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Nous sommes à la recherche de l’article de Jean-Noël Mathieu : « Nouvelles recherches sur les premiers comtes de Tonnerre » publié dans le bulletin archéologique et historique du Tonnerrois n° 51. Si un de nos lecteurs peut nous en fournir une copie…

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Le château de Nantes, situé en ville, à quelques dizaines de mètres de la cathédrale, impressionne par ses dimenions, par la série de tours qui forment son armature et par les douves qui l'entourent.

 

Ce sont les ducs d'origine capétienne qui, vers 1210, construisent une première forteresse dont il ne reste plus rien : la Tour Neuve. Le château actuel, entrepris presque 300 ans plus tard, est l'oeuvre de François II et de sa fille Anne de Bretagne qui donnent à Nantes son statut de capitale ducale.

 

De Guy de Thouars à Anne de Bretagne, de 1207 à 1514, les ducs de Bretagne ont souvent été pris en tenailles entre France et Angleterre. Ils ont subi plusieurs crises sucessorales avant d'être menacés puis absorbés par les derniers Valois. Fait notable : plusieurs femmes, Jeanne de Penthièvre, Jeanne de Flandres, Marguerite de Clisson, Jeanne de France, Anne de Bretagne, etc jouent, dans cette Bretagne moyen-âgeuse, des rôles politiques très forts.

 

Chronologie du château de Nantes :

- Il existait une tour à l'angle sud-est de l'enceinte romaine, élevée dans la première moitié du IVe siècle. Cette forteresse portait le nom de Tour Principale. Au siècle suivant, elle s'intègre à l'enceinte gallo-romaine de la ville.

 

- En 1207, début de la construction du castel de la Tour Neuve, ancêtre du château actuel. Un peu plus tard, Pierre Mauclerc entreprend l'édification d'une nouvelle enceinte de la ville de Nantes. Le château forme encore un angle de ces remparts.

 

- En 1237, alors que Jean I le Roux succède à son père Pierre Mauclerc, la cour ducale s'installe dans le nouveau château.

 

- En 1367, le duc Jean IV de Montfort, vainqueur de la guerre de succession de Bretagne, renforce le château primitif par un rempart jalonné d’au moins trois tours polygonales. Il n’en subsiste qu’une, appelée le "Vieux Donjon". C’est la seule partie visible de l’ancien château.

 

Tour du Vieux Donjon 

 

- En 1466, François II décide de remplacer la vieille forteresse, datant du XIIIe siècle, par une construction neuve. Il fait édifier un château à la mesure de son ambition par les architectes Bodard et Pasquier. Il veut affirmer le rôle de Nantes comme capitale politique d’une Bretagne indépendante, face aux intentions unificatrices du roi de France, Louis XI.

 

- En 1487, Nantes soutient un siège de sept semaines. Bien qu’il ne soit pas au centre des combats, le château essuie quelques coups de canon. C’est le seul siège qu’a connu la forteresse.

 

- En 1503, Anne de Bretagne donne l’ordre de creuser les douves côté est : l’eau de la Loire vient baigner le pied des courtines sur la totalité du pourtour du château-fort. Elle termine l'oeuvre de son père dans le style "renaissance".

 

- Après 1525, François I, roi de France, entreprend de nouveaux travaux dans l'enceinte du château. Il fait construire un bâtiment, appelé "le petit gouvernement", destiné à abriter les services du gouverneur de la province.

 

- Lors des guerres de religion, les défenses du château sont modernisées, notamment par l'ajout de bastions (dont celui nommé Saint-Pierre), par le duc de Pierre-Emmanuel de Mercoeur, gouverneur de Bretagne, afin de protéger la ville des attaques poitevines incéssantes (1582).

 

- Au fil du temps, le château de Nantes est converti en caserne et prison. Il se transforme et subît plusieurs dommages comme l'incendie du "grand gouvernement" en 1670 ou encore l'explosion de la tour des Espagnols et de la Chapelle en 1800.

 

Les ducs de Bretagne depuis 1213 jusqu'à 1415 :

De 960 à 1514, la couronne ducale est portée par les membres d'une seule famille, parfois tranmise (involontairement) d'une maison à une autre par les femmes. Mais reprenons l'histoire de la Bretagne à l'époque de la construction du château initial de Nantes, au début du XIIIe siècle.

 

En préliminaire, rappelons qu'en 1145, Aliénor d'Aquitaine offre l'Ouest de la France à Henri Plantagenêt, prétendant au trone d'Angleterre, alors qu'elle vient de quitter son premier mari, Louis VI le Gros, roi de France.

 

Geoffroy Pantagenêt, fils d'Henri et d'Aliénor, est marié à Constance de Bretagne, fille unique du duc Conan IV. Le couple enfante Eléonore et Arthur (°1187).

 

Au décès de Geoffroy, Constance épouse Guy du Thouars et donne naissance à une fille prénommée Alix (°1203).

 

A la mort du souverain anglais, Richard Coeur-de-Lion, frère de Geoffroy, deux prétendants à la couronne se déclarent : Jean-sans-Terre, frère du roi défunt, et Arthur fils de Geoffroy et de Constance, son neveu, duc de Bretagne (1199).

 

Jean-sans-Terre, soutenu par sa mère Aliénor, monte sur le trône d'Outre Manche mais Arthur, secondé par Philippe-Auguste, le capétien qui se réjouit de ces luttes familiales au sein des Plantagenet, résiste et l'alliance franco-bretonne confisque une partie des terres continentales du roi anglais.

 

Mettant à profit un coup de main réussi à Mirebeau dans la Vienne, Jean-sans-Terre se débarasse de son neveu en le faisant secrètement noyer dans la Seine (1202).

 

Guy de Thouars :

A la mort d'Arthur se pose le problème de sa sucession. Les barons et les évêques bretons se réunissent (1203) et s'empressent d'assurer Guy de Thouars, troisième époux de Constance entre temps décédée (1201), de leur fidélité. Alix, leur fille, est reconnue comme héritière du duché. Jean-sans-Terre revendique la Bretagne au nom d'Eléonore, soeur ainée d'Arthur, élevée en Angleterre.

 

A cette époque, Philippe-Auguste qui grignote systématiquement les domaines anglais situés en France, accepte l'autorité de Guy de Thouars sur la Bretagne car il s'agit d'un prince faible et sans autorité. 

 

Guy de Thouars est à l'origine du château de la Tour Neuve dont la construction débute en 1207. Ce prince songe à protéger la capitale de ses états contre les attaques des barbares qui, remontant le fleuve sur de frêles nacelles, descendent au bas de la motte Saint-Pierre et fondent sur la ville. Il entreprend alors de fortifier la Tour Neuve qui, baignée d'un côté par la Loire, et reliée de l'autre aux murailles de l'église cathédrale, devient un ouvrage précieux pour la défense de la cité.

 

Guy est marié à Constance de Bretagne, veuve de Geoffroy Plantagenêt d'où :

  • Alix ;
  • Catherine x Alain de Vitré ;

puis à Eustachie de Chemillé d'où :

  • Pierre x Aliénor de Portoët.

Gui est mort en 1213/1214.

 

Les Dreux :

Guy de Thouars est pro-français et se laisse dicter ses volontés par Philippe-Auguste. En 1209, un projet de mariage entre Alix et Henri de Penthièvre fils d'Alain est ébauché mais le capétien y met fin trois ans plus tard craignant sans doute les véléités d'indépendance de la Bretagne. Il préfère donner Alix à son cousin Pierre de Dreux (issu de Louis VI le Gros)...

 

Pierre de Dreux x Alix du Thouars :

En 1213, le mariage de Pierre de Dreux, lointain cousin de Philippe-Auguste avec Alix, duchesse de Bretagne, est célébré. Pierre est, lui aussi, complètement dépendant du monarque français auquel il apporte le concours des troupes bretonnes contre ses ennemis.

 

Pierre de Dreux, surnommé Mauclerc, pour continuer les travaux de la Tour Neuve et les fortifications commencées par son prédécesseur, s'empare d'une propriété appartenant à l'évêque Etienne de la Bruère. L'évêque réclame ses terrains et, sur le refus du duc de les lui restituer, il l'excommunie et met en interdit tous ses domaines situés dans le diocèse de Nantes.

 

A la mort de Philippe-Auguste (1223), Pierre tente de se départir du joug des princes français et décide, au décès d'Alix survenu en 1221, de se remarier avec Jeanne de Flandres mais n'est pas autorisé par son souverain.

 

En 1226, Pierre s'assure l'appui de l'Angleterre au cas où Louis VIII, roi de France, viendrait à assaillir son duché de Bretagne.

 

Pierre devient, avec Thibaud de Champagne et quelques barons poitevins assujettis à la couronne anglaise, un des opposants les plus farouches à Blanche de Castille, belle-fille de Philippe-Auguste, qui assure la régence de son fils, le futur Saint Louis.

 

Mal reçu par le roi d'Angleterre en 1234, Pierre Mauclerc signe un traité avec Saint Louis. On le retrouve en 1243 au côté du roi de France contre celui d'Angleterre. Enfin, il l'accompagne son suzerain en croisade et meurt sur le chemin du retour en 1250.

 

Pierre et Alix ont eu :

  • Jean le Roux qui suit ;
  • Yolande mariée à Hugues XI de Lusignan ;
  • Arthur.

Pierre s'est remarié avec Nicole d'où :

  • Olivier qui est la souche des seigneurs de Machecoul (voir article Gilles de Rais)

 

Jean le Roux x Jeanne de Champagne :

Jean I le Roux, couronné au mois de novembre 1237, continue, avec une égale ardeur, la guerre que son père avait déclarée aux évéques et au clergé de Nantes. C'est probablement à cette époque que les ducs de Bretagne quittent la forteresse du Bouffay où ils avaient établi leur résidence, pour aller habiter le château de la Tour Neuve.

 

Jean I est un prince prudent et économe qui n'a de cesse de réduire le pouvoir de ses vassaux. Avec son règne commence une longue période de prospérité pour la Bretagne.

 

Jean I observe, à l'égard de Saint Louis, une stricte obéissance vassallique mais aussi une certaine distance. Toutefois, en 1242, il se range sous la bannière de son suzerain lorsque le roi Henri III d'Angleterre veut reconquérir les territoires continentaux perdus par son prédécesseur.

 

En 1254, Jean prend la route de Rome pour se faire absoudre par le pape qui l'oblige à satisfaire l'évêque de Nantes au sujet des nouveaux ouvrages ajoutés aux anciennes fortifications.

 

Henri III d'Angleterre consent à donner sa seconde fille, Béatrix, au fils ainé du duc de Bretagne. Elle apporte en dot le comté de Richmont.

 

En 1270, Jean I agrandit encore le château de la Tour Neuve qui devient à la fois un palais ducal et un château fort,
avec ses bastions, ses courtines, ses douves et son pont-levis. Baignée par les eaux du fleuve et reliée aux fortifications de la cathédrale, la Tour Neuve est alors une forteresse importante, dont le siège offre de sérieuses difficultés. Jean accorde 40 sous de rente à l'évêque pour les fosses et autres ouvrages faits autrefois par son père Pierre sur les fonds de l'église.

 

En 1270, Jean accompagne Saint Louis dans sa dernière croisade qui se termine à Tunis. Il est très vite de retour dans ses domaines.

 

Jean et Jeanne de Champagne, fille de Thibaud le Chansonnier, mettent au monde :

  • Jean II qui suit ;
  • Pierre (1241 - 1268), seigneur de Dinan ;
  • Alix de Bretagne (1243 - 1288), mariée à Jean Ier de Blois-Châtillon ;
  • Thibaut (1245 - 1246) ;
  • Thibaut (1247), mort jeune ;
  • Aliénor 1248), morte jeune ;
  • Nicolas (1249 - 1251) ;
  • Robert (1251- 1259).

Jean meurt en 1286.

 

Jean II x Béatice d'Angleterre :

La politique de Jean II oscille entre Françe et Angleterre dont son épouse est issue, un art que sauront utiliser la plupart de ses sucesseurs. Il est armé chevalier par son beau-père en 1260.

 

En 1270, il accompagne son beau-frère Edouard à la huitième croisade et rejoint son père à Tunis. Il est de retour de Palestine en 1273.

 

En 1284, Jean II suit le roi de France Philippe III dans une expédition punitive à l'égard des responsables des fameuses vêpres siciliennes.

 

Jean II prend le parti des Anglais contre les Français, en qualité de duc de Richmont (1294) mais dès 1297, il quitte le parti d'Edouard. Il marie son petit-fils Jean avec Isabeau de Valois, fille de Charles et nièce du roi Philippe IV le Bel. Le duc est désormais pair de France.

 

En 1304, Jean suit Philippe le Bel à la guerre de Flandres comme l'y oblige ses devoirs vassaliques.

 

Jean et Béatrice ont eu plusieurs enfants :

  • Arthur II (1262 - 1312) qui suit ;
  • Jean (1266 - 1334) comte de Richmond. Il sert Édouard II d'Angleterre en Écosse contre Robert Ier d'Écosse et est fait prisonnier à la bataille de Blackmore en 1322.
  • Marie (1268 - 1339), mariée en 1292 à Guy III de Châtillon, comte de Saint-Pol ;
  • Blanche (1270 - 1327), mariée à Philippe d'Artois en 1280 ;
  • Pierre (1269 - 1312), vicomte de Léon. Il est obligé de vendre sa vicomté à son frère Arthur ;
  • Aliénor (1275 - 1342), religieuse et abbesse de Fontevraud dès 1304.

 

Jean meurt en 1305 écrasé par l'effondrement d'un mur alors qu'il se trouve à Lyon pour l'intronisation du pape Clément V. Il a alors plus de 70 ans.

 

Arthur II :

le règne d'Arthur II est court (7 ans) et paisible. Les historiens ne relèvent pas de fait marquant en Bretagne au cours de cette période. Arthur poursuit la politique de ses prédécesseurs.

 

Au décès de Jean II, l'évêque de Nantes fait procéder à un inventaire des effets laissés par le duc défunt au château de la Tour Neuve.

 

En 1310, Arthur crée l'aumonière de Roset.

 

Arthur II a eu deux femmes :

  • Marie de Limoges d'où :
    • Jean III qui suit ;
    • Guy de Penthièvre marié à Jeanne d'Avaugour d'où Jeanne épouse de Charles de Blois ;
    • Pierre, seigneur d'Avesnes ;
  • Yolande de Dreux d'où :
    • Jean de Montfort marié à Jeanne de Flandres en 1329 d'où Jean IV de Bretagne ;
    • Béatrix (1295 - 1384), dame de Hédé, mariée en 1315 à Guy X de Laval ;
    • Jeanne (1296 - 1364), mariée en 1323 à Robert de Flandres, comte de Marle ;
    • Alix (1297 - 1377), mariée à Bouchard VI, comte de Vendôme ;
    • Blanche (1300), morte jeune ;
    • Marie (1302 - 1371), religieuse à Poissy.

Arthur II meurt en 1312.

 

Jean III :

Jean III participe à la campagne de Flandres avec Louis X le Hutin. Sa soumission à la France ne l'empêche pas de prendre des libertés avec elle quand ses intérêts sont en jeu.

 

Jean III exige du clergé breton qu'il reconnaisse le duc comme protecteur.

 

Jean et Yolande de Dreux, sa marâtre, se chicanent sans arrêt, chacun défendant ses propres intérêts. En 1321, un accord est établi entre les deux partis.

 

A la mort de son oncle Jean, le duc est investi du comté de Richmont.

 

Jean prouve son attachement à la France lorsque la guerre de cent ans débute. En 1340, alors que la flotte française a été détruite, il fait parvenir des vaissaux à Philippe VI.

 

Jean III a successivement épousé :

  • Isabelle de Valois ;
  • Isabelle de Castille ;
  • Jeanne de Savoie.

 

Malgré ses trois mariages, Jean meurt sans héritier en 1341 en refusant de désigner son successeur et provoque une crise de succession appelée "guerre des deux Jeannes".

 

La guerre entre les Penthièvre et les Montfort :

Deux prétendants se déclarent à la succession de Jean III :

  • Charles de Blois, pour sa femme, Jeanne de Penthièvre dite la boiteuse, nièce du dernier duc. Il est reconnu par la noblesse et le clergé de Bretagne ;
  • Jean de Montfort, demi-frère du défunt.

 

Charles, neveu du roi de France et bien implanté en Bretagne, semble le mieux placé pour succéder au duc défunt mais c'est sans compter sur l'opiniatreté de Jean de Montfort et, surtout, de sa femme Jeanne de Flandres.

 

Si Charles possède l'appui du roi de France, son adversaire sollicite l'aide du roi d'Angleterre, surtout que Philippe VI lui a confisqué son comté de Montfort l'Amaury. Après sa défaite contre les troupes du roi de France, Jean est jeté en prison et c'est sa femme, Jeanne de Flandres, qui poursuit la rébellion.

 

A Hennebont, Charles assiège Jeanne qui, armée et montée sur un cheval de bataille, assure la défense de son camp. Jeanne mène la contre-offensive avec une telle intensité qu'elle sombre dans la folie.

 

En 1342, les Anglais participent à cette guerre du côté des Montfort. Le trop fameux Robert d'Artois, cousin par sa mère des protagonistes, s'estimant lésé de son comté par les rois de France et par sa tante Mahaut, renforce leur parti.

 

En 1345, Jean de Montfort s'échappe de prison et tente un coup de force en Bretagne. il est gravement blessé et meurt le 26 septembre de cette même année. Sa succession repose désormais sur son fils, lui aussi prénommé Jean, le futur Jean IV.

 

En 1347, Charles de Blois est fait prisonnier par les anglais qui le gardent jusqu'en 1356.

 

En 1355, en pleine guerre de cent ans, un groupe de soldats anglais tente un coup de main sur la château de Nantes dans le nuit du 17 au 18 février. Guy de Rochefort, capitaine du château pour Charles de Blois, rassemble une troupe et reprend la forteresse.

 

Charles de Blois meurt le 29 septembre 1364 lors de la bataille d'Auray contre Jean IV de Bretagne. Sa femme, Jeanne de Penthièvre semble se résigner à la victoire de Montfort. Elle décède après 1381, non sans avoir monnayé l'abandon de ses ambitions.

 

Les Montfort :

Le roi d'Angleterre, Edouard III, a gagné la bataille de Poitiers et, désormais, la Guyenne lui appartient. Magnanime, il rend l'armorique à Jean IV de Montfort exigeant toutefois un traité qui oblige le jeune homme, tout juste âgé de 22 ans, d'aligner sa politique sur celle de son protecteur. A cette époque, la guerre de cent ans sert l'allié du roi d'Angleterre.

 

Jean IV x Jeanne de Navarre :

En 1365, le duc Jean IV fait hommage au roi de France. Désormais, le traité de Guérande entre Jean et Jeanne de Penthièvre exclut les filles de l'héritage du duché.

 

En 1370, Jean ordonne des réparations et un agrandissement du château de la Tour Neuve. Il fait contruire au moins trois tours polygonales dont une est encore en bon état (tour du Vieux Donjon).

 

En 1373, les barons bretons se soulèvent contre leur duc pro-anglais. Jean est obligé de se réfugier en Outre-Manche. C'est un succès pour Charles V qui nomme Bertrand du Gesclin, un breton, à la tête des armées françaises.

 

En novembre 1379, l'armée anglaise, à la demande de Jean IV qui veut reconquérir son duché, est encore aux portes de Nantes mais la ville et le château sont bien défendus et le duc de Buckingham lève le siège en janvier 1380.

 

En 1381, un accord est signé entre Jean IV et le roi de France Charles VI. Le duc fait désormais la guerre aux Anglais qui retiennent son épouse. Peu après, il s'emploie à procurer la paix entre Français et Anglais (1383).

 

En 1387, Jean fait arrêter Olivier de Clisson, connétable de France, qui travaille à la délivrance de Jeanne de Penthièvre, retenue par les Anglais, et de son fils Charles. En 1388, Marguerite de Clisson, fille du connétable, épouse Jean de Penthièvre. Le duc et Olivier de Clisson souscrivent en 1392 à un accord mais une tentative d'assassinat de Pierre de Craon sur le connétable est imputé à Jean IV et une expédition punitive contre la Bretagne est décidée par Charles VI qui, sur le chemin, perd la raison.

 

En 1389, le comté de Richmont est rendu à Jean IV par les Anglais.

 

Jean IV s'est successivement marié à

  • Marie d'Angleterre (1355) ;
  • Jeanne Holland (1366), belle-fille du Prince Noir (héritier de la couronne d'Angleterre) ;
  • Jeanne de Navarre fille de Charles le Mauvais (1386) d'où :
    • Jeanne (1387 - 1388) ;
    • Jean V (1389 - 1442) qui suit ;
    • Marie (1391 - 1446), mariée en 1396 au comte Jean I d'Alençon ;
    • Marguerite (1392 - 1428), mariée à Alain IX de Rohan ;
    • Arthur III (1393 - 1458), comte de Richemont puis duc de Bretagne ;
    • Gilles (1394 - 1412), seigneur de Chantocé ;
    • Richard (1395 - 1438), comte de Vertus, d'Etampes et de Mantes d'où François II, comte de Bretagne ;
    • Blanche (1397- morte après 1419), mariée à Jean IV d'Armagnac.

 

Le duc Jean IV, surnommé le Conquérant, meurt au château de la Tour Neuve, le 2 novembre 1399.

 

En 1402, Jeanne de Navarre épouse le roi d'Angleterre. Elle réunit au château de la Tour Neuve les principaux seigneurs laïques et écclésiastiques de Bretagne et, en leur présence, confie la garde du futur duc et le gouvernement de la Bretagne à son oncle Philippe de Bourgogne.

 

Jean V :

Dans cette guerre entre Français et Anglais qui n'en finit plus, Jean V possède un statut particulier. Il est le fils de l'épouse d'Henri IV mais aussi le gendre du roi Charles VI dont il a épousé la fille Jeanne.

 

En 1404, Jean V se déclare en faveur de la France et du pape d'Avignon Benoit XIII.

 

Jean V, prudent, observe une stricte neutralité entre Anglais et Français jusqu'en 1417. Il est secondé par un homme remarquable, le chancelier Jean de Malestroit, qui traite des affaires de Bretagne pendant 35 ans.

 

La guerre entre les Penthièvre et les Montfort n'est pas totalement terminée. La belle-fille de Charles de Blois, Marguerite de Clisson, reprend le flambeau. En 1420, elle tend un piège à Jean et à son frère Richard qui sont faits prisonniers mais la situation se retourne rapidement contre elle car la noblesse bretonne, convoquée aux états de Bretagne par la duchesse, prend fait et cause pour son duc. Les Clisson et Penthièvre capitulent. Leurs biens sont saisis et leurs châteaux démentelés...

 

Un rapprochement entre la France et la Bretagne voit le jour à partir de 1422. Arthur de Richmont, frère du duc, devient connétable de France.

 

En 1440, Gilles de Rais, gentilhomme breton de très noble famille, est enfermé au chateau de la Tour Neuve avant son exécution. Son procès, instruit par Jean de Malestroits, lui impute un grand nombre de meurtres d'enfant.

 

Jean épouse à Paris, le 19 septembre 1396, Jeanne de France (1391 - 1433), fille de Charles VI de France, d'où :

    Anne (1409 - morte après 1415) ;
    Isabelle (1411 - 1442) qui épouse Guy XIV de Laval ;
    Marguerite (1412 - 1421) ;
    François (1414 -1450), duc de Bretagne ;
    Catherine (1417 - morte après 1444) ;
    Pierre (1418 - 1457), duc de Bretagne ;
    Gilles (1420 - 1450), seigneur de Champtocé.
 

 

La succession de Jean V

François I s'emploie à réduire les oppositions en Armorique. Il fait jeter en prison son frère Gilles qui représente le parti anglais et qui meurt étranglé en 1350.

 

De Yolande d'Anjou, est né un fils :

  • Renaud (1434 - 1439) ;

D'Isabelle d'Ecosse nait deux filles ;

  • Marguerite qui épouse son cousin François II ;
  • Marie femme de Jean II de Rohan.

Le règne de François est court (8 ans) et la couronne ducale passe à son frère Pierre.

 

Pierre II, marié à Françoise d'Amboise, crée en Bretagne les "compagnies d'ordonnance", sorte d'armée régulière qu'il peut utiliser selon son gré.

 

N'ayant pas eu d'enfant de son épouse Françoise, il organise le mariage de sa nièce Marguerite avec François, fils de Richard d'Etampes, son cousin germain.

 

Le règne de Pierre est aussi court que celui de son frère et la couronne, remontant d'une génération, devient la propriété de son oncle Arthur III, connétable de France et comte de Richmont.

 

Arthur III doit faire face à la rébellion de Guillaume de Malestroit (neveu du chambellan de Jean V), évêque de Nantes qui lui refuse l'hommage et l'excommunie.

 

Arthur fait arrêter les assassins de son neveu Gilles de Bretagne (1457).

 

Malgré plusieurs mariages, Arthur III n'a pas de descendance directe et la couronne revient à son petit neveu François II.

 

 

Les derniers souverains :

La guerre de cent ans est terminée et la puissance des Penthièvre a été brisée mais un autre danger guette le dernier souverain autonome de la Bretagne. Louis XI travaille à l'unité de la France et cherche à réduire l'autonomie de la Bourgogne et de la Bretagne qui lui résistent encore.

 

Blason des ducs de Bretagne

François II :

François, esprit vif mais superficiel, est un homme de plaisir plus que de pouvoir. Il ne participe guère aux séances du conseil. Il se décharge sur deux personnalités qui ne tarderont pas à s'affronter : Pierre Landais son trésorier et Guillaume Chauvin, son chancelier.

 

En novembre 1461, Louis XI est reçu dans la grande salle du chateau de la Tour Neuve par François II.

 

En 1465, le duc participe à la ligue du bien public, coalition des grands vassaux contre le pouvoir royal menaçant.

 

Nous trouvons dans les registres de la chancellerie de Bretagne, à la date de 1466, deux mandements donnés par le duc François II, pour la reconstruction du Château de la Tour Neuve.

 

En 1471, les opérations des grands vassaux contre Louis XI reprennent. Certains seigneurs bretons quittent le service du duc et entrent à celui du roi (Tangui du Chastel, Alain de Rohan...)

 

On doit au duc François II, la belle et haute façade du côté de la ville, le palais intérieur qui lui est adossé, et les tours de la Boulangerie, du Pied-de-Biche, des Espagnols et des Jacobins.

 

En 1472, Pierre d'Aidie est nommé gouverneur du château, dont il fait réparer les fortifications.

 

Les années passent et François II n'a toujours pas d'héritier. En 1480, Louis XI achète ses droits au duché à Nicole de Penthièvre pour 50 000 L. Il meurt en 1483 mais sa fille, régente du royaume, reprend le flambeau.

 

En 1486, le château de Nantes a pour gouverneur le prince d'Orange, Jean de Châlon, qui le met en état de défense en ajoutant de nouvelles pièces d'artillerie à celles qui garnissent déjà les remparts. Ces mesures sont nécessitées par la présence devant Nantes de quatre mille lances françaises, sous les ordres du marquis d'Hôpital.

 

Guillaume Chauvin est finalement victime de Pierre Landais qui tombe à son tour en 1485. Les nouveaux hommes forts du duché cherche à satisfaire leurs propres ambitions sous les yeux d'un duc complétement dépassé par les évènements. Quelques-uns reconnaissent même le jeune Charles VIII comme sucesseur de François.

 

En 1487, la régente, Anne de Beaujeu, saisit la première occasion qui se présente à elle pour déclarer la guerre à la Bretagne...

 

Dans l'été 1488, Nantes subit un nouveau siège. La ville et son château résistent si bien que les Français, sous les ordres de Gilles de Bourbon, se retirent le 6 août.

 

Le comte François II décède le 8 septembre 1489, laissant à Anne, le soin de régler sa succession.

 

Anne de Bretagne :

François II abandonne la Bretagne dans un triste état. Les français, plus nombreux, mieux organisés et mieux armés, écrasent les forces bretonnes et sont en position de dicter leurs conditions.

 

Anne, à 13 ans, tente de résister, mais ses forces et son trésor s'amenuisent, surtout que les souverains étrangers, et particulièrement Maximilien d'Autriche qu'elle a épousé par procuration, lui apportent bien peu d'aide.

 

Le mariage de Charles VIII et d'Anne de Bretagne est une solution qui permet de satisfaire les deux partis. Aucun grand fief n'a finalement échappé au rattachement à la France et le dénouement parait inéluctable. Ce mariage est donc célébré en 1491.

 

Huit ans plus tard, Anne, jeune veuve de 21 ans, épouse Louis XII, successeur de Charles VIII dans la chapelle du château (8 janvier 1499).

 

La reine Anne augmente les fortifications du château et fait construire la tour du Fer-à-Cheval ainsi que les deux tours basses et la courtine qui les relie.

 

La Bretagne devient progressivement française. Anne retarde l'échéance (lire article sur cette duchesse) mais, à sa mort, en 1414, sa fille Renée de France, femme de François I, abandonne son bien à son auguste mari...

 

Bibliographies :

Blog du château des ducs de Bretagne

Don Lobineau

Nouvelle histoire de Bretagne Georges Minois

Les comtes de Bretagne Philippe Tourault

Notice sur le château de Nantes C Bougouin dans annalesde la société académique de Nantes et de la Loire Inférieure 1865

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