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Nous sommes à la recherche de l’article de Jean-Noël Mathieu : « Nouvelles recherches sur les premiers comtes de Tonnerre » publié dans le bulletin archéologique et historique du Tonnerrois n° 51. Si un de nos lecteurs peut nous en fournir une copie…

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Constance est née vers 1124. Elle est la fille unique de Louis VI (1081 – 1137), cinquième roi de France de la race des Capétiens et d'Adèle de Savoie.

 

C’est sa trisaïeule, Constance de Provence, qui a apporté son prénom dans la maison de France. ECe prénom rappelait probablement la double ascendance carolingienne et byzantine de Charles-Constantin (°901 +962), fils de Louis III l'aveugle, roi d'Italie, lointain ancêtre de Constance.

 

La condition de Constance tout au long de son existence n'est probablement pas enviable. En effet, elle est un instrument politique aux mains de son frère le roi Louis VII qui la marie successivement au fils héritier du roi d'Angleterre puis au comte de Toulouse. Raymond V s'en sépare lorsque son rôle d'ambassatrice auprès de Louis VII a perdu de son importance et qu'une nouvelle opportunité, qui n'est rien moins que le comté de Provence s'offre à lui. Evidemment, Constance subit le destin des princesses de la maison France et s'en est sûrement accomodée.

 

Constance de France est mariée en février 1140 par son frère, le roi Louis VII, à Eustache, comte de Boulogne, fils aîné et héritier d'Étienne de Blois, roi d'Angleterre. Sa vie en Grande Bretagne coïncide avec une période d'anarchie qui se termine pour elle en 1153 avec la mort de son mari, un an avant qu'il ait pu succéder à son père.

 

A peu près à la même époque, Aliénor d'Aquitaine (1122 - 1204) quitte le roi de France Louis VII (frère de Constance) et épouse Henri II Plantagenet qui, en conséquence, prend possession de l'Aquitaine. Le comte de Toulouse, Raymond V, menacé par le comte de Barcelone aussi bien que par le nouveau maitre de l'Aquitaine, signe une alliance avec le Capétien.

 

Revenue en France, Constance est mariée dans les plus brefs délais au jeune comte de Toulouse par Louis VII. C’est bien évidemment un mariage politique.

 

Au cours de leur treize ans de vie commune, Constance est présente au côté de son époux aux quatre coins du comté et contresigne plusieurs de ses chartes.

 

De cette union naissent quatre enfants :

  • Raymond VI (1156-1222), comte de Toulouse après son père ;
  • Albéric Taillefer (1157-1183), premier époux de Béatrice d'Albon, fille unique et héritière du Dauphin Guigues IV, comte d'Albon. ;
  • Adélaïde (morte vers 1200) qui épouse, en 1171, Roger Trancavel II de Béziers, vicomte de Carcassonne, décédé en 1194 ;
  • Baudouin (1165/66 +1214). Né à Paris alors que ses parents sont déjà séparés, il n'est pas accueilli avec chaleur par son frère lors de son retour à Toulouse. Il reçoit toutefois la vicomté de Bruniquel en 1210 mais cet apanage ne semble pas lui suffire et il profite de la croisade contre les Albigeois pour essayer de se tailler une principauté concurente de celle de son frère avec les encouragements de Simon de Montfort. Raymond VI le condamme, après un jugement espéditif, à être pendu.

 

En 1154, Constance participe au concile de Lombers (elle représente son mari) dont le but était de confondre et de condamner les hérétiques désormais nommés Albigeois.

 

En 1158, à Saint Gilles, les époux décident d'un échange foncier avec l'hôpital Saint-Jean (Macé) ; En 1160, elle souscrit à une donation de son mari à l'église Cathédrale de Nimes (HGL Tome V p 292 ci-contre).

 

Il nous reste plusieurs lettres que Constance adresse à son frère, le roi de France, alors qu’elle est encore comtesse de Toulouse. Dans une missive de 1163, elle se préoccupe du sort des otages livrés par Raymond Trencavel qui a pris part à la guerre qui oppose Henri II d’Angleterre et le comte de Toulouse et demande à son frère de les libérer. Un peu plus tard, elle plaide la cause d’un certain Bérenger de Puisserguier qui souhaite quitter le service d’Ermangarde de Narbonne.

 

En 1164, alors que le désaccord s'est installé dans le couple, Constance se plaint auprès de son frère de vivre dans le dénuement le plus complet, laissée à l’abandon par son époux : Je déclare à votre honneur que ce chevalier dont le nom est Guido m'a longtemps servie et que je l'ai très peu récompensé. Puisque la piété pour sa mère et ses affaires le contraingnent de retourner à son pays, il m'a quitté en larmes, sachant dans quel denuement je vis... Puisqu'il connaît les secrets de mes besoins mieux que quiconque, il ne refusera pas de vous les exposer et je prie pour que vous m'apportiez votre aide....

En 1165, Constance rappelle au roi ses promesses et le supplie de ne pas l’abandonner. La même année, de retour en France, elle assiste au baptême du futur Philippe-Auguste qu'elle tient sur les fronts baptismaux..

 

Au décès du comte de Provence, en 1166, Raymond de Toulouse épouse Richilde, sa veuve, nièce de l'empereur Frédéric. En bouleversant les alliances, Raymond V espère un contrôle (ou une annexion) de la Provence.

 

En 1174, le pape Alexandre tente de réconcilier Constance et Raymond mais la contesse refuse de retourner à Toulouse, jugeant que son mari, entouré de moult comcubines, est indigne de la recevoir. Dès lors, elle ne réaparaitra plus dans sa capitale (Macé).

 

Entre 1171 et 1190, Constance fait des donations aux templiers, à l'Hôtel-Dieu de Paris, aux religieuses de Montmartre et à l'abbaye de Saint-Denis où elle fonde son anniversaire sur des biens qu'elle posséde à Saint-Denis au lieu dit Chante-Allouette (Mémoires de la Société Historique de Pontoise, tome XXXVII de 1922).

 

Constance décède en septembre 1190. Elle est enterrée au monastère Saint-Victor de Paris avec lequel elle avait, dès 1163, tissé des liens privilégiés (Macé)

 

Bibliographie :
Hélène Débax, « Stratégies matrimoniales des comtes de Toulouse (850-1270) », dans Annales du Midi, vol. 100, no 182, 1988, p. 131-151
Hélène Débax, « Les comtesses de Toulouse: notices biographiques », dans Annales du Midi, vol. 100, no 182, 1988, p. 215-234
Laurent Macé, Les comtes de Toulouse et leur entourage, XIIe-XIIIe siècles : rivalités, alliances et jeux de pouvoir, Toulouse, Privat, 2000 (réimpr. 2003), 445 p. (ISBN 2708956000).
Alice Marc-Manoël, « Constance de France, comtesse de Toulouse », dans Cahiers d'études cathares, 3e série, vol. 44, no 137, 1993, p. 46-60.
Luc Séry, « Constance, fille de France, "reine d'Angleterre", comtesse de Toulouse », dans Annales du Midi, vol. 63, 1951, p. 193-209

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