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Nous complétons et nous corrigeons le fichier « Notariat de Savines (05) » par la lecture des minutes de Mtre Jouve, en ligne sur le site des archives départementales des Hautes-Alpes.

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Il est toujours très difficile de capter la personnalité d'un personnage historique ayant vécu il y a plus de 800 ans et, pourtant, nous le souhaiterions ardamment. C'est le cas de Blanche de Castille, reine de France, épouse de Louis VIII le Lion et, surtout, mère de Saint-Louis.

 

Blanche est née en 1188 et décédée en 1252. Elle est la fille d'Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor Plantagenet, soeur de Richard Coeur de Lion et de Jean sans Terre. Elle seconde son mari (avec qui elle forme un couple sans heurt) puis son fils au cours de deux longues régences.

 

Source de l'image : ariane-genealogie.net/france1/blanche_castille.htm

 

A plusieurs reprises, Blanche fait preuve de son énergie et de son entier dévouement pour la France capétienne qu'elle a adoptée lors de son mariage avec Louis VIII. Elle montre son humanité en pardonnant les frasques répétées de quelques barons (Thibaud de Champagne, Raymond VII de Toulouse, Ferrand des Flandres...), en aidant les pauvres et les malades, en acueillant dans sa maison les orphelins de sa famille (Alphonse du Portugal, Marie de Brienne...) mais elle reste inflexible et sans pitié lorsque l'intégrité du pays est en jeu.

 

Blanche n'a pas manqué de détracteurs. Elle a été soupçonnée d'avoir répondue aux avances de Thibaud de Champagne (mais rien ne porte à croire qu'elle y ait cédées) et même, suprême offence, d'avoir succombée aux charmes du légat romain Frangippani. On l'a aussi suspectée sans doute à tord d'envoyer de l'argent français en Espagne et de bien d'autres maux encore...

 

Les premières années :

Nous ne savons presque rien des premières années de Blanche. Elle quitte la cour de Castille encore enfant. Peut-être avait-elle une certaine complicité avec sa soeur ainée Bérengère avec qui elle échangera un peu plus tard une correspondance suivie.

 

La famille de Blanche est parfaitement connue comme le montre le tableau ci dessous :

 

A son arrivée en France, Capétien et Plantagenet soutiennent une guerre au sujet des possessions continentales des Anglais depuis une bonne génération. Les trêves et les traités de paix se succèdent sans s'appliquer. En 1200, Philippe-Auguste et Jean sans Terre en établissent un nouveau à Goulet. La dernière clause de l'accord concerne l'union matrimoniale qui doit sceller la réconciliation entre les deux familles. En conséquence, Jean sans Terre charge sa mère, la vieille Aliénor d'Aquitaine, de choisir une de ses petites filles castillanes afin de la marier au futur roi de France Louis VIII.

 

D'après les chroniques, Aliénor choisit Blanche plutôt qu'Urraque sa soeur, alors plus âgée et plus jolie, pour une simple histoire de prénom plus facile à prononcer pour les Français. S'agit-il d'un subterfuge ou d'une réalité ? Quelques historiens ont suggéré que la petite fille avait séduit sa grand-mère...

 

Peut-être que Philippe-Auguste, en faisant entrer une princesse de Castille dans sa maison, a-t-il eu la secrète préoccupation de créer de nouvelles difficultés au roi d'Angleterre. En effet, Alphonse VIII avait, du chef de sa femme Aliénor, des prétentions sur la Gascogne (d'après le chroniqueur Matthieu de Paris). Si tel est le cas, la sage Aliénor d'Aquitaine ne s'est pas aperçue de la roublardise du Capétien...

 

Le 13 mai 1200, l'union entre Louis, futur roi de France, et Blanche de Castille est célébrée à Pont-Mort, en Normandie, car le royaume de France est interdit en raison de l’union incestueuse de Philippe-Auguste avec Agnès de Méranie (A Richard II)

 

Encore très jeune à l'époque de leur mariage, les deux jeunes époux complètent leur éducation à la cour de France. Sans doute Blanche a-t-elle gardée une nostalgie de son enfance à la cour d'Alphonse VIII mais il est aussi vraissemblable qu'elle est très vite adoptée la cause capétienne.

 

En 1212, le 16 juillet pour être précis, le père de Blanche, uni aux rois de Navarre et de d'Aragon, secondé par quelques croisés français et par des contingents portugais, remporte une grande victoire sur les Maures d'Espagne (E Berger). Blanche, alertée par sa soeur Bérengère, se réjouit de l'évènement.

 

En 1214, meurent coup sur coup, Alphonse et Aliénor, les parents de Blanche, alors que Philippe-Auguste remporte, à Bouvines, une victoire sur l'Angleterre.

 

En 1216, le futur Louis VIII se lance dans une entreprise à hauts risques. Sollicité par les barons anglais que la personnalité de Jean sans Terre exaspère, il tente de débarquer en Angleterre, évoquant l'héritage de Blanche pour se donner bonne conscience, mais l'affaire tourne court et le jeune prétendant à la couronne outre Manche est mis en difficulté. Par l'intermédiaire de son épouse Blanche, il réclame de l'aide à son père qui, au moins officiellement, le lui refuse. Le ménestrel de Reims rapporte un dialogue entre Philippe-Auguste et sa brue qui laisse apparaitre le caractère déterminé de la Castillane :

- Laisserez-vous ainsi mourir mon seigneur, votre fils, en pays étranger ? Sire, pour Dieu, il doit régner après vous; envoyez- lui ce dont il a besoin, au moins les revenus de son patrimoine.

- Certes, dit le roi, Blanche, je n'en ferai rien.

- Rien, sire?

- Non vraiment, répondit le roi.

- Par le nom de Dieu, dit madame Blanche, je sais bien, moi, ce que je ferai.

- Et que ferez-vous donc ?

- Par la sainte mère de Dieu, j'ai de beaux enfants de mon seigneur; je les mettrai en gage et trouverai bien quelqu'un qui me prêtera sur eux.

Alors elle quitte le roi comme folle et, quand il la voit s'en aller ainsi, il croit qu'elle disait vrai; il la fait appeler et lui dit :

- Blanche, je vous donnerai de mon trésor autant que vous voudrez ; faites-en ce qu'il vous plaira et ce que vous croirez bon; mais sachez, en vérité, que je ne lui enverrai rien.

- Sire, dit madame Blanche, vous dites bien.

 

Au printemps 1219, le futur roi de France part en croisade contre les Albigeois. Il prend Marmande mais échoue devant Toulouse. Il est de retour auprès de son épouse à la fin de l'été.

 

A l'avènement de Louis VIII :

Louis et Blanche sont couronnés le 6 août 1223, quelques semaines après la mort de Philippe-Auguste. Louis VIII est très actif mais son règne ne dure que trois petites années.

 

La guerre entre Anglais et Français continue en l'année 1224. Niort puis la Rochelle reviennent au roi de France. La même année, le pape sollicite l'aide de la couronne fleurdelysée par l'intermédiaire de Blanche en faveur de Robert de Courtenay, empereur d'Orient.

 

Dès 1226, Louis repart en croisade contre les Albigeois. Le siège d'Avignon dure 2 mois et, au bout de 40 jours, comme la loi féodale le lui permet, Thibaud de Champagne se retire de l'ost royal. On le lui reprochera et, après la mort du roi, on l'accusera même de l'avoir empoisonné...

 

En août de cette année, après la capitulation d'Avignon et une guerre éclair qui mène Louis jusqu'à Toulouse, le Languedoc fait sa soumission. Au cours de son retour, le roi tombe malade et meurt de dyssenterie le 8 novembre.

 

Blanche de Castille et Louis ont eu douze enfants dont plusieurs morts en bas âge :

  • Philippe (1209 - 1218) ;
  • Louis, ° 1214, futur Saint Louis ;
  • Jean et Alphonse ° 1213, jumeaux qu n'ont pas vécu ;
  • Robert ° 1216, comte d'Artois ;
  • Isabelle ° 1226, religieuse ;
  • Jean ° 1219 ;
  • Alphonse ° 1220, comte de Poitou. Il épouse Jeanne, l'héritière de Raymond VII, dernier comte de Toulouse ;
  • Philippe Dagobert ° 1223, mort jeune ;
  • Etienne qui est certainement mort avant l'adolescence.

 

La reine mère :

A la mort du roi Louis VIII, la régence aurait du théoriquement revenir au prince de sang le plus proche du défunt, Philippe Hurepel, son frère puîné, qui avait alors 35 ans, mais Blanche l’assure au nom de son fils, le futur Saint-Louis comme l'avait décidé son défunt mari, juste avant de mourir. Bien entendu, les premiers murmures de réprobation ne tardent pas à s’élever dans la haute aristocratie franque. En effet, cette situation – une femme étrangère à la tête du royaume de France – est nouvelle et peu en rapport avec les mœurs de l’époque.


Au couronnement de Saint-Louis, quelques semaines seulement après le décès de son père, plusieurs barons comme Pierre Mauclerc, comte de Bretagne, Hugues de Lusignan, comte de la Marche ainsi que les principaux seigneurs du Poitou manquent à l’appel.

 

Peu à peu, Blanche, par force mais aussi par goût, devient une femme politique fine et efficace, conseillée par des hommes sûr (le chancelier Guérin, Barthélemy de Roye, Robert de Courtenay, Mathieu de Montmorency, Archambaud de Bourbon, Imbert de Beaujeu...). Toutefois, la reine subit la désapprobation d’une partie de la noblesse de France. Ses ennemis vont jusqu'à l'appeler "dame Hersent" du nom que porte la louve dans le roman de Renard.


Au début de l’année 1227, Ferrand de Flandre, vaincu de Bouvines, est libéré après avoir juré fidélité au roi. Blanche se tourne ensuite vers Pierre Mauclerc qui conspire avec le roi d'Angleterre Henri III et quelques seigneurs (Hugues de Luzignan, Savary de Mauléon, Pierre de Dreux, Thibaud de Champagne) mais la ligue des barons est retournée par la défection de Thibaud de Champagne qui se rallie à la reine. Par le traité de vendôme qui s'en suit, Blanche s'attache les services de Pierre de Dreux. Une nouvelle trêve est signée avec le roi d'Angleterre (juillet 1227)...

 

Peu après, dans le courant de l'année 1228, alors que le roi Louis chevauche dans la région d’Orléans, il apprend que ses barons sont réunis près de Corbeil et se proposent de l’enlever. Il se réfugie à Montlhéry et demande du secours à sa mère qui convoque les notables parisiens et sollicite le peuple pour prêter main forte à son fils. C’est un moment fort pour le jeune souverain qui se souviendra toute sa vie de l’émotion de cet épisode et de son peuple venu le secourir.

 

En ce début de régence, l'atmosphère est périodiquement empoisonnée par une succession de complots des barons français à la tête desquels on retrouve souvent le comte de Bretagne, Pierre Mauclerc. Blanche convoque l’ost royal afin de mâter le rebelle qui s’incline, à Bellême, devant la puissance de la reine qui s'occupe, en personne, des détails relatifs au campement (elle fait couper du bois pour réchauffer les hommes et les chevaux). Afin de marquer les esprits, Blanche s'est fait accompagner du jeune roi Louis, alors tout juste adolescent (janvier 1229).

 

Au début de l’année 1229, les habitants du quartier Saint-Marcel se plaignent à l’évêque et au légat du pape Monseigneur Frangippani du comportement des étudiants de Paris qui créent des débordements. Blanche ne peut pas (et ne veut pas) que s’installe l’insécurité et ordonne au prêvot de la la ville de poursuivre les fauteurs de troubles. Cette attitude est contraire au privilège accordé autrefois à l’université par Philippe-Auguste. Les maitres de l’université de mettent en grève et menace de quitter Paris, mais Blanche ne désarme pas… Maitres et écoliers se dispersent et ne reviendront dans la Capitale qu’après plusieurs années.

 

Raymond de Toulouse profite du décès de Louis le Lion pour reprendre les hostilités. Croyant à une alliance avec Henri III d’Angleterre qui n’est pas pressé d’honorer ses engagements, Raymond se retrouve bien esseulé dans son combat contre les forces françaises et le Languedoc, épuisé, ne peut guère lui apporter son soutien. Blanche prend l’initiative de pourparler avec son cousin (voir tableau ci contre) et il ne reste plus à Raymond qu’à s’incliner et demander la paix. Le traité de Paris met fin à l’indépendance du Languedoc.

 

En 1230, la guerre entre Anglais et Français se perpétue. Blanche fait face à ses adversaires et aux barons rebelles entrainés par Pierre Mauclerc. Thibaud de Champagne doit lui aussi, se défendre de ses ennemis (Hurepel en tête) qui lui reproche sa traitrise et son ralliement à la reine. Blanche, à la tête d'une grande armée, vient à son secours. Finalement, la plupart des barons hostiles à la régente font la paix avec elle.

 

En 1233, débute les négociations de Blanche avec Raymond Bérenger V en vue de mariage entre Louis IX et Marguerite de Provence. Blanche obtient du pape une dispense de consanguinité au début de l’année 1234. Le mariage a lieu à Sens le 27 mai de la même année.

 

Dans l'été de l'année 1234, Blanche et son fils, tout juste marié, ont encore à affronter le comte de Bretagne, le fameux Pierre Mauclerc, à qui ils infligent une sévère et dernière défaite.

 

Louis et son épouse s’aiment tendrement, peut être un peu trop au gré de Blanche qui redoute que sa bru prenne l’ascendant sur le jeune roi. Les rapports entre les deux reines restent courtois mais réservés et sans chaleur. La reine Blanche craint que Louis ne s'attarde trop auprès de Marguerite au détriment de son métier de roi.

 

En février 1236 est jurée une nouvelle trêve entre la France et l'Angleterre. Les principaux barons rebelles tels que Hugues de Lusignan sont contraints d'y adhérer. Blanche offre ainsi cinq ans de répit à son fils Louis.

 

Désormais, Louis est majeur et la régence prend fin. Le roi gouverne à peu près seul mais il est secondé par les conseillers choisis par sa mère qui en est flattée. Blanche n'apparait plus que ponctuellement dans les affaires de l'état. Plus libre que dans le passé, elle consacre une grande partie de son activité à l'administration de ses biens, à la tenue de sa maison, à des oeuvres de piété et à l'établissement de ses enfants mais son fils ne fait rien sans son avis. elle reste la pierre angulaire du gouvernement.

 

Lorsque Blanche décide d’un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, l’évêque de Paris la décourage et l’engage plutôt à payer les dettes des frères prêcheurs de la maison de Saint-Jacques. La reine mère obéit au prélat mais elle est déçue de perdre cette occasion d’un retour dans le pays où elle est née. Elle n’aura jamais eu la possibilité de revoir sa famille à partir du moment où sa grand-mère l’aura arrachée de Castille.

 

Thibaud de Champagne, devenu roi de Navarre, s'allie aux ennemis du roi de France afin de récupérer la suzeraineté des comtés de Blois, de Chartes, de Sancerre et la vicomté de Chateaudun, cédées au roi Louis au cours d'anciennes négociations. Le roi de France réunit alors une armée en vue d'une bataille mais Thibaud n'ose pas s'opposer à son suzerain et il demande des négociations à Blanche de Castille qui intercède en sa faveur.

 

En 1240, Raymond Trancavel veut entrer dans les états dont son père a été dépouillé et réapparait à la tête d'un groupe de chevaliers. Plusieurs places fortes tombent entre ses mains avant qu'il ne se présente devant Carcassonne. Le bourg est assiégé pendant plus d'un mois par les troupes de Blanche de Castille et capitule le 11 octobre. L'espoir du Trencavel est réduit à sa plus simple expression.

 

En 1241, un incident diplomatique prend une ampleur extraordinaire. Alphonse, frère du roi devient comte du Poitou au grand dam d’Isabelle d’Angoulême, comtesse de la Marche et mère du roi d’Angleterre, qui se sent humiliée. Isabelle réactive la lutte entre Capétiens et Plantagenets.

 

Louis IX est atteint de dysenterie au cours de sa campagne en Poitou et on le croit perdu. Blanche demande à l’abbé de Saint Denis d’exposer à la vénération des fidèles les reliques du glorieux martyr protecteur du royaume. Louis revient à la vie et fait le vœux de partir en croisade.

 

En 1244, Blanche est peut-être tentée de se retirer à Notre-Dame de la Royale, l’abbaye de Maubuisson, qu'elle a fondé avec son fils Louis.

 

Entre 1248 et 1252, Blanche assure une seconde régence alors que ses fils et Marguerite de Provence, sa belle-fille, partent en croisade. La reine, vieillissante, n’approuve pas cette aventure car elle craint, pour la vie de son fils et l'intégrité du pays. Elle se sent fatiguée et peu enclin à reprendre du service.

 

Dès 1249, après le décès de Raymond VII, Blanche doit assumer la succession du comté de Toulouse, son fils Alphonse à qui revient le comté étant parti rejoindre son frère en Orient. elle s'appuie alors sur Siccard Allaman à qui elle confie le gouvernement du comté.

 

Les espoirs du roi de délivrer le tombeau du Christ sont rapidement déçus et les ennuis s’accumulent dès les premières semaines de l’entreprise. Louis est fait prisonnier par les Egyptiens qui demandent une forte rançon. Blanche se démène sans compter pour lui porter secours. Seul le pape prescrit des mesures pour de nouvelles collectes de fonds.

 

Au début de l'année 1251, Blanche tombe gravement malade alors que deux de ses fils, Alphonse et Charles sont rentrés en France pour l'assister mais aussi pour régler leurs affaires dans leur comté respectif.

 

En 1251, la croisade des Pastoureaux prend forme à l’est du royaume. Un illuminé surnommé le Maitre de Hongrie, dénommé Jacques, Jacob, ou peut-être Roger, moine cistercien ou pas, harangue les foules en prétendant que seuls les humbles et les manants pourraient délivrer le tombeau du Christ. Cet appel a lieu à Pâques et un formidable élan des paysans et des bergers y répondent en prenant la croix. Ils sont 30 000 à Amiens, peut-être 50 000 à Paris, où Blanche de Castille les reçoit. Dans un premier temps elle leur donne son appui mais l'ardeur chrétienne des Pastoureaux se transforme peu à peu en une ivresse révolutionnaire. Les chefs de ce mouvement s'en prennent tout d'abord aux représentants du clergé avec des scènes dantesques de pillage et de meurtre, puis à la société laïque. Blanche reconnait alors son erreur de jugement et condamne le mouvement, ordonne qu'on le poursuive et qu'on le chasse de France. Alors que les Pastoureaux entrent en Berry, 12 de leurs chefs sont pendus à Cosne sur Loire. Le Maitre de Hongrie est tué peu après à Bourges. Les bandes de Pastoureaux se dispersent aux quatre coins du royaume, en Guyenne et en Angleterre. La croisade des Pastoureaux se termine dans le sang...

 

En novembre 1252, alors qu'elle se trouve à Melun, la maladie de coeur dont elle souffre s’aggrave brusquement. Blanche se fait transporter jusqu'à Paris où elle prend l’habit des cisterciennes que porte les religieuses de Maubuisson. Elle meurt à 64 ans, le 26 ou 27 novembre 1252.

 

Bibliographie :

Les rois qui ont fait la France Saint-Louis 1984 G Bordonove

La reine Blanche 1972 Régine Pernoud

Histoire de Blanche de Castille, reine de France 1895 E Berger

Histoire des comtes du Poitou 1903 A Richard

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