de janvier de l’année suivante, on constate qu’Hue d’Amboise, son beau-frère, est seigneur de Saint-Vérain (L. et A. Mirot p 112).

 

 

La seigneurie de Toucy

 

La plupart des historiens tradionnels ont pensé que les Ithier de Toucy sont issus d’une même souche qu’une autre famille de Toucy appelée Narbonne qui a donné plusieurs évêques. Pour Yves Sassier, les familles de Narbonne et celles des Ithier sont plutôt concurrentes qu’issues d’une même racine. Cet iminent médiéviste a émis l'hypothèse que les Toucy devaient leur situation aux comtes de Champagne.

 

La maison de Toucy en Auxerrois a joué, au XIIIe siècle, un rôle considérable dans l'empire latin de Constantinople et dans l'Orient latin. Un Narjot de Toucy, descendant des bienfaiteurs de Molême, a épousé une nièce de Philippe-Auguste et rempli les fonctions de régent de l'empire d'Orient, que Philippe de Toucy, son fils, exerçe après lui (Molême [37] I p 138).

 

Les premiers degrés des seigneurs de Toucy sont difficiles à remonter. Nous avons peu de traces de cette famille avant le début du XIIe siècle :

  • Un chevalier nommé Ithier signe une charte passée à Auxerre le 28 juillet 1002 par le comte Landri de Nevers (CY n° XXCIII) ;
  • Un Ictier de Narbonne reçoit, en 1015, la seigneurie de Toucy lors du partage du roi entre l’évêque d’Auxerre et Landri, comte de Nevers (Lebeuf (?) repris par R Lespinasse p 465) ;
  • Un Ithier de Toucy est marié à Elisabeth veuve de Boson de Saint-Florentin. Ithier est en 1042 le parâtre et tuteur de Gaudri (M. Bur [38]) ;
  • Un Ithier de Toucy s’oppose à Aganon de Narbonne en 1060 ;
  • Un Narjot de Toucy est évêque d’Autun entre 1098 et le 14 mai 1112.

     

Ces informations ne paraissent pas suffisantes ni assez sûres pour formuler des hypothèses si ce n'est la présence de cette famille à Toucy dès la seconde moitié du XIe siècle.

 

Ithier I x Elisabeth :
D'après la charte CY I n° XCI, Ithier est tuteur de Gaudri de Saint-Florentin en 1042. Il est donc né au plus tard vers 1010.

 

Ithier (est-ce le même ?) lutte à Toucy contre Aganon de Narbonne en 1060. Pour terminer ce conflit, le comte de Troyes incendie Toucy (M. Bur).

 

Ithier est l'époux d'Elisabeth, femme en premières noces de Boson de Saint-Florentin.

 

Chronologiquement, la fratrie suivante ne peut être que les petits-enfants d'Ithier I et d'Elisabeth :

  • Ithier II, seigneur de Toucy, frère aîné d'Hugues et de Narjot. Il participe comme seigneur du fief à la donation de l'église de Luchy par un certain Marcus (CY I n° CIII) ; Il est présent, avec son frère Hugues, à la donation de Hugues d'Ouanne au  prieuré de la Charité (J. Richard) ; Il se croise vers 1095 et meurt dans l'expédition sainte.
  • Hugues mort entre 1100 et 1103 ; Hugues donne à Molême, du consentement de son frère Narjot, tout ce qui est nécessaire pour établir un monastère dans l’ile de Crisenon (CY I n° CIII). Il fait une nouvelle donation avec son frère Narjot, lorsqu'ils partent pour Jérusalem. Ce voyage n'ayant pas eu lieu, Hugues continue de combler Crisenon de ses libéralités et y fait construire une église de pierre. Ayant de nouveau résolu de partir pour la Terre-Sainte, il met cette maison sous la protection d'Humbaud, évêque d'Auxerre, et la soumet à l'abbaye de Molême (CY I n° CIII) ;
  • Narjot qui suit.

 

Narjot I x Ermengarde :

Narjot est peut-être né vers 1060/1070 et mort avant 1110. Son mariage avec Ermengarde (s'il a eu qu'une seule femme) doit être fixé au plus tard en 1085 car il est père d'au moins 9 enfants. Il est possible que sa fille Béatrice, marié à Hugues le Manceau, soit l'ainée et que son mari ait assuré un intérim au cours de la minorité d'Ithier II.

 

Entre 1100 et 1110, après la mort de son frère Hugues, Narjot donne le tiers de son aleu de Crisenon, les serfs exceptés. Ermengarde, femme de Narjot, sa fille Béatrix ainsi que ses autres enfants ratifient l'acte (CY I n° CIV).

 

Vers 1100, Narjot, seigneur de Toucy, donne aux moines de Saint-Nicolas de Crisenon, l’église de Lucy-sur-Cure et tout le fief que Pierre de Châtel-Censoir tient de lui. La charte est signée par Guillaume II, comte de Nevers (CY I n° CV).

 

Entre 1101 et 1109, Narjot de Toucy trouve un accord avec l'abbaye de Molême, en souvenir de ses frères Hugues et Ithier. Ermengarde, son épouse, Ithier son fils et Adeline sa fille consentent (FMG [39] d'après Molême II n° LIV).

 

En 1110, Ermengarde, veuve de Narjot, et son gendre Hugues sont contraints d’abandonner les mauvaises coutumes qu’ils exigeaient au domaine écclésiastique de Villiers (Saint-Benoit [40] n° CVII).

 

Du mariage de Narjot et d’Ermengarde (CY I n° CXXVI), Ernest Petit, qui ne révèle pas ses sources, nous apprend que sont issus 9 enfants. Pour les conjoints, nous suivons E. de Saint-Phalle ([41]) :

  • Ithier III qui suit ;
  • Etienne présent dans une des chartes de fondation de l’abbaye de Fontainejean entre 1120 et 1139 : …testes sunt Stephanus frater Iterii de Tociaco… (CY I n° CXXVI), abbé de Reigny décédé en 1162 ;
  • Béatrice (CY I n° CIV) épouse d'Hugues le Manceau (Sassier et E de Saint Phalle) ;
  • Sare x Hugues du Thil, sénéchal du comte de Nevers (CY I n° CXXVI) ;
  • Garne bienfaitrice de l’abbaye de Crisenon, décédée avant 1178 ; Guillaume, évêque d'Auxerre, approuve l'achat de vêtements par les nones de Crisenon en mémoire de Garna, soeur de feu Ithier de Toucy (CY II n° CCLXXIX) ; Selon E. Meunier, elle a épousé Geoffroy, seigneur de Donzy mais elle n'apparait pas dans la généalogie que cet auteur a tracé de cette maison ;
  • Adeline (Molême II n° LIV), abbesse de Crisenon (Petit VII) ;
  • Humbert "infans" en 1110 ;
  • Alexandre mort après 1162 ;
  • Hervé (avec toute la prudence qui s'impose, rappelons que le prénom Hervé est un fort marqueur des seigneurs de Donzy) ; Hervé est moine de Pontigny puis chartreux. Il est décédé après 1151.

 

Narjot est mort entre 1101 et 1110 (Saint Benoit n° CVII).

 

L'énigme Hugues Le Manceau :

Hugues le Manceau apparait en Nivernais en 1103 comme témoin d'une charte (Saint-Cyr [42] n° 93) . Nous n'avons aucune donnée sur sa famille et il est souvent qualifié d'aventurier. Certains ont voulu voir en lui un comte du Mans mais il est admit aujourd'hui que c'est une erreur. Plusieurs personnages ont porté avant lui ce surnom :

  • Au début du IXe siècle, un Hugo Mansellus figure dans une charte de Foulque Nerra, comte d'Anjou (Le comté d'Anjou Halphen [43] pièces justificatives n° 5) ;
  • Entre 1062 et 1067, un  Hugo Mansellus, frère de Thedoin, est présent dans une charte à la Trinité de Vendôme (Vendôme II [44] n° CCCV) ;
  • Avant le 13 mai 1075, en Orléanais, Engebaud le Manceau et Raimond le Manceau sont possesseurs de terres près de Jargeau (Prou [45] n° 76).

 

Hugues construit, dans le premier tiers du XIIe siècle, une forteresse sur les terres de l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre au nord de Cosne, dans la localité d'Annay.

 

Plusieurs historiens ont pensé dans le passé qu'Hugues le Manceau était lié à la famille de Saint-Vérain (voir L et A Mirot). Yves Sassier préfère suggérer une union d'Hugues avec une demoiselle de Toucy et apporte trois indices à sa thèse :

  • L'épouse d'Hugues se nomme Béatrice comme la fille ainée de Narjot de Toucy ; il a peut-être même administré les biens des Toucy à ce titre, au cours de la minorité d'Ithier, sucesseur de Narjot ;
  • Les lieux où opère Hugues sont ceux où agissent habituellement les sires de Toucy ;
  • Dans les années 1130, Hugues apparait comme vassal du comte de Champagne et l'un de ses principaux auxiliaires dans sa rivalité avec la royauté.

 

Nous ne savons pas très bien s'il faut considérer Hugues comme seigneur de Cosne-sur-Loire mais l'évêque d'Auxerre a eu des difficultés à faire respecter ses droits dans cette localité.

 

Entre 1112 et 1114, un différent oppose Hugues Le Manceau et Guillaume, comte de Nevers, au sujet des dîmes de l'église d'Oisy. Les comtes de Blois et d'Anjou prêtent leur concours au Manceau tandis que Guillaume fait appel au roi de France. L'armée de Guillaume est écrasée et le comte est détenu plusieurs années dans les geôles du comte de Blois.

 

En 1124, Hugues donne à l'abbaye de Bourras tout ce qu'il possède à Chevigny, en présence du comte de Nevers, de Miles de Courtenay et de Miles de Brienne, comte de Bar (GC [46] XII n° XX col 110 Inst).

 

En 1131, Hugues et son épouse Béatrice cèdent des biens à l'abbaye de Villegondons. L'évèque d'Auxerre atteste de la donation. Iterius praepositus noster et Rainalgus et Nargotus filii ejus sont témoins (Lebeuf IV n° 27).

 

En 1134, Hugues le Manceau est témoin de la donation de Savari de Saint-Vérain à à l'abbaye de Villegondons (Archives départementales de Nevers H 153).

 

Hugues le Manceau meurt au château de Decize en 1139, vaincu et retenu prisonnier par le comte de Nevers Guillaume II qui se venge ainsi de la longue détention dont il a été lui même victime.

 

Suivant le noblilaire du Nivernois (A. Villenault p 541), Geoffroy de Donzy a épousé la fille d'Hugues le Manceau. Il confirme et augmente en 1130 une donation faite en 1124 à abbaye de Bourras par Hugues Le Manceau, seigneur de Cosne.

 

 

Ithier III x Elisabeth :
Ithier III est né vers 1090, peut-être même un peu plus tard. En 1147, alors d'âge mur, il part pour Jérusalem. Il est sûrement mort en chemin car c'est la dernière mention que nous possédons de lui.

 

En 1134, Ithier de Toucy, sa mère Ermengarde, son frère Etienne et Hugues du Thil confirment les dons faits par ses ancêtres à l'abbaye de Jully-les-Nonnains (Jully-les-Nonnains [47]).

 

En 1134, Guillaume, comte de Nevers, confirme une donation à l'abbaye de Crisenon d'Ithier de Toucy, avec le consentement de sa mère Ermengarde et de son frère Etienne (Lebeuf IV n° 30).

 

Vers 1147, Ithier, seigneur de Toucy, pour le repos de son âme et celles de ses parents, du consentement de sa femme Elisabeth, donne à l’abbaye des Roches, dont Geoffroy son neveu est l’abbé, le droit de pâturage et le droit de panage pour les porcs dans tous ses bois de la Puisaye (CY I n° CCLXVIII et Lebeuf IV n° 36).

 

Le 9 septembre 1147, Eugène III arbitre le conflit qui s’est élevé entre l’abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire et Ithier, seigneur de Toucy, au sujet de leurs droits respectifs sur Villiers-Saint-Benoit (Saint-Benoit n° CLIV).

 

En 1147, Hugues, évêque d'Auxerre, atteste qu'Ithier de Toucy et Nargeot de Crux ont fait don à l'abbaye de Pontigny, le jour de leur départ pour Jérusalem, de tout droit d'usage dans leurs bois (CY I n° CCLXIX).

 

Ithier et son épouse Elisabeth (H&G 1989 p 449) ont eu pour enfants :

  • Nargeot II qui suit ;
  • Sare épouse de Gibaud de Saint-Vérain.
  • Guy présent à une renonciation en faveur de l'abbaye de Saint-Benoit de son frère Narjot (Saint-Benoît n° CLXXIII) ;
  • Ithier, seigneur de Barzane ;
  • Ermengarde (?), dame de Champlay, femme de Guillaume I de Dampierre, vicomte de Troyes (Vasseur tableau n° 175) ;
  • Reine (?) femme de Geoffroy de Saint-Bris (Site Roglo [48]) dont Ermengarde épouse de Dreux de Mello, connétable. Nous n'avons aucune information sur le couple Reine/Geoffroy de Saint-Bris mais il permet le rattachement d'Ermengarde, femme de Dreux de Mello aux Dampierre et aux Toucy (voir article Mello).

 

Ithier est décédé entre 1147 et 1167.

 

Elisabeth de Joigny :

Selon E. de Saint Phalle, Elisabeth, dame de Champlay, fille de Renard III et Comtesse, dame de Chateaurenard (Vasseur tableau n° 175), sort probablement de la maison de Joigny. Elle se remarie avec Eudes, seigneur de Pougy et de Marolles-sur-Seine dont elle est veuve dès 1182.

 

En 1170, Elisabeth, mère du seigneur de Toucy, donne aux Bons-Hommes demeurant près de Saint-Maurice, 20 sous sur le cens de Champlay, la moitié d'un muid de froment et la moitié d'un muid d'orge sur la grange du même lieu (CY II n° CCXII).

 

 

Narjot II x Agnès :
Narjot II est né vers 1130 et mort en 1192. Vassal des comtes de Nevers, il est très souvent à leurs côtés et souscrit à plusieurs de leurs chartes. Narjot ne s'est probablement pas rendu en Terre Sainte comme plusieurs de ses parents.

 

Entre 1154 et 1161, Narjot de Toucy, Gibaud de Saint-Vérain et Guillaume de Dampierre entrent en guerre contre le comte de Nevers. L'étude des Mello de Saint-Bris a permis de préciser les liens familiaux qui pourrait exister entre les trois protagonistes. Guillaume de Dampierre et Gibaud de Saint-Vérain pourraient être les beaux-frères de Narjot de Toucy (Voir ci-contre selon la base Roglo)

 

Entre 1160 et 1167, Narjot, avec le consentement de son frère Guy, renonce à ses revendications sur les hommes de Villiers-Saint-Benoit, en faveur de l’abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire (Saint-Benoit n° CLXXIII).

 

En 1163, Nargeot de Toucy, Gibaud de Saint-Vérain et Guillaume de Dampierre assistent le comte Guillaume dans une déclaration au sujet des terres de Diges appartenant à Saint-Germain d’Auxerre (CY I p 299).

 

Entre 1160 et 1167, l'évêque Alain, de concert avec Narjot de Toucy et d'autres personnes, règle le différend élevé entre l'abbaye de Reigny et Gibaud de Saint-Vérain, au sujet de la terre et des prés de la forêt de Waureta (CY II n° C).

 

Vers 1170, Nargeot de Toucy atteste qu'Hervin de Bazarne a cédé à l'abbaye de Reigny deux pièces de vignes situées à Tourbenay, et des cens sur le boutoir de La Villotte et le village de Saint-Benoît (CY II n° CXCVII).

 

En 1173, Narjot est présent à la renonciation de Guy, comte de Nevers, de son droit de gite à Andrie, en faveur du prieur Etienne de Blois (Marolles col 267).

 

En 1174, Narjot de Toucy et Gibaud de Saint-Vérain sont témoins de la donation d’un fief situé à La Charité par Guy, comte de Nevers, au prieuré de La Charité (La Charité n° LXIX).

 

En 1174, au château de Beaune, Gibaudus de Santo-Verano, Nargodus de Thoci et autres de ses vassaux assistent à l'hommage lige du comte de Nevers Gui envers le duc de Bourgogne (CY II n° CCXXXIII).

 

En 1174, le seigneur de Toucy reconnait qu’il ne peut lever sur chaque masure du prieuré de Villiers-Saint-Benoit que deux deniers pour la procuration de ses sergents (p 153).

 

La tour de Toucy est rebâtie vers 1175 par Narjot II. L’évêque Guillaume de Toucy contribue aux frais parce qu’elle lui est jurable et rendable (p 186).

 

En 1175, Narjot de Toucy accompagne le comte de Nevers, Auxerre et Tonnerre lorsque celui-ci donne à Pontigny son clos de Saint-Martin d'Auxerre (Lebeuf III p 111).

 

En 1181, Narjot est auprès de Guillaume, comte de Nevers, fils de Mathilde, qui fait cadeau aux religieuses de Crisenon de 80 bruneaux de sel (Lebeuf IV n° 75).

 

En 1184, Narjot de Toucy est témoin de la confirmation par Pierre de Courtenay et sa femme Agnès d’une donation de quarante arpents de la forêt de Bar qui avaient été faites à l'abbaye de Pontigny, par le comte Guy et la comtesse Mathilde (Lebeuf III p 120).

 

En 1189, Narjot de Toucy, afin de terminer les contestations existant avec les religieuses de Crisenon, leur donne un muid de grain de rente sur ses moulins de Bazarne, pour son anniversaire et celui de Jean, son fils. Il leur reconnait un droit de pèche sur une partie de l'Yonne (CY II n° CDXXXV).

 

En 1192, Narjot de Toucy étant malade, donne aux religieuses de Crisenon deux muids de vin de rente à prendre sur son clos de Bazarne. Sa femme Agnès et son fils Ithier ratifient ce don (CY II n° CDXXXV).

 

Agnès de Montéal :

Les anciennes généalogies donne Agnès de Dampierre pour épouse de Narjot II. Effectivement, selon Aubri des Trois Fontaines, Narjot était en 1205 le consobrinus de Guy, seigneur de Dampierre et de Bourbon-l'Archambault.

 

Edouard de Saint-Phalle propose une solution astucieuse. Helvide de Baudément fille d'André et d'Agnès de Braine a successivement épousé Hugues de Montréal d'où Anseric puis Guy de Dampierre d'où Guillaume. Agnès fille d'Anséric et Guy fils de Guillaume sont donc cousins germains. Nous remarquons qu'Agnès et Narjot ont un fils prénommé Anseric, seigneur de Barzane. L'élément onomastique est une confirmation à la thèse d'Edouard de Saint Phalle (H&G [49] 1999 p 399).

 

Selon Vathaire [50], Agnès veuve de Narjot a possédé, de 1198 aux premières années du XIIIe siècle, Saint-Fargeau en douaire.

 

Du mariage de Narjot et d’Agnès sont issus :

  • Ithier qui suit, marié avant 1192, à Béatrix ;
  • Anseric, sire de Barzane dès 1210. Il est marié à Guillemette de Pierre-Perthuis ; En 1218, Anseric de Toucy, seigneur de Bazarne, donne à l'abbaye de Crisenon, pour le repos de son âme, et pour y fonder son anniversaire, 20 sous sur le cens de Saint-Georges de Bazarne ;
  • Jean qui échange en 1212 avec Hervé, comte de Nevers (Marolles p 115 et 514) ;
  • Narjot époux de Branaina, fille de Théodoros Branas et Agnès de France, d’où Philippe marié à Eléonore de Sicile ;

 

Narjot est mort en 1192 (Sassier p 100).

 

 

Ithier IV x Béatrice de Reon

Ithier est né vers 1150. Il a épousé Béatrice de Reon (FMG) dame de Gergy, veuve d’Alexandre de Montagu. Ithier est nommée vicomte d’Auxerre par Pierre de Courtenay dont il est un des plus fidèles lieutenants (Lebeuf p 129).

 

Le 1 août 1198, Ithier, seigneur de Toucy, étant à Bazarne, donne à l'abbaye de Crisenon tout ce qu'il possède au moulin de Luchy et un muid de vin de rente à Bazarne, à condition de services religieux.

 

En 1200, Ithier de Toucy atteste qu’Hodierne, veuve de Girard le Gros, et ses fils Guillaume le Gros, chevalier, et Girard donne à l'évêque d'Auxerre, en aumône, la moitié de ce qu'ils possédent à Charbuy et à Brécy, indivis avec Mathieu de Brécy, chevalier, et vendent en outre à l'évêque l'autre moitié pour 60 livres de Provins. Si Humbaud, fils d'Hodierne, qui est au-delà de la mer, revient de son voyage, il sera prié de ratifier cet acte qu'Ithier approuve comme seigneur du fief (CY II n° DIV).

 

Au mois de mars 1200/1201, Ithier donne à l'abbaye de Crisenon 20 arpents de terre au finage de Prégilbert, en échange d'autres héritages.

 

En 1201, Ithier, seigneur de Toucy et de Bazarne, confirme une donation faite par Raynaud dit Chevrier à l'abbaye de Reigny. Anseric et Narjot, ses frères, ratifient le don (Quantin n° 5).

 

En 1206, Béatrix, dame de Montagu, veuve en premières noces d'Alexandre de Bourgogne, puis femme d'Ithier, sire de Toucy, donne un homme à l'abbaye de Maizières pour l'entretien d'une lampe (E. Petit n° 1126).

 

En 1209, Itier de Toucy fait donation à l'abbaye des Roches d'une rente de 14 L sur le ferrage de Lavau (Vathaire).

 

En décembre 1210, Ithier de Toucy et sa femme Béatrix de Reon, dame de Montagu [veuve d'Alexandre de Bourgogne], ratifient une charte de donation (E. Petit III n°1468).

 

A Paris, en février 1211, Ithier de Toucy garantit au roi Philippe-Auguste la fidélité de Dreux de Mello le jeune, lors du mariage de ce dernier avec la fille de Sulpice d'Amboise (E. Petit n° 1259).

 

En 1213, Ithier de Toucy fonde le prieuré de Plain-Marchais, dans la paroisse de Lavau (Vathaire et Dey [51]). L'existence de ce prieuré est de courte durée (Dey).

 

En 1215, Ithier de Toucy se porte garant pour le comte de Nevers dans la promesse de mariage de Philippe de France, petit fils de Philippe-Auguste avec Agnès de Donzy.

 

Béatrix, dame de Gergy domina Gergeaci [veuve d'Alexandre de Bourgogne et femme de Ithier de Toucy], notifie un accord entre les religieux de la Ferté et Raoul, prévot de Sasonay, au sujet d'un domaine à Givry (E. Petit III n° 1395).

 

En 1216, Ithier de Toucy se porte caution de la fidélité d'Archambaud VI, sire de Bourbon [son cousin] (E Petit n° 1356).

 

En 1217, Béatrix, dame de Montagu, donne la possession d'un homme à l'abbaye de Maizières (E. Petit III n° 1398).

 

En juillet 1218, Ithier de Toucy [mari de Béatrix, veuve d'Alexandre de Bourgogne], donne à l'abbaye de Pontigny son eau de l'Yonne à Auxerre, le long du cellier des Fourneaux, pour y pêcher et construire des batardeaux (E. Petit III n° 1425).

 

En 1218, Ithier, sire de Toucy, est caution pour Hugues de Lormes et Eudes, seigneur de Châtillon, de 40 marcs d'argent (Marolles col 496).

 

En juillet 1218, Hervé, comte de Nevers, donne à Ithier de Toucy, autant de terre dans le comté de Nevers que vaut la moitié du revenu du fief qu’il posséde dans la garde de Saint-Germain d’Auxerre, qui relève de Blanche, comtesse de Troyes et de son fils Thibaud, comte de Champagne (E. Petit n° 1426).

 

En 1218, Itier de Toucy fils de Narjot, fonde le prieuré de Botissain, proche de Saint-Amand en Puisaye, qu'il dote de biens qu'il posséde à Perreuse : Ego Ilerius de Tociaco, notnm facio presentibus et futuris,quod cum bone memorie Dominus Narjotus pater meus, ob remedium anime sue ecclesiam béate Marie de Petrosa in proprio sub fundo fundasset, ipsamque omnium herbarumsuarum, necnon et aliarnm rerum suarum acquisitarumet acquirendarum in civitate de Periosa dccimam dari dotasset, sicut inproprio nostro autentico plenius continetur tandem ego Iterius ejusdem filius (Lebeuf IV n° 135).

 

En 1219, Béatrice, dame de Montagu et de Saint-Fargeau, reconnait tenir les coutumes de Villier-Saint-Benoit telles qu'elles sont déterminées dans les lettres de feu son mari Ithier de Toucy (Saint-Benoit n° CCCLXIV).

 

Ithier de Toucy et son épouse ont eu deux fils et une fille :

  • Jean qui suit ;
  • Mathilde, abbesse de Saint-Julien d'Auxerre (E Petit) ;
  • Othon signalé en 1228 (E Petit). Il accompagne saint Louis dans sa dernière croisade (RHFG [52] XX p 308).

 

Ithier serait mort en 1218 à Damiette (Saint-Benoit II p 250). Béatrice de Reon aurait elle aussi possédé Saint-Fargeau en douaire.

 

 

Jean x Jeanne de Laval :

Jean, seigneur de Toucy et de Saint-Fargeau est né alors que son père devait être déjà bien âgé. En 1231, il épouse (en premières noces ?) Jeanne de Laval, fille de Guy et d’Avoise de Craon, veuve de Robert, comte d’Alençon, et de Mathieu de Montmorency.

 

 

Jean, seigneur de Saint-Fargeau, échange des biens avec son allié Hugues de Saint-Vérain en octobre 1228 (L Mirot p 63 d'après Marolles col 290).

 

Le 27 juillet 1231, Jean se porte garant de la charte de privilèges de Nevers accordée aux bourgeois de la ville par leur comte Guy (Teulet n° 2142).

 

En septembre 1235, requête adressée au pape Grégoire IX par les barons de France, au sujet des usurpations des évêques sur les droits du roi, auquel ils refusent les devoirs qu’ils lui doivent pour leur temporel. Parmi les signataires, on voit Guillaume II, comte de Joigny, Guillaume de Mello, Dreux de Mello, Gaucher de Joigny, Jean de Toucy (Teulet II n° 2404).           

 

En 1238, le roi saint Louis, pour s'assurer de la ville et du château de Laval, veut  y mettre une garnison. Pour l'empêcher, Jean de Toucy promet de garder lui-même la place et, pour sûreté de sa parole, il engage son château de Saint-Fargeau et ses terres de Bourgogne (Wikipédia [53]).

 

Dans les premiers jours de mai 1242, le roi de France ordonne à ses vassaux de venir le rejoindre en armes, pour marcher contre Henri, roi d'Angleterre, et Hugues, comte de la Marche. Des convocations sont adressées au duc de Bourgogne, à Mathilde, comtesse de Nevers, à Dreux de Mello, à la veuve de Gaucher de Joigny, à Anséric de Montréal, à Archambaud de Bourbon, à Pierre et Eudes des Barres, à Jean de Toucy… (E Petit IV p 102).

 

En 1242 a lieu entre Jean de Toucy et le prieuré de Moutiers un échange par lequel le prieuré lui cédait un certain nombre d’hommes et de tènements situés sur le territoire de la châtellenie de Perreuse (Vathaire).

 

En 1243, Jean de Toucy se plaint d’empiètement et de défrichement effectués dans les bois de Donzy et de Noire épine par les gens de la comntesse de Nevers, de Gibaud de Saint-Vérain, d’Henri, comte de Joigny, et Eudes de Sulli (Teulet II n° 3075).

 

En 1249, Jean donne au monastère de Notre Dame de l'Epau sa maison de Boraz dans le but de fonder une maison religieuse à Plain-Marchais où il n'existait encore qu'une chapelle (Dey).

 

Jean et Emma de Laval sont les parents d’une fille unique :

  • Jeanne qui épouse Thibaud, comte de Bar en 1266. Elle est décédée en 1317. Amortissement, en septembre 1282, par Thibaud comte de Bar et Jeanne sa femme, d'une vente de bois faite par Pierre de Vauz au Chapitre d'Auxerre (Quentin n° 711). En 1295, Jeanne remplace la redevance en blé constituée par Ithier par deux étangs situés à Lavau selon un échange avec les prieurs de Plain-Marchais. En 1301, Jeanne de Thoci, comtesse de Bar et dame de Puisaye confirme l'accord entre le roi Philippe IV et son fils Henri (Duchesne [54] Preuves de la maison de Bar le Duc p 38).

 

Jean de Toucy, fils d’Ithier IV époux de Jeanne de Laval, est mort après 1249. Emma lui survit jusqu'au 27 avril 1264.

 

Bibliographie :
[1] La seigneurie de Saint-Vérain-des-Bois, des origines à sa réunion au comté de Nevers 1943 Léon et Albert Mirot

[2] Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne 1885-1905 E Petit

[3] La chevalevie auxerroise 2017 Etienne Meunier cahiers généalogiques de l'Yonne n° 23

[4] Le Nivernais et les comtes de Nevers (1909 – 1914) R Lespinasse

[5] Recherches sur le pouvoir comtal en Auxerrois du Xe au début du XIIIe siècle 1980 Yves Sassier

 [6] Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocèse 1855 Abbé Lebeuf

[7] Compte rendu de Ferdinand Lot sur l'ouvrage de Léon et Albert Mirot : la seigneurie de Saint-Verain-des-Bois, des origines à sa réunion au comté de Nevers (1480) dans Bibliothèque de l'école des chartes Année 1943 Volume 104 Numéro 1 p. 326-328

[8  Origines féodales : les Chalon, les Vergy et la Puisaye d'après une charte du XIe siècle 1946 Jean Richard dans Annales de Bourgogne

[9] Inventaire des titres de Nevers 1873 Abbé de Marolles

[10] Saint-Germain d’Auxerre et ses dépendances 2011 Noëlle Deflou Lecca

[11] Chartes et documents de Saint-Bénigne de Dijon des origines à 1300 1986 G Chevrier

[12] Histoire généalogique de la maison de Vergy 1625 Duchesne

[13] Recueil des chartes de l'abbaye de Cluny (désormais CLU)

[14] Cartulaire de la Charité-sur-Loire (désormais La Charité) 1887 R Lespinasse

[15]Les vies extraordinaires d'Hervé IV de Donzy et Mahaut de Coutenay 1977 Jack Bierre

[16] Chartes de Guillaume IV, comte de Nevers (1161-1168), pour l'abbaye cistercienne de Reigny. Remarques sur une charte en langue française de 1164 ? Louis Carolus-Barré Bibliothèque de l'école des chartes Année 1973 Volume 131 Numéro 2 pp. 569-586

[17] Titres du prieuré de Mêves-sur-Loire (désormais Mesves) R de Lespinasse dans Bulletin de la société nivernaise XVII

[18] Cartulaire général de l’Yonne (désormais CY) I et II

[19] Le Chartrier ancien de Fontmorigny (désormais Fontmorigny) 1936 Albert Huchet

[20] Le nobiliaire du Nivernois 1900 Adolphe de Villenault

[21] Les nobles aïeux de trois seigneurs rouergats 2002 Eugène Vasseur

[22] Les templiers et les croisades (Nièvre et Yonne)

[23] Those of My Blood: Creating Noble Families in Medieval Francia 2010 Constance Brittain Bouchard

[24] Layettes du Trésor des chartes 1863-1866 M A Teulet (tome I et tome 2)

[25] Edouard de Saint Phalle dans Héraldique et Généalogie (Désormais H&G) ) n° 114

[26]Jean Baptiste de la Grandière : mail privé

[27] Montréal à sire de Chastellux 2013 Edouard de Saint Phalle (non consulté)

[28]Saint Bernard et le château de Fontaines-les-Dijon : étude historique et archéologique tome II Abbé Chomton

[29] La maison de Seigneurie de Montréal-en-Auxois 1865 Ernest Petit dans Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne 19e volume

[30] Les Capétiens 1997 Thierry le Hête

[31] Recueil de pièces pour faire suite au cartulaire général de l'Yonne (désormais Quantin) 1873 Maximilien Quantin

[32] Edouard de Saint-Phalle dans Héraldique et généalogie 1991 p 226

[33]Edouard de Saint-Phalle dans Héraldique et généalogie 1990 p 97

[34] Les Saint-Vérain seigneurs de la Celle et de Paci sur l'Armençon Léon Mirot dans Bulletin de la Societé nivernaise des lettres, sciences et arts

[35] Charte d'afranchissement d'Asnois Bulletin de la société scientifique de Clamecy 1878)

[36] La maison de Mello en Bourgogne : une révision à partir des archives des Chalon 1980 Henri Faget de Casteljau dans Annales de Bourgogne tome LII

[37] Cartulaire de l'abbaye de Molesme tome I (désormais Molême) 1907 Jacques Laurent

[38] Formation du comté de Champagne 1977 Michel Bur

[39] Duché de Bourgogne Fondation of Médiéval Généalogy (désormais FMG)

[40] Recueil des chartes de l'abbaye de Saint Benoit-sur-Loire tome II 1912 Maurice Prou (désormais Saint-Benoit-sur-Loire)

[41] Edouard de Saint-Phalle Héraldique et Généalogie n° 120 p 296

[42] Cartulaire de Saint-Cyr (désormais Saint-Cyr) 1916 R de Lespinasse

[43] Le comté d'Anjou 1906 Louis Halphen

[44] Cartulaire de la Trinité de Vendôme tome II (désormais Vendôme)

[45] Recueil des actes du roi Philippe I, roi de France 1912 Maurice Prou

[46] Gallia Christiana tome XII (désormais GC)

[47] Cartulaire du prieuré de Jully-les-Nonnains (désormais Jully-les-Nonnains) 1881 Ernest Petit

[48] Base de données Roglo

[49] E de Saint Phalle dans Héraldique et Généalogie 1999 p 399

[50] La Puisaye sous les maisons de Toucy et de Bar M A Vathaire de Guerchy 1925 Bulletin de la société des sciences historiques et naturelle de l'Yonne vol 79

[51] Histoire de la ville et du comté de Saint-Fargeau 1856 Aristide Dey

[52] Recueil des historien de Gaule et de France tome XX  (désormais RHGF)

[53] Page Emma de Laval dans l'encyclopédie en ligne Wikipédia

[54] Généalogie de la maison de Dreux 1631 André Duchesne

 

 

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