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Nous sommes à la recherche de l’article de Jean-Noël Mathieu : « Nouvelles recherches sur les premiers comtes de Tonnerre » publié dans le bulletin archéologique et historique du Tonnerrois n° 51. Si un de nos lecteurs peut nous en fournir une copie…

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Cette seconde version des comtes d'Anjou tient compte des travaux récents (2010) de Denis Piel [1] et François Doumerc [2] qui apportent des données supplémentaires sur les plus anciennes générations de cette dynastie.

 

Donjon de Loches, érigé par Foulque Nerra autour de l'an mil

 

L'origine de ces comtes, ancêtres des rois d'Angleterre de la race des Plantagenet et des rois de Jérusalem, est relativement obscure avant le dixième siècle et il faut faire le tri entre les faits historiques - et vérifiables - et la légende. La Gesta Consulum Andegavorum [3], ou Chronique des Comtes d'Anjou, rédigée au cours du moyen-âge à la gloire de ceux-ci, mélange le vrai et le merveilleux. Elle a influencé la plupart des historiens qui ont écrit avant la fin du dix-neuvième siècle et reste encore une source des faits et gestes des comtes d'Anjou.

 

Les médiévistes ont établi avec certitude que les Anjou appartiennent à la mouvance des Robertiens installés en Neustrie depuis Robert le Fort. Ce sont eux qui les ont investis du comté dès 952. Karl Ferdinand Werner [4] s'est appliqué à montrer que les ancêtres de cette dynastie appartenaient à la haute aristocratie franque dans laquelle les rois carolingiens et les premiers Capétiens puisaient leurs compagnons.

 

Les Anjou ont été belliqueux et ont longuement bataillé afin d'agrandir leurs domaines aux dépends de leurs voisins : la Bretagne, le Maine, le Vendômois et le Bloisois ainsi que le duché d'Aquitaine. Après 1130, des circonstances politiques favorables leur ouvrent de nouveaux horizons : les couronnes de Jérusalem et d'Angleterre.

 

L'ancêtre agnatique de cette dynastie est un certain Ingelger attesté par une charte de 929/930 (voir ci-dessous). Son fils, Foulques le Roux, a épousé Roscilla de Loches, descendante de l'illustre famille des Widonides, apparentée aux Robertides dont sont issus les rois capétiens.

 

La succession des comtes d'Anjou est aujourd'hui parfaitement établie, même si le changement de dynastie entre Geoffroy Martel et son neveu Geoffroy le Barbu a autrefois posé un problème aux historiens (voir C Ballu [5]). Par contre, les comtesses d'Anjou sont moins bien connues que leurs augustes époux et pour plusieurs d'entre elles, les spécialistes n'ont pas réussi à découvrir leurs familles d'origine ou font encore l'objet de discussions. C'est le cas, entre autres, de Gerberge mariée à Foulques le Bon et d'Hildegarde femme de Foulque Nerra.

 

Nous avons consulté une documentation plutôt bien fournie :

  • Gesta Consulum Andegavorum cité précédemment ;
  • L'histoire de l'Anjou de Roger Barthélémy [6] qui date du seizième siècle ;

et plus sérieusement :

  • Introduction aux Chroniques des Comtes d'Anjou (Mabille [7]) ;
  • Généalogies angevinnes (Poupardin [8]) ;
  • Le comté d'Anjou (Louis Halphen [9]) ;
  • Le comte et son entourage (Olivier Guillot [10]) ;
  • L'Anjou de 1109 à 1152 : Foulque de Jérusalem et Geoffroi Plantegenet (Josèphe Chartrou [11])

Les origines des comtes d'Anjou ont été plus particulièrement étudiées dans les ouvrages suivants :

  • Enquêtes sur les premiers temps du principat français (Werner) ;
  • L'origine des familles seigneuriales dans la région de la Loire moyenne (Jacques Boussard [12] ) ;
  • Les comtes d'Anjou et leurs alliances aux Xe et XIe siècles (Christian Settipani [13]) ;
  • Famille et pouvoir dans le monde franc (Régine Le Jan [14]) ;
  • Essai de construction d’un espace princier : l’exemple des Rorgonides dans le monde franc puis dans le royaume de France et ses marges (vers 600 – vers 1060) (François Doumerc) ;
  • Le pouvoir de Foulque II le Bon, comte d'Anjou de 941 à 960 ; étude de la puissance angevine au milieu du Xe siècle (Denis Piel).

 

Les chartes des différentes abbayes de la région - et particulièrement Saint-Aubin [15] - fournissent des points de repère incortournables pour la reconstruction de la dynastie des Anjou. D'autre part, les spécialistes ont utilisé les nombreuses chroniques régionales et Gesta qui confirment les liens familiaux et apportent des informations supplémentaires, même s'il faut parfois les corriger (Gesta Consulum Andegarum, Chronique de Nantes [16], Chronique des églises d'Angers [17]...)

 

Enfin, il semble que les premiers Anjou aient été possessionnés à Château-Landon dans le Gâtinais sans que nous connaissions la provenance de leur suzeraineté sur ces terres.

 

Les ancêtres des comtes d'Anjou d’après François Doumerc :
Le tableau ci-dessous permet de visualiser les liens familiaux à peu près incontestables que les historiens ont réussi à établir entre les premiers Ingelgériens.

 

 

D'après la Gesta Consulum Andegavorum, les parents d'Ingelger sont Tertulus fils de Torquatus et Pétronille de Bourgogne fille d'Hugues. Torquatus, père de Tertulus aurait été un forestier breton méritant. Charles le Chauve aurait donné la moitié du comté d'Orléans à Torquatus et l'autre moitié à Eudes, fils de Robert le Fort. Tertulus aurait succédé à son père Torquat à la fin du règne de Charles le Chauve. Les historiens n'ont pas considéré ces informations comme sérieuses car ces deux personnages n'ont pas laissé de traces dans la documentation de cette époque ce qui est généralement jugé comme impossible.


En 1997, C Settipani a proposé des pistes pour étoffer le groupe que composent les ancêtres des comtes d’Anjou. Nous n’avons pas encore pu consulter ce travail. L’historien F Doumerc a lui aussi tenté de reconstituer une ascendance à cette famille dans une étude plus générale ayant pour thème les Rogornides. Nous ne possédons pas le recul nécessaire pour savoir si ses solutions seront adoptées par la communauté des historiens et passeront à la postérité mais elles ont le mérite d’exister et rien ne nous empêche d’en présenter les principales.

 

Les ancêtres d’Ingelger :
L’anthroponyme Ingelger est rare et les médiévistes n’en ont retrouvé que quelques mentions outre l’ancêtre des comtes angevins :

  • Ingelger et son épouse Urctenilde qui font une donation à l’abbaye de Nouillé en 837 ;
  • Ingelger, abbé de Saint-Calais, qui apparait en 862 au concile de Soissons (Doumenc p 473) et qui, en 863, s'oppose aux revendications de l'évêque du Mans sur son abbaye, déclarant qu'il s'agit d'une abbaye royale (Werner p 59) ;
  • Ingelger, abbé de Bonneval (863 - 865) ;
  • Ingelger qui souscrit en 894 un acte en faveur de Saint-Hilaire de Poitiers.

D’après F Doumerc, Ingelger de Bonneval est l’oncle d’Ingelger d’Anjou et le cousin germain d’Ingelger de Saint-Calais. Ce dernier pourrait-être le neveu de Renaud de Saint-Calais, son prédécesseur, fils probable de Renaud, comte de Nantes et d’Herbauges.

 

Ingelger et Urctenilde sont de bons candidats pour être les aïeuls des trois Ingelger ainsi reliés.

 

 

Les ancêtres d’Aelinde :

Citons la Gesta : Le roi donna à Ingelger la vicomté de la ville d'Orléans pour en percevoir les revenus. Plus tard, devenu le représentant du roi à Tours, il défendit vigoureusement la région contre les Normands. Deux nobles et prêtres de Tours, Adalaudus et Raino, deux frères de noble naissance, citoyens d'Orléans, donnèrent à Ingelger, homme de devoir juste et avisé, leur nièce Aelindis comme épouse, elle reçut d’eux en dot leurs propres domaines avec la permission du roi et des nobles, biens qu’ils avaient reçus en héritage légitime dans les environs de Tours et d’Orléans. Leur domaine héréditaire était à Amboise, une petite ville que jouxtaient les ruines d'un vieux château au sommet d’une colline. Celui-ci avait été détruit à l’époque par les Normands.

 

 

Il ne faut sans doute pas tenir compte du titre de vicomte que la Gesta donne à Ingelger. Par contre, cette chronique nous fournit les premiers éléments de la généalogie de l'épouse d'Ingelger. En effet, Adalaud, archevêque de Tours de 875 à 891 et Rainon, évêque d'Angers de 881 aux environs de 905, sont bien connus, même si nous ignorons tout de leur parentèle.

 

Les prénoms même de ses oncles rattachent certainement Aelinde à Adalard le Sénéchal (fils de Leuthard de Fézensac et de Grimilde) et à Renaud comte de Nantes et d’Herbauges. F Doumerc propose que le père d’Aelinde soit le comte du Maine Renaud/Regnold mort en 885.

 

Ce Renaud/Regnold est identifié par K.F. Werner à celui dont se plaint l'évêque du Mans Lambert peu après 880 à son homologue de Sées Hildebrand. Lambert excommunie Renaud qui meurt dans un combat contre les Normands en 885 (voir le portrait peu flatteur que trace H Guillotel de ce Renaud [18]).

 

Le faisceau d’indices rapporté par F Doumerc suggère que la fratrie Renaud, Adalaud et Rainon ait pour père Vivien II, (comte de Tours et abbé laïque de Saint-Martin en 844), frère ou beau-frère de Renaud de Nantes, et pour mère une sœur ou une fille d’Adalard le Sénéchal (on renvoie à sa thèse pour plus de détails).

 

Vivien II est un fidèle de Charle le Chauve qui s'appuie sur lui dans sa lutte contre les prétendants au trône d'Aquitaine. D'après F Lot [19], l'administration de la Tourraine est réorganisée en décembre 843. Adalard le Sénéchal cède l'abbaye de Saint-Martin au comte Vivien II qui avait accompagné Charles le Chauve pendant l'expédition de Bretagne en octobre novembre tandis que l'autre grande abbaye tourangelle, Marmoutier, devient le lot de Renaud, frère de Vivien.

 

Plusieurs auteurs, dont K.F. Werner pensait qu’Aelinde pouvait être la fille d’un Foulques, prénom qui se diffuse largement dans la famille des Anjou. Dans cette optique, C Settipani suggère qu’elle soit la fille de Foulques de Bonneval, ce que conteste Doumerc. Pour lui, Aelinde est une petite nièce de Foulques de Bonneval dont on sait qu’il est apparenté à Foulques de Reims et aux Widonides de Spolète.

 

Vivien II est fils de Vivien I, comte de Tours, frère d’un Renaud, abbé de Marmoutiers et de Foulques de Bonneval. Il serait aussi le beau-frère d’Adalard le Sénéchal. La mère de Vivien II pourrait-être une sœur de Renaud, comte de Nantes et d’Herbauges et de Foulques, abbé de Saint-Hilaire de Poitiers.

 

 

D'après C Settipani (repris par F Doumerc) l'anthroponyme Renaud se retrouve dans la parentle des premiers comtes d'Anjou. D'après cet auteur, Renaud de Roucy serait un petit neveu de Foulques le Roux.

 

Enfin, nous remarquons que Renaud, comte de Nantes et d'Herbauges, a un fils qui se prénomme Hervé, ce qui nous ramène aux Rorgonides. C Settipani propose de voir en Renaud, le fils d'un Hervé, petit-fils de Gauzlin, comte du Maine, et d'Adaltrude (Les origines des comtes de Nevers [20])

 

Les ancêtres de Roscilla de Loches :

Foulques prit pour épouse Roscilla, fille de Warnerius qui possédait divers dommaines en Touraine dont les châteaux de Loches, Villentras et La Haye. Warnerius, dont Foulques avait épousé la fille, était le fils d'Adelaudus, l'homme à qui Charles le Chauve avait donné Loches. La Gesta donne les noms des parents de Roscilla : Garnier de Loches et Tesclende. Garnier, fils d'Adalard, est issu, probablement par sa mère, des Widonides. Cest en tout cas l'hypothèse de K. F. Werner et reprise par l'ensemble des historiens.

 

F Doumerc propose de rattacher le grand-père paternel de Roscilla, Adalard, à Eudes d'Orléans, beau-frère d'Adalard le Sénéchal.

 

La Gesta nous apprend que le père de Roscilla, seigneur de Loches et des 2/3 d’Amboise, est d’origine d’orléanaise, ce qui peut être en faveur d’un tel scénario. Il est nommé par Charles le Chauve dans ces deux places pour surveiller l’Aquitaine.

 

Le tableau suivant permet de visualiser les ancêtres de premiers comtes angevin selon la théorie très récente de François Doumerc.


 

Ingelger  x Aelindis :

Ingelger est né vers 850 et décédé vers 890. Si son mariage avec Aelinde/Adélaïs a été célébré vers 870 comme le suppose F. Doumerc, la Gesta est mise en contradiction  car, selon elle, ce sont ses oncles paternels, Adalaud et Rainon qui donnent la jeune femme à Ingelger. Or, Renaud du Maine, père supposé d'Aelinde, est mort en 885.

 

Les historiens discutent depuis longtemps de l'ascendance d'Ingelger. En particulier, une des questions posées consiste à déterminer si le prénom Foulques utilisé par la dysnastie angevine provenait de la famille d'Ingelger ou de celle d'Aelinde. Werner proposait qu'Aelinde soit la fille d'un Foulques lui même issu de la famille plus large des Ardré/Atton, vicomte de Tours. La première partie de cette suggestion a été reprise par C Settipani et aménagée par F. Doumerc avec une variante notable (voir ci-dessus). Régine le Jan préfère remarquer qu'un Gui, prêtre et grangier de Saint-Martin de Tours à qui Théotolon, doyen, et Robert, trésorier de Saint Martin, concèdent en mai 914 deux aires pour construire des moulins sur la Choisille, pourra transmettre sa part à son neveu Foulques (Pancarte noire de Saint Martin de Tours n° 106 p 121 [21]). Pour cette historienne, une famille de Gui/Foulques représentée par Foulques, archevêque de Reims en 900 et son parent Gui de Spolète aussi implantée en Loire moyenne existait en Touraine avant l'apparition des comtes d'Anjou.

 

Quoiqu'il en soit, il est probable qu'Ingelger ait tiré une partie de sa puissance des alliances qu'il a pu nouer avec le clan des Adalard/Renaud/Vivien.

 

Les faits et gestes d'Ingelger n'ont pas traversé les siècles et les exploits rapportés par la Gesta sont vraissemblablement fabuleux ; En 887, Ingelger alors âgé de 16 ou 17 ans, serait aller à Auxerre, à la tête de nombreux Angevins et Tourangeaux, afin de quérir le corps de Saint Martin ; La Gesta rapporte aussi qu'Ingelger s'est battu en duel contre un nommé Gontran qui accusait la contesse du Gâtinais, sa marraine, d'adultère. Il aurait reçu en récompense la seigneurie de Chateau-Landon en Gâtinais.

 

Les enfants d'Ingelger et d'Aelinde sont :

  • Foulques le Roux qui suit ;
  • Adalard (selon F Doumerc) dont serait issu Renaud de Roucy.

 

Foulques le Roux :

La charte n° 177 du cartulaire de Saint-Aubin ci-contre, datant de 929, nous donne le nom de des parents de Foulques et confirme l'exactitude de la Gesta sur ce point précis.

 

En 886, Foulques apparait, à la suite d'Eudes fils de Robert le Fort qui, en tant qu'abbé de Saint-Martin de Tours, rend aux chanoines de cette église les biens qu'ils possédaient en Italie (BEC XXX  (1869) p 431 [22]). Foulques ne porte pas encore de titre.

 

Foulques le Roux  a probablement participé à l'expulsion des Bretons de l'Anjou occidental (Halphen). Il est nommé vicomte d'Angers, abbé de Saint-Aubin et de saint Lézin  dès 888 (Mabille PJ n° 2).

 

Vers 891, Foulques assiste à un jugement rendu à Tours en faveur des chanoines de Saint Martin contre un certain Ricbert (Mabille II p LX d'après la Gallia Christiana tome XIV).

 

Le 29 septembre 898, Foulques signe, en tant que vicomte d'Angers, l'acte de donation qu'Atton, fils d'Atton, vicomte de Tours, fait le jour de l'enterrement de son frère Ardré, aux chanoines de Saint-Martin de Tours (Mabille II p LX).

 

En 906, Foulques remplit les fonctions de vicomte d'Anjou et de Tours à la suite de la mort d'Atton, son prédéssesseur à Tours (Mabille II PJ n° 3).

 

Foulques a possédé le pays nantais de 907 à 919 avec le titre de comte, à la suite du décès d'Alain le Grand et jusqu'à la cession que Robert, suzerain de Foulques pour cette région, accorde aux Normands. Il est probable que Robert ait investi Foulques à cause de son alliance avec la famille du dernier comte franc installé à Nantes, Lambert II, décédé depuis 852.

 

Il est possible que Foulques le Roux et son fils homonyme aient commencé à rogner le comté du Maine pour agrandir leur propre domaine (Lemesle [23] p 19).

 

D'après Roger Barthélémy, Foulques le Roux donne, à la fin de sa vie, la terre de Saint-Rémy sur Loire à Saint-Aubin et Saint-Lézin.

 

Les Lambertides,  famille de Roscilla :

Foulques délivre un acte dès le 5 juillet 905 à Loches, preuve qu'il est entré en possession de l'héritage de son épouse dès cette date.

 

Si F. Doumerc clarifie l'ascendance paternelle de Garnier de Loche, père de Roscilla, nous devons à K F Werner l'ascendance widonide de sa mère.

 

La généalogie de la famille des Widonides est peu sûre et les historiens hésitent encore. Une branche de cette famille s'est installée à Nantes en la personne de Gui, comte de Nantes avant 796 puis marquis de la Marche de Bretagne jusqu'en 818 (d'après R Le Jan p 207).

 

 

La chronologie de la solution "Régine Le Jan" est un peu lache comme le montre les dates approximatives insérées dans le tableau précédent. L'ajout d'une génération supplémentaire semble plus conforme à la réalité même si l'hypothèse augmente encore l'incertitude des liens familiaux. Rappelons qu'aucun document ne nous renseigne sur la façon de rattacher l'épouse d'Adalhard de Loches aux Widonides de Nantes. Elle peut être fille de Lambert ou de Garnier, tous deux morts peu après 850, ou même d'un de leurs proches parents...

 

Léon Levillain [24] et René Merlet [25] racontent, dans divers articles, les démélés des comtes de Nantes avec les rois de France et leurs homologues bretons.

 

En 814, un comte Gui régit le pays de Vannes. C’est ce comte Gui, marquis de Bretagne qui, associé au comte de Madrie, enquête en 802 sur la sédition fomentée par les moines de saint-Martin contre Théodulf, évêque d’Orléans ; C’est peut-être lui qui réprima la révolte bretonne de 811.

 

En 818, le comté de Nantes et la Marche de Bretagne ont changé de titulaire. Ils appartiennent désormais à Lambert I qui reçoit Louis le Pieux à Nantes en 818. Lambert est probablement le fils du Guy précédent. En 824, Louis le Pieux et Lambert campent sous les murs de Rennes, afin de réprimer le soulèvement de Bretagne dirigé par le chef Wiomarc’h.

 

Lambert I est enrolé dans le camp de Lothaire qui se rebelle contre son père, l'empereur Louis le Pieux, à partir de 829. En 834, Louis le Pieux lance contre les insoumis de l'Ouest une armée qui est conduite au désastre par les dissensions de ses chefs qui périrent presque tous dans la bataille. Cette victoire de Lambert fut sans lendemain. Lothaire file en Italie sur ordre du roi Louis le Pieux. Ceux de ses partisants qui veulent le suivre sont autorisés à le faire à l’image de Lambert I qui meurt en terre d’exil en 837.

 

En 841, un nouveau Lambert (fils du précédent) prête serment de fidélité à Charles le Chauve, excomptant en contre partie le comté de Nantes que Charles confie au comte d’Herbauges Renaud. Lambert, déçu, s’insurge et se lie avec le rebelle breton Nominoë. Le 24 mai 843, le duc de Nantes Renaud est vaincu et tué à Messac. Lambert II se maintient à Nantes jusqu’en 846.

 

Nominoë, effrayé par la puissance de son allié, traite secrètement avec Charles le Chauve et lui demande d’éloigner Lambert II de la Bretagne qui est pourvu du comté d’Anjou et de l’abbaye de Saint-Aubin en compensation de son exil. En 849, une nouvelle brouille entre Nominoë et Charles rend la marche de Bretagne à Lambert mais, quelques mois plus tard, lui et son frère Garnier font défection et s’unissent à nouveau à Nominoë prétendant exercer le pouvoir en leur nom. Charles le Chauve envahit une troisième fois la Bretagne et le comte du Mans Gausbert, fils de Rorgon, met fin à la carrière de Lambert II en 852. Son frère, tombé entre les mains du même comte Gauzbert, a été exécuté peu avant.

 

Les enfants de Foulques et de Roscilla dont le mariage s'est conclu autour de 865 sont :

  • Ingelger mort en combattant les Normands ;
  • Guy chanoine de Saint-Martin de Tours puis évêque de Soissons. Il assiste au concile de Troyes en 948 et consacre Odalric, archevêque de Reims en 970. Il accepte de servir d'otage pour permettre la libération de Louis IV d'outremer retenu par les Normands.
  • Foulques qui suit.

 

Foulques le Roux est décédé après le mois d'aout 941 car il apparait avec son fils dans la notice d'un plaid qui s'est tenu à cette date : S. domni Fulconis. S Fulconis filii ipsius. En mai 942, seul son fils Foulques le Bon apparait dans une charte d'Hugues le Grand (Mabille II  n° LXIII).

 

Foulques I réusit, pendant son règne relativement long, à donner à sa petite principauté dépendante des Robertiens, une dimension de plus en plus importante au coeur du val de Loire, en s'appuyant sur son ascendance maternelle, sur le prestige de son mariage et sur son statut de favori auprès d'Hugues le Grand (Piel).

 

Foulques le Bon x Gerberge :

Suivant la Gesta, le gouvernement de Foulques est marqué par une longue période de paix et de prospérité. Les raids bretons et normands en Anjou se fond moins nombreux et un développement économique s'initie.

 

Foulque le Bon succède à son père en 941/942 et jusqu'en 960 alors qu'initialement, cette charge devait être assurée par son frère ainé, Ingelger, mort prématurement. D'après la grande chronique de Tours, Foulques le Bon est un comte lettré, beau, plaisant, humble, libéral et brave. Il entretient de bonnes relations avec le clergé du val de Loire (Piel).

 

Foulques le Bon a probablement tenté de porter son pouvoir vers la Picardie, région à la rencontre des territoires des Robertiens et des Herbertides, non loin des intérêts carolingiens (D Piel). En effet, son frère Guy est élu à l'évêché de Soisson en 937 et sa probable fille, Adèle, s'unit avec Gauthier, comte d'Amiens.

 

Foulques le Bon, à l'image de ses ancêtres, est fidèle aux Robertiens. Toutefois, sa politique et celle de son frère Guy tendent à prouver qu'il a eu des tentatives de rapprochement avec les derniers Carolingiens.

 

Foulques II figure dans l'acte de ratification par Hugues le Grand, duc de France, de la donation faites par Robert de Buzençais, fils d'Archambaud, à l'abbaye Saint-Julien de Tours (Mabille II p LXIV).

 

Le 26 décembre 943, Hugues, duc de France, restitue aux chanoines de Saint-Martin de Tours les biens affectés à la porterie du monastère. Foulques le Bon signe la charte (Mabille II n° IX).

 

En 944, le comte Foulques le Bon, abbé laïc de Cormery, cède un droit pour la rivière de la Veude (D Piel).

 

Le 19 juin  946, Foulques le Bon est témoin d'une charte d'Hugues le Grand pour Notre-Dame-de-Chartres (D Piel).

 

En 958, Foulques et Thibaud, comte de Tours, président un plaid tenu sur les limites de la Touraine et de l'Anjou à laquelle assistèrent de nombreux seigneurs (Mabille II p LXIV).

 

Une intrusion, au milieu du Xe siècle, dans le comté voisin du Maine, s'effectue par l'intermédiaire de Foulques le Bon qui intervient auprès du roi pour le prier d'assurer la défense de l'évêché du Mans contre le comte du Maine (Les actus [28] p 353).

 

Foulques a épousé Gerberge fille de Geoffroy. D'après Maurice Chaume [29] (dont les nombreuses généalogies sont souvent prises en défault), Geoffroy, fils d'Aubry, est comte du Gâtinais. Settipani (OP p 249) propose que Geoffroy soit comte de Nevers et vicomte d'Orléans, descendants de la famille des Rorgonides, installée dans le Maine depuis fort longtemps.

 

Edouard de Saint-Phalle [30] suggère que la mère de Gerberge soit une fille de Hugues le grand (OP p 243) alors que François Doumerc la pense fille de Mayeul de Narbonne, probablement pour expliquer l'introduction de l'anthroponyme Alberic/Aubry dans cette famille..

 

Les enfants de Foulques et de Gerberge sont :

  • Gui, abbé de Cormery et de Saint-Aubin d'Angers, évêque du Puy en 975 . En 965, Wido, abbé de Cormery sépare les abbayes de Villeloin et Cormery, duconsentement du comte Geoffroy, son frère et d'Ardouin, archevêque de Tours (Mabille [31] n° 189 d'après cartulaire de Villeloin).
  • Adélaïde Blanche femme d'Estienne de Gévaudan, du roi Louis V, de Raymond de Toulouse puis de Guillaume le Libérateur, comte de Provence ;
  • Adèle mariée à Gautier d'Amiens ;
  • Geoffroy qui suit.

 

Foulques s'est remarié avec la veuve d'Alain Barbetorte en 952, soeur de Thibault le Tricheur, comte de Blois. D'après certains récits plus ou moins légendaires, Foulques, profitant de la minorité de Drogon fils du premier lit de Gerberge, aurait tenté de faire main basse sur le comté de Bretagne. (Drogon ou Dreux est souvent présenté comme fils de Foulques et même évêque du Puy à la suite de Gui par de fausses chartes et des erreurs généalogiques).

 

Foulques disparait en novembre 960. Ses dix-huit années de règne représentent le passage progressif pour le comte d'Anjou d'un satatut de vassal du Robertien, duc et maître de la Neustrie, à un prince terrictorial qui décide de sa propre politique (Piel).

 

Geoffroy Grisegonelle :

la Gesta raconte les exploits fabuleux de Geoffroy tuant Helthelulf en lui coupant la tête d'un coup d'épée puis défendant Hugues Capet face aux prétentions d'un certain Edelred sur la couronne de France.

 

Déjà d'âge mur, Geoffroy succède à son père vers 961. En mars 966, avec son frère Gui, abbé de Saint-Aubin, il rend à l'abbaye de ce nom, pour le repos des âmes de son père Foulques et de sa mère Gerberge, le domaine de Meron (CSA I n° 224 reproduite ci contre). C'est la première charte dans laquelle apparait Geoffroy.

 

Grisegonelle réforme Saint-Aubin en substituant des moines aux chanoines et son frère Gui se dessaisit de ses revenus et renonce au titre d'abbé.

 

Geoffroy est vassal des Robertiens, dont il tient l'honneur angevin, et des ducs d'Aquitaine (Léon Faye [32] p 496) pour quelques terres en Poitou essentiellement aquises par la conquête. La chronique de Saint-Maixent dit qu'une guerre éclata entre Guillaume Fièrabras et Geoffroy et que celui ci fut obligé de se soumettre à l'hommage.

 

En 970, il donne au monastère de Cormery et à Gui son frère, abbé de ce monastère, la domaine de Valençai situé sur le Nahon, en Berry (Cormery n° XXXIX).

 

Geoffroy apparait en 975, avec son fils Foulques Nerra, comme souscripteur d'une charte d'Hugues Capet, encore duc et marquis, qui rend l'abbaye Saint-Jean à l'église Sainte-Croix d'Orléans (Guillot II C1).

 

Si la charte de 975 prouve qu'il fut un des fidèles des Robertiens installés en Neustrie, nous savons que Geoffroy s'est rapproché à plusieurs reprises de la dynastie carolingienne. En particulier, il a pris une part non négligeable aux expéditions du roi Lothaire contre le duc de Normandie, Richard I, et ses alliés danois ainsi qu'à la campagne de Lorraine en 978 et à la défense de Paris contre Othon II. En plus, il a favorisé le mariage de sa soeur Adelaïs (Blanche) avec le roi Louis V.

 

En 978, Geoffroy concède aux moines de Saint-Julien de Tours l'aulnaie que le chevalier Geoffroy tenait de lui dans la paroisse de Saint-Pierre Cersollis au bord de la Choisille (Guillot II C3).

 

Entre 978 et 985, le comte Geoffroy, accomplissant la pénitance ordonnée par le pape Jean XIII, reconstruit les églises Sainte-Marie-Madeleine et Notre-Dame de Loches (Guillot II C4).

 

Geoffroy Grisegonnelle a épousé Adèle de Vermandois, fille de Robert et de d'Adélaïde Werra de Bourgogne (Settipani [33] p 233 d'après Werner). R Bur [34] et O Guillot la pensaient soeur de Robert, suivant en cela Mabille et Lot. Geoffroy et Adèle ont eu :

  • Gerberge x Guillaume VI Taillefer d'Angoulême ;
  • Ermangarde x Conan I le Tord de Bretagne ;
  • Foulques Nerra qui suit ;
  • Geoffroy vivant en 974.

La contesse Adèle est décédée au début de l'année 974. Elle a donné à Saint-Aubin l'église de Hondainville en Beauvaisis avec deux églises qu'elle avait hérité de ses parents (Mabille II p LXX).

 

Après le décès d'Adèle, Grisegonelle se remarie avec Adélaïs de Bourgogne (la veuve de Lambert de Chalon d'après C Settipani [35] mais les historiens se divisent sur ce point). Le seul enfant du couple est :

  • Maurice. Entre 992 et 998, Hugues de Chalon rend à Cluny des biens situés à Coulanges, usurpés par le comte Lambert son père. Adélaïs sa mère et Maurice son frère aprouvent ce désistement. D'apès le cartulaire de la Trinité de Vendôme, Maurice est mort, assez âgé, dans un combat contre Geoffroy de Langeais, fils d'Hamelin (Mabille II p LXXVII).

Geoffroy est mort le 21 juillet 987, au siège de Marçon, au service d'Hugues Capet (OG I p 21).

 

Foulques Nerra :

En 990, Foulques, à la prière de son parent Thibaut, religieux, donne à l'abbé Guillebert et aux religieux de Marmoutier, pour le repos des âmes de ses parents, de sa femme Elisabeth et de lui même, le droit de pêche dans l'étang de Bessai en Anjou (Marchegay, Archives d'Anjou, II [36] p 60)

 

Au printemps 992, s'inquiétant de l'ascension politique du comte de Rennes Conan le Tord, Foulques met le siège devant Nantes qui cède au bout de trois semaines. Conan est tué au combat ainsi que de nombreux chevaliers.

 

Quelques temps plus tard, poussé par un Hugues Capet revenchard qui n'a pas apprécié l'extension vers la Champagne de la maison de Blois, Foulques Nerra envahit les domaines de son voisin et entame la construction de la forteresse de Langeais, à une vingtaine de kilomètres de Tours. En 996, après le décès son adversaire, il met la main sur Tours.

 

La Touraine est alors partagée entre Eudes I et le comte d'Anjou, FouIques-Nerra. Le premier possède le comté de Tours, les villes de Chinon, de Langeais, et de Montbazon mais Foulques y tient plusieurs places importantes. Il est maître des châteaux de Montrésor et de Sainte-Maure qu'il a fait bâtir et de plus, il est seigneur des villes d'Amboise, de Loches et de La Haye qu'il tient de ses aïeux. Il a encore deux autres places situées au nord de la Loire, Moran et Semblançay, de sorte qu'il peut facilement traverser la Touraine sans être obligé de sortir de ses terres ou de celles des seigneurs qui lui sont affectionnés, parmi lesquels on remarque entre autres Lysois de Bazouges, chef de l'illustre maison d'Amboise et Archambaud de Busançais, beau-père de Lysois (Chalmel [37]).

 

Au décès d'Eudes I de Blois, Foulques perd le soutien de la couronne. En effet, le roi Robert, fils d'Hugues Capet, épouse Berthe, veuve d'Eudes, et embrasse la cause de ses deux enfants, Eudes et Thibaud. En conséquence, après 998, le roi est en bon terme avec la maison de Blois mais hostile à Foulques Nerra.

 

Trois ans plus tard, alors que Robert le Pieux a été obligé de se séparer de Berthe (pour cause d'affinité) pour épouser Constance de Provence, deux partis s'opposent à la cour du roi : celui de la reine et du comte d'Anjou, son cousin germain et celui de Berthe de Blois, qui n'a cessé d'avoir de l'influence sur Robert. C'est dans ce contexte que l'assassinat d'Hugues de Beauvais est inputé à Foulques Nerra.

 

Vers 1001, un accord est conclu entre les religieux de Saint-Florent de Saumur et Renaud Torrench, chevalier, afin que ce dernier défende les terres des religieux contre les déprédations du comte Foulques, toutes les fois que celui ci viendrait faire des incursions dans le Saumurois (Archives de Saint-Florent de Saumur).

 

D'après Robert Latouche, Foulques Nerra parvient à imposer sa suzeraineté au comte du Maine Herbert III. Preuve en est que le château de Mayenne, dans le diocèse du Mans, est inféodé à Haimon par le comte d'Anjou en 1014. L'influence angevinne persiste sous Herbert Eveille-Chien. En 1016, le comte du Maine se comporte en fidèle à la bataille de Pontlevoy mais huit ans plus tard, il est emprisonné par Foulques pendant deux ans, sans que nous en connaissions l'exacte raison (Latouche [38] p26).

 

Foulques Nerra se rend trois fois à Jérusalem. Au premier voyage, en 1003, il s'arrête à Rome afin de se faire absoudre de ses fautes par le pape. A son retour, il fonde l'abbaye de Loches. Eudes de Blois profite de son absence pour ravager l'Anjou. A la même époque, Landri de Chateaudun, expulsé d'Amboise en 991, lance une contre attaque. En 1010, à la suite de son second pélerinage, Foulques jette les fondations de Saint-Nicolas d'Angers. Il décède à Metz, au retour de son troisième périple en Terre Sainte qu'il entreprend, en 1039.

 

Entre 996 et 1005, Foulques et son frère Maurice accusent l'évêque d'Angers Renaud de tenir des biens leur appartenant, son père les ayant donné à Geoffroy Grisegonnelle pour obtenir sa nomination au siège épiscopal.

 

Vers 1007, Foulques fonde l'abbaye de la Trinité de Beaulieu, près de Loches et trois ans plus tard le prieuré de Vihiers (Mabille II p LXXX).

 

Vers 1010, Foulques est reçu le jour de son départ pour Jérusalem dans l'abbaye de Saint-Maur avec Hildegarde sa femme et Geoffroy son fils. Il donne aux religieux ce qui lui appartient en propre auprès de l'abbaye (Mabille II p LXXX).

 

En 1016, avec l'aide de son allié du moment, le comte de Maine Herbert Eveille-Chien, Foulques remporte une grande victoire à Pontleroy sur son ennemi, le comte de Blois Eudes II. Les hostilités entre ces deux personnages n'en restent pas là et dès l'année suivante, aidé par le roi que la succession de Champagne avait brouillé avec Eudes II, Foulques s'installe à quelques kilomètre de Tours, incendiant et pillant au passage la ville de Saumur, aux mains de Gilduin, vassal d'Eudes (Halphen p 42).

 

Vers 1020, Foulques Nerra et sa femme Hildegarde restaurent l'abbaye de Saint-Martin d'Angers et y instituent un chapitre de treize chanoines (Mabille II p LXXX).

 

En 1023 ou 1024, Foulques, pour le salut des âmes de sa femme Hildegarde et de son fils Geoffroy, abandonne les droits que lui, son père et Foulques son grand-père levaient injustement sur les terres de Saint-Martin (Mabille II p LXXXI).

 

Une charte notice raconte comment, en 1028, Foulques Nerra enlève de force la sixième partie des revenus de Saint-Rémy-sur-Loire aux religieux de Saint-Aubin pour en gratifier les chanoines de saint-Martin d'Angers (Mabille II p LXXXI).

 

Le 14 juillet 1028, jour où l'évêque d'Angers Hubert dédicace la basilique notre-Dame-de-la-Charité à Angers, Foulques, Hildegarde son épouse et Geoffroy leurs fils y établissent quatre prêtres pour le service religieux des moniales, attribuant aux uns et aux autres leurs parts respectives des revenus de l'église... (Guillot II C42).

 

En 1030, Robert le Pieux confirme l'érection de l'église de Noyers en abbaye, faite par Hubert, du consentement de Foulques, comte d'Anjou et de Geoffroy son fils (Mabille n° 404 p 55 d'après le cartulaire de Noyers).

 

La mort de Robert le Pieux, en 1031, bouleverse les alliances. Le nouveau roi, Henri, nettement plus favorable à l'Angevin, permet à Foulques de poursuivre ses conquêtes en Touraine.

 

Entre 1028 et 1039, Foulques et la comtesse Hildegarde donne au monastère Notre-Dame-de-la-Charité l'alleu d'Epinard avec les droits qu'ils y avaient (Guillot II C72).

 

Foulques Nerra a successiviment épousé :

  • Elisabeth de vendôme, fille de Bouchard, décédée vers 1000. Elle est morte brûlée vive, peut-être sur ordre de son époux,  d'où
    • Adèle, contesse de Vendôme, mariée à Bodon de Nevers d'où Bouchard, comte de Vendôme (Mabille n° 416 p 55 d'après cartulaire de la Sainte-Trinité de Vendôme);

Hildegarde qui, d'après Thierry Stasser [39] est fille de Thierry de Haute-Lorraine et de Richilde de Metz d'où :

  • Geoffroy Martel qui suit ;
  • Ermengarde x Geoffroy Férreol du Gâtinais.

 

A la fin de sa vie, Foulques Nerra perd de l'influence. L'ambitieux Geoffroy Martel, son fils, se subtitue à lui hormis dans l'honneur angevin (Guillot I p 54). Il a aussi perdu tout pouvoir au sein du chapitre de Saint-Martin de Tours (l'ascenssion du trésorier Ganelon en est un signe). Il a aussi laissé élire Gervais de Château-du-Loir, un fidèle des Blésois, comme évêque du Mans.

 

Geoffroy Martel :

Entre le 20 juillet 1031 et le 15 novembre 1037, Landry de Beaugency, avec l'assentiment de ses enfants, autorise la donation en faveur de Marmoutier de Renard, son fidèle... Il fait confirmer son autorisation par son seigneur Geoffroy (Guillot II 57 a et 57 b).

 

Geoffroy, comte d'Anjou, fils du comte Foulques Nerra, donne à l'abbaye de Beaulieu, pour le repos des âmes d'Hildegarde sa mère et son père, dont les corps reposent dans le dit monastère, l'église de Saint-Ours avec ses dépendance (Mabille n° 453 p 58).

 

La guerre entre Angevins et Blésois se perpétue au delà des générations. Après les décès d'Eudes II de Blois et de Foulques Nerra, le roi Henri I, en lutte avec les successeurs d'Eudes, Thibaud III et Etienne II, devant Sens, incite Geoffroy Martel à envahir la Touraine. Les Angevins battent les Blésois à Nouy et Thibaud, fait prisonnier, abandonne plusieurs places fortes en échange de sa liberté.

 

En 1031, Geoffroy Martel épouse Agnès veuve du duc d'Aquitaine contre l'avis de son père, avec l'idée d'assurer le pouvoir des deux enfants de son épouse. Dès le mariage consommé, il marche sur la région convoitée et bat Guillaume le Gros, demi-frère des enfants d'Agnès. Foulques Nerra intervint alors en tant que vassal du duc et la lutte entre le père et le fils dégénère jusqu'en 1036. Finalement, Geoffroy rend la liberté à Guillaume le Gros qui meurt presque aussitôt. En conséquence, et tant que Geoffroy resta marié avec Agnès, il conserva une main mise sur l'Aquitaine.

 

Bouchard II de Vendôme, neveu de Geoffroy, se cherchant des protections, prête hommage à son oncle pour ses biens. A son décès, Foulques l'Oison, son frère, est investi de la moitié du comté, l'autre part allant à sa mère Adèle, soeur du comte d'Anjou. Foulques ne se contente pas de cette situation et tente d'expulser sa mère qui sollicite l'appui de Geoffroy Martel qui s'empare du comté convoité. Geoffroy apparait ensuite dans plusieurs chartes relatives au Vendômois dont il a obtenu le comté du roi Henri I.

 

Entre le premier juillet 1032 et le 31 mai 1040, Leudonius confirme la vente faite par Archambaud son fidèle, au comte Geoffroy et à Agnès son épouse, portant sur les alleux de Quinçay et Villa Peis qu'il tenait de lui en bénéfice, et où l'on devait contruire la trinité de Vendôme (Guillot II C 78).

 

Les rapports entre Geoffroy Martel et l'évêque du Mans Gervais se dégradent lorsque ce dernier arrange le mariage de Hugues IV du Mans avec Berthe de Blois, veuve d'Alain de Bretagne. Berthe est puissante et appartient à la famille de Blois. Château-du-loir est ravagé par Geoffroy qui réussit à s'emparer de l'évêque et à le garder prisonnier jusquen 1052.


Geoffroy Martel mène une guerre sans merci au comte du Maine Hugues IV à la suite de son mariage célébré le 14 mai 1045 avec Berthe, contesse de Blois.

 

Geoffroy Martel et son épouse fondent l'abbaye de la Trinité de Vendôme en 1040 puis en 1047, le monastère Notre-Dame à Saintes.

 

Entre 1045 et 1051, le comte Geoffroy Martel qui, à la mort de son père avait concédé à Herbrand le Manceau le domaine de saint-Saturnin-sur-Loire, le lui confisque pour l'avoir trahi étant auprès de lui otage pour le comte Hugues du Maine, lors de la rébellion de ce comte contre lui, puis fait don du domaine avec toute l'église au monastère de la Trinité de Vendôme (Guillot II C 120).

 

Entre 1046 et 1049, Geoffroy fait remise à l'abbaye Saint-Serge du vinage pour quatorze arpents de vignes, des coutumes qu'il avait à Saint-Médaine et Thorigné... (Guillot II C118).

 

Entre 1041 et 1053, Geoffroy attribue le fief de Craon à Robert le Bourguignon (souche de la seconde maison de Craon) après l'avoir confisqué pour forfaiture au lignage des Garin/suhard qui se seraient trop rapprochés du duc de Bretagne Conan II qui renforcait sa frontière de côté du Maine au dépend du comte d'Anjou (Jean-Hervé Foulon [40]).

 

Geoffroy a successivement épousé :

  • Agnès de Bourgogne-Comté, fille d'Otte Guillaume et d'Ermentrude de Roucy (1 janvier 1032). Agnès était alors veuve de Guillaume d'Aquitaine. Elle est répudiée vers 1050 probablement car elle n'a pas donné d'enfant à Geoffroy ;
  • Grecia veuve de Bellay de Montreuil-Bellay qu'il répudia à son tour ;
  • Adèle fille d'Eudes (de Blois ?) ;
  • Grecia qu'il reprend quelques temps ;
  • Adélaïde Theutonice.
  •  
  • Dans la charte n° 64 du cartulaire du Ronceray [41], les femmes de Geoffroy sont citées dans l'ordre chronologique : suis eas concubinis potius quam uxoribus dedit: Agneti primo, deinde Grecie, postea Adele comitis filie Odonis, item denuo Grecie, postremo Adelaidi Theutonice.
  •  
  • Le décès de Geoffroy le 9 novembre 1060 provoque un changement de dynastie.

 

Geoffroy le Barbu :

Geoffroy le Barbu est le fils de Geoffroy-Ferréol du Gâtinais et d'Ermangarde d'Anjou, soeur de Geoffroy Martel. Les historiens, à l'image de C Ballu, ont longuement hésité sur cette filiation qui est maintenant reconnue par tous.

 

 

Geoffroy a épousé Julienne, fille d'Hamelin seigneur de Langeais, avant 1060 date à laquelle elle souscrit à une charte de son mari (Halphen Catalogue n° 158).

 

Dès les premières années de son gouvernement (1061), le duc d'Aquitaine Gui-Geoffroy conquiet le Saintonge au dépend du frère du comte d'Anjou, Foulques, qui perd ainsi la plus grande part de son apanage.

 

Vers 1062, Geoffroy le Barbu restitue aux religieuses de Notre-Dame-de-la-Charité un clos de vignes qui, légué au monastère par la contesse Hildegarde lors de son départ pour Jérusalém mais laissé sur sa demande en usurfruit à sa fille Ermengarde, mère du dit Geoffroy et veuve dès cette époque, avait été confisqué à cette dernière, pour cause de désobéissance par le comte Geoffroy Martel et donné par lui à ses femmes l'une après l'autre et en dernier lieu à Adélaïde la Teutone et qui finalement venait d'être racheté à cette dernière par le dit Geoffroy le Barbu en même temps que Saumur (Halphen Catalogue n° 169).

 

En 1063, Geoffroy soutient Gauthier de Mantes dans le Maine contre Guillaume le Conquérant dans sa conquête du comté du Maine.

 

Entre 1060 et 1068, Geoffroy le Barbu, pour le repos de l'âme de son prédéssesseur Geoffroy Martel, et pour qu'on célèbre régulièrement au monastère de Saint-Serge d'Angers l'anniversaire de la mort de son père Geoffroy, donne aux moines une pêcherie sur la Maine et le droit de panage pour cent porcs dans ses forêts. La comtesse Julienne souscrit (Halphen Catalogue n° 205).

 

Geoffroy le jeune, comte d'Anjou et de Touraine, devenu maitre de Saumur par la mort de sa tante Adèle, veuve de Geoffroy Martel, abolit, avec le consentement de son frère Foulques Réchin, toutes les coutumes et exactions qui avaient été injustement établies sur les terres des religieux... (Mabille n° 627 p 74 d'après les archives de Saint-Florent).

 

Au cours de sa période de gestion, Geoffroy mécontente le clergé à plusieurs reprises. Après avoir persécuté l'archidiacre Bérenger, il s'en prend aux moines de Marmoutier auxquels il souhaite imposer sa suzeraineté. Puis, il s'oppose à l'investiture d'Arnaud au Mans alors qu'elle n'est pas de son ressort (Halphen p 140). Il est excommunié pour ses violences envers les moines de Marmoutier et abandonné du clergé qui se tourne vers son frère.

 

Fort de l'appui de l'église, Foulques, qui s'est ménagé des partisants dans le clan des plus puissants vassaux de son frère, prend Saumur et marche sur Angers (4 avril 1067). La rupture est consommée et, un an plus tard, Foulques est maitre de tout le comté même si quelques points de résistance subsistent encore, à l'image de Sulpice d'Amboise qui profite de la confusion pour tenter de gagner son indépendance.

Geoffroy le Barbu est emprisonné durant 30 années. Le corps médical dianostique la folie et il n'est libéré qu'après 1094 alors qu'il n'est plus une menace pour son frère. Foulques persuade le roi de France Philippe I d'accepter cet arrangement en lui cédant une part d'héritage du Gâtinais.

 

L'Anjou sort très diminué de cette crise. Elle n'est plus qu'un champ de ruines qu'il faut rebâtir...

 

Foulques le Rechin :

Le 19 juin 1068, le comte Foulques, revenant du siège de Trèves et entré enfin en possession du comté qui lui revenait par droit héréditaire et par la donation de son oncle Geoffroy, confirme les privilèges du monastère de Saint Jouin-de-Marnes (Halphen catalogue n° 211).

 

En 1072, Foulques, appelé par le parti populaire du Mans, met en fuite Geoffroy de Mayenne qui s'est emparé du Donjon de la Ville. Il ne pousse pas son avantage et laisse le champ libre à Guillaume le Conquérant qui rétablit l'autorité de son fils Robert Courteheuse. La lutte entre Normand et Angevin ne s'en poursuit pas moins jusqu'en 1079, date à laquelle une trève est signée. En 1081, Foulques, soutenu par les Bretons, détruit la Flèche et impose l'hommage à Robert pour le comté du Maine. La lutte n'en est pas pour autant terminée.

 

Vers 1075, Foulques le Réchin, pour le repos de l'âme de son père Geoffroy et de sa mère Ermengarde, de son oncle Geoffroy et de son aïeul, le comte Foulques, donne aux moines de Notre-Dame et Saint-Philibert de Cunault le droit de faire un four libre de toute redevance en échange de l'association spirituelle pour lui et ses parents (Halphen catalogue n° 232).

 

Les nombreuses inféodations accordées depuis l'époque de Foulques Nerra ont pour conséqence la naissance de lignages secondaires très puissants (Amboise, Montsoreau, Montrevault, Langeais, Candé...). Foulques, sans prestige, n'est pas de taille à résister à ses barons et chacune de ces petites principautés constituent désormais un noyau de résistance sapant son l'autorité (Halphen p 208).

 

Le 9 juin 1080, Foulques, pour la remise de ses péchés et de ceux de sa femme Orengarde qui se fait religieuse, abandonne aux moines de Saint-Florent de Saumur tous les droits d'usage sur le château de Saint-Florent-le-Vieil, à condition qu'ils payeront aux religieuses de Beaumont les Tours un cens de cinquante sous (Halphen Catalogue n° 236).

 

Le comte d'Anjou empêche pendant plusieurs années le sacre de l'évêque du Mans Hoël, élu du duc de Normandie (les actus). Toutefois, dans le Maine, le parti d'opposition aux Normands, animé par le vicomte Hubert de Sainte-Suzanne, se révolte contre Robert Courteheuse. Foulque le Réchin ne leur apporte pas son soutien.

 

Le 24 juin 1094, à Saint Florent de Saumur, Hugues de Die relève Foulques de l'excommunication lancée contre lui pour avoir tenu son frère Geoffroy en prison. Il s'engage en échange, au cas où son frère reviendrait à la raison, à s'accorder avec lui ou à s'en remettre à un tribunal. Il promet, en outre de ne plus contracter mariage sans prendre conseil des évêques (Halphen Catalogue n° 272).

 

Le 22 aoû 1096, à Angers, Foulques donne la Forêt des Echarts, en échange de 6000 sous, au monastère de Saint-Nicolas d'Angers où repose le corps de son oncle Geoffroy Martel. Deux jours plus tard ses enfants, Geoffroy, Foulques et Ermangarde souscrivent l'acte (Halphen Catalogue n° 280).

 

En 1098, Helie, comte du Maine, est prisonnier de Guillaume le Roux, roi d'Angleterre. Foulques, en qualité de suzerain, marche sur le Mans. La victoire est de courte durée car ses troupes sont bloquées à Ballon. Il échappe de peu à Guillaume et se réfugie au Mans.

 

Le 10 décembre 1104, à Saint-Aubin, Geoffroy Martel le jeune, fils ainé de Foulques le Réchin confirme la restitution du bois de Pruniers faites aux moines de Saint-Aubin par son père et trois jours plus tard, Foulques le Jeune, en présence de son père, confirme lui aussi la restitution (Halphen Catalogue n° 302).

 

Entre 1106 et 1109, notice racontant les revendications injustes exercées contre les moines de Marmoutier par Robert, seigneur de Rochecorbon et comment, un jour qu'ils se trouvaient à Tours, Foulques le Réchin, comte de Touraine, son fils Foulques et le comte du Maine Hélie lui ordonnèrent soit de venir plaider, soit de cesser ses revendications (Halphen Catalogue n° 318).

 

Le 12 avril 1109, à Angers, Foulque le réchin, sentant sa fin venir, donne à l'église Saint-Maurice d'Angers par les mains de Marboeuf, évêque de Rennes et remplaçant Renaud parti à Rome, et sur le conseil de sa fille, la contesse de Bretagne Ermengarde, tout ce qu'il possède au Plessis-Grammoire et à Reugné. Son fils Foulques souscrit (Halphen Catalogue n° 308).

 

Foulques s'est marié cinq fois (sa conduite a été l'objet d'un scandale) et trois de ses enfants sont parvenus à l'âge adulte :

  • Hildegarde de Baugency, fille de Lancelin II de Baugency d'où
    • Ermengarde marié à Alain IV de Bretagne ;
  • Ermengarde de Bourbon, fille d'Archambaud IV, sire de Bourbon presque aussitôt répudiée pour cause de parenté et mariée en secondes noces à Guillaume de Jaligny d'où
    • Geoffroy IV Martel décédé le 19 Mai 1106 au siège de Candé contre Normand de Montrevault ;
  • Orengarde (Aurengarde) de Châtelaillon, fille d'Isembard de Châtelaillon. Le mariage a eu lieu le 21 janvier 1076 et la séparation en 1080, Orengarde entrant en religion ;
  • Ne de Brienne, fille de Gautier I, comte de Brienne.
  • Bertrade de Montfort, décédée en 1117, fille de Simon I de Montfort l'Amaury d'où
    • Foulques qui suit.

Les dernières années de Foulques le Réchin sont troublées par la rébellion de son fils Geoffroy Martel aidé par Hélie du Maine qui lui promet sa fille Aremburge. Le jeune homme, qui est associé par la force au gouvernement de l'Anjou, décide de remettre de l'ordre parmi leurs barons mais il est traitreusement atteint d'une flèche à Candé le 19 mai 1105 alors qu'il aide Henri I d'Angleterre à conquérir la Normandie aux mains de Robert Courteheuse.

 

Foulques le Réchin est mort le 11 avril 1109 presque septuagénaire non sans avoir auparavant associer Foulques, son second fils, au gouvernement du comté.

 

Foulques le Jeune :

Foulques est né en 1092 et mort à Acre, le 13 novembre 1144, d'une chute de cheval. Il est comte d'Anjou et du Maine de 1109 à 1129 puis roi de Jérusalem. Il a été élevé à la cour du roi de France étant donné que sa mère Bertrade était la maitresse du roi Philippe I.

 

A sa prise de pouvoir, la situation du comté n'est pas brillante, amputé de la Saintonge reprise par le comte de Poitiers depuis 1060, privé de la Touraine par le comte de blois et du Gâtinais cédé par son père au roi de France. Par contre, au décès d'Hélie de la Flèche, il hérite du Maine par son mariage avec la fiancée de son frère, Aremburge.

 

Entre 1102 et 1108, Foulque le Jeune, comte d'Anjou, donne aux religieuses de Fontevrault la terre de la Breille et les coutumes qu'il possède à Verron. Son frère Philippe, fils de Bertrade et de Philippe I, est témoin (Halphen Catalogue n° 306).

 

En 1110, Foulque le Jeune, comte d'Anjou, fils de Foulque le Rechin, donne aux religieux de Marmoutiers, tout ce qu'il possède en bois entre la Loire et Le Cher (Mabille n° 1307 p 137 d'après archives de Marmoutiers).

 

Soutenu par le roi de France Louis VI et plusieurs barons normands dont Amaury de Montfort son oncle, Foulques menace le duché de Normandie, mais en 1113, il prête l'hommage pour le Maine à Henri d'Angleterre et fiance sa fille Mathilde à Guillaume, fils unique d'Henri.

 

En 1112 ou 1113, Foulques d'Anjou et de Touraine, fait amende honorable en l'église de Tours, tête et pieds nus, pour avoir violé les droits de Saint-Martin et le respect dû au saint en entrant de vive force dans le cloitre et dans la maison d'un chanoine (Mabille n° 1318 p 137 d'après les archives de St Martin de Tours).

 

En 1114, Foulques, avec Rotrou du Perche et Thibaud de Blois, entre dans la coalition formé par Henri d'Angleterre contre Guillaume Talvas. Bellême est brûlée.

 

En 1115, Bertrade, veuve de Philippe, roi de France, et mère de Foulques le Jeune, comte d'Anjou, donne aux religieux de Marmoutier la forêt appelée Splendida située entre Loire et Cher (Mabille n° 1361 p 141 d'après les archives de Marmoutiers, layette de Fontcher).

 

Foulques le Jeune passe une bonne part de son activité en Anjou à rétablir l'ordre contre ses vassaux revoltés, à détruire les châteaux les plus dangereux. Il ramene à la raison de nombreux seigneurs indociles, en particulier ceux d'Amboise. Il prend l'Ile Bouchard en 1109, Brissac en 1112, Montbazon en 1118, Montreuil-Bellay en 1124.

 

Avant 1116, le comte Foulque règle un désaccord survenu entre le monastère de Fontevrault et les héritiers d'Ivon, chanoine de Saint-Martin, au sujet d'une terre vendue par Ivon à Guillaume de Montsoreau et devenue, par donation de la femme de ce dernier, propriété de l'abbaye. Foulque confirme la possession de la terre à ladite abbaye (Chartrou, catalogue n° 25).

 

En 1116, Foulques soutient Louis VI contre Thibaud de Blois, encouragé à la rébellion par Henri I, roi d'Angleterre (Chartrou). Dans l'opposition entre Anglais et Français, Foulques suit son intérêt et change souvent de camp. 

 

Entre 1109 et 1129, Foulque le Jeune, comte d'Anjou, approuve et confirme pour le repos de son âme, la donation faite aux religieux de Fontevrault par Adam de Rochefort de certains biens relevant de son fief (Mabille n° 1291 p 136 d'après cartulaire de Fontevrault).

 

En 1117 et 1118, il assiste Louis VI dans sa lutte contre le duc de Normandie et enlève à ce dernier le château de la Motte-Beuvron dans le Perche le 1er aout 1118. En décembre 1118, Foulques V s'empare du chateau et de la ville d'Alençon.

 

En 1120, Foulques le Jeune fait une donation à l'abbaye de Fontevrault où sa fille Mathilde est religieuse et se dispose à partir pour la Terre Sainte (Mabille n° 1398 p 146 d'après le cartulaire de Fontevrault).

 

En 1124, Foulques, comte d'Anjou et la comtesse Aremberge sa femme, Geoffroy leur fils ainé, donnent à l'abbé Geoffroy et aux religieux de Vendôme le droit de pèche dans la Mayenne (Mabille n° 1434 p 150).

 

En février 1127, Foulque d'Anjou, pour accomplir le voeu fait par sa femme Aremberge au moment de sa mort, donne aux religieux de Fontevrault les droits de péage du pont de Chinon et le droit d'écluse sur la Vienne qu'il tenait de sa mère Berthe (Mabille  n° 1492 p 153 d'après Clypeus fontebraldeus).

 

A la fin des années 20, Baudoin, roi de Jérusalem, dépourvu d'héritier mâle, cherche un mari pour sa fille Méllisende et un déffenseur de son royaume. Le roi Louis VI désigne Foulques, veuf depuis 1126. Acceptant cette charge, il cède le comté d'Anjou à son fils Geoffroy et épouse Mélisende en 1129. Il repart alors pour la Terre Sainte et devint roi de Jerusalem en 1131 à la mort de Baudouin. Il passe les premières années de son règne à règler une dispute concernant Antioche puis à mater une révolte conduite par l'admirateur de sa femme, Hugues du Puiset.

 

Vers 1130, Foulques, comte d'Anjou, à la prière de sa mère Bertrade donne à l'abbaye de Villeloin la rivière de Chemillé. Geoffroy comte d'Anjou et roi de Jérusalem confirme la donation (Mabille d'après cartulaire de Villeloin).

 

Il épouse en premières noces en 1110 Aremburge (morte en 1126), comtesse du Maine, fille d'Hélie de Beaugency et de Mathilde de Château-du-Loir. Leurs enfants sont :

  • Geoffroy V le Bel ou Plantagenêt (mort en 1151), comte d'Anjou, de Tours, du Maine et duc de Normandie. Il épouse la fille d'Henri I d'Angleterre et défend les droits de sa femme au trône anglais contre Etienne de Blois ;
  • Hélie II (mort en 1151), comte du Maine ;
  • Mathilde née sous le nom d'Alice (morte en 1154), mariée à Guillaume Adelin (+1120), fils et héritier du roi Henri Ier d'Angleterre. A la mort de son mari, elle entre à Fontevrault dont elle devient abbesse entre 1149-1155 ;
  • Sibylle (morte en 1165), mariée en 1123 à Guillaume Cliton. Ce mariage est annulé en 1124 et elle se remarie en 1134 avec Thierry d'Alsace, comte de Flandres.

Veuf, Foulques V se remarie en 1129 avec Mélisende de Jérusalem (morte en 1161), fille de Baudouin II, roi de Jérusalem, et de Morfia de Malatya. Leurs enfants sont :

  • Baudouin III (°1131 +1162), roi de Jérusalem ;
  • Amaury Ier (°1136 +1174), roi de Jérusalem.

 

Bibliographie :

[1] Le pouvoir de Foulque II le Bon, comte d'Anjou de 941 à 960; étude de la puissance angevine au milieu du Xe siècle 2010 Denis Piel

[2] Essai de construction d’un espace princier : l’exemple des Rorgonides dans le monde franc puis dans le royaume de France et ses marges (vers 600 – vers 1060) Vol 1 et Vol 2 2010 François Doumerc

[3] Gesta Consulum Andegavorum publié par Halphen et Poupardin.

 [4] Enquêtes sur les premiers temps du principat français (IXe - Xe siècles) 2004 K F Werner.

[5] De la suzeraineté des comte d'Anjou sur le Gâtinais Annales de la société historique et archéologique du gâtinais 1890 p 157 C Ballu.

[6] L'histoire de l'Anjou Roger Barthélémy dans Revue de l'Anjou et du Maine et loire 1852.

[7] Introduction aux Chroniques des comtes d'Anjou Emile Mabille.

[8] Généalogies angevinnes in Mélanges d'archéologie et d'Histoire 1900 Poupardin.

[9] Le Comté d'Anjou 1906 Louis Halphen.

[10]  Le comte et son entourage 1969 Ollivier Guillot.

[11]  L'Anjou de 1109 à 1152 : Foulque de Jérusalem et Geoffroi Plantegenet 1927 Josèphe Chartrou.

[12]  L'origine des famille seigneuriales dans la région de la Loire moyenne 1962 Jacques Boussard Cahiers de civilisation médiévales.

[13] Les comtes d'Anjou et leur alliances aux Xe et XIe siècles in K. S. B. Keats-Rohan, ed., Family Trees and the Roots of Politics 1997.

[14] Famille et pouvoir dans le monde franc 2003 Régine le Jan.

[15] Cartulaire de Saint-Aubin désormais CSA.

[16] Chroniques de Nantes 1896 René Merlet

[17]  Chroniques des églises d'Angers Emille Mabille

[18] Une autre marche de Neustrie Hubert Guillotel 2000 dans Onomastique et Parenté dans l'Occident médiéval (OP)

[19] Notes sur le sénéchal ALLARD Ferdinand Lot dans Le Moyen âge : bulletin mensuel d'histoire et de philologie 1908

[20] Les origines des comtes de Nevers 2000 Christian Settipani dans Onomastique et Parenté dans l'Occident médiéval (OP)

[21] La pancarte noire de Saint Martin de Tours, brulée en 1793, restituée d'après les textes imprimés et manuscrits par Emile 1866 Emile Mabille

[22] Bibliothèque de l'école des Chartes (BEC) tome XXX

[23] La société aristocratique dans le Haut-Maine (XIe - XIIe siècles) 1999 Bruno Lemesle

[24] La Marche de Bretagne, ses marquis et ses comtes Leon Levillain dans Annales de Bretagnetome 58 numéro 1 1951 pp. 89-117.

[25] Guerres d'indépendance de Bretagne sous Nominoé et Erispoé (841 - 851) René Merlet dans Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou 1891

[26] Cartulaire de l'abbaye de Cormery

[27] La noblesse du Midi carolingien 2004 Christian Settipani

[28] Actus Pontificum Cenomannis in urbe degentium 1902 publiés par l'abbé G. Busson et l'abbé A. Ledru désormais Actus.

[29] La formation du duché de Bourgogne Maurice Chaume.

[30] Les comtes du Gâtinais du Xe au XIe siècles Edouard de Saint-Phalle 2000 dans Onomastique et Parenté dans l'Occident médiéval (OP)

[31]  Catalogue analytique des diplômes, chartes et actes relatifs à l'histoire de la Touraine contenus dans la collection de Dom Housseau Mabille dans Mémoires de la société archéologique deTouraine n° XIV.

[32] De la domination des comtes d'Anjou en Saintonge Léon Faye dans Revue de l'Anjou II 1853 .

[33] La préhistoire des Capétiens C Settipani.

[34] La formation du comté de Champagne 1977 Raymond Bur.

[35] Les origines maternelle d'Otte Guillaume 1994 C Settipani dans Annales de Bourgogne.

[36] Archives d'Anjou tome II Marchegay.

[37] Histoire de l'Anjou J L Chalmel.

[38] Histoire du comté du Maine pendant le Xe et le XIe siècle 1910 Robert Latouche.

[39] La descendance féminine du comte de Namur Albert I Thierry Stasser in Annales de la société archéologique de Namur 1991.

[40] Stratégie lignagères et réforme éclésiatique la question du lignage de Geoffroy de Vendôme 2001 Journal des savants Jean-Hervé Foulon.

[41] Cartulaire du Ronceray dans Archives d'Anjou III 1854 Marchegay.

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