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Nous sommes à la recherche de l’article de Jean-Noël Mathieu : « Nouvelles recherches sur les premiers comtes de Tonnerre » publié dans le bulletin archéologique et historique du Tonnerrois n° 51. Si un de nos lecteurs peut nous en fournir une copie…

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Hugues d’Arles est le dernier représentant de la famille des Bosonides dans la région provençale (voir à ce propos P Geary [1]). Ses successeurs, les comtes de Provence, même s’ils appartiennent encore à cette maison, se démarquent très clairement de l’héritage encombrant de cette dynastie (seconde moitié du Xe siècle).

 

Les Bosonides doivent leur puissance aux Carolingiens. La fille de Boson l’ancien, Theutberge (°835 + 875), est l’épouse légitime du roi Lothaire II et Richilde, sœur du futur roi Boson, est la dernière épouse du roi Charles le Chauve (le mariage a lieu en 870). Lorsque Hugues lance sa carrière, entre 905 et 910, la grandeur des Bosonides est largement émoussée et le pouvoir est passé entre d’autres mains. Rodolphe, issu des Welfs, a constitué un petit royaume en Transjurane et, en Italie, Guy de Spolète est devenu empereur (891 – 894) imité quelques années plus tard par Bérenger du Frioul…

 

Louis III, éphémère roi d’Italie, est aveuglé par Bérenger du Frioul en 905. Pour continuer à régner sur ses états, il s’appuie sur Hugues d’Arles, son parent, à qui il met le pied à l’étrier. Hugues, individu ambitieux, ne se contente pas de la Provence et, en 928, il est élu roi des Italiens.

 

La politique d’Hugues est faite de népotisme, de nombreux mariages consanguins, mais aussi de violences et d’assassinats.

 

Liudprand de Crémone, qui a vécu à la cour d’Hugues en Italie, fournit de nombreuses et précieuses informations sur ce personnage trouble. Nous retrouvons la plupart de ces renseignements dans l’ouvrage de Frédéric Gingins la Sarra [2].

 

Les historiens du XXe siècle ont fait la lumière sur Hugues d’Arles et sa politique. Citons :

  • Frédéric Gingins la Sarra ;
  • René Poupardin [3] ;
  • Georges de Manteyer [4] ;
  • René Bousquet [5].

Les médiévistes modernes ont affiné de nombreux points restés obscurs :

  • Patrick Geary ;
  • François Demotz [6] ;
  • Christian Settipani [7].

 

La famille d’Hugues d’Arles :
Hugues d’Arles est né vers 875 (d’après G. de Manteyer p. 114) et mort en 947. Il appartient à la grande famille des Bosonides dont il est un des derniers représentants. Il est le cousin issu de germain de Louis III l’Aveugle, fils de Boson élu roi de Provence en 879 par une assemblée de prélats réunis à Mantaille.

 

 

Ses parents :
La carrière du père d’Hugues, Thibaud/Thibert (°850 + 887), comte de Vienne, est assez méconnue. Il est le fils d’Hugobert/Hubert, oncle du roi Boson, abbé de saint Maurice en Valais et duc de Bourgogne Transjurane.

 

Hubert, grand-père paternel d'Hugues, est un homme puissant et peu recommandable. En 862, il reçoit l'abbaye de Saint-Martin de Tours des mains de Charles le Chauve mais il est préalablement un fidèle de Lothaire II, son beau-frère, avant d'en devenir un adversaire lorsque ce dernier se débarasse de son épouse Theutberge au profit de sa maitresse Waldrade : dans les années 860, Hubert, détenteur du ducatus et abbé de Saint-Maurice d’Agaune se révolte contre Lothaire II. Pour venir à bout de cette rébellion, Lothaire II n’a d’autre ressource que de faire appel à son cousin Conrad, issu de la parentèle des Welfs et apparenté à la dynastie carolingienne. Au milieu de la décennie 860, Conrad vainc et tue Hubert, obtenant à titre de récompense les honneurs du vaincu, autrement dit le duché de Transjurane et l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune (F. Demotz).

 

Dans un retournement d’alliance dont le moyen-âge détient le secret, Thibaud, fils d’Hubert, épouse Berthe, fille illégitime de Lothaire II et de Waldrade. Thibaud, fidèle de son beau-frère Hugues d'Alsace (annales fuldenses : Thiobaldus princeps militiae Hugonis Lotharii regis), est battu en 880 à la tête des troupes de son parent lorsque celui-ci fait valoir ses prétentions sur le royaume de son père.

 

Après 882, Hugues d'Alsace reprend les hostilités contre l'empereur Charles le Gros. Thibaud, à ses côtés jusqu'à sa déroute, se refugie sur les terres de son cousin germain Boson. Il gouverne la Provence dès 887 (Gingins p 14) et meurt avant 890.

 

Berthe et Thibaud ont enfanté :

  • Hugues d’Arles ;
  • Boson (?) ; Pour certains auteurs dont F. Demotz, il est un fils que Thibaud aurait eu d'une première épouse ;
  • Theutberge femme de Garnier, vicomte de Sens.

Berthe se remarie avec Adalbert de Toscane en 895 d’où naissent trois enfants :

  • Guy, marquis de Toscane, marié à Marozie fille de Théophylacte, consul romain, et Théodora ; Guy est mort en 928 ou 929 ;
  • Lambert, marquis de Toscane après son frère jusqu’en 931/932 ; Il est destitué par son demi-frère Hugues d'Arles ;
  • Ermengarde femme d'Adalbert d’Ivrée. Bérenger fils d'Adalbert devient roi des Italiens après Hugues d'Arles et son fils Lothaire.

 

Les frères et les neveux d'Hugues jouent un grand rôle dans sa politique. Berthe décède le 8 mars 925 après avoir préparé l’arrivée de son fils en Italie.

 

Les épouses et les maitresses d’Hugues :
En 913, Hugues épouse Willa de Vienne, fille du roi Boson (sa cousine issue de germain), veuve du roi de Bourgogne Rodolphe.

 

D'après C. Settipani [8], Willa n'est pas la fille d'Ermengarde, épouse connue du roi Boson, mais celle d'une première femme dont le nom ne nous est pas parvenu. D'après F. Demotz, Willa est la fille d'Ermengarde mais elle n'est pas la mère de Rodolphe I (incompatible avec la chronologie). Enfin, selon J.N. Mathieu [9] dans "L'origne de Willa reine de Bourgogne" elle pourait être la fille de Bernard Plantevelue, comte d'Auvergne.

 

A la mort de Willa de Vienne survenue quelques années seulement après leur union, Hugues épouse Hilda/Alda qui lui donne au moins deux enfants :

  • Lothaire époux de Sainte Adélaïde de Bourgogne fille de Rodolphe II de Bourgogne et de Berthe de Souabe ; Il est associé très tôt au trône d'Italie. Il meurt quelques années seulement après son père après la naissance de sa fille prénommée Emma ;
  • Hilda épouse du patrice romain Alberic II, fils d’Alberic I de Spolète et de Marozie (sa marâtre). Hilda meurt en 954.

 

Ensuite, en 932, Hugues épouse Marozia (femme en premières noces d’Alberic de Spolète et en secondes de son demi-frère maternel Guy).

 

Enfin, en 937, Hugues s'unit à Berthe, veuve du roi de Bourgogne Rodolphe II, avec l’espoir de confisquer à son profit le royaume de Bourgogne Transjurane (et recréer la Lotharingie) mais Otton I de Germanie veille et garde auprès de lui Conrad, fils et héritier de Rodolphe II...

 

L’ouvrage en ligne « Marseille entre Provence et Méditerranée » [10] supervisé par Thierry Pécout récapitule les maitresses d’Hugues d’Arles lui ayant donné un ou plusieurs enfants naturels :

  • Waldelmode (une provençale) d’où Hubert marié à Willa (fille de Boniface de Spolète et de Waldrade de Bourgogne) ;
  • Pezola d’où Berthe mariée à Romanos, fils de l’empereur Constantin VII et Boson, évêque de Plaisance ;
  • Rotrude d’où Rotlinde décédée après 1001 ;
  • Stéphanie d’où Thibaud, archidiacre de Milan.

 

Boson et Theutberge, frère et sœur d’Hugues d’Arles :
Dès l’installation d’Hugues en Provence, Boson, son frère, le seconde dans ses états où il porte lui aussi le titre de comte. En  931, Hugues le nomme comte de Toscane en remplacement de leur demi-frère Lambert.

 

Boson, marié à Willa, sœur de Rodolphe II de Bourgogne, se livre à des intrigues contre son frère en faveur de son beau-frère. Il est emprisonné avant de disparaitre en 936.

 

Les enfants de Boson et de Willa sont (entre autres) :

  • Willa épouse de Bérenger II d’Ivrée ;
  • Berthe femme en premières noces du comte de Provence Boson II, fils de Roubaud. D’après les historiens modernes, Boson l’aurait répudiée  pour se démarquer du souvenir d’Hugues d'Arles et de sa politique. Elle est l’héritière universelle d’Hugues.

 

Theutberge, sœur d’Hugues et de Boson, est née vers 887 et décédée en 947. Elle est la femme de Garnier de Sens puis celle du vicomte de Vienne Engilbert.

 

De son premier époux sont nés, entre-autres :

  • Manassès, archevêque d’Arles, qui est l’un des principaux lieutenants d’Hugues en Provence. Appelé par son oncle en Italie, il cumule l’administration de plusieurs évêchés (Vérone, Mantoue, Trente) au grand mécontentement des autochtones. Son oncle compte sur lui pour la défense de la marche tridentine (Gingins).
  • Theutberge femme de Charles-Constantin, comte de Vienne (fils du roi Boson) ;

Et d’Engilbert :

  • Thibaud/Théobald fidèle de son oncle Hugues en Italie ;
  • Berlion, chanoine de Saint Maurice de Vienne.

 

La carrière d’Hugues d’Arles :

En 843, lorsque les fils de Louis le Pieux se partagent l'immense empire de leur père, la Lotharingie (le royaume du milieu) est créée au profit de Lothaire I. A la génération suivante, les enfants de Lothaire la morcèle : la Provence et la Bourgogne échoient à Charles qui est jeune et malade, donc inapte à gouverner, Louis II reçoit l’Italie et Lothaire II s'intalle dans la partie la plus septentrionale.

 

La décomposition de la Lotharingie profite à Boson en 879 pour la Provence (qui la perd aussitôt) et à Rodolphe en 888 pour la Bourgogne.

 

Hugues devient très rapidement le bras droit de Louis III l’Aveugle qui le prend en affection après sa mutilation de 905. Il ne semble pas avoir participé aux campagnes italiennes de Louis qui lui confie le gouvernement de ses états dès 908.

 

Hugues, comte de Provence :

Louis III, fils de Boson et petit-fils de Louis II par sa mère Ermengarde, est battu et aveuglé en 905 par Bérenger du Frioul qui a été élu roi des Lombards en 898. Expulsé d’Italie, il reste le maître de la Provence mais délègue son pouvoir à son cousin Hugues d’Arles.

 

Le 6 juin 903 a lieu une des premières apparitions d'Hugues d'Arles dans les affaires. Il intervient avec d’autres personnages en faveur du comte de Valentinois (G de Manteyer p. 103).

 

En avril 907 et vers 908, l’évêque de Vienne (Rainfroi ?) déclare agir sur les conseils d'Hugues et avec son aide (G de Manteyer p. 103).

 

Le 16 mai 908, Louis l'Aveugle concède, sur la demande d'Hugues, comte, et de son fidèle Thibert, la villa de Bédarrides et des droits perçus sur le descente du Rhône à l'église d'Avignon (CA [11] n° XXXVI).

 

Le comte Thibert (que G. de Manteyer considère comme l’ancêtre des vicomtes de Marseille) remplace Thibaud, père d’Hugues, au gouvernement des états de Provence après 890. Thibert est l’un des conseillers les plus écoutés du roi Louis l’Aveugle mais, peu à peu, il est éclipsé par Hugues. Après 911, Hugues apparait dans les actes avec le titre de duc et marquis de Provence.

 

Le 4 avril 912, Louis, empereur, sur la demande d'Hugues, duc de Provence, de son frère Boson, comte, et de Rostaing, archevêque d'Arles, concède à Fouquier, évêque d'Avignon, diverses églises au comté d'Avignon (CA n° XXXVIII).

 

En 912, donation à l’église métropolitaine de Saint-Maurice de Vienne d’une portion de la terre d’Estresseins, située au bord du Rhône près de cette ville, donation que le comte Hugues fait à cette église pour y fonder une messe et des prières quotidiennes pour le remède de son âme et de celle de tous ses parents (Gingins p. 34).

 

Il est possible, qu'entre 912 et 920, Hugues participe à la défense de la Provence contre les infidèles mais nous verrons qu'Hugues entretient avec les Sarrasins des rapports troubles en les utilisant à ses propres fins (J.P. Poly [12] p 128).

 

A la même époque, Hugues ordonne la restauration de l'abbaye Saint-Barnard de Romans que les Sarrasins avaient détruite et brûlée. La charte est souscrite par son frère Boson.

 

Le jour de Noël (920), donation de la villa Crissinciaci (Crésencieux) par Hugues, comte et marquis de Provence, à l’abbaye de Saint-André le Bas de Vienne (CSAB [13] n° 124).

 

En 922/923, Hugues tente de s’emparer de la couronne d'Italie au détriment de Bérenger du Frioul, qui se maintient sur le trône grâce à l'appui des bandes de mercenaires hongrois. Comme son cousin Louis, Hugues est contraint de jurer qu’il ne remettra jamais les pieds en Italie (R. Poupardin p. 219).

 

Hugues assiste à la rencontre entre Raoul, roi de France, et son vassal Guillaume d'Auvergne et d'Aquitaine, neveu de Guillaume le Pieux, fondateur de l'abbaye de Cluny.  Au cours de ce plaid, Guillaume se soumet à l'autorité du roi Raoul.

 

En 924, Rodolphe II de Bourgogne s’empare de la couronne d’Italie (Bérenger est assassiné) alors qu’Hugues est occupé à lutter en Provence contre les Hongrois, mais un parti hostile à Rodolphe II de Bourgogne ne tarde pas à se former et à proposer la couronne à Hugues d’Arles.

 

En 924, donation d'Hugo comes et marchio, à l'église Saint-Pierre de Vienne de quelques biens afin d'obtenir le pardon de ses offenses, de celles de patris mei Teutbaldi et matris meæ Berthe, de Guille et Hilde, ses femmes, de ses frères et de ses soeurs  (Bouche [14] t 1 p 936).

 

Hugues, roi d’Italie :
Profitant des malheurs de Rodolphe II, Hugues d’Arles est couronné roi d’Italie en juillet 926. A la différence de ses prédécesseurs, il parvint, non sans difficultés, à se maintenir sur ce trône pendant une vingtaine d’années. Son succès italien eut toutefois d’importantes conséquences sur le royaume bosonide qui, disposant déjà d'un roi aveugle, se trouvait désormais affublé d’un régent absent .... De fait, tout au long de son règne en Italie, Hugues d’Arles y garda la haute main et vint d’ailleurs s’y réfugier en 947, lorsqu’une révolte générale de l’aristocratie italienne le contraignit, quelques mois avant sa mort, à prendre le chemin de l’exil. Il y installa ses proches, en premier lieu son neveu Manassès qui occupa le très important siège archiépiscopal d’Arles de 920 à sa mort en 961. Il confia aussi le gouvernement de la région à un certain Boson, certainement issu de sa proche parenté, auquel il avait donné en mariage sa nièce : ce Boson, qui assurait en Provence la continuité de la domination bosonide fut la souche de la future dynastie des comtes de Provence (d'après F Mazel) [15].

 

Poupardin (p. 222) nous décrit quelques traits de caractère du nouveau roi d’Italie : audacieux et rusé, libéral envers les pauvres et les églises, ami des lettres mais énergique et sachant se faire respecter, au besoin par des actes de cruauté, intelligent et sensuel, il était fait pour gouverner ce pays.

 

En 928, Hugues se considère comme l’unique souverain de l’Italie et de la Provence. Le 12 novembre de cette année, Hugues, agissant en maître dans le royaume laissé vacant par Louis l’Aveugle, confirme les immunités et les privilèges de l’abbaye de Sainte Teudère en Viennois (Gingins p. 59 et recueil des historiens de Gaule et de France IX [16] p. 690). Dès le décès du roi Louis l'aveugle en 928, Hugues cherche à minimiser le pouvoir de Charles-Constantin, fils du roi défunt.

 

Le 25 novembre 928, diplome du roi Hugues en faveur de l'abbaye Saint Barnard de Romans à laquelle il cède de vastes territoires dans le Viennois méridional (près de Romans).

 

Flodoard signale une entrevue entre le roi de France Raoul et son homologue d'Italie, sans préciser la date (probablement 928 ou 929) et la raison de cette rencontre. Raoul est accompagné d'Herbert de Vermandois qui détient le roi déchu Charles le simple, et qui souhaite le comté de Vienne pour son fils Eudes. D’après René Bousquet, à la mort de Louis III, un accord intervient entre le roi Raoul à qui est attribué le Lyonnais et le Viennois, et Hugues qui conserve la possession de la Provence.

 

Dans les années trente, Hugues réprime une conjuration menée par Alberic le jeune, fils du patrice Alberic et de Marozie, qui soulève le peuple romain et se fait proclamer souverain de la ville, empêchant ainsi l'élévation d'Hugues à la distinction d'Empereur d'Occident.

 

En 932, Hugues fait, à la réquisition de son frère Boson, une donation de quelques biens aux chanoines de la ville de Luques où sont enterrés sa mère Berthe et son beau-père Adalbert (Bouche I p 791).

 

En 933, la situation d’Hugues semble se compliquer. Les seigneurs italiens mécontents de l'administration (et des violences) d'Hugues, font à nouveau appel à Rodolphe II roi de Bourgogne. Au début de l'année 934, Hugues est chassé de Rome et gravement menacé en Italie du Nord. R Poupardin, sur la foi d'un passage obsur de Liudprand, avait pensé que le roi d'Italie avait cédé à Rodolphe tous ses biens et droits à l'ouest des Alpes, en échange de son abstention totale en Italie, ce que les historiens démentent aujourd'hui (Ripart [17] p 67)

 

Le 3 mars 934, donation  par Hugues (et son fils Lothaire) aux moines de Cluny des domaines de Savigneux et d'Ambérieux, dans le comté de Lyon pour (CLU [18] n° 417).

 

Le roi Raoul meurt le 15 janvier 936 sans enfant et Rodolphe II décède l'année suivante laissant pour héritier un enfant jeune, le futur Conrad le Pacifique. Une situation nouvelle s'établit en Europe occidentale. Hugues est alors tenté de rassembler les morceaux de l’ancienne Lotharingie à son profit. En 937, il épouse Berthe, veuve de Rodolphe, et unit son fils Lothaire à Adélaïde, fils du défunt. L’empereur Otton I déjoue ses plans en subtilisant le fils et l’héritier de Rodolphe qui est élevé à sa cour.

 

Hugues confie à son neveu Théobalt, fils d'Engilbert, les marches de Spolète et Camérino. Théobalt remporte une victoire sur les Grecs en 934 mais meurt peu après. Il est remplacé par un autre neveu d'Hugues, Anchier/Anschaire, fils de Bérenger et d’Ermengarde,  mais le jeune homme complote contre son oncle. Il est assassiné après une dernière défaite en 941.

 

A la même époque, Hugues découvre la trahison de son frère Boson, alors gouverneur de Toscane. Gingins suggère un rapprochement entre Boson et le patrice Alberic. C’est Hubert, bâtard d’Hugues et fils de Waldelmode, qui remplace son oncle Boson à la tête du gouvernement de Toscane à partir de 936.

 

Le 24 juin 936, Hugues et son fils Lothaire donnent en toute propriété à Hugues, leur neveu et cousin, la terre d’Altavéon près de Romans sur Isère (Gingins p. 108).

 

La guerre que le patrice Alberic, fils de Marozie, mène à son beau-père Hugues se poursuit durant de longues années, sans qu'une paix durable puisse s'établir, engloutissant une partie des forces vives italiennes mais il revient à Bérenger, margrave d'Ivrée, de débarasser la péninsule italienne de son roi Hugues.

 

En 941, Bérenger s’est refugié auprès d’Hermann de Souabe et complote contre Hugues qui s'en méfie et qui fait appel  aux Sarrasins afin de leur confier la garde des Alpes. Cette mesure n'est pas suffisante pour empêcher la petite armée de mercenaires recrutée par Bérenger de parvenir en Italie, soutenue par les déçus de la politique violente d'Hugues d'Arles.

 

En janvier 945, donation faite à Pavie par le roi Hugues et son fils pour le remède de l’âme du comte Thibaud, père et aïeul des donateurs, et en mémoire du vicomte Bérillon, père d’Engilbert de Vienne (Gingins p. 114).

 

En 945, Hugues et son fils Lothaire font une donation à l'église de Vercelli en Lombardi (Bouche I p 795).

 

En 945, Hugues perd sinon la couronne, du moins le pouvoir en Italie, où Bérenger d'Ivrée, soutenu par Otton, est, sans le titre, le véritable souverain. En 946, Hugues renonce et se retire en Arles auprès de sa nièce Berthe, fille de son frère Boson, à qui il lègue les comtés d’Arles et Avignon en Provence ainsi que son trésor (Manteyer p 123).

 

Hugues meurt le 10 avril 947.

 

Lothaire, fils d'Hugues, est assossié à la couronne d'Italie dès 931. Il succède à son père et règne quelques années avant de céder son royaume à Bérenger d'Ivrée. Les Bosonides ont définitivement perdu la couronne d'Italie...

 

 

Bibliographie :

[1] La mémoire et l'oubli à la fin du premier millénaire 1996 P Geary

[2]Mémoires pour servir l'histoire des Royaumes de Provence et de Bourgogne Jurane Frédéric Gingins La Sarra

[3] Le royaume de Provence sous les Carolingiens 1901 René Poupardin

[4] La Provence du I au XIIe siècle 1908 G de Manteyer

[5] Rois de Bourgogne et Comtes de Provence René Bousquet

[6] La Bourgogne, dernier des royaumes carolingiens 2008 F Demotz

[7] La préhistoire des Capétiens (482-987) 1993 Christian Settipani

[8] Les origines maternelles d’Otte-Guillaume 1994 C Settipani dans Annales de Bourgogne tome 66

[9] L'origne de Willa reine de Bourgogne 2000 Jean-Noël Mathieu dans Onomastique et parenté  tome 1

[10] Marseille, entre Provence et Méditerranée T Pécout

[11] Charte du pays d'Avignon désormais CA 1914 G de Manteyer

[12] Les Féodalités Jean-Pierre Poly

[13] Cartulaire de Saint André le Bas de Vienne désormais CSAB 1869 Jules Chevalier

[14] La chrorographie ou description de la Provence et l'histoire chronologique du même pays tome 1 1664 Honoré Bouche

[15] http://capeshistgeo.free.fr/mod/mod/bonus_files/Hist_pol_Bourgogne.pdf

[16] Recueil des historiens de Gaule et de France IX

[17] Les fondements idéologiques du pouvoir des premiers comtes de Savoie 1999 Laurent Ripart

[18] Recueil des chrtes de l'abbaye de Cluny désormais CLU tome 1

 

Lu
 

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