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Nous complétons et nous corrigeons le fichier « Notariat de Savines (05) » par la lecture des minutes de Mtre Jouve, en ligne sur le site des archives départementales des Hautes-Alpes.

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Le Faucigny est une région de haute montagne situé au sud du lac Léman, coincé entre le Chablais et le Genevois, dans l'actuel département de la Haute Savoie.

 

Source : le Chateau de Faucigny [1]

 

Les sires de Faucigny sortent de l'ombre vers l'an mil. Leurs biens se situent dans la vallée de l'Arve. Il est compliqué de dire s'ils ont une véritable profondeur généalogique mais notons que Pierre le Vénérable, abbé de Cluny de 1122 à 1156, n'hésite pas à déclarer que la naissance de Guy de Faucigny, évêque de Genève (1078 - 1119), est fort grande selon les hommes... S'agit-il d'une simple flatterie ou d'une véritable réalité ? Difficile de répondre à cette question, mais il est probable que les ancêtres de Guy possédaient déjà une certaine stature (qu'il reste à définir) dans la société genevoise. Pour Nicolas Carrier [2], les Faucigny sont feudataires des comtes de Genève. Cet auteur résume l'avis d'un bon nombre de médiévistes d'aujourd'hui, éliminant ainsi l'idée que cette famille soit une branche cadette d'un lignage plus illustre.

 

Les premiers sires de cette dynastie semblent établis au château de Faucigny qui surplombe, de sa position stratégique, la basse vallée de l'Arve. Au fil des générations, cette famille affirme sa position dominante dans cette région et s'allie aux plus Grands de la contrée (les comtes de Genève, de Savoie, de Bourgogne-Comté...) mais sept générations plus tard, l'absence d'héritier mâle fait passer la seigneurie dans la maison de Savoie (1253) puis dans celle d'Albon avant que le roi de France, Philippe VI, premier de la race des Valois, n'achète le Faucigny pour son petit-fils Charles.

 

Les seigneurs de Faucigny ont bénéficié de l'élévation de deux de leurs cadets à l'épiscopat de Genève, Guy (1078 - 1119) et Arducius (1135 -1185), qui ont probablement, dans des registres très différents, oeuvré pour leurs ainés. Les Faucigny ont été très généreux envers les églises et ont fondé plusieurs prieurés et chartreuses sur leur terres.

 

Cette famille s'est longuement heurtée aux comtes de Genève. Gerold de Faucigny, évêque de Lausanne, puis Arducius son neveu, évêque de Genève, ont tenté de contenir Amédée I au cours du XIIe siècle. Un peu plus tard, Aymon II de Faucigny et ses descendants ont encore lutté contre l'égémonie de ces mêmes comtes.

 

L'étude de cette famille est relativement aisée. Les sept générations de la première maison de Faucigny sont bien connues. Pour les dates et les anecdotes, nous nous sommes appuyés sur quelques auteurs plus ou moins récents :

  • Léon Membrénéa [3] ;
  • Pierre Duparc [4] ;
  • Pierre-Yves Mariotte [5] ;
  • Michel Rieutord [6] ;

La longue liste des chartes qui concernent les principaux membres de cette maison sont regroupés dans le Regeste Genevois [7].

 

Aimerard x Aalgert :

Ancêtre des sires de Faucigny selon Gingins [8], il est probable qu'Aimerard voit le jour à la fin du XIe siècle.

 

Quel crédit apporter à l'auteur de la généalogie de Faucigny-Lucinge [9] qui évoque une bulle du pape Léon IX pour affirmer que le père d'Aimerard était un certain Sigefroy ? D'après ce document, Aimerard est nommé fils de Sigefroy et père de Louis par Léon IX alors que ce dernier est prisonnier des Normands en 1049. Or, il semble que les Normands aient vaincu ce pape qu'en 1053. 

Selon ce même auteur qui s'appuie sur la chronique de Saint-Iudox, Sigefroy, gonfalonier de la sainte église romaine, avait épousé Miscella Colonna. Sigefroy apparait encore dans le cartulaire de Savigny pour  régler un différend entre Humbert aux Blanches Mains et l'abbé de ce monastère.

Nous apprenons, de plus, qu'Aimerard, marquis des Alpes, avait épousé Oedywe d'Angleterre, petite fille du roi des Angles de l'Ouest, Alfred le Grand. Louis de Faucigny devient ainsi le cousin des rois de France.

Enfin, cette incroyable généalogie rapporte que Louis, fils d'Aimerard, épouse Teutberge de Souabe en 1078 et combat en Orient en 1097. Pour conclure, notons que dans les annexes du dossier est incéré une lettre que le pappe Grégoire VII aurait écrit à Louis de Faucigny, fils d'Aimerard. Toutefois, Louis est décédé avant que Grégoire ne soit pape...

 

Plus sérieusement, Aimerard apparait comme un laïc d'une certaine autorité avant même de recevoir des biens de Saint Maurice d'Agaune en 1026 (F Demotz [10]). En effet, Louis et Ulrich  bénéficient vers 970 d'une précaire entre Thonon et Allinges, zone où les Faucigny ont ensuite des droits. Un certain Guy est avoué de l'évêque de Genève en 1005 et une trentaine d'années plus tard, Louis, fils de Guy, échange avec Saint Maurice d'Agaune des biens vaudois contre une précaire en Chablais et en Faucigny (F Demotz). Il s'agit très certainementt d'ancêtres et de colatéraux des sires de Faucigny.

 

Aimerard apparait comme premier témoin de la donation à l'église de Peillonnex par le comte de Genève Robert autour des années 1012 [11]. Notons que Pellonnex se situe à quelques kilomètres seulement de l'emplacement du château de Faucigny.

 

Vers 1026, Burchard, archevêque de Lyon et abbé de Saint-Maurice d'Agaune, cède en précaire à Aimerard et à sa femme Aalgert et à l'un de ses héritiers une église et six manses, le tout situé à Machilly dans le comté Genevois. En retour, il reçoit deux sols de cens annuel sur une vigne situé à Lachat, dans le même comté. Cette vigne est limitée d'un côté par la voie publique, de deux côtés par la terre de Saint Maurice et du quatrième côté par l'alleu d'Aimerard (RG n° 173).

 

Les enfants d'Aimerard et d'Aalgert sont :

  • Louis qui suit (c'est le seul dont on soit sûr) ;
  • Guy décédé avant 1083, cité à la charte de fondation du prieuré de la Condamine sur l'Arve en 1083 par son neveu Guy, évêque de Genève ;
  • Giselbert décédé avant 1083, cité à la charte de fondation du prieuré de la Condamine sur l'Arve en 1083 par son neveu Guy, évêque de Genève ;
  • Otton décédé avant 1083, cité à la charte de fondation du prieuré de la Condamine sur l'Arve en 1083 par son neveu Guy, évêque de Genève ;
  • Guillaume décédé avant 1083, cité à la charte de fondation du prieuré de la Condamine sur l'Arve en 1083 par son neveu Guy, évêque de Genève ;

Les oncles de Guy, tous cités en 1083, pourrait aussi être des frères de sa mère mais on remarque que trois noms sur cinq reviennent avec insistance dans cette famille.

 

Guy de Faucigny, évêque de Genève dès 1078, rappelle le nom de son aïeul, Aimerard, lors de la fondation du prieuré de la Condamine en 1083 (voir ci dessous).

 

Louis x Teutberge :

Louis est probablement né dans la décennie 1020 - 1030. Il est mort encore jeune en 1060 car sa femme Teutberge se remarie avec Gérold, comte de Genève, et met au monde au moins deux enfants de son second mari.

 

Vers 1059, Louis de Faucigny est témoin de la donation de serfs et serves d'Hebernus à son frère Anselme (RG n° 206).

 

Louis et Teutberge ont eu pour fils :

  • Guy, évêque de Genève entre 1078 et 1119. Il fonde le prieuré clunisien de Condamine sur Arve qu'il cède à Cluny avec l'approbation de ses frères Guillaume et Amédée le 1 février 1083 (RG n° 215 et CLU [12] n°3599 ). De par sa position, il distribue les biens de l'église de Genève à ses frères Guillaume de Faucigny et Aymon de Genève ;
  • Guillaume, seigneur de Faucigny qui suit ;
  • Amédée cité dans la charte de fondation de la Condamine sur l'Arve en 1083. Il signe la charte de fondation du prieuré de Chamonix après 1088.

 

Louis meurt en 1060. Sa veuve épouse Gérold, comte de Genève.

 

Guillaume x Utilie :

Entre 1088 et 1099 Aymo comes Gebennensis et filius meus Giroldus fonde le prieuré de Chamonix. La charte est signée par uterini fratres comitis, Willelmus Fulciniacus et Amedeus… (FMG [13])

 

En 1103, Guillaume de Faucigny et ses fils Giraud, Rodolphe et Louis signent une charte de donation aux chartreux d'Aups de Guy, Jausserant et Thorrenc fils de Ruritius seigneur de La Tour (RG n° 240).

 

C'est encore l'évêque de Genève Guy qui nous renseigne sur le nom de sa belle-soeur, Utilie, femme de Guillaume, lorsqu'il confirme la donation à Cluny du prieuré de la Condamine en 1119 (RG n° 256 ci-contre et CLU  n° 3940) Les fils de Guillaume et Utilie sont :

  • Gérold le Sage qui occupe le siège de Lausanne entre 1107 et 1128. La chronique du cartulaire de Lausanne rapporte que pendant la durée de son épiscopat, il inféode le péage du Jeudi à Lausanne à son neveu, seigneur de Faucigny (RG n° 249) ; Il se heurte à Amédée I de Genève qui se livre à toutes sortes exactions (Duparc p 110) ;
  • Rodolphe qui suit ;
  • Louis cité en 1119 par son oncle Guy ;
  • Raymond marié à Pétronille. Après 1135, Reymondus de Fucignii et Petronilla eius uxor donne des biens à l'abbaye d'Aulps avec le concentement de nepotibus suis Ardusio episcopo Gebennensi, Aymone, Rodulpho et Guillermeto militibus (FMG).
  • Amédée, évêque de Maurienne, qui fait de nombreuses donations à l'église de son diocèse.

Guillaume est décédé après 1021.

 

Rodolphe :

En 1121, Gautier d'Aix pour son salut, pour celui de ses parents et de son fils Gautier, donne à l'abbaye d'Aups une terre située dans le pagus albanais. Cette donation est approuvée par Rodolphe de Faucigny, ainsi que par son père, les frères et les fils de celui-ci (RG n° 262).

 

Rodolphe intervient, en 1124, dans un traité conclu entre Aymon, comte de Genève et l'évêque de cette ville au sujet des nombreuses usurpations d'Aymon.

 

Le 1 février 1125, Amédée III, comte de Maurienne et marquis, promet de défendre toutes les donations faites à l'église de Saint-Nicolas de Montjoux. Rodolphe de Faucigny est au nombre des témoins de l'acte (RG n° 272).

 

D'après un manuscrit de Dom Leydat, Rodolphe tente d'aplanir les différents existants entre Amédée II de Savoie et l'évêque de Sion.

 

Selon l'auteur de la généalogie de la maison de Faucigny-Lucinge qui s'appuie, à ses dires, sur un mémorial retrouvé aux archives de Turin, Rodolphe aurait épousé Constance de Beauvoir fille de Geoffroy, hypothèse non confirmée par les historiens.

 

Les fils de Rodolphe sont :

  • Arducius, évêque de Genève de 1135 à 1185 ;
  • Guillaume cité dans la charte de donation de son oncle Raymond après 1135 et à celle de son frère vers 1040 en faveur d'Aulps ;
  • Aymon qui suit ;
  • Rodolphe dit l'Alleman x Emma de Domène fille de Guigues, souche de la maison de Lucinge et, d'après M Rieutord, de celle des Alleman. Décédé après 1178 ;
  • Guy cité dans la charte de donation de son frère à l'abbaye d'Aulps en 1140 ;
  • Pons (°1100 +11787) ; Pons le Bienheureux fonde pour les chanoines réguliers de Saint-Augustin, l'abbaye de Saint-Sixt dont il est abbé en 1135 ;
  • Raymond décédé après 1178. Il concède les alpages de Nyon et d'Embel à l'abbaye d'Aulps (Carrier).

 

Rodolphe est mort avant 1138.

 

Aymon x Clémence de Briançon :

En 1126,  Aymo dominus de Foucigniaco donne des biens au monastère de Sixt Nantelmus de Graillié milites est témoin de l'acte (FMG).

 

Aimon, seigneur de Faucigny, fait donation de l'Alpe de Fauron aux chartreux de Vallon en 1138 (Manébréa).

 

En 1140, Aymon, assisté de ses frères, Arducius, évêque de Genève, Gui, Rodolphe et Raymond donnent à l'abbaye d'Aups l'alpe Dietma (Manébréa annexe doc VII ci-contre).

 

Le 1 mai 1150, Aimon de Faucigny intervient dans divers actes entre le comte Hubert de Savoie et l'abbaye d'Agaune au sujet du prêt d'une table en or fait par cette abbaye au comte Amédée, père d'Humbert lors de son départ pour Jérusalem (RG n° 324).

 

Le 22 janvier 1151, Aymon de Faucigny concède aux moines de la grande chartreuse le lieu qu'ils ont choisi dans son patrimoine pour y construire un couvent de leur ordre qui s'appellera le Reposoir (Falconnet [14]). Ardiucus, évêque de Genève et Rodolphe l'Alleman, frères du donateur sont témoins de la charte (RG n° 329).

 

Aimon I, ainsi qu'Amédée III, comte de Savoie et un grand nombre de chevaliers savoyards participent à la seconde croisade, préchée par Bernard de Claivaux (1147 - 1159).

 

Après 1160, agissant par l'entremise de son frère Ardicius, êvêque de Genève, de Clémence sa femme, de son fils Rodolphe, fait donation de l'Alpe de Somènes aux Chartreux de Vallon.

 

Clémence appartient probablement à la famille de Briançon car l'évêque Aymon de Briançon, évêque de la Tarentaise est le cousin d'Henri, fils de Clémence. Aymon et Clémence ont enfanté :

  • Henri x Contesson de Genève fille d'Amédée I, prévot de l'église de Genève avant de devenir, à la mort de son frère, sire de Faucigny ;
  • Béatrice x Guillaume de Genève ;
  • Rodolphe décédé après 1168 (charte en faveur du Reposoir) ;
  • Aléyde qui fonde une maison religieuse et y termine ses jours (Manébréa) ;
  • Guillaume décédé après 1178 ;
  • Aimon décédé après 1178 ;
  • Marquis décédé après 1178.

Aymon est mort entre 1161 et 1171.

 

Henri x Contesson de Genève :

Selon Manébréa, Henri de Faucigny a été en lutte permanente avec les abbayes installées dans le Faucigny par ses ancêtres prétendant à divers droits qui avaient été concédés autrefois. Il était pourtant destiné à entrer dans les ordres avant qu'il ne succède à son frère Rodolphe entre 1168 et 1173.

 

Henri de Faucigny, ainsi que Rodolphe Alleman, Aymar et Eymeric de Briançon, figurent parmi les témoins du pacte conclu le 12 février 1173 entre Henri II, roi d'Angleterre, et Humbert III, comte de Maurienne (RD [15] n° 4518).

 

En juin 1178, Ardicius, évêque de Genève, atteste que son neveu Henri, seigneur de Faucigny, reconnait que ses droits sur l'église de la Condamine sont limités. Guillaume, Aymon et Marquis, frère d'Henri, se conforment à cette reconnaissance. En présence de Raymond l'Alleman et Raymond de Faucigny frères de l'évêque (RG n° 402).

 

Entre 1179 et 1187, Henri, seigneur de Faucigny, à la prière de son cousin Aymon de Briançon, archevêque de Tarentaise, restitue aux chartreux de Vallon, les terres qu'il leur avait injustement enlevées (Manébréa doc VII).

 

En 1184, Henri donne l'alpage de Freterole à l'abbaye d'Aulps [16].

 

Le 21 octobre 1185, Henri de Faucigny confirme à la chartreuse du Reposoir tous les droits qu'elle possède et qui lui ont été concédés par son frère Aymon et son frère Rodolphe. Cette confirmation est faite avec l'approbation de Guillaume l'Alleman, frère du dit Henri (RG n° 434 et Falconnet).

 

Les enfants connus d'Henri et Contesson sont :

  • Aymon II qui suit ;
  • Guillaume II décédé en 1202, sous la tutelle de l'évêque de Genève Lanthelme à la mort de son père ; Le 19 septembre 1202, Willelmus de Fulciniaco accorde sa protection au prieuré de Chamonix cum avunculus meus Willelmus comes Gebennensis (FMG) ;
  • Béatrice femme Berlion de Chambéry, vicomte, d'où Guy et Rodolphe.

 

Henri est mort vers 1197.

 

Aymon II x Béatrice de Bourgogne-Comté :

A partir d'Aymon II, les informations sont plus nombreuses. Il mène une politique d'accroissement territorial d'envergure et dispose de moyens financiers conformes à son ambition.

 

En 1202, Aymon de Faucigny, pour le repos de son âme et celle de ses parents, confirme aux chartreux du Reposoir tout ce qu'il se trouve dans leurs limites (RG n° 481).

 

Source : le Chateau de Faucigny 

 

En 1208, Aymon, seigneur de Faucigny, avec l'autorisation d'Anthelme de Miolans, son tuteur, confirme les donations faites par ses prédécesseurs à la chartreuse de Vallon, et lui confère de nouveaux biens (Ménabréa doc VIII).

 

Le 29 mars 1212, Aymon, seigneur de Faucigny, remet 40 L à l'évêque de Genève pour être relevé de l'interdit auquel il est soumis à cause des torts qu'il a fait au dit évêque et à ses hommes dans la terre de Salaz (RG n° 535).

 

En juin 1218, Aymon, seigneur de Faucigny, donne à la chartreuse du Vallon un muid de froment à prendre chaque année sur les dîmes de Mieussy (RG n° 569).

 

En 1221, Aymon d'Ornay renonce entre les mains d'Aymon, seigneur de Faucigny, moyennant 10 livres genevoises comptées par les chartreux de Vallon, à toutes ses prétentions sur certaines terres (Manébréa doc XIII).

 

En mai 1221, Aymon de Faucigny confirme le don d'une alpe fait par son père Henri à la chartreuse du Vallon... (RG n° 589).

 

A cette date, Aymon II de Faucigny et Guillaume de Genève se querellent pour la possession du château de Langin et pour des questions de frontières. Le 10 mai 1225, est signée un sentence arbitrale entre Guillaume, et Aymon de Faucigny (RG n° 613). Cet accord de Thônex ne règle pas tous les sujets de discordes entre les deux hommes.

 

Les Faucigny favorisent l'émergeance de villes nouvelles comme Bonne sur Menoge en 1224, Monthoux dans la basse vallée de l'Arve vers 1245 et Hermance sur le lac Léman vers 1247.

 

Source : Notre Bonneville d'hier à aujourd'hui [17]

 

En 1225, Aymon, seigneur de Faucigny, achète 300 marcs d'argent à Wernher et Hartman, comtes de Kibourg, l'avouerie de Lausanne telle qu'ils l'ont reçue par héritage de leur oncle, le duc Berthold de Zaeringen (RG n° 627).

 

En 1226, Aymon achète au prieur de Mégève, pour 45 000 sous, ses droits féodaux sur Mégève et Flumet et, en 1228, il crée à Flumet un bourg neuf, sur un plan géométrique.

 

Le 24 mars 1229, traité de paix entre Guillaume, comte de Genevoix, et Aymon qui se reconnait homme lige de Guillaume (RG n° 643). Le 20 avril, Aymon cède à Guillaume tous ses droits sur Chamonix, résultant notamment de la garde du dit lieu par f Guillaume frère du seigneur de Faucigny (RG n° 645).

 

En février 1234, Pierre, un cadet ambitieux de la famille de Savoie, épouse Agnès, la fille et héritère d'Aymon de Faucigny. Peu après, Aymon de Faucigny dicte son testament. Il nomme pour héritière universelle sa fille Agnès femme de Pierre de Savoie f Thomas. Il réserve ce qu'il a déjà donné en dot à son autre fille Béatrice (RG n° 663).

 

En Juin 1234, Amédée de Gex, parent et vassal du comte de Genève, reconnait tenir de Pierre son château de Gex. Aymon de Faucigny a contribué a cet arrangement en donnant à Amédée des terres entre Divonne et la Cluse (Duparc). Une guerre dont on ne connait pas le détail s'ensuit jusqu'à la fin 1236 qu'une trêve intervienne. L'opposition entre les deux familles n'en est pas terminée pour autant...

 

Aymon de Faucigny concède à l'abbaye de Sixt une rente annuelle d'un muid de froment et cela, en mémoire de Guy de Chambéry, son neveu (RG n° 671).

 

Entre 1206 et 1236, Aymon II notifie que Ludovic, évêque de Sion, lui a rendu l'aune qu'il lui avait prêté (RG n° 688).

 

Le 12 janvier 1236, Aimon déclare qu'il prend dans sa garde du prieuré et les hommes de Chamonix et qu'il les protègera contre tous et de tout pouvoir, spécialement pendant la guerre actuelle (RG n° 689).

 

Le 29 novembre 1236, Aymon, seigneur de Faucigny, pour réparer les tords qu'il a eu envers l'église de Chamonix lui donne à perpétuité le cens annuel d'un muid de froment et assigne ce cens sur sa terre de Servoz (RG n° 700).

 

Aymon II s'est marié deux fois sans obtenir d'héritier mâle. Il a eu de sa première femme, Béatrice de Bourgogne-Comté :

  • Agnès x Pierre de Savoie, décédée en 1268 d'où Béatrice de Faucigny fille unique qui, le 4 décembre 1246, épouse Guigues VII d'Albon, ce qui a pour conséquence de faire tomber le Faucigny dans l'escarcelle des Dauphins ;
  • Béatrice x Etienne de Thoire Villard.

 

Avant 1224, pour une raison qui nous échappe, Béatrix et Aymon se séparent. Béatrix épouse alors Simon de Joinville, baron et sénéchal de Champagne. Elle est la mère de Jean de Joinville, chroniqueur et ami de Saint-Louis et de Simon, époux de Léonette de Gex (voir le Regeste Genevois p 218). De son côté, Aymon épouse Flotte de Royans avant octobre 1231 (RD n° 7093).

 

La généalogie de Béatrice de Bourgogne est depuis longtemps partiellement établie comme le montre le tableau ci contre.

 

Flotte de Royans est veuve de Guillaume de Poitiers Valentinois qu'elle a épousée dans les années 1220 et mère Aymar III lorsqu'elle épouse Aymon. Elle n'est jamais mentionnée en compagnie de son second mari. Elle est décédée après 1248.

 

En 1240, Aimon soutient la candidature du frère de son beau-fils, Philippe de Savoie, à l'évêché de Lausanne. L'élection de son adversaire, Jean de Cossonay, entraine une lutte armée entre Aimon et le nouvel évêque.

 

En décembre 1241, Aimon promet de donner sa petite fille Béatrix de Savoie à Guigues Dauphin, comte d'Albon avec une dot de 15 000 marcs d'argent (RG n° 738).

 

Le 13 août 1246, Bulle du pape Innocent IV qui accorde à Aimon le privilège de ne pouvoir être, ni lui ni sa terre frappés d'interdit par des censures ecclésiastiques (RG n° 788).

 

Le 27 avril 1253, accord entre Jean, évêque de Lausanne et Aymon, seigneur de Faucigny pour terminer les guerres et les différends qui existaient entre eux. L'évêque contracte en faveur du seigneur de Faucigny une obligation de 30 000 sous genevois pour laquelle il lui engage les biens temporels de la ville et du diocèse de Lausanne, de son côté, Aimon promet par serment de protéger et de défendre les citoyens de la ville (RG n° 857).

 

Le 28 septembre 1258, Agnès, dame de Faucigny donne à son mari, Pierre de Savoie, tous ses biens et possessions, ainsi que la seigneurie de Faucigny (RG n° 869). Aimon est donc mort à la belle saison de l'année 1253. Peu avant son décès, il se retire à l'abbaye de Sixt.

 

 

Bibliographie :

[1] Château de l'ancien diocèse de Genève 1956 Louis Blondel

[2] La vie montagnarde en Faucigny à la fin du moyen-âge 2001 Nicolas Carrier

[3] Notice sur l'ancienne abbaye de Vallon Léon Manébréa dans Ménoires de l'académie royale de Savoie 1854

[4] Le comté de Genève Pierre Duparc dans MDG 1955

[5] Les sires de Faucigny Jean Yves Mariotte dans Cahiers de l'Alpe 1972

[6] Les Alleman de Dauphiné et de Faucigny 1988 Michel Rieutor

[7] Regeste genevois ou répertoire chronologique et analytique des documents imprimés relatifs à l'histoire de la ville et du diocèse de Genève avant l'année 1312 Société d'histoire et d'archéologie de Genève

[8] Mémoire sur l'origine de la maison de Savoie 1865  F de Gingins La Sarra dans Histoire de la Cité et du canton des Equestres Mémoires et documents publiés par la société d'histoire de la suisse Romande tome XX

[9] Généalogie des Faucigny Lucinge 1826 dressée par Ferdinand Victoire Amédée marquis de Faucigny Lucinge

[10] La Bourgogne, dernier des royaumes carolingiens 2008 François Demotz

[11] Le prieuré de Peillonnex Gavard 1901 Mémoire et documents publiés par l'académie Salésienne 

[12] Recueil des chartes de l'abbaye de Cluny désormais CLU auguste Bernard et Alexandre Bruel

[13] Fundation of Medieval Genealogie désormais FMG : Burgondy Kingdom Nobility

[14] La chartreuse du Reposoir J Falconnet dans Mémoires et documents de l'académie salésienne 1895

[15] Regeste Dauphinois désormais RD (U Chevalier)

[16] L'abbaye d'Aulps d'après des documents inédits, Mémoire pour servir à l'histoire des monastères, par M. Léon Ménabréa dans Mémoires de la société académique de Savoie 1843

[17] Notre Bonneville d'hier à aujourd'hui 2007 Paul Guichennet

LU

Commentaires

Questions généalogiques faucignerande

Bonjour, merci beaucoup pour le travail que vous avez accompli sur la généalogie de la maison de Faucigny, ce fut très intéressant. Je me pose quelques questions dont je n’ai malheureusement pas trouvé de réponses et j’espérai que vous pourriez m’aider.

Quand est-ce que le Faucigny est devenu une baronnie ? Existe-il une date ?
Il est parfois mentionné dans la descendance d’Aymon II une certaine Alinéor et d’Aymon, un fils bâtard, on-t-il existé ?
Le Faucigny est-il par la suite devenu un comté ?
Allez-vous par la suite faire la généalogie de la maison de Faucigny-Lucinge ?
Les Faucigny-Lucinge sont-ils devenus barons ou comtes du Faucigny ?

Les Faucigny

Pour être honnête, il y a plusieurs années que nous avons étudié cette famille, et nous ne pouvons pas répondre à vos questions sans se replonger dans un travail considérable.

les fauciny

bjr, merci pour cette étude bien documentée. Cependant je reste sur ma faim car vous n'avez pas cité le mariage, contesté certe, de Marguerite de Faucigny et de Thomas 1er de Savoie. Votre avis sur cette hypothese m'aurais bien interessé.

Bonjour,   Thomas de Savoie

Bonjour,
 
Thomas de Savoie est marié avec Marguerite de Genève d'après la revue Héraldique & Généalogie, année 1997 p 164. Selon Lachesnay Desbois, Thomas aurait eu deux femmes, Béatrice de GENEVE en premières noces puis Marguerite de FAUCIGNY mère de Amédée IV.
 
Cordialement
 
Hélène et Thierry

Thomas de Savoie

Oui , deux mariages ... le problème c'est qu'il ne manque que les preuves pour ces deux évènements. le prince Faucigny-Lucinge réfute celui d'avec Marguerite de Genève dans son ouvrage " le mariage de thomas Ier et Marguerite de Faucigny, sa théorie semble tenir la route et j'essaye de me forger une opignon. Lecture en cours. Bien cordialement Georges Raynon

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